Test du jeu Gears of War: E-Day

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Une ville qui vit sa journée, un soldat qui rentre de la guerre, et le sol qui s’ouvre sous les pieds de tout le monde. Le jour de l’Émergence, la série en parle depuis 2006, mais elle ne l’avait pas encore montré. Gears of War: E-Day y plonge enfin, quatorze ans avant le premier épisode, avec un Marcus Fenix et un Dom Santiago encore jeunes. Le jeu est développé par The Coalition avec People Can Fly, édité par Xbox Game Studios, et il est sorti le 6 octobre 2026 sur Xbox Series X|S et PC, à 69,99 € sur Steam et directement dans le Game Pass. Après un Gears of War: Reloaded qui avait dépoussiéré le tout premier jeu, c’est le premier nouvel épisode principal depuis Gears 5. Il joue la carte du retour aux sources : un run très intense, une mise en scène de cinéma, mais aussi une vieille manie, celle de te faire vider des camps à la chaîne.

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  • De quand se déroule Gears of War: E-Day et quel est son contexte ?Gears of War: E-Day se déroule quatorze ans avant le premier épisode, sur la planète Sera, dans la ville de Kalona, peu après la fin des guerres du Pendule. Il raconte le jour de l'Émergence, quand les Locustes surgissent du sol et que la ville est attaquée.
  • Quels personnages et quelle équipe de développement retrouve-t-on dans le jeu ?Le jeu met en scène un Marcus Fenix et un Dom Santiago encore jeunes, ainsi que l'escouade Bravo, complétée par Mags Carter et Lucas Reyes. Il est développé par The Coalition avec People Can Fly et édité par Xbox Game Studios.
  • Quand et sur quelles plateformes le jeu est-il sorti, et à quel prix ?Gears of War: E-Day est sorti le 6 octobre 2026 sur Xbox Series X|S et PC. Il coûte 69,99 € sur Steam et est disponible directement dans le Game Pass.
  • Comment se présente le gameplay et l'ambiance du jeu ?Le jeu adopte une mise en scène cinématographique, avec une caméra qui colle à l'escouade et une action soutenue. Il propose un rythme intense et brutal, avec peu de moments de calme, et des couloirs sombres qui installent une tension proche de l'horreur, dans un retour aux sources de la série.

Le jour où tout a basculé, vu du sol

L’histoire se passe sur Sera, à Kalona, peu après la fin des guerres du Pendule. Marcus revient marqué par ce qu’il a perdu, Dom pense à raccrocher pour s’occuper de sa famille, et l’escouade Bravo, complétée par Mags Carter et Lucas Reyes, se retrouve en première ligne quand les Locustes jaillissent du sol. Le jeu ne raconte pas une guerre de plus : il raconte les premières heures d’une catastrophe, quand personne ne sait encore à quoi il a affaire. Tu passes d’un quartier à l’autre pour secourir des civils et tenir des points clés, pendant que la ville se fait dévorer autour de toi.

C’est là que l’angle de la préquelle fonctionne. Tu connais la suite de cette histoire, tu sais ce que Sera va devenir, et c’est justement ce qui donne son poids à chaque rue qui tombe. The Coalition cite Band of Brothers et Il faut sauver le soldat Ryan comme références, et ça se sent dans le ton : plus sombre, plus sec, centré sur la fraternité, le deuil et le sacrifice. L’amitié entre Marcus et Dom reste le fil rouge, même si le récit ne creuse pas tout ce qu’il pourrait : la presse s’est d’ailleurs divisée là-dessus, entre ceux qui trouvent ce duo bien écrit et ceux qui en attendaient davantage. Ce qui reste, c’est surtout l’ambiance et les grandes scènes, un peu moins les dialogues.

Un homme aux cheveux sombres et à la barbe de trois jours, éclairé de côté dans l'obscurité, regarde hors champ dans Gears of War: E-Day.
Dans Gears of War: E-Day, un monstre décharné au corps couvert de tubes et de lueurs rougeâtres fait face à un soldat aux yeux écarquillés, éclairé par des LED
Dans la pénombre, un soldat barbu en armure rouge et grise, avec un éclairage bleu sur l'épaule, observe un ennemi au premier plan dans Gears of War: E-Day.

Un film d’action que tu joues

Ce qui frappe d’entrée, c’est à quel point E-Day est pensé comme un jeu cinématographique. La caméra colle à l’escouade, cinématiques et action s’enchaînent, et l’ouverture envoie du lourd dès les premières minutes. Le jeu aligne les grandes scènes comme un blockbuster, sur le terrain qu’Uncharted 4 a installé, avec une brutalité bien plus assumée : du sang, des corps démembrés, et une escouade qui se couvre de crasse à mesure que les combats s’enchaînent.

Le rythme est soutenu, parfois trop : les moments de calme sont rares, et l’action prend vite toute la place. Mais c’est aussi ce qui rend le run aussi intense. Les couloirs sombres, où les Locustes se dévoilent petit à petit, apportent une vraie tension et tirent le jeu vers l’horreur, loin du côté grosse artillerie des derniers épisodes. Ces passages comptent parmi les plus réussis de la campagne, et ils prouvent que la série n’a pas besoin de hurler en permanence pour faire peur. Kalona elle-même change de visage en cours de route : la ville du début n’a plus rien à voir avec celle de la fin, et c’est peut-être le personnage le plus marquant du jeu.

