Test du jeu Mortal Shell 2
Mortal Shell 2 est un action-RPG en vue à la troisième personne, un soulslike développé par Cold Symmetry et édité par Playstack, sorti le 20 août 2026 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S. Sur Steam, le jeu est proposé à 49,99 €, une édition Devout à 59,99 € ajoutant du contenu bonus. C’est la suite indépendante de Mortal Shell, sorti en 2020 : on y reprend le principe central de la série, prendre possession d’enveloppes de guerriers déchus pour explorer un monde gothique en ruines, chacune avec ses propres capacités et son histoire à révéler. Le studio promet cette fois un monde plus vaste, un arsenal étoffé et des combats plus intenses que dans le premier volet. J’y ai joué en intégralité sur PC, katana-hache en main.
- Quand est sorti Mortal Shell 2 et sur quelles plateformes ?Mortal Shell 2 est sorti le 20 août 2026 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S. Sur Steam, le jeu est proposé à 49,99 € en version standard, et 59,99 € pour l'édition Devout qui inclut du contenu bonus.
- Quel est le concept central de Mortal Shell 2 ?Le concept central est de prendre possession d'enveloppes de guerriers déchus pour explorer un monde gothique en ruines. Chaque enveloppe possède ses propres capacités et son histoire à révéler. Le jeu promet un monde plus vaste, un arsenal étoffé et des combats plus intenses que le premier volet.
- Comment débute Mortal Shell 2 et pourquoi peut-il décourager au départ ?Le début est exigeant et ne fait pas de cadeau. Les premières heures demandent de réapprendre les bases : choisir une enveloppe, gérer les échanges de coups sans jauge d'endurance classique, et trouver les huit enveloppes dispersées. Ce démarrage rude peut décourager, mais une fois la boucle de gameplay comprise, le jeu change complètement de visage et devient gratifiant.
- Qu'est-ce qui change avec la suppression de la jauge d'endurance dans Mortal Shell 2 ?Sans jauge d'endurance, le gameplay se concentre sur l'exploitation de diverses tactiques pour déséquilibrer l'adversaire et provoquer des coups critiques. Cela offre plus de liberté dans les choix d'armes de mêlée et de jet, et la combinaison enveloppe-arme devient cruciale pour adapter le style de combat à ses préférences.
Un départ exigeant, avant le déclic
Le début de Mortal Shell 2 ne fait pas de cadeau. Les premières heures demandent de réapprendre les bases : quelle enveloppe habiter, comment gérer les échanges de coups sans le confort d’une jauge d’endurance classique, où chercher les huit enveloppes de guerriers disséminées dans le monde ravagé du jeu. C’est un démarrage rude, au sens propre du terme, et il peut décourager un joueur qui s’attend à une prise en main immédiate.
Mais ce départ difficile n’est qu’un sas. Dès que la boucle de gameplay se met en place — comprendre le rythme des affrontements, trouver une enveloppe qui correspond à son style, mettre la main sur une bonne arme — le jeu change complètement de visage. C’est le moment où le jeu prend toute sa valeur : ce qui semblait punitif et confus devient lisible, gratifiant, et donne enfin envie d’aller voir ce qu’il y a derrière la colline suivante. Ce basculement, assez classique dans le genre soulslike, est ici particulièrement net, presque un interrupteur qu’on bascule d’un coup plutôt qu’une courbe progressive.



L’arsenal des enveloppes, et le katana-hache
Le cœur du jeu, une fois la prise en main acquise, c’est l’arsenal. Mortal Shell 2 retire la jauge d’endurance qui limitait le premier épisode : sans cette contrainte, il s’agit d’exploiter diverses tactiques pour déséquilibrer l’adversaire et provoquer des coups critiques, avec de nombreux choix pour améliorer aussi bien les armes de mêlée que les armes de jet. Chaque enveloppe modifie la manière de se battre, et trouver la combinaison enveloppe-arme qui convient à son propre style est, d’après mon expérience, la clé qui transforme l’expérience.
