Test du jeu The Witcher 3: Wild Hunt Remastered

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CHOIX DE LA RÉDACTION

Onze ans après, tu remontes sur Ablette dans le Pré Blanc, et le premier réflexe, c’est de t’arrêter pour regarder l’herbe. Elle n’a plus la même lumière, plus le même grain, et le ciel derrière les collines de Velen non plus. The Witcher 3: Wild Hunt Remastered, sorti le 29 septembre 2026 sur PC, PS5, Xbox Series X|S et, pour la première fois en version native, sur Nintendo Switch 2, n’est pas un simple coup de peinture. CD Projekt RED a repris son RPG de 2015 de fond en comble : rendu, combats, arbre de compétences, cheval, interface, accessibilité, et même les mods, désormais installables depuis le menu du jeu. Les extensions Hearts of Stone et Blood and Wine sont incluses, la mise à niveau est gratuite pour ceux qui possèdent déjà le jeu sur la même plateforme, et les sauvegardes suivent. Le jeu de base, on l’a déjà raconté dans notre test de The Witcher 3: Wild Hunt. Ici, la question est plus simple : est-ce que ce remaster mérite que tu repartes sur les routes du Continent ? Spoiler : oui, et pas qu’un peu.

masquerFAQ : Rogueh vous répond
  • The Witcher 3: Wild Hunt Remastered est-il simplement un coup de peinture graphique ?Non, ce n'est pas un simple coup de peinture. CD Projekt RED a repris le RPG de 2015 de fond en comble : rendu, combats, arbre de compétences, cheval, interface, accessibilité, et même les mods sont désormais installables depuis le menu du jeu. Le moteur passe en DirectX 12 natif avec un rendu multithread.
  • Y a-t-il de nouvelles quêtes dans le Remastered ?Non, les quêtes restent les mêmes. Aucune nouvelle quête n'est au programme du Remastered. La vraie nouveauté narrative, Songs of the Past, est une troisième extension payante annoncée pour 2027.
  • Quel est le changement de gameplay le plus profond du Remastered ?C'est le nouvel arbre de compétences. L'ancien système avec ses colonnes laisse place à un véritable arbre où chaque compétence compte trois rangs. Les nouvelles compétences demandent d'avoir pris celles qui les précèdent plutôt qu'un total de points dépensés, offrant plus de clarté et de synergies rééquilibrées.
  • Faut-il payer pour la mise à niveau si on possède déjà le jeu ?Non, la mise à niveau est gratuite pour ceux qui possèdent déjà le jeu sur la même plateforme. De plus, les extensions Hearts of Stone et Blood and Wine sont incluses, et les sauvegardes suivent.

Un remaster qui touche à tout, sauf à l’histoire

Premier point, pour éviter les malentendus : les quêtes sont les mêmes. Le Baron Sanglant boit toujours autant, les Dames du Bois attendent toujours au fond des marais de Velen, et Ciri court toujours devant la Chasse sauvage. Aucune nouvelle quête au programme : la vraie nouveauté narrative, Songs of the Past, est une troisième extension payante annoncée pour 2027. Ce Remastered remplace l’Édition Complète sur toutes les boutiques, et c’est tout le reste qui bouge. Le moteur passe en DirectX 12 natif avec un rendu multithread, ce qui règle une partie des soucis de la mise à jour next-gen de 2022, qui avait apporté le ray tracing au prix de performances parfois capricieuses. Les compteurs de la nouvelle version parlent d’eux-mêmes : environ 45 Go de téléchargement sur PC, PS5 et Xbox, un peu plus sur Switch 2. Et ce qui frappe en reprenant une partie, c’est la cohérence du travail. Pas une liste de cases cochées pour un argumentaire marketing : on sent un studio qui a relancé son jeu, noté tout ce qui grattait depuis onze ans, et corrigé chaque point un par un. Même les tutoriels ont été raccourcis, et quand tu connais déjà Kaer Morhen par cœur, ça se sent dès la première heure.

Un voilier en bois navigue près d'une île rocheuse avec un phare dans The Witcher 3: Wild Hunt Remastered.
Un port médiéval animé au coucher de soleil dans The Witcher 3: Wild Hunt Remastered, avec des voiliers et des habitants sur les quais.
Geralt de Riv et la duchesse Anna Henrietta, en tenue dorée, sur une terrasse de Beauclair dans The Witcher 3: Wild Hunt Remastered.