Le tir à couvert, plus souple que jamais

Manette en main, c’est du Gears : tu te plaques derrière un muret, tu sors la tête, tu tires, tu réussis ton Rechargement actif et tu recommences. La recette n’a pas bougé, mais elle a gagné en souplesse. Marcus peut sauter, glisser depuis un sprint, s’abriter derrière des couvertures plus basses et grimper sur des structures, ce qui rend les déplacements plus vifs que dans Gears of War 4 ou Gears 5. Les Locustes suivent le mouvement : ils lancent des fumigènes, changent de couvert et viennent te chercher au corps-à-corps au lieu d’attendre sagement.

L’arsenal mélange les classiques et quelques nouveautés. Tu assistes à la naissance du Lanzor et de sa tronçonneuse, et le lance-grenades Gutpuncher, le fusil à pompe Incinerator et les armes à Imulsion viennent varier les échanges. Des mods trouvés dans les caisses changent le comportement des armes : plus de précision, une tronçonneuse plus rapide, un peu de soin selon la façon de tuer. Une capacité tactique complète le tout en plein combat. La gestion de l’équipement n’est pas la plus lisible du genre, mais les armes ont du poids : ça tape, et chaque tronçonnage reste un petit moment de bonheur coupable.

La campagne se joue seul, en coopération en ligne à quatre ou à deux en écran partagé sur console, et les quatre membres de Bravo sont jouables. À plusieurs, les combats les plus longs passent forcément mieux.

Vider des camps, encore et encore

C’est le gros défaut du jeu, et il est structurel. Le schéma revient trop souvent : tu arrives dans une zone, des Locustes sont installés, tu vides le camp, tu passes au suivant. Au début, l’intensité masque la formule. Passé un certain point, tu la vois venir, et les combats commencent à se ressembler malgré les ennemis et les armes qui changent. Le jeu sait pourtant sortir de ce rail, ses séquences les plus mises en scène le prouvent, et c’est justement quand il retombe dans le vidage de camp que le contraste se voit.

Les zones semi-ouvertes ne règlent pas le problème, elles l’étirent. Entre les passages dirigistes, de grands quartiers proposent des objectifs secondaires, des civils à sauver, d’autres escouades à aider et des caisses à ouvrir pour récupérer des améliorations. Une vibration et un repère sur la carte signalent les points d’intérêt, ce qui évite de tourner en rond. Mais presque toutes ces activités se terminent par un combat, et ça revient au même : encore un groupe de Locustes à nettoyer avant de repartir. Elles rallongent la campagne plus qu’elles ne la renouvellent.

Il y a aussi ce sentiment, par endroits, de tirer sur des sacs à points de vie, là où Warhammer 40,000: Space Marine II lance ses vagues avec plus de nervosité. Gears reste un jeu de patience et de positionnement, et c’est ce qui fait son identité, mais répété à ce point, ça finit par se sentir. Rien de rédhibitoire : le jeu reste agréable à jouer d’un bout à l’autre. Il aurait simplement gagné à varier davantage ses situations.

Une campagne qui se termine assez vite

E-Day peut se boucler assez rapidement. Matt Searcy, le directeur créatif, annonçait plus de 14 heures, la plus longue campagne de The Coalition, et les guides publiés depuis tournent plutôt autour de 10 à 15 heures selon ce que tu fais des à-côtés. Si tu fonces sur la route principale, tu vois vite le générique. Ça va avec le format film d’action, et vu le défaut du chapitre précédent, ce n’est pas forcément un mal : le jeu n’a pas le temps de s’essouffler complètement.

À 69,99 € sur Steam, la durée fait quand même réfléchir si tu n’achètes que la campagne. Il y a heureusement le multijoueur à côté : Horde Siege, une version à douze joueurs du mode Horde sur de très grandes cartes, et un Versus en 4 contre 4. Ce test porte sur la campagne, pas sur ces modes, qui se jugeront dans la durée. Et avec le Game Pass, la question du prix disparaît : si tu es abonné, aucune raison de passer à côté.

Performances et stabilité

Le jeu a été entièrement reconstruit sous Unreal Engine 5, avec Lumen, Nanite et MegaLights, et il vise 60 images par seconde en campagne sur Xbox Series X. Sur PC, il demande une carte capable de ray tracing matériel, avec une RTX 2060 ou une RX 6600 au minimum et 12 Go de mémoire vive. Des plantages ont été signalés au lancement sur PC, et les avis Steam sont restés plus tièdes que ceux de la presse, entre 70 et 80 % de positifs selon les relevés, loin des 87 de Metacritic sur Xbox Series. Sous Linux et SteamOS, ProtonDB le classe Gold, sur une trentaine de rapports seulement au moment d’écrire ces lignes.

