Test du jeu Elex
Elex est le RPG d’action de Piranha Bytes, sorti le 17 octobre 2017 sur PC, PS4 et Xbox One à 29,99 €. Vous incarnez Jax, un ancien commandant d’élite déchu, sur la planète Magalan, ravagée par l’impact d’une comète. Trois factions se disputent le territoire selon des philosophies opposées envers l’Élex, la substance mystérieuse née de l’impact : les Clercs technologiques, les Outlaws primitifs, et les Berserkers maîtres de la magie. Piranha Bytes, le studio allemand derrière la trilogie Gothic et la série Risen, revient ici à une formule qu’il connaît par cœur : un monde ouvert exigeant, sans quête fléchée par une flèche dorée à l’écran, où la survie du personnage dépend d’une bonne connaissance du terrain plutôt que d’un simple niveau de statistiques.
- Qu'est-ce qu'Elex et sur quelles plateformes est-il disponible ?Elex est un RPG d'action développé par Piranha Bytes, sorti le 17 octobre 2017 sur PC, PS4 et Xbox One au prix de 29,99 €. Le jeu propose un monde ouvert exigeant sur la planète Magalan, dévastée par l'impact d'une comète.
- Quel est le style de design de jeu hérité de Gothic dans Elex ?Elex reprend la philosophie de design exigeant de Gothic : aucune zone n'est facilement traversable, les régions trop dangereuses causent une mort rapide plutôt qu'un avertissement, et le jeu récompense la prudence et la connaissance du terrain plutôt que la force brute. Cette approche punitive ne place aucun garde-fou entre le joueur et le danger.
- Comment le choix de faction impacte-t-il le gameplay dans Elex ?Le choix entre les Clercs technologiques, les Outlaws primitifs ou les Berserkers maîtres de la magie est irréversible et détermine l'accès aux compétences, l'équipement et le style de combat. Chaque faction offre une philosophie différente face à l'Élex et des approches de combat radicalement différentes : technologie, armes à feu improvisées ou magie brute.
- Quels sont les moyens de déplacement disponibles dans Elex ?Le monde ouvert de Magalan peut être traversé à pied, en planeur ou en jetpack. Le jetpack est un outil de déplacement qui distingue Elex de ses prédécesseurs Gothic et Risen, offrant plus de liberté de mouvement dans l'exploration du monde.
- Une exigence assumée, héritée de Gothic
- Un choix de faction qui structure vraiment le jeu
- Un monde ouvert dense, entre ruines et forêts magiques
- Des animations et un moteur qui accusent leur âge
- Un combat au corps-à-corps peu satisfaisant
- Graphismes et ambiance sonore
- Points forts
- Points faibles
- Mon avis
- Elex
Une exigence assumée, héritée de Gothic
Piranha Bytes renoue avec le design exigeant qui a fait la réputation de la série Gothic : aucune zone ne se laisse traverser facilement, et une région trop dangereuse pour votre niveau s’annonce par une mort brutale plutôt qu’un simple message d’avertissement. Cette approche punitive pleinement assumée récompense la prudence et la connaissance du terrain plutôt que la force brute. Contrairement à la plupart des RPG occidentaux contemporains, le jeu ne met jamais de garde-fou artificiel entre le joueur et le danger : rien n’empêche de s’aventurer trop tôt dans une zone de haut niveau, au risque d’y laisser sa peau en quelques secondes face à une créature bien trop puissante. Cette philosophie, héritée directement de Gothic premier du nom sorti en 2001, divise depuis toujours la communauté RPG entre ceux qui y voient une liberté totale et ceux qui la perçoivent comme une injustice mal expliquée au joueur.



Un choix de faction qui structure vraiment le jeu
Rejoindre les Clercs, les Outlaws ou les Berserkers détermine l’accès aux compétences, à l’équipement, et même au style de combat, entre technologie, armes à feu improvisées et magie brute. Ce choix, irréversible une fois pris, donne un vrai poids narratif à la décision, là où beaucoup de RPG réduisent le choix de faction à un simple habillage cosmétique. Chaque faction dispose de sa propre philosophie face à l’Élex : les Clercs cherchent à la contrôler par la technologie et la discipline collective, les Outlaws la consomment sans retenue pour survivre au jour le jour dans le désert, tandis que les Berserkers rejettent son usage direct au profit d’une magie ancestrale tirée de la nature environnante. Cette diversité philosophique se répercute concrètement sur le gameplay : un personnage Berserker manie des sorts élémentaires quand un Clerc s’appuie sur des armes à énergie, deux approches de combat radicalement différentes issues d’un même point de départ narratif.
Un monde ouvert dense, entre ruines et forêts magiques
Magalan se traverse à pied, en planeur ou en jetpack, un outil de déplacement qui distingue nettement Elex de ses prédécesseurs Gothic et Risen, bien plus contraints dans leur verticalité. Cette liberté de mouvement ouvre l’accès à des recoins de la carte normalement hors de portée, récompensant l’exploration verticale autant qu’horizontale. Le monde entremêle sans transition les vestiges d’une civilisation technologique avancée et des forêts où la magie a repris ses droits, une cohabitation qui reflète directement le conflit philosophique entre les factions. Les créatures rencontrées, souvent hybrides entre faune organique et éléments mécaniques rouillés, renforcent cette identité visuelle unique à mi-chemin entre fantasy et science-fiction post-apocalyptique.
