Capcom : un semestre record
Capcom continue d’aligner les records. L’éditeur d’Osaka a publié ses résultats pour le premier semestre de son exercice, d’avril à septembre 2026, et les chiffres sont spectaculaires : un chiffre d’affaires en hausse de 49 % et un bénéfice d’exploitation en hausse de 54,5 %. Trois jeux portent cette réussite : la nouvelle licence Pragmata, le retour d’Onimusha et Resident Evil Requiem, qui ne cesse de se vendre. Voici le détail, et ce qu’il annonce pour la suite.
Des chiffres en forte hausse
Sur les six mois clos le 30 septembre 2026, Capcom affiche un chiffre d’affaires de 120,9 milliards de yens (+49 %), un bénéfice d’exploitation de 60,8 milliards de yens (+54,5 %) et un bénéfice net de 43,1 milliards de yens (+56,6 %). Le bénéfice ordinaire grimpe même de 67,5 %, à 61,2 milliards de yens.
Le moteur de cette croissance est la branche des contenus numériques, c’est-à-dire les jeux vidéo : 85,1 milliards de yens de chiffre d’affaires (+70,8 %) et 52,3 milliards de bénéfice d’exploitation (+66,7 %). Les salles d’arcade progressent aussi (+26,2 %), tout comme les machines de jeu (+8,9 %). Seule la catégorie « autres activités », qui regroupe les licences et produits dérivés, recule légèrement (−4,7 %).
En volume, Capcom a vendu 36,86 millions de jeux sur la période, contre 23,85 millions un an plus tôt. Ses titres se vendent dans 239 pays et régions, et le catalogue compte 260 jeux.
Pragmata, une nouvelle licence qui fonctionne
C’est sans doute le chiffre le plus important du rapport : Pragmata, sorti en avril, dépasse les 2,7 millions d’exemplaires. Lancer une licence originale est toujours risqué, surtout après un développement aussi long. Le jeu avait été annoncé en 2020 puis reporté plusieurs fois, au point que certains doutaient de sa sortie. Il réussit son pari, et figure d’ailleurs parmi les douze jeux nommés pour le titre de jeu ultime de l’année aux Golden Joystick Awards.
Si tu ne l’as pas encore essayé, notre test de Pragmata raconte ce que vaut cette aventure de science-fiction lunaire, entre action et piratage. Pour Capcom, ce succès compte double : il prouve que l’éditeur peut encore créer de nouvelles séries, à côté de Resident Evil et de Monster Hunter qui font sa fortune depuis des années.
Onimusha revient en force
Deuxième nouveauté du semestre : Onimusha: Way of the Sword, sorti début septembre, a déjà dépassé les 1,7 million d’exemplaires. La série, absente depuis des années, atteint ainsi 11 millions de ventes cumulées. C’est un très bon démarrage pour un jeu d’action au sabre dans le Japon de l’époque Edo, sur un marché très concurrentiel, où Phantom Blade Zero et Nioh 3 se disputent le même public.
Notre test d’Onimusha: Way of the Sword revient sur ce retour, et le jeu figure lui aussi parmi les nommés des Golden Joystick Awards, dans les catégories du jeu console de l’année et du meilleur design sonore.
Le catalogue fait tourner la machine
Le vrai trésor de Capcom, c’est son catalogue : sur les 36,86 millions de jeux vendus, 32,18 millions sont des titres plus anciens, contre 22,85 millions un an plus tôt. Les nouveautés pèsent donc moins de 5 millions d’exemplaires, et le reste vient de jeux sortis parfois il y a des années, vendus en promotion ou portés sur de nouvelles plateformes comme la Switch 2.
Parmi eux, Resident Evil Requiem dépasse les 8 millions d’exemplaires, quelques mois après sa sortie en début d’année. C’est un rythme remarquable pour un neuvième épisode principal, et le jeu est aussi nommé pour le titre de jeu ultime de l’année. Devil May Cry 5, sorti en 2019, passe quant à lui les 14 millions, alors que la série animée de Netflix vient d’être nommée aux Golden Joystick Awards pour sa deuxième saison.