Graphismes et ambiance sonore

Visuellement, c’est une très belle réalisation, sans doute le plus beau Gears à ce jour. Les éclairages, les matériaux, les visages en cinématique et les décors de Kalona en ruines donnent au jeu cette allure de film, et les plans larges sur la ville qui s’effondre restent en tête. L’horreur y gagne aussi beaucoup : quand la lumière baisse dans un tunnel, l’image fait la moitié du travail.

Le son fait l’autre moitié, et c’est là que le jeu devient plus clivant. L’ambiance sonore est stressante : cris de Locustes, armes qui résonnent, musique d’Adam Lastiwka qui maintient la pression même quand il ne se passe rien. C’est très efficace pour installer la tension, mais par moments ça prend la tête, surtout quand un combat s’étire et que le vacarme ne retombe plus. Côté voix, John DiMaggio et Carlos Ferro reprennent Marcus et Dom en anglais. En français, les comédiens historiques ne sont plus là, José Luccioni étant décédé en 2022, et la version française demande un petit temps d’adaptation aux habitués.

Points forts

  • Un run très intense, avec un rythme qui ne retombe presque pas
  • Une très belle réalisation, façon jeu cinématographique
  • Le jour de l’Émergence enfin montré, avec un ton sombre qui revient aux origines de la série
  • Des passages horrifiques très réussis
  • Un tir à couvert plus souple, avec des armes qui ont du poids
  • La campagne en coopération à quatre, ou à deux en écran partagé

Points faibles

  • Des combats répétitifs : on vide trop de camps de la même façon
  • Des zones semi-ouvertes qui étirent la formule au lieu de la renouveler
  • Une ambiance sonore stressante qui finit par prendre la tête par moments
  • Une campagne qui se termine assez vite pour 69,99 €
  • Un récit qui ne creuse pas assez le duo Marcus-Dom

Mon avis

Très bon run, très intense. Gears of War: E-Day est un très bon épisode, et je l’ai pris comme un gros film d’action qu’on joue : ça démarre fort, ça ne te laisse pas beaucoup respirer, et la réalisation est vraiment belle. Voir enfin ce jour de l’Émergence dont la série parle depuis vingt ans, avec Marcus et Dom plus jeunes, ça fait quelque chose. The Coalition a compris ce qu’on attendait d’un retour aux sources, et le jeu le livre.

Le côté cinématographique, c’est ce que je retiens en premier. Les scènes s’enchaînent, la mise en scène tient la route, Kalona qui s’écroule fait son effet, et quand le jeu passe en mode horreur il sait très bien y faire. C’est du spectacle, mais du spectacle qui a du poids, parce que tu sais ce qui attend ces personnages dans les jeux suivants. Et manette en main, ça reste du Gears, avec ce plaisir très particulier du Lanzor et du Rechargement actif réussi au bon moment.

Là où ça coince, c’est la répétition. Vider un camp, puis un autre, puis un autre : la formule finit par se voir, et c’est clairement le défaut principal. Les zones plus ouvertes n’arrangent rien, puisqu’elles te ramènent au même combat. L’ambiance sonore m’a aussi laissé un avis partagé : elle est stressante, c’est voulu et ça marche, mais par moments ça prend vraiment la tête.

Il peut aussi se terminer assez rapidement, et je ne le vois pas forcément comme un défaut sur un jeu aussi intense : un format plus long aurait sans doute fait ressortir encore plus la répétition. En revanche, à 69,99 € pour la seule campagne, ça se discute. Dans le Game Pass, il n’y a pas de débat, et Horde Siege peut donner une deuxième vie au jeu à ceux qui accrochent.

Au final, c’est un bon jeu, et un très bon épisode pour la série. Pas parfait, pas aussi varié qu’il aurait pu l’être, mais assez intense et assez beau pour que tu ailles au bout avec plaisir. Si tu as aimé les Gears, fonce. Si tu veux juste un gros jeu d’action spectaculaire pour quelques soirées, il fait très bien le travail aussi.

Gears of War: E-Day

Gears of War: E-Day

Experience the brutal horror of Emergence Day through the eyes of Marcus Fenix in the origin story of one of gaming's most acclaimed sagas.​ Fourteen years before Gears of War, war heroes Marcus Fenix and Dom Santiago return home to face a new nightmare: the Locust Horde. These subterranean monsters, grotesque and relentless, erupt from below, laying siege on humanity itself. ​Built from the ground up with Unreal Engine 5, Gears of War: E-Day delivers unprecedented graphical fidelity.

Sortie : 6 octobre 2026

Genres : TPS, Shooter, Coopératif

Plateformes : Xbox Series X|S, PC (Microsoft Windows)

Durée moyenne : 10-15 h

Note du jeu : Gears of War: E-Day

Un homme aux cheveux sombres et à la barbe de trois jours, éclairé de côté dans l'obscurité, regarde hors champ dans Gears of War: E-Day.Dans Gears of War: E-Day, un monstre décharné au corps couvert de tubes et de lueurs rougeâtres fait face à un soldat aux yeux écarquillés, éclairé par des LEDDans la pénombre, un soldat barbu en armure rouge et grise, avec un éclairage bleu sur l'épaule, observe un ennemi au premier plan dans Gears of War: E-Day.
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Où acheter le jeu :

Kinguin.net

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