Test du jeu Aeon Must Die!
Aeon Must Die! est un beat them up développé par Limestone Games et publié par Focus Entertainment, sorti le 14 octobre 2021 sur PC à 19,99 €. Aeon, empereur immortel de la Void Armada, a été trahi par ses généraux et laissé pour mort ; son essence fusionne avec la vôtre, et vous traversez la cité de Pantheon pour régler ses comptes — tout en luttant pour ne pas lui céder votre propre volonté. Le jeu vise très haut : une profondeur digne d’un jeu de combat à l’intérieur d’un beat them up, une IA réactive, et une direction artistique jouant dans une catégorie entièrement différente du reste du genre. Le pari rappelle celui d’autres productions récentes ayant tenté de faire converger l’action à défilement et la précision du jeu de combat, à ceci près qu’Aeon Must Die! pousse le curseur technique encore plus loin. Il atteint certains de ces objectifs et en rate un autre spectaculairement. Note de contexte : le développement du jeu a été marqué par un conflit public entre le studio et d’anciens membres de l’équipe, largement relayé en 2020. Ce test porte sur le jeu tel que sorti, pas sur ce conflit.
- Qu'est-ce qu'Aeon Must Die! et quand est-il sorti ?Aeon Must Die! est un beat them up développé par Limestone Games et publié par Focus Entertainment, sorti le 14 octobre 2021 sur PC au prix de 19,99 €. Le jeu mêle l'action à défilement avec la profondeur d'un jeu de combat, proposant une expérience ambitieuse dans le genre.
- Quel est le scénario du jeu ?Le joueur incarne Aeon, un empereur immortel de la Void Armada trahi par ses généraux et laissé pour mort. Son essence fusionne avec celle du joueur, qui doit traverser la cité de Pantheon pour régler ses comptes tout en luttant pour conserver sa propre volonté face à celle d'Aeon.
- Pourquoi Aeon Must Die! est-il considéré comme visuellement remarquable ?Le jeu offre une animation dessinée nerveuse et rare, des personnages aux silhouettes mémorables, des couleurs saturées mais lisibles, et des décors futuristes crédibles. La qualité visuelle se maintient tout au long du jeu et non seulement au début, ce qui en fait l'un des plus beaux jeux d'action 2D de sa génération.
- Quel est le principal défaut du système de combat ?Le système de combat refuse d'expliquer clairement ses règles au joueur. Les fenêtres de réaction ne sont pas clairement signalées, les indices visuels se noient dans la décoration, ce qui rend les premières heures frustrantes. Cependant, une fois compris (vers la 2e-3e heure), le système devient brillant et tendu.
- Une des plus belles claques visuelles du jeu d’action 2D
- Un système profond qui refuse d’expliquer ses règles
- Prise en main : un tutoriel qui ne prépare à rien
- Des pics de difficulté mal répartis
- Une durée de vie courte pour un système aussi exigeant
- Graphismes et ambiance sonore
- Points forts
- Points faibles
- Mon avis
- Aeon Must Die
Une des plus belles claques visuelles du jeu d’action 2D
Commençons par ce qui n’est pas discutable : Aeon Must Die! est somptueux. L’animation est dessinée avec une nervosité qu’on voit rarement, les personnages ont des silhouettes mémorables, les couleurs saturent l’écran sans jamais le rendre illisible, et les décors de Pantheon composent un futur crapoteux et crédible. On y trouve une succession de plans qu’on voudrait en fond d’écran, et ça continue sur toute la durée du jeu plutôt que sur le seul chapitre d’ouverture — un défaut fréquent des productions qui misent tout sur leurs premières minutes. La bande-son suit cette ambition avec un travail électronique dense lié aux combats, qui monte en intensité à mesure qu’un affrontement s’envenime. Sur la présentation seule, aucun débat possible : c’est l’un des plus beaux jeux d’action 2D de sa génération.



Un système profond qui refuse d’expliquer ses règles
Et c’est là que tout bascule. Le combat n’est pas un beat them up conventionnel : il repose sur la lecture des intentions ennemies, des contres au timing précis, et un système de posture qui tire le jeu vers un titre de combat. Sur le papier, excellent — c’est la même ambition qui a guidé des jeux d’action au corps-à-corps exigeant ces dernières années, où la parade prime sur le bourrinage. Dans la pratique, le jeu n’apprend presque rien : les fenêtres de réaction ne sont jamais clairement signalées, les indices visuels se noient dans la surcharge décorative, et vous passez les premières heures à mourir sans comprendre ce qu’on attendait de vous.
Le pire, c’est que le système finit par se révéler. Quand ça clique — vers la deuxième ou la troisième heure, si vous tenez jusque-là — les combats deviennent brillants et tendus, et le jeu montre enfin ce qu’il voulait être. Mais combien de joueurs restent ? L’accueil public répond assez clairement : le titre reste bloqué en « mitigé », et la plupart des avis négatifs décrivent exactement ce mur d’entrée plutôt qu’un problème d’exécution technique.
