Test du jeu Aborigenus

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Aborigenus est un petit jeu de plateforme teinté de RPG développé par Flying Islands Team, auto-édité le 17 octobre 2018 sur PC à 3,29 €. Vous incarnez le dernier guerrier d’une tribu pacifique dont le peuple a été asservi par des envahisseurs — chaque champion envoyé avant vous n’est jamais revenu. Le cadre est préhistorique, les niveaux se déroulent sur des îles volantes, et le jeu vous laisse choisir l’une de trois voies : chaman, guerrier ou chasseur. Ce genre de production à très petit budget se compte par dizaines sur Steam chaque semaine, la plupart oubliées en quelques jours ; ce qui distingue Aborigenus, c’est qu’il a une vraie idée à défendre plutôt qu’un simple catalogue de mécaniques recyclées. À ce prix, la question n’est pas de savoir s’il rivalise avec les grands RPG d’action en 2D, mais s’il tient debout. Il tient debout.

masquerFAQ : Rogueh vous répond
  • Qu'est-ce qu'Aborigenus et à quel prix est-il disponible ?Aborigenus est un petit jeu de plateforme teinté de RPG développé par Flying Islands Team, auto-édité le 17 octobre 2018 sur PC. Il est proposé au prix de 3,29 €. Le jeu se déroule dans un cadre préhistorique sur des îles volantes, où vous incarnez le dernier guerrier d'une tribu pacifique asservie par des envahisseurs.
  • Quelles sont les trois classes disponibles et comment changent-elles le gameplay ?Les trois classes sont le guerrier, le chasseur et le chaman. Elles offrent des approches réellement distinctes : le guerrier encaisse et fonce au corps à corps, le chasseur travaille à distance et gère son positionnement, tandis que le chaman utilise des sorts mais devient vulnérable au contact. Un même passage du jeu peut se traverser de trois façons complètement différentes selon la classe choisie.
  • Comment fonctionne le système d'amélioration des personnages ?Les points gagnés en chassant la faune locale se dépensent librement sans contrainte de classe. Le jeu permet de construire des builds non-optimaux (comme un chaman qui encaisse ou un guerrier à distance), ce qui offre une liberté bienvenue. Aucun respec n'est proposé en cours de partie, donc les mauvais choix d'investissement se paient jusqu'à la fin, mais la marge d'erreur reste suffisamment large pour ne pas bloquer la progression.
  • Quelles sont les principales limites du jeu ?Les niveaux se ressemblent avec une structure répétitive (avancer, nettoyer, grimper), et les ennemis sont identiques mais avec plus de points de vie. Les contrôles manquent de précision, particulièrement le saut, ce qui rend certains passages pénibles par imprécision plutôt que par difficulté réelle. Le scénario est minimaliste, présenté uniquement à l'introduction sans dialogue ni personnages secondaires.

Trois classes qui changent vraiment la façon de jouer

La meilleure surprise du lot, ce sont les classes. Sur un jeu à trois euros, on s’attend à trois skins et deux statistiques différentes ; ici, les trois voies obligent à des approches réellement distinctes. Le guerrier encaisse et fonce au corps à corps, le chasseur travaille à distance et doit gérer son positionnement, le chaman s’appuie sur des sorts et devient inutile si quelque chose l’atteint. Un même passage — un couloir étroit gardé par trois ennemis — se traverse de trois façons complètement différentes selon la classe choisie : à la hache pour le guerrier, en reculant et en kitant pour le chasseur, en contournant par une plateforme haute pour le chaman qui ne peut pas se permettre le contact. Sur un jeu aussi court, c’est suffisant pour justifier une seconde partie, ce qui n’est pas rien.

Le système d’amélioration soutient bien ce choix : les points gagnés en chassant la faune locale se dépensent librement, et rien ne force la voie évidente de sa classe. On peut construire un chaman qui encaisse ou un guerrier qui garde ses distances — les deux sont de mauvaises idées, mais le jeu les autorise, et cette liberté est bienvenue sur une production de cette taille. Aucun respec n’est proposé en cours de partie, donc un mauvais choix d’investissement se paie jusqu’à la fin, mais la marge d’erreur reste suffisamment large pour ne jamais bloquer réellement une progression.

Capture d'écran 1 sur 3 du jeu Aborigenus — test et critique sur RogueH24
Capture d'écran 2 sur 3 du jeu Aborigenus — test et critique sur RogueH24
Capture d'écran 3 sur 3 du jeu Aborigenus — test et critique sur RogueH24

Des limites assumées

Les limites méritent d’être posées clairement. Les niveaux se ressemblent, la structure ne varie jamais — avancer, nettoyer, grimper — et l’ennemi de la troisième heure est celui de la première avec plus de points de vie. Les contrôles manquent de précision, particulièrement le saut, et quelques passages exigeants deviennent pénibles par imprécision plutôt que par difficulté : on meurt en tombant d’une plateforme qu’on pensait avoir touchée, pas en se faisant surprendre par un ennemi. Le scénario tient sur un carton d’introduction et ne revient jamais — pas de dialogue, pas de personnage secondaire, juste la promesse initiale qu’on ne reverra plus jusqu’au générique de fin.

