Test du jeu Ender Lilies: Quietus of the Knights

Ajouter :

Ender Lilies: Quietus of the Knights est le metroidvania de Live Wire et Adglobe, sorti le 21 juin 2021 sur PC, PS4, Xbox One, Xbox Series et Switch à 24,99 €, édité par Binary Haze Interactive. Vous incarnez Lily, une jeune prêtresse ressuscitée dans un royaume ravagé par une pluie maudite qui a transformé ses habitants en morts-vivants corrompus. Escortée par le spectre d’un chevalier protecteur muet, Lily doit purifier ces âmes plutôt que simplement les détruire — un renversement de posture qui infuse tout le jeu d’une tristesse rare pour le genre. Le titre s’inscrit dans la vague de metroidvania à l’ambiance sombre popularisée par Hollow Knight et Salt and Sanctuary, tout en cherchant sa propre voix du côté de l’empathie plutôt que de l’accumulation de puissance.

masquerFAQ : Rogueh vous répond
  • Ender Lilies: Quietus of the Knights, c'est quoi exactement ?C'est un metroidvania développé par Live Wire et Adglobe, sorti le 21 juin 2021 sur PC, PS4, Xbox One, Xbox Series et Switch au prix de 24,99 €. Vous incarnez Lily, une jeune prêtresse ressuscitée dans un royaume ravagé par une pluie maudite transformant les habitants en morts-vivants corrompus. Accompagnée d'un spectre de chevalier protecteur, vous devez purifier ces âmes plutôt que les détruire.
  • Qu'est-ce qui rend le concept de purification unique dans ce jeu ?Contrairement aux metroidvania traditionnels, chaque boss vaincu ne disparaît pas : son esprit rejoint le sanctuaire de Lily en tant qu'esprit invocable. Cela transforme chaque combat en libération plutôt qu'en simple victoire, et permet de découvrir l'histoire des ennemis par bribes. Cette approche basée sur la compassion plutôt que l'élimination change profondément la perception du joueur face aux affrontements.
  • Comment fonctionne le système de combat dans Ender Lilies ?Lily ne combat jamais directement : elle invoque les esprits des chevaliers purifiés, chacun avec son propre style (combat rapproché, magie à distance, pièges). Le joueur équipe généralement 2-3 esprits simultanément et doit les alterner selon la situation. Ce système offre une profondeur tactique croissante au fur et à mesure que de nouveaux chevaliers rejoignent le sanctuaire.
  • Ender Lilies s'inspire de quels jeux et comment se différencie-t-il ?Le jeu s'inscrit dans la vague de metroidvania sombres popularisée par Hollow Knight et Salt and Sanctuary, mais cherche sa propre voix du côté de l'empathie plutôt que de l'accumulation de puissance. Contrairement aux metroidvania purement mécaniques, ici le système de gameplay et le propos narratif se confondent étroitement, créant une expérience unique centrée sur la compassion.

Un concept de purification qui renouvelle le genre

Chaque boss vaincu rejoint le camp de Lily en tant qu’esprit invocable, transformant chaque combat en libération plutôt qu’en simple victoire. Cette idée renverse un réflexe bien ancré chez les joueurs de metroidvania, habitués à voir un boss vaincu comme un trophée ou un simple palier de puissance : ici, l’affrontement se prolonge après la victoire, puisque l’esprit libéré rejoint ensuite le petit sanctuaire où Lily se repose entre deux explorations. Affronter un ennemi signifie donc aussi apprendre son histoire — souvent racontée par bribes, dans de courtes scènes muettes ou des objets à ramasser — et le libérer de sa souffrance plutôt que de l’effacer purement et simplement. Cette approche, plus proche de la compassion que de l’élimination, colore rétroactivement tous les affrontements précédents : on se surprend à ralentir devant certains ennemis mineurs, à se demander ce qu’ils ont vécu avant la pluie maudite. Le jeu ne moralise jamais ce choix de design ; il se contente de le laisser infuser le rythme et l’ambiance, ce qui distingue nettement Ender Lilies des metroidvania purement mécaniques où la narration reste accessoire. C’est une des rares fois où un système de gameplay et le propos du jeu se confondent aussi étroitement.