Prise en main : un tutoriel qui ne prépare à rien
Le tutoriel présente les commandes une par une — attaque, esquive, contre — sans jamais mettre le joueur face à la vraie difficulté de leur enchaînement en combat réel. On ressort de cette introduction en sachant appuyer sur les bons boutons, pas en sachant se battre. La différence se paie cash dès le premier vrai affrontement, où plusieurs ennemis attaquent en même temps et où repérer la bonne fenêtre de contre demande un niveau de lecture que rien n’a préparé. Aucun mode entraînement pour s’exercer contre un ennemi isolé, aucune option pour ralentir le rythme le temps d’apprendre : soit on progresse par l’échec répété, soit on abandonne — et beaucoup abandonnent avant d’atteindre le moment où tout devient clair.
Des pics de difficulté mal répartis
Les pics de difficulté sont brutaux et mal répartis. Certains affrontements de mi-parcours sont plus durs que ce qui suit, la marge d’erreur se resserre sans prévenir, et les combats de boss exigent une maîtrise que rien dans les niveaux précédents n’a construite. Une bonne difficulté enseigne ; celle-ci ne fait que sanctionner, et la différence est énorme sur une partie complète. Ajoutez des choix narratifs — céder à Aeon ou lui résister — dont les conséquences restent trop floues pour peser, et vous obtenez un jeu dont toutes les bonnes idées restent légèrement hors de portée.
Une durée de vie courte pour un système aussi exigeant
La campagne se termine en une poignée d’heures, ce qui pourrait sembler raisonnable pour un beat them up classique mais paraît frustrant ici : le temps d’investissement nécessaire pour maîtriser le système de combat dépasse presque le temps qu’il reste à en profiter une fois la maîtrise acquise. Peu de contenu annexe vient allonger l’expérience — pas de mode arène, pas de défis chronométrés, pas de New Game+ qui permettrait de rejouer la campagne avec les acquis de la première traversée pour enfin en profiter pleinement. C’est sans doute le regret le plus concret du jeu : le système mérite d’être rejoué une fois compris, et le jeu n’offre presque aucune structure pour le faire.
Graphismes et ambiance sonore
La direction artistique mériterait à elle seule une note très haute : animation nerveuse dessinée à la main, silhouettes de personnages mémorables, couleurs saturées qui ne perdent jamais leur lisibilité malgré la densité des effets à l’écran. Les décors de Pantheon changent suffisamment d’un chapitre à l’autre pour éviter la monotonie visuelle qui guette souvent ce genre de production. La bande-son électronique dense colle parfaitement à cette ambition, avec des morceaux liés aux combats qui renforcent l’intensité des affrontements les plus réussis — et qui, ironiquement, deviennent presque inaudibles tant on est concentré sur la lecture des patterns ennemis une fois le système maîtrisé.
Points forts
- Une direction artistique exceptionnelle, parmi les plus belles du jeu d’action 2D
- Une animation nerveuse et des silhouettes de personnages mémorables
- Une bande-son électronique dense et parfaitement raccord
- Un système de combat réellement profond, une fois compris
- Un univers de space opera décadent bien tenu de bout en bout
Points faibles
- Un apprentissage quasi inexistant : le jeu n’explique pas ses propres règles
- Des signaux de combat noyés dans la surcharge visuelle
- Des pics de difficulté mal répartis, qui punissent sans enseigner
- Des choix narratifs aux conséquences trop floues pour peser
- Un mur d’entrée de deux à trois heures que beaucoup ne franchiront pas
- Aucun mode entraînement pour s’exercer hors combat réel
- Windows uniquement, à vingt euros
Mon avis
Aeon Must Die! est le genre de jeu qui rend un test difficile à écrire, parce que tout ce qui est bien y est excellent et tout ce qui est mal y est rédhibitoire. La direction artistique mériterait une note très haute à elle seule, et le système de combat, une fois déchiffré, tient ses promesses avec une intensité que peu de beat them up atteignent.
Mais un jeu qui refuse d’expliquer ses propres règles fait un tri parmi ses joueurs, et il en perd la grande majorité avant la récompense. J’ai eu de vrais bons moments dedans, tous de l’autre côté d’un tunnel de frustration que je ne peux honnêtement recommander à personne de traverser sans avertissement. L’absence de mode entraînement aggrave le problème : il n’existe littéralement aucun espace sûr pour apprendre le système sans risquer sa progression.
La durée de vie réduite ajoute une dernière frustration : le temps qu’il faut pour dompter le jeu dépasse presque le temps qu’il reste à en profiter, et l’absence de New Game+ empêche de vraiment savourer la maîtrise acquise sur la fin de la campagne.
Si vous aimez les systèmes de combat exigeants et que la beauté d’un jeu suffit à vous faire tenir, il y a ici quelque chose de rare. Sinon, passez votre chemin : vingt euros pour une claque visuelle qu’on n’arrive pas à jouer, c’est cher.

Aeon Must Die
Aeon Must Die! réinvente le genre des jeux de combat en introduisant un gameplay à haut risque et haute récompense, des combats tactiques innovants privilégiant la réflexion à la rapidité, et un système d'alignement RPG qui suit votre comportement en tant que guerrier et modifie le défi et l'histoire en conséquence. Le monde impitoyable, sombre mais coloré, ressemble et se sent comme cette bande vidéo d'anime ridicule remplie d'action que vos parents désapprouvaient fortement. Embarquez dans un voyage violent aux côtés d'un empereur symbiotique disgracié, d'un amnésique au sang de carburant avec un trou dans la tête et d'une hoverbike dotée de conscience.
Sortie : 14 octobre 2021
Plateformes : PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), Xbox One, Nintendo Switch
Durée moyenne : 6-8 h
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