L’arbre de compétences, enfin un vrai arbre

C’est le changement de gameplay le plus profond, et celui qui va te demander le plus de réflexion. L’ancien système, avec ses colonnes et ses paliers débloqués par le nombre de points investis, laisse place à un véritable arbre. Chaque compétence compte trois rangs, et les nouvelles demandent d’avoir pris celles qui les précèdent plutôt qu’un total de points dépensés. Résultat, un build se lit d’un coup d’œil, et tu vois tout de suite par où passer pour atteindre la compétence qui te fait envie. Les bonus, les effets et les synergies ont été rééquilibrés, certaines compétences ont changé de nom, et le combo épée, signes, alchimie qui faisait la saveur du sorceleur s’en trouve plus lisible. Revers de la médaille : tes points sont remis à zéro en chargeant une ancienne sauvegarde, quel que soit ton investissement. Ça pique quand ton Geralt tout Igni était réglé au millimètre, mais c’est aussi l’occasion de tester un sorceleur alchimiste ou un pur escrimeur sans recommencer quatre-vingts heures de jeu. Repartir en Toussaint avec un build repensé de zéro, c’est presque redécouvrir l’extension.

Des combats plus nerveux, une Ablette qui obéit

Les monstres ordinaires, tous ceux qui ne sont pas des boss, ont été repris : schémas d’attaque, contre-attaques, déplacements, réactions, vol pour les créatures ailées, et application des effets d’état. Les Noyés et les Goules ne se contentent plus d’attendre leur tour en cercle, et un Griffon qui plonge sur toi demande vraiment de lire ses mouvements. Une nouvelle caméra dynamique suit les combats de plus près sans perdre de vue ce qui arrive dans ton dos. Le changement de cible au verrouillage est plus doux quand tu bouges la caméra, et les animations qui referment la distance avec l’ennemi sont plus propres. Tu peux enfin décrocher d’un combat mal engagé : maintenir l’esquive relâche la cible, et le sprint te sort de là. Ajoute de nouvelles animations d’exécution pour Geralt, et des signes aux effets visuels refaits, versions améliorées comprises : un Igni en éventail a franchement de la gueule. Côté balade, Ablette a reçu le même soin. Monter, descendre, trotter, galoper, tout a été retouché, l’évitement des obstacles au galop a été revu, un réglage de sensibilité de la monture a fait son apparition, et surtout tu ramasses le butin sans mettre pied à terre. Geralt, lui, grimpe les rebords, les échelles et les murets plus vite. Rien de spectaculaire pris séparément, mais tout mis bout à bout, la prise en main de 2015 prend un sacré coup de jeune.

Le confort à tous les étages

C’est là que le remaster régale le plus au quotidien. La méditation ne passe plus par un écran de menu mais par un accéléré du temps, avec le soleil qui file au-dessus de ta tête. Les objets proches se regroupent dans une seule fenêtre de butin avec leurs infobulles, un fil d’objets ramassés défile à gauche de l’écran, et les mises à jour de quête fusionnent en une seule notification au lieu d’empiler les bandeaux. La carte gagne de nouveaux types de marqueurs, distingue les quêtes non suivies, et la mini-carte peut masquer les herbes, les barques et les cadavres : fini le Skellige constellé d’icônes. Et puis il y a la nouvelle section Accessibilité, avec le préréglage Bard’s Ballad, activable en lançant une partie en difficulté « Juste l’histoire » ou à tout moment en cours de route. Chaque option s’allume séparément : régénération de vitalité renforcée avec seuil et vitesse réglables, souffle infini sous l’eau, équipement et barques indestructibles, poids ignoré, bateaux plus rapides, et sens de sorceleur en bascule plutôt qu’à maintenir. Le joueur qui veut juste vivre l’histoire de Geralt sans se battre contre l’inventaire a enfin son mode, et le puriste garde son jeu intact. Tout se règle à la carte, et c’est exactement comme ça qu’il fallait le faire.

