Test du jeu Shakedown: Hawaii
Shakedown: Hawaii est le jeu d’action en monde ouvert de Vblank Entertainment, sorti le 7 mai 2019 sur PC pour 19,99 €. Le studio, porté par un seul développeur principal depuis Retro City Rampage, y reprend la formule chaotique de son prédécesseur tout en l’orientant vers une satire assumée du capitalisme débridé. Les joueurs incarnent un ancien PDG chargé de bâtir une corporation « légitime » à travers rackets, sabotages et acquisitions immobilières, dans une île hawaïenne entière livrée à son appétit d’expansion. Dans un genre satirique où le pixel art se fait rare, voir aussi notre test de Far Cry 6, Shakedown: Hawaii choisit la caricature assumée plutôt que le sous-texte discret, et ne cache jamais que chaque mission cache une charge contre une pratique capitaliste bien réelle, même quand cette charge se dissimule derrière un gag absurde et une réplique cinglante.
- Quel est le concept principal de Shakedown: Hawaii ?Shakedown: Hawaii est un jeu d'action en monde ouvert sorti le 7 mai 2019 sur PC. Le joueur incarne un ancien PDG qui doit bâtir une corporation « légitime » à travers des rackets, sabotages et acquisitions immobilières dans une île hawaïenne. Le jeu reprend la formule chaotique de Retro City Rampage en l'orientant vers une satire assumée du capitalisme débridé.
- Comment le jeu critique-t-il le capitalisme ?Shakedown: Hawaii propose une satire mordante du capitalisme à travers des missions parodiant des pratiques réelles d'entreprises technologiques. L'écriture tourne en dérision les pratiques cyniques comme les rachats et la destruction de la concurrence. Le jeu ne se contente jamais d'un seul niveau de lecture : sous la façade absurde, chaque mission trouve un équivalent dans l'actualité économique réelle des années 2010.
- Comment fonctionne la progression dans le jeu ?La progression se matérialise par le rachat de commerces qui se transforment en chaînes low-cost, modifiant visiblement les quartiers de l'île. Cette progression tangible et satisfaisante récompense l'exploration complète. Voir un quartier entier se transformer progressivement en une version aseptisée de lui-même donne une lecture documentaire de la gentrification.
- Quels types d'armes et véhicules sont disponibles ?L'arsenal mêle des armes conventionnelles et des objets détournés en armes improbables, encourageant l'expérimentation constante. Les véhicules volables sont tout aussi variés et ajoutent une couche supplémentaire de chaos aux poursuites urbaines. Cette variété est cohérente avec le ton délirant du jeu.
- Une satire du capitalisme aussi mordante que jouissive
- Une progression capitaliste qui transforme chaque quartier
- Un arsenal d’armes improbables qui prolonge le chaos
- Un chaos ludique hérité de Retro City Rampage
- Un système de progression qui débloque des améliorations utiles
- Un ton politique qui refuse la neutralité confortable
- Une structure de missions qui peut lasser sur la longueur
- Graphismes et ambiance sonore
- Points forts :
- Points faibles :
- Mon avis
- Shakedown: Hawaii
Une satire du capitalisme aussi mordante que jouissive
L’écriture, qui tourne en dérision les pratiques d’entreprise les plus cyniques à travers des missions de rachat et de destruction de la concurrence, offre une satire mordante rarement poussée aussi loin dans le jeu vidéo. Cette critique assumée du capitalisme, servie par un humour constant, distingue nettement le jeu de ses inspirations en monde ouvert plus sérieuses. Certaines missions parodient ouvertement des pratiques réelles d’entreprises technologiques, avec une précision satirique qui dépasse le simple gag facile pour toucher juste sur des travers reconnaissables. Le jeu ne se contente jamais d’un seul niveau de lecture : sous la façade absurde, chaque mission trouve un équivalent dans l’actualité économique réelle des années 2010.



Une progression capitaliste qui transforme chaque quartier
Racheter des commerces pour les moderniser en chaînes low-cost modifie visiblement le quartier concerné, donnant une matérialisation concrète à l’expansion de la corporation du joueur. Cette progression tangible, plus satisfaisante qu’une simple jauge d’argent, récompense l’exploration complète de l’île hawaïenne. Voir un quartier entier se transformer progressivement, boutique après boutique, en une version aseptisée de lui-même donne une lecture presque documentaire de la gentrification qui dépasse le simple gag visuel.
Un arsenal d’armes improbables qui prolonge le chaos
L’arsenal disponible, qui mêle armes conventionnelles et objets détournés en armes improbables, encourage l’expérimentation constante plutôt que la répétition d’une seule stratégie efficace. Cette variété d’armement, cohérente avec le ton délirant assumé par le jeu, transforme chaque mission de destruction en une occasion de tester une nouvelle combinaison absurde. Les véhicules volables, tout aussi variés, ajoutent une couche supplémentaire de chaos aux poursuites urbaines qui ponctuent régulièrement l’aventure.
Un chaos ludique hérité de Retro City Rampage
Les véhicules volés, les armes improbables et les explosions constantes perpétuent l’esprit délirant du précédent jeu du studio, dans un monde ouvert en pixel art qui ne se prend jamais au sérieux. Cette continuité ludique, cohérente avec l’identité de Vblank Entertainment, ravira les joueurs déjà conquis par Retro City Rampage. Les références à la culture pop des années 80 et 90, moins nombreuses que dans le précédent titre, laissent davantage de place à la satire capitaliste comme moteur principal de l’humour.