Prise en main et rythme de progression

La prise en main est immédiate, presque brutale : quelques minutes de tutoriel silencieux et le jeu vous lâche sur la première île sans plus d’explication. Pour un jeu de ce format, c’est le bon calcul — personne n’achète Aborigenus pour son scénario, autant aller droit au but. Le rythme de progression, en revanche, souffre du même défaut que le level design : les paliers de puissance sont réguliers mais prévisibles, et rien ne vient casser la routine consistant à monter de niveau, dépenser les points, avancer. Les checkpoints sont fréquents, ce qui limite la frustration des morts liées à l’imprécision des sauts, mais ne compense jamais complètement le manque de mise en scène autour de la progression. Il n’y a pas non plus de menu d’options à proprement parler : pas de remapping des touches, pas de réglage de difficulté, ce qui renforce l’impression d’un jeu pensé pour être traversé une fois, sans fioriture ni confort superflu.

Ce minimalisme n’est pas nécessairement un défaut en soi : un jeu à trois euros qui va droit au but a au moins le mérite de ne pas faire perdre de temps en menus superflus. Mais il rend chaque frustration ponctuelle plus visible qu’elle ne le serait dans une production capable d’absorber ses propres maladresses derrière plus de contenu ou plus d’options.

La monture à plumes, absurde et parfaite

Et puis il y a la monture à plumes, que le studio annonce sans la moindre trace d’ironie : on chevauche un poulet. C’est absurde, mal introduit — un simple menu apparaît sans justification narrative — et franchement le meilleur moment du jeu. La monture accélère légèrement les déplacements et permet de franchir certains obstacles autrement, mais son intérêt réel est ailleurs : c’est la seule fois où Aborigenus ose sortir de son sérieux et assumer sa propre modestie avec humour. Ça résume assez bien Aborigenus — une petite production sans prétention qui garde une ou deux idées bien à elle, au milieu d’un ensemble par ailleurs très convenu.

Graphismes et ambiance sonore

Les décors sont la force visuelle du jeu : des îles volantes dessinées à la main avec des ciels colorés et un vrai sentiment de vide sous les pieds, clairement au-dessus de ce que le prix laisse présager. Les personnages et ennemis sont plus modestes, avec une animation raide et un roster très limité — on voit tout ce que le jeu a à montrer en une heure, et les mêmes silhouettes reviennent en boucle jusqu’au générique. La bande-son fait son travail sans laisser de trace, avec quelques boucles instrumentales discrètes qui accompagnent l’exploration sans jamais chercher à marquer les esprits, et les bruitages de combat manquent d’impact, ce qui ne facilite pas les choses dans un jeu où l’on frappe constamment.

Points forts

  • Trois classes réellement différentes, qui justifient une seconde partie
  • Un arbre d’améliorations libre, sans voie imposée
  • Des décors d’îles volantes bien au-dessus du prix demandé
  • Trois euros, et le jeu ne promène personne sur ce qu’il est
  • La monture à plumes, absurde et parfaite
  • Des checkpoints fréquents qui limitent la frustration liée aux sauts imprécis

Points faibles

  • Des niveaux répétitifs, bâtis sur une seule structure
  • Un saut imprécis qui rend pénibles les passages exigeants
  • Très peu de modèles d’ennemis : tout est vu au bout d’une heure
  • Un scénario réduit à son carton d’introduction
  • Des bruitages de combat sans impact
  • Aucune option de respécialisation en cours de partie
  • Windows uniquement

Mon avis

Aborigenus est exactement ce qu’il annonce : un petit jeu, vendu comme un petit jeu, qui fait correctement une chose ou deux. Les trois classes sont une idée réellement bonne, mieux tenue que dans des productions dix fois plus chères, et les décors d’îles volantes ont un vrai charme. C’est le genre de petite surprise qu’on ne s’attend pas à trouver dans le fond du catalogue Steam à ce tarif, où l’écrasante majorité des productions du même budget se contentent d’un seul type de personnage jouable et d’un habillage graphique acheté sur étagère.

Face à cela, la répétition s’installe vite et le saut imprécis agace, particulièrement sur les dernières îles où le jeu demande plus de rigueur qu’il n’en offre. La structure ne varie jamais, le scénario n’existe quasiment pas, et il faut accepter d’avancer pour avancer plutôt que d’attendre une surprise de mise en scène. Mais on parle de trois euros et de quelques heures : à ce prix le contrat est rempli et personne n’est promené. Un joueur venu chercher un RPG d’action ambitieux sera déçu en dix minutes ; un joueur venu chercher une curiosité modeste et honnête en aura pour son argent jusqu’au générique.

C’est le genre de jeu qu’on lance sans attente et qu’on quitte content, ce qui est plus rare qu’il n’y paraît. Il ne cherche à concurrencer personne, ne prétend à aucune ambition qu’il ne pourrait tenir, et livre malgré tout une ou deux idées — les classes, la monture — qu’on garde en tête après l’avoir terminé.

Une petite curiosité préhistorique sans prétention, idéale pour une soirée sans enjeu entre deux jeux plus ambitieux.

Aborigenus

Aborigenus

Aborigenus est un petit jeu de plateforme aventure avec des éléments RPG dans un monde primitif. Chassez la faune agressive, apprenez de nouvelles capacités et combattez toute l'armée ennemie. Choisissez qui vous êtes - un chaman, un guerrier ou un chasseur. Pouvez-vous sauver les îles volantes du mal ?

Sortie : 17 octobre 2018

Genres : Plateforme, RPG

Plateformes : PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), Xbox One, Nintendo Switch

Durée moyenne : 3-4 h

Note du jeu : Halo: Aborigenus

Capture d'écran de jeu en pixel art montrant un personnage combattant deux petites créatures dans une forêt, avec une jauge de vie rouge à l'écranCapture d'écran 2 sur 3 du jeu Aborigenus — test et critique sur RogueH24Capture d'écran 1 sur 3 du jeu Aborigenus — test et critique sur RogueH24
7

Où acheter le jeu :

Steam

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