Les mods dans le menu, et ceux qui sont déjà dedans

Sur PC, The Witcher 3 vit depuis des années grâce à sa communauté de moddeurs. Le remaster leur fait une place officielle, à deux niveaux. D’abord, une bonne partie des textures et des modèles mis à jour viennent du Witcher 3 HD Reworked Project, le gros chantier communautaire de refonte des textures : ce qui était un téléchargement à part fait désormais partie du jeu. Ensuite, un menu Mods apparaît sur l’écran titre, branché sur mod.io : tu parcours, tu installes, et ça marche sur toutes les plateformes, consoles comprises. Il faut se connecter avec un compte CD PROJEKT RED pour y accéder, mais l’idée de pouvoir modder Geralt sur PS5 ou Xbox Series aurait paru délirante en 2015. Les créateurs profitent aussi d’un REDkit amélioré, côté moteur comme côté interface. Dans la même veine, la refonte de l’apparence fait son entrée sous le nom de Reforge : chez les maîtres artisans Hattori à Novigrad et Yoana en Toussaint, tu changes l’apparence d’une pièce d’équipement sans toucher à ses statistiques. Les apparences se débloquent en gardant l’équipement ou ses diagrammes dans l’inventaire, et les teintures de Blood and Wine s’appliquent aux pièces reforgées. Fini de choisir entre le set de l’école du Loup qui a de l’allure et l’armure qui te garde en vie.

PC, PS5, Switch 2 : chacun sa version

Sur PC, le remaster sort l’artillerie lourde : path tracing, DLSS 4.5 avec Ray Reconstruction, FSR 4 avec génération d’images et Anti-Lag 2 sur Radeon RX 7000 et plus récentes, XeSS 2.0 avec génération d’images, et HairWorks en ray tracing. La configuration requise grimpe en conséquence. Sur PS5, deux modes : un mode ray tracing visant 60 images par seconde, et un mode performance à plus haute définition, toujours à 60, qui peut monter jusqu’à 90 sur un écran VRR. La DualSense, elle, profite de retours haptiques. La PS5 Pro ajoute le PSSR et une fréquence d’images déverrouillée en VRR. Mais la vraie surprise, c’est la Switch 2. Après le portage de 2019 sur la première Switch, très impressionnant mais forcément très compressé, cette version native propose quatre façons de jouer : portable, manette Pro, Joy-Con séparés avec gestes, et le capteur souris des Joy-Con 2. La visée gyroscopique marche pour l’arbalète et les signes, l’écran tactile sert dans les menus, les dialogues, la carte, le Gwynt et le mode photo, et la VRR en mode portable comme le HDR sont de la partie. Un Witcher 3 complet, propre, dans la poche : on en rêvait.

Graphismes et ambiance sonore

C’est la sublimation annoncée, et elle est bien là. Nouveau modèle d’éclairage, tone mapping refait pour les couleurs et le contraste, éclairage ambiant et reflets basés sur l’image, bloom retravaillé, terrain et matériaux mieux éclairés. Résultat, la lumière rasante sur les vignes de Toussaint ou l’orage qui tombe sur les îles de Skellige n’ont jamais été aussi beaux. La végétation, si présente dans ce jeu, est mieux ombrée, l’occlusion ambiante GTAO et les ombres locales en ray tracing donnent du volume aux intérieurs des tavernes, et la peau des personnages profite d’une diffusion sous-surfacique mise à jour. Le calibrage HDR a été enrichi. Et le mode photo devient un vrai studio : plusieurs personnages à placer avec poses et expressions, accessoires, caméra à la première personne, préréglages de caméra, météo, heure du jour, format d’image et grille des tiers. Côté son, la bande originale de Marcin Przybyłowicz et du groupe Percival n’a pas besoin d’être refaite : elle fait toujours dresser les poils dès les premières notes de Velen, et la version française garde sa qualité d’origine. Une localisation ukrainienne fait aussi son apparition.

