Test du jeu Esoteric Ebb
Esoteric Ebb est un CRPG isométrique sorti le 3 mars 2026 sur PC (Steam), développé par Christoffer Bodegård et publié par RAW Fury. Vous incarnez le Clerc, un bureaucrate déchu expert en événements ésotériques, chargé d’enquêter sur l’explosion mystérieuse d’un salon de thé dans la ville de Norvik, à quelques jours de ses premières élections. Dans un univers Arcanepunk mêlant fantasy et thématiques modernes, le jeu propose un gameplay narratif inspiré de Disco Elysium et Planescape: Torment, avec des dialogues profonds, des choix impactants, et des mécaniques de jeu de rôle sur table (jets de dés, arbre de compétences innovant, pouvoirs magiques). Après huit ans de développement solo puis le soutien de RAW Fury, Esoteric Ebb s’impose comme une excellente production indé pour les fans du genre.
- Qu'est-ce qu'Esoteric Ebb et quand est-il sorti ?Esoteric Ebb est un CRPG isométrique développé par Christoffer Bodegård et publié par RAW Fury. Le jeu est sorti le 3 mars 2026 sur PC (Steam). Il s'agit d'une production indépendante issue de huit ans de développement solo, suivi du soutien de RAW Fury.
- Quel est le scénario principal du jeu ?Vous incarnez le Clerc, un ancien bureaucrate expert en phénomènes ésotériques, envoyé enquêter sur l'explosion mystérieuse d'un salon de thé dans la ville de Norvik. L'enquête devient urgente car les premières élections de la ville auront lieu dans cinq jours, et personne ne semble vouloir découvrir la vérité sur cet incident.
- Quels sont les trois piliers du gameplay d'Esoteric Ebb ?Le gameplay repose sur trois éléments : (1) Les dialogues profonds et ramifiés avec plus d'un million de mots écrits, offrant une totale liberté d'interprétation du personnage ; (2) Les jets de dés inspirés des jeux de rôle sur table, où chaque action risquée dépend de vos statistiques et compétences ; (3) L'Arbre de Quêtes, une mécanique signature hybride entre journal de quêtes et système de progression.
- À quels jeux Esoteric Ebb est-il comparé en termes de gameplay narratif ?Esoteric Ebb s'inspire fortement de Disco Elysium et Planescape: Torment. Le jeu propose une expérience narrative dense basée sur la lecture, les choix impactants, et les conséquences, dans un univers Arcanepunk qui mêle fantasy et thématiques modernes.
Un gameplay narratif inspiré des meilleurs CRPG
Esoteric Ebb, c’est d’abord une expérience narrative. Le jeu se joue à la Disco Elysium : beaucoup de lecture, beaucoup de choix, beaucoup de conséquences. Tu incarnes le Clerc, un ancien fonctionnaire du Palais viré pour incompétence, expert en phénomènes ésotériques (fantômes, malédictions, anomalies magiques). Tu débarques dans la ville de Norvik pour enquêter sur l’explosion d’un salon de thé. Ça paraît anodin, mais le timing est explosif (jeu de mots voulu) : les premières élections de la ville ont lieu dans cinq jours, et personne ne semble vouloir bouger pour comprendre ce qui s’est vraiment passé. C’est à toi de démêler le vrai du faux, de trouver des indices, d’interroger les habitants, et de faire des choix qui vont façonner l’histoire.
Le gameplay repose sur trois piliers. D’abord, les dialogues. Esoteric Ebb est bavard. Très bavard. Plus d’un million de mots ont été écrits pour ce jeu, et ça se sent. Les conversations sont denses, ramifiées, et chaque choix de réponse peut ouvrir ou fermer des branches narratives. Tu peux être diplomate, agressif, ironique, ou complètement à côté de la plaque. Le jeu te laisse interpréter le Clerc comme tu veux, et les PNJ réagissent en conséquence. C’est du vrai roleplay narratif, et j’ai adoré cette liberté.
Ensuite, les jets de dés. Comme dans un jeu de rôle sur table (Donjons & Dragons, Pathfinder, etc.), chaque action un peu risquée nécessite un jet de dés. Tu veux mentir à un garde ? Lance les dés. Tu veux voler un objet ? Lance les dés. Tu veux éviter de passer pour un idiot devant un noble ? Lance les dés. Le système est basé sur tes statistiques (Charisme, Perception, Intelligence, etc.) et sur les compétences que tu développes au fil du jeu. Parfois, tu réussis. Parfois, tu rates. Et quand tu rates, les conséquences peuvent être catastrophiques… ou hilarantes. Le jeu assume totalement l’échec comme partie intégrante de l’expérience, et certaines des meilleures scènes viennent justement de tes ratés. C’est du bon design narratif.
