Test du jeu Chorus
Chorus est un shooter spatial développé par Deep Silver Fishlabs — le studio hambourgeois derrière la série Galaxy on Fire sur mobile, qui signe ici son grand retour sur consoles et PC — et publié par Deep Silver, sorti en décembre 2021 sur PC, PS4, PS5, Xbox One et Xbox Series à 24,99 €. Vous incarnez Nara, ancienne arme d’un culte galactique connu sous le nom de Circle, revenue des années après en avoir fui les rangs pour détruire ce qu’elle a servi, aux commandes de Forsaken, son chasseur stellaire conscient et bavard. Le jeu mélange combats aériens à l’ancienne, pouvoirs mystiques hérités du Circle et une mécanique de dérapage qui casse volontairement les règles habituelles du vol spatial — plus proche d’un jeu d’action nerveux que d’une simulation contemplative. Le studio, rompu à l’exercice du combat spatial depuis Galaxy on Fire, met ici toute son expérience du genre au service d’une production bien plus ambitieuse que ses productions mobiles habituelles.
- Qu'est-ce que Chorus et qui l'a développé ?Chorus est un shooter spatial développé par Deep Silver Fishlabs, le studio hambourgeois connu pour la série Galaxy on Fire sur mobile. Le jeu a été publié par Deep Silver en décembre 2021 sur PC, PS4, PS5, Xbox One et Xbox Series au prix de 24,99 €. Il marque le grand retour du studio sur consoles et PC.
- Quelle est la mécanique centrale de Chorus ?La mécanique centrale est le dérapage, qui découple l'orientation du vaisseau de sa trajectoire. Cela permet de continuer à voler dans une direction tout en visant dans une autre, créant une chorégraphie rapide et joyeuse en combat. Couplée aux Rites (pouvoirs mystiques comme la téléportation ou les ondes de choc), cette mécanique transforme le pilotage en un système d'action nerveux, très éloigné des simulateurs spatiaux classiques.
- Combien de temps faut-il pour terminer Chorus ?L'aventure principale de Chorus dure environ dix à douze heures. Cependant, la structure semi-ouverte du jeu, avec ses missions annexes, contrats et tâches de collecte, étire l'expérience et peut diluer la tension des meilleures séquences scriptées.
- Quel est le contexte narratif de Chorus ?Le joueur incarne Nara, une ancienne arme d'un culte galactique appelé le Circle. Des années après avoir fui cette organisation, elle revient pour la détruire. Elle pilote Forsaken, un chasseur stellaire conscient et bavard, et utilise à la fois des combats aériens classiques, des pouvoirs mystiques hérités du Circle et la mécanique de dérapage pour accomplir sa mission.
- Le dérapage, une mécanique centrale grisante
- Une structure semi-ouverte qui étire l’aventure
- Une écriture qui vise haut sans toujours y arriver
- Forsaken, un compagnon de vol qui porte le récit
- Face à la concurrence, un shooter spatial à part
- Graphismes et ambiance sonore
- Points forts
- Points faibles
- Mon avis
- Chorus
Le dérapage, une mécanique centrale grisante
La mécanique centrale, c’est le dérapage : avec un bouton, on découple l’orientation du vaisseau de sa trajectoire, ce qui permet de continuer à voler dans une direction tout en visant dans une autre. En combat rapproché, ça change tout : on tourne autour d’un ennemi le nez verrouillé dessus, enchaînant les cibles sans jamais s’arrêter ni casser son élan. Couplé aux Rites — des pouvoirs pour se téléporter derrière un adversaire, traverser la matière ou déclencher une onde de choc dévastatrice — le pilotage devient une chorégraphie rapide et joyeuse, à mille lieues de la rigueur d’un simulateur spatial classique façon Elite Dangerous. C’est là que Chorus excelle, et c’est suffisamment rare dans le genre pour mériter d’être souligné : peu de shooters spatiaux osent une prise de risque aussi nette sur leurs contrôles fondamentaux.