Des animations et un moteur qui accusent leur âge
Le principal défaut technique du jeu tient à des animations souvent raides, un défaut récurrent chez Piranha Bytes que ce jeu n’échappe pas. Le moteur montre aussi son âge sur certains rendus de textures et d’effets, sans jamais devenir rédhibitoire mais suffisamment visible pour rappeler le budget limité du studio face à la concurrence AAA. Les mouvements des personnages non-joueurs, en particulier lors des dialogues, manquent de la fluidité qu’offrent des productions bénéficiant de budgets d’animation bien supérieurs. C’est un compromis assumé depuis toujours par ce studio : privilégier l’ampleur du monde et la liberté de conception au détriment du polish technique, un choix qui a toujours suscité des avis partagés chez les joueurs habitués à des standards de production plus élevés.
Un combat au corps-à-corps peu satisfaisant
Sur le terrain, les affrontements rapprochés manquent de la fluidité qu’on attendrait d’un RPG d’action moderne : les coups semblent parfois déconnectés de leurs impacts, et le feedback reste globalement faible. C’est le point le plus souvent cité par les joueurs qui décrochent avant que l’exigence du jeu ne les accroche vraiment. Le combat à distance, qu’il s’agisse d’armes à feu ou de sorts magiques, s’en sort nettement mieux et offre une alternative viable pour qui souhaite éviter les frustrations du corps-à-corps. Passé les premières heures difficiles, une fois l’équipement et les compétences suffisamment développés, les affrontements gagnent en fluidité et le système révèle une profondeur tactique honorable, notamment dans la gestion des ressources de combat comme la nourriture qui régénère l’endurance.
Graphismes et ambiance sonore
La direction artistique de Magalan mélange ruines technologiques et forêts magiques avec une cohérence visuelle qui compense les animations parfois raides, un défaut récurrent chez Piranha Bytes. Les contrastes entre zones dévastées par l’impact de la comète et poches de nature reconquise par la magie créent des panoramas mémorables, particulièrement depuis les hauteurs accessibles au jetpack. La bande-son reste discrète, laissant place à une ambiance sonore hostile qui installe bien le caractère dangereux de la planète, ponctuée de thèmes plus mélancoliques dans les zones les plus reculées. L’ensemble n’a jamais l’ambition de rivaliser techniquement avec les productions AAA du même genre, mais compense par une direction artistique cohérente qui donne à Magalan une identité propre.
Points forts
- Un choix de faction qui structure vraiment le jeu, sans retour possible
- Une exigence assumée, fidèle à l’héritage Gothic de Piranha Bytes
- Un mélange science-fantasy original entre technologie et magie
Points faibles
- Des animations et un moteur qui accusent leur âge
- Un système de combat au corps-à-corps peu satisfaisant en direct
- Une difficulté punitive qui peut décourager avant l’accroche
Mon avis
Elex renoue avec la rigueur de Gothic sans compromis, transposée dans un univers science-fantasy original où le choix de faction pèse vraiment sur toute la partie. C’est un jeu qui ne cherche jamais à séduire par la facilité, préférant récompenser l’investissement sur la durée plutôt que la gratification immédiate propre à tant de RPG modernes.
Le choix de faction reste la grande réussite de cette production : rarement un RPG aura donné un tel poids concret à une décision prise si tôt dans l’aventure. Voir son style de combat, son équipement et même le ton des dialogues changer durablement en fonction de ce choix initial procure une satisfaction que peu de jeux du genre parviennent à égaler.
Les faiblesses techniques de Piranha Bytes restent présentes, mais la difficulté pleinement assumée du jeu convaincra les amateurs de RPG exigeants. Les animations raides et le combat au corps-à-corps perfectible ne suffisent pas à masquer la richesse d’un monde ouvert pensé jusque dans ses moindres recoins, où chaque zone raconte quelque chose sur l’histoire de Magalan.
Pour qui accepte de dépasser les premières heures frustrantes et les défauts d’animation hérités d’un budget limité, Elex offre une expérience de RPG occidental parmi les plus personnelles du marché, portée par une vision d’auteur que peu de studios osent encore défendre face aux attentes du grand public. Un RPG exigeant pour amateurs de défis à l’ancienne.

Elex
An action, role-playing open world game for PC and Consoles, Elex was developed by Piranha Bytes, creators of the award winning Gothic series and is set in a brand new, post-apocalyptic, Science-Fantasy universe where magic meets mechs."Advanced in technology, civilized and with a population of billions, Magalan was a planet looking to the future. Then the meteor hit.Those who survived are now trapped in a battle to survive, a struggle to decide the fate of a planet. At the center of this fight is the element “Elex”. A precious, limited resource that arrived with the meteor, Elex can power machines, open the door to magic, or re-sculpt life into new, different forms.But which of these choices should be the future of Magalan? Can technology or magic save this world? Or will this new power destroy all those left alive amongst the ruins?"
Sortie : 17 octobre 2017
Genres : Open World, RPG
Plateformes : PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), Xbox One
Durée moyenne : 40-50 h
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