Une jeune fille vêtue de blanc avance dans un château gothique illuminé par des cristaux violets dans Ender Lilies: Quietus of the Knights.
Dans Ender Lilies: Quietus of the Knights, une jeune fille fantomatique affronte un chevalier armé dans une cathédrale gothique baignée de lumière mystique.
Dans Ender Lilies: Quietus of the Knights, une jeune fille en blanc affronte Gerrod, le Guerrier Ancien, dans un château gothique aux flammes oranges.

Un combat par esprits combinables d’une profondeur croissante

Lily ne combat jamais directement : elle invoque les esprits des chevaliers purifiés, chacun avec son propre style, du combat rapproché rapide à la magie à distance en passant par les pièges posés au sol. Le joueur équipe généralement deux ou trois esprits simultanément, et doit apprendre à les alterner selon la situation — un esprit lent mais puissant face à un boss immobile, un esprit véloce pour nettoyer une salle de sbires rapides. Combiner plusieurs esprits en temps réel donne au combat une profondeur tactique qui s’étend progressivement à mesure que de nouveaux chevaliers rejoignent le sanctuaire, tout en conservant la lisibilité qu’exige le genre : chaque animation reste identifiable en un coup d’œil, chaque attaque ennemie annonce clairement sa fenêtre de parade ou d’esquive. Les affrontements de boss, en particulier, demandent souvent de composer une configuration d’esprits spécifique plutôt que de foncer avec l’équipe utilisée jusque-là, ce qui pousse à revisiter régulièrement son inventaire plutôt qu’à se reposer sur une combinaison unique du début à la fin. Cette obligation de varier, loin d’être punitive, entretient un sentiment de progression constant : chaque nouvel esprit ouvre de nouvelles approches, y compris pour l’exploration, certains d’entre eux permettant de franchir des obstacles environnementaux auparavant infranchissables.

Une narration qui se livre par fragments

L’histoire ne se raconte jamais frontalement : elle se reconstitue à travers des fragments de mémoire disséminés dans le monde, des objets à interpréter, des dialogues courts avec les esprits libérés qui, une fois de retour au sanctuaire, se souviennent peu à peu de qui ils étaient avant la corruption. Cette approche fragmentée récompense qui prend le temps de tout explorer — revenir sur ses pas, fouiller les recoins, parler à chaque esprit après chaque avancée majeure du récit — mais peut laisser une impression d’incomplétude à qui préfère un récit plus direct, porté par de longues scènes dialoguées. Le procédé rappelle par endroits celui de Dark Souls, où le lore se devine plus qu’il ne s’explique, avec cette différence notable que les personnages d’Ender Lilies restent muets ou quasi muets : c’est l’environnement, la musique et de courtes vignettes qui portent l’essentiel du sens. Pour un joueur habitué à cette économie de moyens, l’expérience gagne en intensité ; pour un autre, elle peut au contraire sembler froide ou distante, en particulier dans les premières heures où les enjeux du récit restent encore flous.

Une carte parfois déroutante, une difficulté inégale

Sur les zones les plus tardives, la carte devient parfois difficile à lire, avec des embranchements peu clairs et des raccourcis qui ne s’activent que dans un sens, ce qui demande plusieurs allers-retours pour s’y retrouver — un défaut classique du genre, mais qui se fait particulièrement sentir ici faute d’indicateurs visuels forts. La difficulté des combats de boss varie également de façon assez marquée : certains affrontements semblent nettement plus ajustés que d’autres, avec des patterns d’attaque parfaitement lisibles, tandis que quelques-uns multiplient les phases et les projectiles au point de compliquer la lecture de l’écran, en particulier sur les configurations d’esprits les moins optimisées. Ce déséquilibre n’entame pas la qualité d’ensemble, mais il crée des pics de frustration ponctuels dans un parcours par ailleurs assez homogène dans son rythme. Un système de checkpoints généreux limite heureusement la sanction en cas d’échec répété, ce qui atténue sans l’effacer totalement cette irrégularité de difficulté.

Graphismes et ambiance sonore

La direction artistique en aquarelle sombre installe une mélancolie constante, portée par des environnements trempés par la pluie maudite : forêts noyées, cathédrales en ruine, villages engloutis où l’eau semble avoir tout figé dans un deuil permanent. Les teintes désaturées, ponctuées de rares éclats de lumière dorée autour des esprits purifiés, créent un contraste visuel qui souligne à chaque instant la progression du joueur vers la rédemption du royaume. La bande-son au piano, sobre et endeuillée, accompagne parfaitement le ton du jeu en évitant le pathos facile : elle se fait discrète pendant l’exploration, presque un souffle, puis s’intensifie lors des combats de boss sans perdre cette retenue mélancolique qui définit toute l’œuvre. Ce mariage entre l’aquarelle et le piano donne à Ender Lilies une identité sonore et visuelle immédiatement reconnaissable, à la hauteur des meilleures productions indépendantes du genre.

