Test du jeu Crossing Souls
Crossing Souls est un jeu d’action-aventure développé par le studio espagnol Fourattic et publié par Devolver Digital, sorti en février 2018 sur PC, Mac et Linux, puis sur PS4 et Switch, à 14,79 €. L’histoire se déroule durant l’été 1986, quelque part en Californie : un groupe de cinq gamins met la main sur une pierre rose aux pouvoirs surnaturels, qui leur permet de voir et de toucher le monde des morts. Très vite, l’armée et un mystérieux homme en noir se lancent à leurs trousses. Le jeu revendique ouvertement ses influences — Les Goonies, Explorers, Chair de poule — et les assume jusqu’au bout, entre action vue de dessus et rafale ininterrompue de références eighties.
- Qui a développé et publié Crossing Souls ?Crossing Souls a été développé par le studio espagnol Fourattic et publié par Devolver Digital. Le jeu est sorti en février 2018 sur PC, Mac et Linux, puis sur PS4 et Switch au prix de 14,79 €.
- Quelles sont les principales capacités des cinq personnages jouables ?Les cinq gamins possèdent chacun une capacité distincte : le costaud défonce les obstacles, le rapide franchit les trous et gouffres, la petite se faufile dans les passages étroits, un autre frappe à distance avec un lance-pierre, et le cinquième a une capacité non détaillée dans l'article. Ces capacités sont essentielles pour résoudre les énigmes environnementales et les combats.
- Combien de temps dure l'aventure complète de Crossing Souls ?L'aventure complète de Crossing Souls dure entre six à huit heures. Cette durée est maintenue constante grâce à une grande variété de séquences de jeu qui alternent régulièrement entre différents genres et mécaniques.
- Quels sont les points faibles du jeu selon la critique ?Le principal point faible est que la variété constante des mini-genres (shoot them up, poursuite, mini-jeu de rythme, plateforme) ne sont jamais vraiment approfondis. Chaque concept reste en surface sans évolution, donnant l'impression d'un pot-pourri de bonnes idées plutôt qu'un jeu totalement maîtrisé mécaniquement.
Cinq gamins, cinq capacités
On bascule à la volée entre les cinq membres du groupe, chacun doté d’une capacité bien distincte : le costaud défonce les obstacles qui bloquent le passage, le rapide franchit sans mal les trous et les gouffres, la petite se faufile dans les passages étroits inaccessibles aux autres, un autre encore frappe à distance grâce à son lance-pierre. Les énigmes environnementales, disséminées tout au long de l’aventure, demandent de choisir le bon personnage au bon moment, dans un principe qui rappelle directement certains classiques du jeu d’aventure en équipe. Les combats vus de dessus, quant à eux, mobilisent toute la bande contre des vagues d’ennemis, et demandent de switcher rapidement pour exploiter les forces de chacun selon la situation rencontrée. C’est un système simple, lisible et efficace, sans être particulièrement profond sur la durée : il ne cherche jamais à se complexifier au-delà du nécessaire. Le vrai moteur du jeu, en définitive, c’est moins la subtilité du gameplay que l’envie irrépressible de voir la suite de cette histoire et de ce groupe attachant.



Une variété constante, un gameplay dispersé
Crossing Souls ne reste jamais en place bien longtemps : entre deux phases d’action classique, on passe sans prévenir à un shoot them up à défilement horizontal, puis à une séquence de poursuite en vue de côté, puis à un mini-jeu de rythme, puis encore à une section de plateforme plus posée. Cette variété constante entretient le rythme général et écarte efficacement toute forme de lassitude sur les six à huit heures que dure l’aventure complète. Le revers de cette approche, c’est que rien n’est jamais vraiment poussé bien loin : chaque mini-genre convoqué reste en surface, se contente de son concept de base sans grande évolution, et certaines séquences tiennent davantage de la corvée obligée que du réel plaisir de jeu. L’ensemble ressemble par moments à un pot-pourri de bonnes idées plutôt qu’à un jeu totalement maîtrisé de bout en bout, où chaque système aurait été affiné jusqu’à son plein potentiel. C’est un choix assumé de studio, sans doute dicté par les moyens disponibles, mais qui laisse un sentiment de rendez-vous partiellement manqué sur le plan strictement mécanique.
Une nostalgie eighties assumée jusqu’au bout
Ce qui frappe d’abord dans Crossing Souls, c’est l’ampleur de son hommage aux années 80 : les références aux Goonies et à Explorers ne sont pas de simples clins d’œil ponctuels, elles structurent littéralement le scénario, l’esthétique et jusqu’au rythme narratif du jeu. Les cassettes VHS, les avis de recherche placardés, les vélos, la musique diffusée à la radio locale : tout participe à recréer une époque avec un soin méticuleux, sans jamais tomber dans la citation gratuite ou le name-dropping vide de sens. Le studio espagnol Fourattic connaît visiblement bien son sujet, et cette connaissance intime transparaît à chaque écran traversé. C’est une nostalgie qui fonctionne d’autant mieux qu’elle sert un vrai récit, plutôt que de se contenter d’habiller un concept vide de son seul décorum d’époque, comme le font trop souvent les productions qui misent uniquement sur ce type de rétro-référencement facile et sans substance derrière.