Dans cet arsenal, une arme sort clairement du lot : le katana-hache. J’en suis catégorique : je la qualifie tout simplement d’« incroyable ». Ce type d’arme hybride, qui mêle la vitesse d’une lame fine à la puissance d’une arme lourde, illustre bien la philosophie de cet arsenal élargi : offrir des styles de jeu très différents les uns des autres plutôt qu’une simple collection d’armes qui se ressemblent avec des statistiques différentes. C’est le genre de trouvaille qui donne envie de recommencer une zone difficile juste pour la sensation de manier l’arme.
Une carte immense, et le prix d’une mort
C’est le défaut majeur que j’ai relevé, et il pèse lourd dans l’expérience globale : la taille de la carte. Cold Symmetry présente son monde ouvert comme « compact, interconnecté, immersif, et respectueux du temps des joueurs » — à l’usage, je le trouve au contraire gigantesque. Le monde de Mortal Shell 2 est nettement plus vaste que celui du premier épisode, qui se bouclait en 10 à 15 heures ; ici, on parle plutôt de 30 à 40 heures pour l’histoire principale, et jusqu’à 50 ou 60 heures pour qui veut tout explorer.
Cette ampleur a un revers concret : chaque mort se paie cher. Dans un soulslike, mourir fait normalement partie du contrat — on récupère son dû en refaisant le chemin. Le problème, ici, c’est que ce chemin de retour est long, sur une carte de cette taille, ce qui rallonge artificiellement chaque session et peut transformer une mort punitive en corvée de trajet. C’est le point que j’identifie comme le vrai frein du jeu : pas la difficulté des combats en elle-même, mais le coût en temps d’un faux pas sur une carte aussi étendue.
Fluidité et nervosité : la réponse aux inputs
À l’inverse, le gros point fort du jeu pour moi, c’est la qualité de la réponse aux commandes. Pour un soulslike — un genre où la lourdeur assumée des animations est souvent revendiquée comme une marque de fabrique — Mortal Shell 2 prend le contre-pied : « ça répond très bien et ça va vite ». Les esquives, les enchaînements, les changements d’enveloppe en plein combat suivent l’intention du joueur avec très peu de latence perçue, ce qui change la sensation manette en main par rapport à des références plus posées du genre.
Cette nervosité n’est pas qu’un confort de façade : elle change la nature même des affrontements. Un jeu qui répond vite permet des ajustements en temps réel, des corrections de trajectoire au dernier moment, des sensations plus proches d’un jeu d’action pur que d’un soulslike traditionnel plus contemplatif. Combinée à l’arsenal évoqué plus haut, en particulier une arme comme le katana-hache, cette fluidité est ce qui fait que les combats de Mortal Shell 2 restent grisants sur la durée, même après plusieurs dizaines d’heures.
Une suite qui change d’échelle
Au-delà des impressions de jeu, il vaut la peine de resituer ce que Cold Symmetry a changé par rapport à l’original. Le premier Mortal Shell (2020) était un jeu resserré, complet en 10 à 15 heures, salué pour sa direction artistique mais critiqué pour son manque de contenu. Mortal Shell 2 répond directement à cette critique : le monde est plus grand, les enveloppes sont plus nombreuses — huit contre quatre dans le premier jeu — et l’arsenal est nettement plus fourni.
Ce changement d’échelle a un prix, on l’a vu : la carte gigantesque et le coût d’une mort. Mais il apporte aussi ce que le premier épisode n’avait pas assez : de la matière, du temps de jeu, des zones à explorer qui ne se contentent pas de relier deux points d’intérêt. Sur PC, la version testée tourne sans souci particulier ; le jeu n’a pas de version Linux native, mais sa compatibilité Proton est jugée bonne par la communauté ProtonDB (palier or, sur un échantillon de rapports jugé solide), ce qui laisse de bonnes chances de fonctionnement correct sur Steam Deck malgré l’absence, à ce jour, d’une certification officielle Valve — le jeu étant encore très récent.