Points forts

  • Un concept de purification qui renouvelle le genre metroidvania
  • Un combat par esprits combinables d’une profondeur croissante
  • Une direction artistique en aquarelle sombre d’une mélancolie rare

Points faibles

  • Une narration qui se livre surtout par fragments à recomposer
  • Une carte parfois déroutante sur les zones les plus tardives
  • Une difficulté inégale entre certains boss

Mon avis

Ender Lilies renouvelle le metroidvania avec un concept de purification qui donne un vrai poids émotionnel à chaque combat, porté par une direction artistique en aquarelle sombre d’une mélancolie rare. Peu de jeux du genre parviennent à faire du système de combat lui-même le vecteur principal du propos narratif ; ici, chaque esprit invoqué est autant une arme qu’un souvenir, et le simple fait de constituer son équipe avant un affrontement devient un geste chargé de sens.

La progression, bien dosée, alterne exploration contemplative et pics de tension lors des rencontres de boss, avec une courbe de difficulté globalement bien pensée malgré quelques irrégularités déjà évoquées. Le sanctuaire, qui se peuple peu à peu d’esprits retrouvant une part de leur mémoire, fonctionne comme un véritable baromètre de la progression du joueur — bien plus parlant qu’une simple barre de complétion en pourcentage.

La narration fragmentée demande un investissement que tous les joueurs n’auront pas forcément envie de fournir, et la carte, sur les zones les plus tardives, aurait mérité un peu plus de clarté. Ce sont là les deux seules vraies réserves à formuler face à un jeu par ailleurs d’une cohérence remarquable entre son gameplay, son ambiance sonore et son propos.

Voilà une aventure qui marque durablement, portée par une direction artistique et une bande-son qui se répondent sans fausse note du début à la fin. Difficile de ressortir indifférent d’un jeu qui transforme systématiquement la violence en compassion, avec une justesse qui ne force jamais le trait.

Un des metroidvania les plus émouvants de sa génération.

Ender Lilies: Quietus of the Knights

Ender Lilies: Quietus of the Knights

Ender Lilies est un Action RPG 2D de dark fantasy qui raconte l'histoire du dévoilement des mystères d'une nation détruite par un événement catastrophique. Le Royaume déchu d'End est un monde tragique et magnifique présentant un château majestueux, des forêts submergées et des zones souterraines interdites.Au cours de ce voyage douloureux, affrontez des ennemis horrifiques contre lesquels un moment d'inattention pourrait être fatal. En libérant vos adversaires de leur malédiction éternelle, vous pourrez acquérir leur force. Surmontez les épreuves de votre voyage et découvrez la vérité avec l'aide des chevaliers déchus.

Sortie : 21 juin 2021

Genres : Metroidvania, JRPG, Japonais

Plateformes : Xbox Series X|S, PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), Xbox One, Nintendo Switch

Durée moyenne : 10-15 h

Note du jeu : Ender Lilies: Quietus of the Knights

Une jeune fille vêtue de blanc avance dans un château gothique illuminé par des cristaux violets dans Ender Lilies: Quietus of the Knights.Dans Ender Lilies: Quietus of the Knights, une jeune fille fantomatique affronte un chevalier armé dans une cathédrale gothique baignée de lumière mystique.Dans Ender Lilies: Quietus of the Knights, une jeune fille en blanc affronte Gerrod, le Guerrier Ancien, dans un château gothique aux flammes oranges.
8

Où acheter le jeu :

Kinguin.net

Suggestions Les mieux notés de la rédaction

Laisser un commentaire

Donnez votre avis sur ce jeu

Un compte est gratuit et vous ouvre :

  • Noter les jeux et publier votre avis — +10 XP à chaque fois
  • Importer votre bibliothèque Steam dans votre backlog
  • Monter en rang et débloquer de vraies clés de jeu

Continuer avec Google Créer un compte J’ai déjà un compte