Un système de progression qui débloque des améliorations utiles
Les revenus générés par la corporation permettent de débloquer des améliorations permanentes, de la capacité de santé à de nouvelles armes disponibles en boutique, qui récompensent tangiblement l’investissement dans le rachat de commerces. Cette bouclette de progression, simple mais efficace, motive à poursuivre l’expansion territoriale au-delà du seul plaisir narratif de la satire. Certaines améliorations débloquent également des raccourcis de déplacement à travers l’île, réduisant le temps passé en trajet entre deux missions, ce qui allège agréablement les longues sessions consacrées au rachat systématique de chaque quartier.
Un ton politique qui refuse la neutralité confortable
Contrairement à de nombreuses satires qui se contentent d’effleurer leur sujet sans jamais prendre parti, Shakedown: Hawaii assume ouvertement une critique du capitalisme dérégulé sans chercher à ménager les susceptibilités. Cette absence de neutralité, rafraîchissante dans un paysage vidéoludique souvent frileux sur ces sujets, donne au jeu une véritable colonne vertébrale idéologique derrière son absurdité de façade. Les développeurs ne cherchent jamais à nuancer leur propos par des considérations économiques complaisantes, ce qui donne à la satire une clarté rare dans le médium.
Une structure de missions qui peut lasser sur la longueur
Certaines missions, basées sur des objectifs similaires de destruction ou de rachat répétés d’un quartier à l’autre, finissent par révéler une structure moins variée qu’elle n’y paraît au premier abord. Ce défaut, plus visible sur les dernières heures de jeu, dilue légèrement l’impact comique d’une formule qui s’appuyait pourtant sur un vrai renouvellement d’idées en début de partie. Les joueurs qui enchainent les missions sans pause risquent de ressentir cette répétition plus fortement que ceux qui espacent leurs sessions.
Graphismes et ambiance sonore
Le pixel art 16-bit, coloré et détaillé malgré sa simplicité apparente, restitue une île hawaïenne vivante et convaincante d’un bout à l’autre du jeu. Les explosions et effets de destruction, particulièrement satisfaisants malgré la résolution volontairement rétro, contribuent grandement au plaisir immédiat du chaos généré. La bande-son synthétisée rétro accompagne parfaitement le ton décalé assumé par l’ensemble de la production, avec des morceaux qui rappellent délibérément l’esthétique sonore des années 80.
Points forts :
- Une satire du capitalisme aussi mordante que jouissive
- Une progression qui transforme visiblement chaque quartier
- Un arsenal d’armes improbables qui prolonge le chaos
- Un ton politique qui refuse la neutralité confortable
Points faibles :
- Un pixel art qui ne visera pas tous les goûts
- Un humour très ancré dans la culture américaine
- Une structure de missions qui peut lasser sur la longueur
Mon avis
Shakedown: Hawaii m’a conquis dès les premières missions par sa satire du capitalisme, aussi mordante que réjouissante à jouer. Chaque rachat d’entreprise devient un prétexte à une blague bien sentie sur les pratiques les plus cyniques du monde des affaires, sans jamais sombrer dans la facilité du gag gratuit.
La transformation visible des quartiers rachetés m’a également séduit, en donnant une vraie matérialisation à la progression du joueur. C’est un détail qui change beaucoup dans la satisfaction ressentie à chaque nouvelle acquisition, et qui donne un sens tangible à une mécanique qui aurait pu rester purement abstraite.
L’arsenal improbable, combiné aux véhicules volables les plus variés, m’a offert des moments de chaos mémorables du début à la fin de l’aventure. Le chaos ludique hérité de Retro City Rampage fonctionne toujours aussi bien, même si l’humour très ancré dans la culture américaine ne parlera pas à tout le monde.
Ce qui m’a le plus marqué, en fin de compte, c’est le refus du jeu de rester neutre sur son propre sujet. Trop de satires vidéoludiques se contentent d’effleurer leur cible sans jamais prendre de risque réel ; Shakedown: Hawaii, lui, assume pleinement son point de vue du début à la fin, sans jamais chercher d’excuse pour adoucir son propos.
La structure de missions, en revanche, finit par révéler ses limites sur les dernières heures, avec des objectifs qui se recyclent plus qu’ils ne se renouvellent. Un détail mineur qui n’entache pas la réussite d’ensemble de cette satire irrésistible.
Shakedown: Hawaii reste une proposition rare dans le paysage du jeu vidéo, capable de faire rire tout en pointant du doigt des travers bien réels du capitalisme contemporain, sans jamais sacrifier son rythme d’action pour porter ce message. C’est cette rare combinaison qui en fait, années après sa sortie, une satire toujours pertinente et étonnamment actuelle.

Shakedown: Hawaii
Build a "legitimate" corporation via open world missions, shakedowns, sabotage and property acquisition.
Sortie : 7 mai 2019
Genres : Course, Gestion, Arcade
Plateformes : PlayStation 3, PlayStation 4, Nintendo 3DS, Wii, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5, Wii U, PlayStation Vita, Nintendo Switch
Durée moyenne : 12-15 h
Suggestions Les mieux notés de la rédaction