Si tu veux savoir pourquoi Requiem se vend autant, notre test de Resident Evil Requiem détaille ce retour aux sources de la série. Capcom applique depuis des années une stratégie simple : des prix qui baissent progressivement, des promotions régulières et des portages sur toutes les machines. Elle lui permet de vendre ses jeux longtemps après leur sortie, avec des marges élevées.
L’éditeur entretient aussi ses licences par des collaborations. Le 3 novembre, il a annoncé un croisement entre Dragon’s Dogma II: Dark Arisen et le manga Delicious in Dungeon (Gloutons et Dragons), une façon de remettre en avant un jeu sorti en 2024 auprès d’un nouveau public.
Face aux autres éditeurs japonais
Capcom n’est pas le seul éditeur japonais en forme, mais il est le plus régulier. Square Enix avait publié cet été un premier trimestre (avril à juin 2026) très solide : 78,4 milliards de yens de chiffre d’affaires (+32,3 %) et 17 milliards de bénéfice d’exploitation (+88,6 %), après des années difficiles. Ses résultats semestriels, attendus ce mois-ci, diront si la sortie de Final Fantasy Resonance, le 22 octobre, a prolongé cette embellie.
Bandai Namco, de son côté, a terminé son exercice au 31 mars 2026 avec 1 348 milliards de yens de chiffre d’affaires (+8,6 %), mais tous métiers confondus : jouets, figurines, anime et jeux vidéo. Sa prévision pour l’exercice en cours est stable. Le groupe est beaucoup plus gros que Capcom, mais il ne dépend pas du jeu vidéo de la même façon.
Ce qui distingue Capcom, c’est la marge. Un bénéfice d’exploitation qui représente la moitié du chiffre d’affaires, comme ce semestre, est rare dans l’industrie : il s’explique par la part écrasante du numérique, qui évite les coûts de fabrication et de distribution des boîtes, et par la force d’un catalogue que l’éditeur n’a pas besoin de refaire à chaque génération. Capcom est d’ailleurs nommé au titre de studio de l’année aux Golden Joystick Awards, aux côtés de Nintendo EPD, de Square Enix, d’IO Interactive, de Frogwares et de House House.
Une prévision annuelle prudente
Malgré ce semestre exceptionnel, Capcom ne touche pas à ses prévisions annuelles, données en mai : 210 milliards de yens de chiffre d’affaires (+7,5 %) et 83 milliards de bénéfice d’exploitation (+10,2 %), pour un exercice qui se termine le 31 mars 2027. Or le premier semestre représente déjà environ 58 % du chiffre d’affaires visé et 73 % du bénéfice d’exploitation.
Autrement dit, Capcom pourrait largement dépasser ses propres objectifs, ou bien il anticipe un second semestre plus calme, sans grosse sortie et face à GTA VI qui va attirer toute l’attention à partir du 19 novembre. L’éditeur a l’habitude d’être prudent dans ses annonces et de relever ses prévisions plus tard dans l’année. Si la tendance se confirme, cet exercice devrait être l’un des meilleurs de son histoire.
Pour suivre la suite, notre article sur le Capcom Spotlight du Tokyo Game Show 2026 rappelle ce que l’éditeur prépare, de Mega Man à Monster Hunter Wilds en passant par Street Fighter 6.
Conclusion
Capcom signe un semestre record : 120,9 milliards de yens de chiffre d’affaires (+49 %), 60,8 milliards de bénéfice d’exploitation (+54,5 %), Pragmata à 2,7 millions, Onimusha: Way of the Sword à 1,7 million et Resident Evil Requiem au-delà de 8 millions. Une nouvelle licence qui marche, une ancienne qui revient et un catalogue qui se vend sans relâche : peu d’éditeurs japonais sont aussi solides aujourd’hui. Les prévisions annuelles restent inchangées, mais au vu de ce premier semestre, une révision à la hausse en début d’année prochaine ne surprendrait personne.