Des personnages attachants, un groupe qui soude le récit
La vraie réussite de Crossing Souls tient sans doute à son groupe de personnages, dont chacun possède une personnalité et des motivations propres, loin du simple archétype interchangeable qu’on pourrait craindre au premier abord. Les dialogues, même quand ils sont maladroits sur le plan de l’écriture pure, laissent transparaître une vraie affection du studio pour ses créations, et les interactions entre les cinq gamins évoluent sensiblement à mesure que l’aventure progresse et que les enjeux se précisent. C’est ce lien qui rend le basculement vers le tragique, dans le dernier tiers du jeu, aussi efficace qu’il l’est : on s’est suffisamment attaché à cette bande pour que ses épreuves comptent vraiment aux yeux du joueur. Peu de jeux d’action indépendants de ce gabarit investissent autant dans la caractérisation de leur casting, au point d’en faire un argument aussi central que le gameplay lui-même.
Un récit qui ose le deuil et le tragique
Derrière la nostalgie colorée et les références décomplexées, Crossing Souls raconte avant tout une histoire de deuil et de perte, et n’a jamais peur d’aller franchement vers le tragique quand le récit l’exige. Le ton bascule sensiblement dans son dernier tiers, et certains moments frappent fort, portés par des personnages auxquels on s’est réellement attaché au fil des heures précédentes. C’est précisément ce qui élève le jeu au-dessus du simple hommage référencé : il a quelque chose de sincère à dire sur le deuil, l’enfance et le passage à l’âge adulte. L’écriture reste par endroits inégale, avec quelques dialogues maladroits ou des transitions un peu abruptes, mais l’intention et l’émotion, elles, sont indéniablement là, et transparaissent jusque dans les scènes les plus modestes en apparence.
Graphismes et ambiance sonore
Le pixel art de Crossing Souls est superbe, porté par des cinématiques animées dans un style dessin animé des années 80 qui font mouche à chaque apparition, sans exception notable. La direction artistique colorée et expressive, pleine de détails d’époque soigneusement choisis, est sans doute la plus grande réussite formelle du jeu. La bande-son de Timecop1983, portée par la vague synthwave qui a connu un vrai regain d’intérêt ces dernières années, colle parfaitement à l’époque recréée et compte plusieurs morceaux réellement mémorables, capables de fonctionner isolément en dehors du jeu. Techniquement, quelques ralentissements et bugs mineurs subsistent encore malgré les mises à jour successives, sans toutefois gâcher l’expérience globale ni nuire à la lisibilité de l’action à l’écran.
Points forts
- Une direction artistique pixel art superbe, des cinématiques réussies
- Une bande originale synthwave de Timecop1983
- Une nostalgie eighties assumée et sincère
- Un récit qui ose le tragique et touche
- Une variété de situations qui entretient le rythme
Points faibles
- Un gameplay d’action peu profond
- Des mini-jeux qui restent en surface, parfois pénibles
- Une écriture inégale, des dialogues maladroits
- Quelques bugs et ralentissements mineurs
Mon avis
Crossing Souls séduit d’abord, et avant tout, par son style : le pixel art soigné, les cinématiques façon dessin animé des années 80, la bande-son synthwave de Timecop1983 recréent un été 1986 auquel on croit immédiatement, dès les toutes premières minutes de jeu. Peu de productions indépendantes parviennent à instaurer une ambiance aussi cohérente et aussi immersive avec des moyens aussi visiblement modestes.
Le gameplay, en revanche, reste le maillon faible de l’ensemble : peu profond dans chacune de ses composantes, dispersé entre trop de mini-genres différents qui ne sont jamais poussés bien loin, parfois franchement brouillon dans son exécution. On sent les limites d’un petit studio qui a préféré la variété à l’approfondissement, un choix qui se défend mais qui a un coût réel sur la durée totale de l’aventure.
Mais l’histoire, qui vire progressivement vers le deuil et le tragique sans jamais forcer le trait, rattrape beaucoup de ces faiblesses mécaniques. On termine ces six à huit heures d’aventure avec un vrai attachement pour cette bande de gamins, leurs disputes, leurs peurs et leur solidarité, ce qui n’était pas gagné d’avance pour un jeu qui semble d’abord miser tout entier sur la nostalgie référentielle.
Les quelques bugs et ralentissements qui subsistent n’entament pas sérieusement le plaisir de jeu, et la variété constante de situations, aussi superficielle soit-elle par moments, garde l’ensemble suffisamment rythmé pour qu’on ne s’ennuie jamais vraiment sur la durée totale de l’aventure.
Un jeu imparfait sur le plan strictement mécanique, mais sincère dans son propos et généreux dans son ambiance, à conseiller sans hésiter à qui recherche avant tout une expérience portée par son atmosphère et son écriture plutôt que par la seule sophistication de son gameplay.

Crossing Souls
It’s 1986 in California and a group of friends will live the summer of their lives after a mysterious discovery in woods outside their quiet town. By uncovering an artifact whose powers they don’t fully understand, these remarkable kids will defy the laws of nature and somehow interact between two planes of reality: life and death. Their curiosity will trigger a series of unexpected events that will get them involved in a government conspiracy and a mysterious U.S. Army general with his own nefarious plans.Crossing Souls is a vibrant action-adventure game about a group of neighborhood buddies that set out on a quest to save their town and our world from government conspirators and shadowy forces. Switch between these unassuming heroes on the fly to take advantage of each one’s unique attacks and abilities as you battle local authorities, evil specters, and creatures of unknown origin! Collect clues from around town and jump between two realms to solve the mysteries enveloping your quiet suburban home before all is lost!
Sortie : 13 février 2018
Plateformes : PlayStation 4, Linux, PC (Microsoft Windows), Mac, PlayStation Vita, Nintendo Switch
Durée moyenne : 6-8 h
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