Test du jeu Death Howl
Death Howl est un jeu d’aventure mêlant deckbuilding, éléments soulslike et combats tactiques au tour par tour, sorti le 9 décembre 2025 sur PC (Steam, GOG, Windows, PC Game Pass), avec une version console prévue pour le 19 février 2026 sur PS5, Xbox Series X/S et Nintendo Switch. Développé par The Outer Zone et publié par 11 bit studios, il nous plonge dans un monde spirituel nordique, où Ro, une chasseuse d’une petite tribu, entreprend un voyage désespéré pour ramener son fils Olvi, mort tragiquement, depuis l’au-delà. Après 30 heures à explorer ses paysages hantés, à affronter ses esprits impitoyables et à construire des decks, j’ai terminé l’aventure principale et une partie des quêtes secondaires. C’est une expérience ambitieuse, portée par une direction artistique sublime et une narration émouvante, mais plombée par des mécaniques frustrantes et un rythme parfois laborieux. Voici mon test complet, après avoir traversé les terres brumeuses de ce jeu unique.
- Sur quelles plateformes peut-on jouer à Death Howl ?Le jeu sortira le 9 décembre 2025 sur PC (Steam, GOG, Windows, PC Game Pass), puis le 19 février 2026 sur PS5, Xbox Series X/S et Nintendo Switch
- Quelle est la durée de vie du jeu ?Environ 30 heures pour l'aventure principale, avec des quêtes secondaires qui peuvent prolonger l'expérience jusqu'à 40-45 heures selon votre style de jeu
- Comment se caractérise le gameplay unique de Death Howl ?Un mix audacieux entre deckbuilding stratégique, combats tactiques au tour par tour et mécaniques soulslike, dans un monde spirituel nordique où chaque décision compte
- Quel est ton verdict final de passionné ?Une expérience ambitieuse et sublime techniquement, avec une narration émouvante, mais qui demande de la patience. Un jeu exigeant qui récompensera les joueurs persévérants
Un gameplay exigeant, entre stratégie et frustration
Death Howl propose un mélange audacieux de deckbuilding, de combats tactiques sur grille et de progression soulslike. Vous incarnez Ro, une héroïne fragile mais déterminée, qui explore un monde spirituel divisé en quatre régions – forêts sombres, marais suffocants, déserts arides et collines enneigées. Chaque région a ses propres ennemis, cartes et mécaniques, et le jeu vous laisse libre de les explorer dans l’ordre de votre choix.
Le cœur du gameplay repose sur la construction de decks à partir de plus de 160 cartes, allant d’attaques physiques (coups de lance, tirs d’arc) à des sorts chamaniques (invocations, malédictions). Vous dessinez une main de cartes à chaque tour, avec cinq points de mana pour déplacer Ro sur une grille tactique, attaquer ou activer des effets. Les totems, des objets équipables, ajoutent des bonus passifs, comme empoisonner un ennemi après un coup ou régénérer du mana en esquivant.
Les combats sont tendus et demandent une planification minutieuse. Face à des esprits difformes – des sangliers spectraux aux abominations végétales – vous devez optimiser vos cartes et vos déplacements pour survivre. Les ennemis frappent fort, et Ro est vulnérable : sans soins au départ, chaque erreur peut vous coûter cher.
Les Howls, une ressource obtenue en battant des ennemis, servent à crafter de nouvelles cartes ou à débloquer des compétences dans des arbres de talents régionaux. Mais attention : mourir vous fait perdre vos Howls, et vous devez retourner au lieu de votre mort pour les récupérer, dans une boucle classique de soulslike.
Les Sacred Groves, équivalents des feux de camp, restaurent votre santé mais font réapparaître les ennemis, forçant un choix constant entre repos et progression.
Sur le papier, ce mélange est fascinant, mais en pratique, il peut devenir frustrant. Le jeu manque cruellement de tutoriel, et les premières heures sont brutales pour les joueurs non familiers avec les deckbuilders ou les soulslikes. La progression est lente, car farmer des Howls pour débloquer cartes et compétences demande de répéter des combats, parfois contre les mêmes ennemis.
De plus, utiliser des cartes d’une région différente impose une pénalité de mana, ce qui limite l’expérimentation et rend certains decks trop situationnels. Les quêtes secondaires, souvent des objectifs vagues comme « trouver un esprit errant », manquent de clarté et te font tourner en rond. Cela dit, quand le système clique – vers la moitié du jeu, avec un deck bien construit – les combats deviennent gratifiants, surtout contre les boss, comme l’esprit du marais, un colosse végétal dont les attaques en chaîne testent ta gestion de la grille.




Une narration poignante, mais cryptique
Death Howl brille par son histoire, centrée sur le deuil et la résilience. Ro, dévastée par la mort de son fils Olvi, s’aventure dans un monde spirituel nordique, guidée par des voix mystérieuses. L’écriture, minimaliste et fragmentée, dévoile son passé et ses émotions à travers des rencontres avec des esprits, des énigmes et des objets disséminés dans le monde – un collier brisé, une gravure sur un arbre.
Chaque région révèle un morceau de l’histoire, souvent à travers des quêtes secondaires où tu aides des âmes perdues à trouver la paix. Ces moments, comme une quête où tu réunis une mère spirituelle avec son enfant, sont bouleversants et donnent du poids à l’exploration.