Une structure semi-ouverte qui étire l’aventure
Le jeu est construit autour de zones spatiales semi-ouvertes, avec une mission principale, des contrats annexes, des points d’intérêt et des ressources à récolter pour améliorer le vaisseau. Sur le papier, c’est une structure standard pour le genre ; en pratique, ça étire l’aventure et casse la tension installée par les meilleures séquences scriptées. Les allers-retours vers les stations, les objectifs de collecte et les combats de remplissage entre les temps forts épuisent l’énergie que le dérapage avait pourtant su créer. Comptez dix à douze heures pour boucler l’aventure principale, dont une bonne partie qu’on aurait préférée plus resserrée autour des affrontements scénarisés plutôt que diluée en tâches annexes répétitives. Les mises à niveau du vaisseau, elles, restent motivantes tout du long : chaque nouvelle arme ou capacité débloquée se ressent immédiatement dans les mains, ce qui atténue un peu la lassitude que peut provoquer la structure ouverte sur la durée.
Une écriture qui vise haut sans toujours y arriver
L’histoire de Nara — culpabilité, endoctrinement, rédemption — a de la matière, et son passé au sein du Circle donne au récit une dimension plus sombre que la moyenne du genre. Mais l’ensemble est desservi par des dialogues parfois pompeux, un antagoniste peu étoffé qui reste plus concept que personnage, et un rythme narratif haché par la structure ouverte évoquée plus haut. On sent un jeu qui vise le sombre et le grave sans toujours avoir l’écriture qui suit, un peu comme s’il empruntait le sérieux d’un Mass Effect sans en avoir le temps de développement ni le budget d’écriture. Ça reste regardable, porté par de bons moments ponctuels, sans laisser de trace durable une fois le générique passé.
Forsaken, un compagnon de vol qui porte le récit
Le vrai atout narratif du jeu, c’est Forsaken lui-même : un vaisseau conscient, sarcastique, qui commente les décisions de Nara et pousse le duo à évoluer au fil de l’aventure. Cette relation, entre confiance retrouvée et reproches feutrés, fonctionne mieux que l’intrigue principale parce qu’elle se construit dans l’instant, à travers des échanges courts pendant les phases de vol plutôt que dans de longues cinématiques. C’est un procédé qu’on retrouve dans d’autres jeux à compagnon parlant, mais Deep Silver Fishlabs l’exploite intelligemment en le liant directement au gameplay : Forsaken commente les Rites qu’on débloque, réagit aux dégâts encaissés, et donne une présence constante à des phases de pilotage qui, sans lui, resteraient assez solitaires. C’est ce duo, plus que l’intrigue autour du Circle, qui donne envie d’aller au bout. Forsaken n’est jamais réduit à un simple porte-voix d’exposition : il a ses propres réticences, ses propres blessures liées à son passé de vaisseau du Circle, et cette double subjectivité — celle de Nara et la sienne — enrichit des scènes qui, dans un autre jeu, seraient passées inaperçues. Les meilleurs échanges surviennent d’ailleurs pendant les temps morts entre deux affrontements, quand le jeu ralentit volontairement le rythme pour laisser respirer le duo.
Face à la concurrence, un shooter spatial à part
Sur un marché où le shooter spatial reste un genre de niche, Chorus se positionne à mi-chemin entre l’arcade pure d’un Star Wars: Squadrons et l’exploration plus libre d’un Everspace. Il n’a ni la licence ni le multijoueur compétitif du premier, ni la boucle rogue-lite du second, mais il compense par une identité de gameplay bien à lui : le dérapage n’a pas vraiment d’équivalent ailleurs, et c’est suffisant pour justifier le détour à qui apprécie déjà le genre. Le revers de cette singularité, c’est qu’elle demande un temps d’adaptation réel : les premières heures, avant que le dérapage ne devienne un réflexe, peuvent dérouter un joueur habitué aux commandes plus classiques d’un simulateur de vol traditionnel. Une fois ce cap passé, en revanche, difficile de revenir à un shooter spatial plus conventionnel sans regretter la liberté de mouvement que le dérapage a fini par installer comme un réflexe naturel.