Graphismes et ambiance sonore
Mortal Shell 2 conserve l’identité visuelle sombre et gothique qui avait fait la réputation du premier épisode, mais l’agrandissement du monde lui donne beaucoup plus d’espace pour se déployer : la direction artistique, déjà l’un des points forts du studio, se retrouve avec plus de terrain pour construire ses architectures gothiques rongées par le temps, ses grottes jonchées de cadavres et ses façades de châteaux couvertes des stigmates de la guerre. L’ambiance générale évoque un croisement entre fantasy médiévale sombre et horreur cosmique, un registre visuel dense qui doit autant à l’imagerie de pochettes d’albums de metal qu’à l’héritage classique du genre soulslike.
Le sound design suit la même logique d’intensité. Les armes sonnent lourd et franc à l’impact, les ennemis de grand gabarit dégagent une vraie présence sonore avant même d’être vus, et l’audio environnemental participe activement à donner du caractère à chaque zone traversée. C’est un habillage sonore pensé pour la gravité de l’univers plutôt que pour le spectaculaire, cohérent avec le reste de la proposition du jeu : sombre, appuyé, sans filtre.
Points forts
- La fluidité et la nervosité des contrôles, une réponse aux inputs redoutablement rapide pour un soulslike
- Le katana-hache, une arme hybride jugée « incroyable »
- Une boucle de gameplay qui devient excellente dès que l’enveloppe et l’arme adaptées sont trouvées
- Huit enveloppes de guerriers aux capacités distinctes à découvrir, contre quatre dans le premier épisode
- Une direction artistique gothique très travaillée, portée par un sound design lourd et immersif
Points faibles
- Un démarrage exigeant, voire rude, avant que la boucle de jeu ne clique vraiment
- Une carte gigantesque qui rend chaque mort coûteuse : le trajet de retour après un échec est long
- Pas de version Linux native ; la compatibilité Steam Deck repose pour l’instant sur Proton, sans certification Valve officielle
Mon avis
J’ai mis du temps à rentrer dedans, et je ne vais pas le cacher : le départ est un peu rude. Les premières heures m’ont demandé de réapprendre les réflexes, de tâtonner sur les enveloppes, de mourir plus souvent que je ne l’aurais voulu sans vraiment comprendre pourquoi. Si vous démarrez Mortal Shell 2 en vous attendant à filer tout de suite, préparez-vous à un mur au début.
Mais dès que j’ai eu la boucle de gameplay en main, une enveloppe qui me correspondait et une bonne arme, tout a changé. Le jeu prend alors toute sa valeur : les affrontements deviennent lisibles, gratifiants, et j’ai commencé à vouloir explorer plus loin juste pour voir ce que j’allais trouver. C’est un vrai basculement, pas une amélioration progressive — un jour c’est laborieux, le lendemain je ne pouvais plus lâcher la manette.
Le défaut majeur pour moi, c’est la taille de la map. Elle est gigantesque, et du coup on paie très cher une mort : le trajet de retour est long, et ça casse le rythme plus que ça ne le renforce. C’est le genre de défaut qui ne se voit pas dans une bande-annonce mais qui pèse vraiment sur plusieurs dizaines d’heures de jeu.
En face de ça, il y a un gros point fort qui rachète beaucoup de choses : la fluidité et la nervosité de la réponse aux inputs. Pour un soulslike, ça répond très bien et ça va vite — ce n’est pas un jeu qui traîne les pieds. Et l’arsenal est excellent : le katana-hache, en particulier, est incroyable à manier, et à lui seul il justifie de creuser tout le système d’armes du jeu.
Au final, je recommande clairement de l’avoir dans son backlog. Ce n’est pas un jeu parfait — le démarrage exigeant et la carte trop grande sont de vraies réserves — mais une fois que la mécanique clique, c’est du très bon soulslike, avec un arsenal qui a de quoi occuper de longues heures.

Mortal Shell II
Leur Chair Est Votre Arme. Mortal Shell II est un action-RPG autonome avec des combats intenses et à enjeux élevés. Possédez des Shells guerriers, renversez de faux dieux, sauvez un monde ravagé.
Sortie : 20 août 2026
Genres : Horreur, Open World, RPG
Plateformes : Xbox Series X|S, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5
Durée moyenne : 30-40 h
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