Enfin, l’Arbre de Quêtes, la mécanique signature du jeu. C’est un mix entre un journal de quêtes, un arbre de compétences et une carte mentale. Chaque quête que tu accomplis, chaque décision que tu prends, chaque secret que tu découvres s’inscrit dans cet arbre. Et au fur et à mesure, certaines branches prennent racine dans ton esprit et te donnent des « Exploits » — des capacités permanentes qui modifient ton style de jeu. Par exemple, si tu résous plusieurs énigmes de manière logique, tu peux débloquer un Exploit qui te donne un bonus permanent en Intelligence. Si tu mens beaucoup, tu peux débloquer un Exploit qui améliore tes jets de Tromperie. C’est génial parce que ton personnage évolue en fonction de tes actions réelles, pas juste en gagnant de l’XP générique. Le jeu te reflète.
Les pouvoirs magiques du Clerc ajoutent une couche supplémentaire. Tu peux contrôler les esprits pour accéder à des zones interdites, parler aux morts pour obtenir des indices, détecter des secrets cachés, ou déformer la réalité pour créer de nouvelles options narratives. Ces pouvoirs ne sont pas juste des gadgets : ils ouvrent des chemins de quêtes entièrement nouveaux. Si tu joues en tant que Clerc mystique qui abuse de ses pouvoirs, tu auras une expérience complètement différente d’un Clerc rationaliste qui refuse d’utiliser la magie. La rejouabilité est énorme.
Les combats sont au tour par tour, mais honnêtement, c’est pas le point fort du jeu. Ils sont corrects, fonctionnels, mais pas transcendants. Tu choisis tes actions (attaque, défense, sorts, objets), tu lances les dés, et le combat se résout en quelques tours. Ça suffit pour rythmer l’aventure sans devenir chiant, mais si tu viens pour de l’action tactique poussée, tu seras peut-être déçu. Heureusement, le jeu mise beaucoup plus sur la narration que sur les affrontements, donc c’est pas vraiment un problème.




Un univers Arcanepunk unique et décalé
L’univers d’Esoteric Ebb est un mélange de fantasy classique et de thématiques socio-politiques modernes. Norvik est une ville fantasy habitée par des humains, des nains, des elfes, mais aussi des créatures plus originales. Sauf que contrairement à un Baldur’s Gate ou un Dragon Age, le monde ne tourne pas autour de la grande quête épique pour sauver le monde. Ici, tu es juste un bureaucrate en enquête administrative sur une explosion. C’est petit, terre-à-terre, presque banal. Et c’est exactement ce qui rend le tout fascinant.
Le jeu aborde des sujets comme les élections, la bureaucratie, les tensions sociales, les complots politiques, le pouvoir des médias, et même des questions d’identité et de classe sociale. Tout ça dans un cadre fantasy. C’est surprenant, décalé, et ça marche vraiment bien. Les dialogues sont intelligents, parfois drôles, parfois cyniques, mais toujours bien écrits. Christoffer Bodegård (le créateur solo derrière le projet) a clairement un talent pour l’écriture. Certaines conversations m’ont fait rire, d’autres m’ont fait réfléchir, et quelques-unes m’ont carrément bluffé par leur profondeur.
La ville de Norvik est divisée en plusieurs quartiers, chacun avec sa propre ambiance et ses propres problèmes. Les rues commerçantes, les tours des nobles, les tunnels sombres sous la ville… Chaque zone a ses habitants, ses secrets, et ses quêtes. Le worldbuilding est solide, cohérent, et surtout crédible. On sent qu’il y a une vraie logique derrière cet univers, pas juste du décor de façade.
L’humour est aussi très présent. Le jeu ne se prend jamais trop au sérieux, même quand il aborde des sujets graves. Il y a des références pop culture bien placées, des PNJ complètement barrés (mention spéciale au sphinx ivre qui te pose des énigmes absurdes), et des situations absurdes qui contrastent avec le ton parfois sombre de l’enquête principale. C’est un bon équilibre.
Graphismes charmants et direction artistique soignée
Visuellement, Esoteric Ebb adopte un style 2D isométrique fait à la main. Les décors sont peints avec soin, les personnages sont stylisés avec des portraits expressifs, et l’interface utilisateur est claire et fonctionnelle. C’est pas du AAA avec des graphismes photoréalistes, mais c’est pas le but. Le jeu vise un rendu artisanal et chaleureux, et il réussit parfaitement.
La direction artistique mélange des éléments classiques de fantasy (châteaux, tavernes, rues pavées) avec des touches modernes et ésotériques (néons magiques, artefacts bizarres, architecture étrange). Ça donne un univers visuellement unique, reconnaissable, et cohérent. Chaque zone a sa propre identité visuelle, et on ne se perd jamais grâce à la carte et au système de navigation intégré.