Graphismes et ambiance sonore
Visuellement, Chorus joue au-dessus de sa catégorie : nébuleuses colorées, épaves colossales, stations industrielles, temples flottants, le tout avec un vrai sens de l’échelle et un éclairage soigné qui tire le meilleur parti du moteur maison de Fishlabs, déjà rodé sur Galaxy on Fire. Les traversées à grande vitesse dans des couloirs de débris sont spectaculaires et comptent parmi les plus beaux moments du jeu, purement visuels. La bande-son électro-orchestrale accompagne bien l’action et devient franchement mençante dans les passages mystiques liés au Circle. Ça en met plein la vue sans exiger une machine de guerre, et les temps de chargement, sur consoles de génération récente, restent très courts. Le design des vaisseaux ennemis, tous liés au Circle, entretient une cohérence visuelle rare pour un jeu qui traverse autant de biomes spatiaux différents, du champ d’astéroïdes minier jusqu’au temple flottant du culte.
Points forts
- Le dérapage : une mécanique de pilotage grisante et bien pensée
- Des Rites qui enrichissent vraiment le combat
- Une direction artistique spatiale au-dessus de sa catégorie
- Un vaisseau conscient qui porte de bons échanges
- Des sensations de vitesse spectaculaires
Points faibles
- Une structure semi-ouverte qui étire et casse le rythme
- Trop de contrats annexes et d’objectifs de collecte
- Une écriture parfois pompeuse, un antagoniste fade
- Des combats de remplissage entre les temps forts
Mon avis
Chorus repose sur une idée de design véritablement réussie : le dérapage, couplé aux Rites, fait du vol spatial une chorégraphie nerveuse qu’on retrouve rarement ailleurs. Quand le jeu enchaîne combats et phases à grande vitesse sans interruption, il compte parmi les meilleurs représentants récents du genre, arcade et généreux à la fois.
Le duo formé par Nara et Forsaken fonctionne bien mieux que l’intrigue autour du Circle, et c’est finalement lui qui porte l’attachement au récit. Les échanges entre les deux personnages, distillés pendant le pilotage plutôt qu’imposés en cinématique, donnent une vraie présence à un jeu qui, sans ça, serait resté assez froid.
Le problème, c’est tout ce qui sépare les meilleurs moments : une structure semi-ouverte bavarde, des objectifs de remplissage qui cassent l’élan du dérapage, un scénario qui vise haut sans toujours y arriver. Le jeu aurait sans doute gagné à être plus court et plus resserré autour de ses séquences scénarisées.
Un très bon shooter spatial malgré tout, à prendre pour ses sensations de pilotage et son duo de personnages plus que pour son histoire ou sa structure, et qui mérite sa place à côté des références du genre.
Si vous cherchez un simulateur exigeant, passez votre chemin ; si vous voulez sentir un vaisseau réagir au doigt et à l’œil dans des couloirs de débris, Chorus tient ses promesses de bout en bout, malgré ses baisses de rythme, et il reste l’un des rares représentants récents et sérieux du genre sur consoles.

Chorus
Prenez le contrôle de Nara, autrefois la guerrière la plus meurtrière du Cercle, maintenant leur fugitive la plus recherchée, dans une quête pour détruire le culte sombre qui l'a créée. Débloquez des armes dévastatrices et des capacités qui défient l'esprit dans Chorus, une véritable évolution du jeu de combat spatial. Aux côtés de Forsaken, son vaisseau spatial doué de conscience, explorez des temples anciens, participez à des combats en apesanteur exaltants, et aventurez-vous au-delà de notre réalité consciente.
Sortie : 3 décembre 2021
Genres : Shoot'em up, Arcade, TPS
Plateformes : Google Stadia, Xbox Series X|S, PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5, Xbox One
Durée moyenne : 10-12 h
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