Points forts

  • Une refonte graphique qui sublime le jeu : éclairage, végétation, textures du HD Reworked Project
  • L’arbre de compétences enfin lisible, avec trois rangs par compétence
  • Des combats plus vifs : monstres repris, caméra dynamique, nouvelles exécutions
  • Une montagne d’options de confort, à activer une par une
  • Les mods installables depuis le menu, consoles comprises
  • Reforge pour garder le style sans sacrifier les statistiques
  • Une version Switch 2 native et complète
  • Gratuit pour ceux qui possèdent déjà le jeu, extensions comprises

Points faibles

  • Les points de compétence remis à zéro sur les anciennes sauvegardes
  • Aucune quête inédite : la suite de l’histoire attend Songs of the Past, payante, en 2027
  • Un compte CD PROJEKT RED obligatoire pour accéder aux mods
  • Une configuration PC plus exigeante qu’avant

Mon avis

Que dire, sinon que c’est toujours aussi grandiose. J’ai relancé The Witcher 3 en me demandant ce qu’un remaster pouvait encore apporter à un jeu que je connais par cœur, et je me suis retrouvé scotché comme à la première partie. Le Pré Blanc, Novigrad, les marais de Velen, Skellige, Toussaint : chaque région a gagné en lumière, en profondeur, en matière. La sublimation graphique est réelle, et elle ne trahit jamais la direction artistique d’origine. C’est le même monde, simplement montré comme il aurait toujours dû l’être.

Ce qui m’a le plus régalé, c’est de voir que CD Projekt RED a tout refait. Pas seulement les textures : l’arbre de compétences, les combats, Ablette, la carte, la méditation, le butin. Chaque petite friction de 2015 a été traitée. Les options de confort sont nombreuses, et le fait de pouvoir les activer une par une change tout : tu prends ce qui t’arrange, tu laisses le reste. Et voir les mods intégrés, avec le travail du HD Reworked Project directement dans le jeu et un menu mod.io sur l’écran titre, c’est une belle façon de remercier une communauté qui a fait vivre le jeu pendant onze ans.

Il y a bien quelques réserves. La remise à zéro des compétences va agacer ceux qui reprennent une vieille sauvegarde, et il faudra attendre 2027 et Songs of the Past pour de nouvelles quêtes. Mais franchement, quand le reste est de ce niveau, ce sont des détails. Le cœur du jeu, lui, n’a pas pris une ride : l’écriture, les dilemmes moraux qui te poursuivent des heures après, les contrats de sorceleur qui tournent au drame familial, le Baron, Gaunter O’Dimm, Regis. Aucun RPG n’a fait mieux depuis, et même Cyberpunk 2077, du même studio, n’a pas retrouvé cette alchimie.

Tu ne l’as jamais lancé ? Fonce. C’est la meilleure version du jeu, sur toutes les plateformes, Switch 2 comprise. Tu l’as déjà retourné ? Fonce aussi : la mise à niveau est gratuite, et c’est l’occasion idéale de tester un autre build, d’activer Reforge pour enfin porter l’armure qui te plaît, ou de refaire Blood and Wine avec ses nouvelles couleurs. Et si tu cherches de quoi patienter avec un RPG plus récent, jette un œil à The Blood of Dawnwalker, monté par des anciens du studio.

Le meilleur RPG de tous les temps vient de recevoir le traitement qu’il méritait. Onze ans après, Geralt est toujours le patron. Et cette fois, il a fière allure.

The Witcher 3: Wild Hunt Remastered

The Witcher 3: Wild Hunt Remastered

The Witcher 3: Wild Hunt — Remastered modernizes the acclaimed role-playing game with a range of upgrades and enhancements. Become monster slayer for hire Geralt of Rivia and journey across a dark fantasy open world in an epic quest to find your adopted daughter Ciri.The Remastered update is free for players who own The Witcher 3 and includes both Hearts of Stone and Blood and Wine expansions.

Sortie : 29 septembre 2026

Genres : Open World, RPG

Plateformes : Xbox Series X|S, Nintendo Switch 2, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5

Durée moyenne : 50-150 h

Note du jeu : The Witcher 3: Wild Hunt Remastered

Un voilier en bois navigue près d'une île rocheuse avec un phare dans The Witcher 3: Wild Hunt Remastered.Un port médiéval animé au coucher de soleil dans The Witcher 3: Wild Hunt Remastered, avec des voiliers et des habitants sur les quais.Geralt de Riv et une femme noble en tenue médiévale dorée se tiennent dans un château montagneux dans The Witcher 3: Wild Hunt Remastered.
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Où acheter le jeu :

Steam

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