Les animations sont minimalistes. Les personnages bougent peu pendant les dialogues (juste quelques gestes de la main ou des changements d’expression), mais les portraits 2D sont très expressifs et compensent largement. Les effets magiques sont discrets mais efficaces, et les combats bénéficient de petites animations sympas sans être flamboyantes. Tout est pensé pour servir la narration avant l’esthétique pure.
Côté bande-son, Esoteric Ebb propose une OST ambiante et discrète qui accompagne l’aventure sans jamais prendre le dessus sur les dialogues. Les musiques sont mélancoliques, mystérieuses, parfois inquiétantes, et elles collent parfaitement à l’ambiance du jeu. Rien de mémorable au point de te rester en tête pendant des jours, mais c’est bien réalisé et agréable à écouter.
Le sound design est minimaliste mais efficace. Bruits de pas, grincements de portes, murmures lointains… Tout est là pour renforcer l’immersion sans être envahissant. Par contre, il n’y a pas de doublage vocal : tout est en texte à lire. C’est pas un problème si t’aimes les CRPG narratifs, mais si tu préfères les dialogues vocalisés, il faut le savoir. Le jeu n’est disponible qu’en anglais au lancement, sans traduction française prévue pour l’instant. Dommage, parce que la qualité d’écriture mériterait une localisation soignée.
Points forts
- Écriture exceptionnelle et dialogues profonds (1 million de mots !)
- Arbre de Quêtes innovant qui reflète vraiment tes choix
- Liberté narrative énorme et rejouabilité massive
- Univers Arcanepunk unique mêlant fantasy et modernité
- Pouvoirs magiques qui ouvrent de vraies options de gameplay
- Jets de dés bien intégrés et échec assumé comme gameplay
- Direction artistique charmante et soignée
- Production indé de très haute qualité (bravo RAW Fury)
Points faibles
- Combats au tour par tour corrects mais pas transcendants
- Pas de doublage vocal (tout en texte à lire)
- Pas de traduction française au lancement
- Très bavard (peut rebuter si tu n’aimes pas lire)
- Animations minimalistes (pas un défaut, mais faut aimer le style)
Mon avis
Esoteric Ebb est une belle surprise. RAW Fury et Christoffer Bodegård ont réussi à créer un CRPG narratif qui tient tête aux grands noms du genre. Si t’as aimé Disco Elysium, Planescape: Torment, ou Baldur’s Gate 3, tu vas adorer ce jeu. L’écriture est top, les dialogues sont denses et intelligents, l’univers est original et bien construit, et surtout, le jeu respecte vraiment tes choix. Chaque décision compte, chaque branche de dialogue ouvre des possibilités, et l’Arbre de Quêtes fait que ton personnage évolue de manière cohérente avec ton style de jeu. C’est exactement ce qu’on attend d’un bon CRPG.
J’ai passé une trentaine d’heures sur ma première run, et j’ai déjà envie de recommencer avec un Clerc complètement différent. Parce que ouais, le jeu change vraiment en fonction de tes choix. Si tu joues un mystique qui abuse de ses pouvoirs, tu auras accès à des quêtes et des dialogues que tu ne verras jamais en tant que rationaliste. Si tu es diplomate, tu ouvriras des portes fermées aux agressifs. Et inversement. La rejouabilité est énorme, et c’est rare de nos jours.
Le seul vrai point faible, c’est que le jeu est très bavard. Si t’aimes pas lire des pavés de texte, passe ton chemin. Mais si t’es fan de CRPG narratifs et que tu cherches une histoire bien écrite avec de la profondeur, Esoteric Ebb est fait pour toi. Les combats sont pas incroyables, mais honnêtement, on s’en fout un peu : le jeu brille par son écriture, son univers, et sa liberté narrative. C’est ce qui compte.
Bravo à Christoffer Bodegård pour huit ans de travail acharné, et bravo à RAW Fury pour avoir soutenu ce projet jusqu’au bout. Esoteric Ebb est une production indé de très haute qualité, et ça fait plaisir de voir qu’il y a encore des développeurs qui prennent le temps de créer des jeux narratifs ambitieux et bien écrits. Pour 25-30€ sur Steam, c’est un excellent rapport qualité/prix. Si t’es fan du genre, fonce. Tu vas pas le regretter.

Esoteric Ebb
ESOTERIC EBB est un CRPG solo inspiré par la liberté des aventures de jeu de plateau. Démêlez une conspiration politique avec votre acolyte gobelin. Lancez les dés lors de rencontres tendues. Devenez un clerc de légende ou ruinez complètement la campagne.
Sortie : 3 mars 2026
Plateformes : PC (Microsoft Windows)
Durée moyenne : 20 h
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