Castlevania: Belmont’s Curse
Le château de Dracula a surgi en plein Paris, à la place de Notre-Dame, et c’est une Belmont au bras maudit qui s’y attaque : Castlevania: Belmont’s Curse est sorti le 15 octobre sur PS5, Xbox Series, Switch et PC. Premier nouvel épisode 2D de la série depuis des années, confié aux Français d’Evil Empire, il célèbre les 40 ans de la licence. Deux semaines après sa sortie, voici ce qu’il propose, ce qu’en pense la critique et pourquoi il mérite ta curiosité si tu aimes les metroidvania.
Evil Empire aux commandes, Konami à l’édition
Le jeu est développé par Evil Empire, le studio bordelais qui a longtemps fait vivre Dead Cells, sous licence de Konami, qui l’édite. Motion Twin, le créateur de Dead Cells, n’intervient qu’en conseil. Le projet est né du partenariat noué pour l’extension Dead Cells: Return to Castlevania en 2023, et il est en production depuis 2022. Si tu veux voir d’où vient ce savoir-faire, notre test de Dead Cells raconte bien ce que le studio sait faire en matière de combat.
Annoncé en février 2026 lors d’un State of Play, avec une première séquence de gameplay, le jeu a reçu sa date au Xbox Games Showcase de juin. Une démo est sortie le 1er octobre sur toutes les plateformes, avec une progression qui se transfère au jeu complet. La version Switch, un temps annoncée plus tard, est finalement sortie le même jour que les autres. L’édition standard est vendue 29,99 € sur Steam, l’édition Midnight 39,99 € avec une galerie de musiques et d’illustrations, des costumes et une relique en bonus.
Rose Belmont, Paris 1499 et la malédiction de Dracula
L’histoire se déroule en 1499, dans la chronologie originale de la série : 23 ans après les événements de Castlevania III: Dracula’s Curse (sorti en 1989) et 20 ans après ceux de Curse of Darkness (sorti en 2005). Paris est envahie de créatures démoniaques et l’évêque appelle Trevor Belmont à l’aide. Mais l’héroïne, c’est sa fille, Rose Belmont, qui hérite de la malédiction de Dracula dans son bras droit.
Le scénario fait croiser à Rose quelques figures marquantes de la série et de l’histoire, de Méduse à Carmilla en passant par la Mort et Jeanne d’Arc. Le jeu revient aussi sur le passé du clan Belmont, en reliant cette histoire aux tout premiers chapitres de la saga. Pour les fans de longue date, c’est une vraie pièce ajoutée à la chronologie, pas une histoire à part.
Un metroidvania à l’ancienne, avec des idées neuves
Belmont’s Curse est un jeu d’action-aventure en 2D à défilement latéral, dans la lignée directe de Symphony of the Night : une carte qui se remplit à mesure que tu explores, des zones à débloquer, et des éléments de jeu de rôle, puisque Rose gagne de l’expérience en battant ennemis et boss pour améliorer son attaque et sa défense. Il n’y a aucun élément roguelike : malgré l’héritage de Dead Cells, la progression est classique et permanente.
Les armes sont réparties en classes — épées et boucliers, épées longues, lances, gantelets et bien sûr fouets, dont le Vampire Killer de la famille. À la place des armes secondaires et des cœurs des anciens épisodes, Rose utilise des cartes de tarot : les boss vaincus donnent des arcanes, des sorts qui consomment du mana et que l’on renforce en accomplissant des objectifs, les « Works of Mercy ». Pour se soigner, il faut compter sur la viande trouvée dans le château et sur des fioles qui se remplissent aux miroirs, qui servent aussi de points de sauvegarde et de voyage rapide.
Des fragments de cœur, à réunir par quatre, augmentent la vie et le mana. Et au début de l’aventure, trois clés obtenues en battant des boss ouvrent l’accès à Paris : une façon de cadrer les premières heures avant d’ouvrir l’exploration.
Une équipe franco-japonaise pour les 40 ans de la série
La réalisation est partagée entre Emmanuel Nouaille, côté Evil Empire, et Yukiko Hokao, côté Konami, avec Tsutomu Taniguchi à la production. Le game design est signé Sandro Bordier, le scénario Matthew Willis, et la musique Daniel Asadi et Yoann Laulan. Cette double culture se voit dans le résultat : un jeu qui respecte scrupuleusement les codes de la série, mais qui porte la nervosité de combat que le studio a affinée sur Dead Cells.
Le calendrier n’a rien d’un hasard : le premier Castlevania est sorti en 1986, et Belmont’s Curse est présenté comme le jeu des 40 ans de la licence. Konami a d’ailleurs consacré un trailer entier à « Bloody Tears », l’un des thèmes musicaux les plus célèbres de la série, mis en avant pour l’occasion. Un clin d’œil appuyé aux fans de la première heure, qui ne s’arrête pas à la musique : le Vampire Killer, la viande à ramasser dans le château et la chronologie Belmont sont autant de repères familiers.
Ce que dit la critique
L’accueil est bon, avec des écarts notables selon les plateformes : sur Metacritic, le jeu affiche 87 sur Xbox Series, 84 sur PS5, 82 sur PC et 79 sur Switch. Sur OpenCritic, 96 % des critiques le recommandent. Quelques notes :
- GameSpot et Shacknews : 10/10
- RPGFan : 97/100
- Game Informer : 9,25/10
- IGN : 8/10
- Nintendo World Report : 7,5/10
- Push Square : 7/10
- Eurogamer, The Guardian et VGC : 3/5
Les visuels sont salués presque partout, tout comme le double rôle du fouet, arme et outil de déplacement, et l’idée des boss qui deviennent des sorts. Les réserves portent sur des animations qui réduisent la réactivité, selon Push Square, et sur une formule qui ne bouscule pas le genre : VGC trouve que le jeu manque de mordant. La bande-son divise, entre ceux qui la jugent en retrait des thèmes historiques de la série et ceux qui la trouvent excellente. IGN estime la durée de vie entre 10 et 15 heures.
Face aux autres metroidvania
Belmont’s Curse arrive sur un terrain que Castlevania a lui-même dessiné, et que d’autres ont depuis occupé. Les amateurs de Bloodstained: Ritual of the Night, l’héritier spirituel signé Koji Igarashi, y retrouveront la structure d’un château à explorer et la progression par l’expérience. Ceux qui ont aimé l’ambiance sombre d’Ender Lilies ou de Blasphemous y trouveront un univers tout aussi gothique, avec une direction artistique dessinée très différente.
La différence tient surtout à l’héritage : c’est un vrai Castlevania, inscrit dans la chronologie officielle, et non un hommage. Pour les fans, c’est ce qui en fait l’intérêt principal. Et si tu as joué à l’extension Return to Castlevania de Dead Cells, tu reconnaîtras certains réflexes du studio, transposés cette fois dans un vrai metroidvania, sans mort permanente ni parties qui recommencent à zéro.
Conclusion
Castlevania: Belmont’s Curse réussit son retour aux sources : un metroidvania classique et soigné, porté par une direction artistique très remarquée, une héroïne qui a du caractère et des idées bien trouvées, des cartes de tarot aux boss transformés en sorts. Il ne réinvente pas le genre, et sa version Switch est un cran en dessous, mais à 29,99 € et avec une démo qui transfère ta progression, il n’y a pas vraiment de raison de passer à côté. Lance la démo : si le fouet te plaît dans les premières salles, le reste du château suivra. Et pour une série qui fête ses 40 ans, c’est un bel anniversaire.