Cependant, la narration est très cryptique, parfois trop. Le jeu mise sur l’ambiguïté, te laissant assembler les pièces du puzzle sans jamais t’expliquer clairement les enjeux. Si tu aimes les histoires ouvertes à l’interprétation, comme dans Dark Souls, tu seras comblé. Mais si tu préfères une progression narrative plus guidée, tu risques de te sentir perdu, surtout que les quêtes principales sont avares en checkpoints clairs.
Les dialogues avec les esprits, bien écrits, sont souvent trop abstraits, et certains arcs secondaires s’arrêtent brusquement, comme si le jeu manquait de temps pour les conclure. Malgré cela, la thématique du deuil est traitée avec une sensibilité rare, et les cinématiques, bien que rares, capturent la douleur et l’espoir de Ro avec une intensité qui marque.
Graphismes et ambiance sonore : une poésie visuelle et auditive
Visuellement, Death Howl est une merveille. Son pixel art, inspiré des jeux SNES mais poussé dans une direction surréaliste, crée un monde à la fois magnifique et inquiétant. Les forêts sombres scintillent de lucioles spectrales, les marais dégagent une brume verte qui semble vivante, et les déserts arides vibrent sous un soleil oppressant.
Les ennemis, des créatures entre chair et nature, sont à la fois grotesques et fascinantes – un cerf aux bois tordus, une plante carnivore aux yeux humains. Les animations, fluides pour un jeu en pixel art, donnent vie à chaque combat, avec des sprites qui se déforment ou explosent en particules.
Le jeu utilise le ray-tracing pour des effets de lumière subtils, comme les reflets dans les flaques ou les ombres dansantes, et tourne à 60 FPS sur PC, même sur des configs moyennes.
Le seul bémol visuel concerne l’interface : l’inventaire des cartes est peu intuitif, avec des descriptions parfois difficiles à lire, surtout quand tu jongles entre plusieurs decks. Quelques textures secondaires, comme des rochers ou des buissons, manquent de finesse, mais cela reste rare.
Côté sonore, le jeu est une réussite totale. La bande originale, composée de mélodies minimalistes au synthé et de chœurs nordiques, accompagne parfaitement l’ambiance mélancolique. Dans les moments clés, comme les combats de boss, elle s’intensifie avec des percussions sourdes qui te mettent la pression.
Le sound design est tout aussi soigné : le craquement des feuilles sous les pas de Ro, les hurlements distants des esprits, le cliquetis des totems quand tu les équipes. La voix de Ro, exprimée par des cris de douleur ou des murmures désespérés, est incroyablement émouvante, même si elle parle peu.
Le doublage, disponible en anglais et japonais, est de haute qualité, mais les sous-titres français sont parfois trop littéraux, perdant un peu de poésie. Avec un casque, l’audio spatial te plonge dans un monde où chaque son semble venir d’une direction précise, renforçant l’immersion.
Points forts
- Direction artistique en pixel art, sublime et évocatrice
- Narration émouvante sur le deuil, avec des quêtes secondaires touchantes
- Bande-son nordique et sound design immersifs
- Combats tactiques gratifiants une fois maîtrisés
- Liberté d’exploration dans un monde ouvert varié
- Durée généreuse : 25-30h pour l’histoire, plus avec les quêtes
Points faibles
- Absence de tutoriel, rendant les débuts brutaux
- Progression lente et grind répétitif pour les Howls
- Quêtes secondaires et narration trop cryptiques
- Interface des cartes peu ergonomique
- Pénalités de mana limitant l’expérimentation des decks
Mon avis
Après avoir terminé Death Howl, je suis partagé entre admiration et frustration. D’un côté, c’est une œuvre d’une beauté rare, avec un pixel art qui te transporte dans un monde spirituel nordique à la fois lugubre et poétique. L’histoire de Ro, sa lutte contre le deuil, m’a touché profondément, surtout dans les quêtes secondaires où tu aides des âmes brisées à trouver la paix. La bande-son, les visuels, l’ambiance – tout concourt à une immersion totale, et certains combats, une fois ton deck affiné, te donnent une satisfaction immense, comme quand j’ai vaincu le boss des collines en combinant poison et esquives. Mais de l’autre côté, le jeu demande une patience d’ange. L’absence de tutoriel m’a fait galérer pendant les premières heures, le grind pour les Howls m’a parfois donné envie d’arrêter, et la narration cryptique m’a laissé sur ma faim à plusieurs reprises. C’est un titre qui ne se donne pas facilement, et si tu n’es pas prêt à investir du temps pour comprendre ses mécaniques, tu risques de décrocher. Pour les fans de deckbuilders, de soulslikes ou d’expériences narratives audacieuses, Death Howl est une aventure qui vaut le détour, à condition d’accepter ses aspérités. The Outer Zone et 11 bit studios signent une tentative courageuse, mais qui aurait gagné à être plus accessible.

Death Howl
Traversez le monde des esprits affligés dans un jeu de construction de deck de type soulslike. Créez des cartes et réclamez des totems puissants pour vaincre les esprits malheureux qui rôdent dans les terres mystiques. Découvrez l'histoire d'une mère en deuil dans sa tentative désespérée de défier la mort et de ramener son fils.
Sortie : 9 décembre 2025
Plateformes : Xbox Series X|S, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5, Nintendo Switch
Durée moyenne : 25-30 h
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