Test du jeu 198X
198X est un jeu d’aventure narratif découpé en cinq séquences d’arcade, développé et auto-édité par le studio suédois Hi-Bit Studios en juin 2019 sur PC à 9,99 €. On y suit Kid, un adolescent de banlieue américaine qui trouve refuge dans une salle d’arcade et se raconte à travers les jeux qu’il y trouve. Chaque borne est un genre différent — beat them up, shoot them up, course, dungeon crawler — et chacune commente ce que le gamin traverse dehors. Le titre lui-même, une simple date tronquée, annonce d’emblée le projet : ce n’est pas une décennie précise qu’il vise, mais l’idée générale de l’arcade américaine des années 1980 telle qu’elle vit encore dans la mémoire collective.
- Qu'est-ce que 198X et quel est son concept principal ?198X est un jeu d'aventure narratif développé par le studio suédois Hi-Bit Studios, sorti en juin 2019 sur PC. Le concept repose sur cinq séquences d'arcade différentes (beat them up, shoot them up, course, dungeon crawler) qui reflètent métaphoriquement l'état émotionnel de Kid, un adolescent de banlieue américaine qui trouve refuge dans une salle d'arcade. Chaque jeu commente ce que le personnage traverse dans la réalité.
- Quel est le principal problème de 198X selon cet article ?Le jeu s'arrête brutalement sans conclusion véritable. 198X ne se termine pas mais s'interrompt au milieu de l'histoire, ce qui devait être un premier épisode restant un fragment incomplet. Aucune suite n'est jamais arrivée, laissant le récit inachevé au moment précis où il devait se conclure. C'est une coupure narrative plutôt qu'une véritable fin ouverte.
- Quel est le problème de gameplay soulevé dans l'article ?Chacune des cinq séquences d'arcade dure seulement 15 à 20 minutes et n'explore pas la profondeur de ses mécaniques. Le beat them up propose peu d'enchaînements, le dungeon crawler s'arrête avant de devenir intéressant, et la course se limite à une seule piste. Ce sont des démonstrations techniques plutôt que des jeux complets. L'article suggère qu'il aurait été préférable d'avoir moins de genres mais plus de contenu dans chacun.
- Quels sont les points forts visuels et sonores de 198X ?Le pixel art de Hi-Bit Studios est de très haute qualité avec des parallaxes profondes, des animations détaillées et des palettes néon distinctes pour chaque borne. Chaque segment a sa propre identité visuelle (le shoot them up est un mur de couleurs, la course tire vers le violet, le dungeon crawler vire au vert). La bande-son synthwave accompagne l'ensemble. C'est considéré comme du pixel art parmi les meilleurs du genre, au prix de 9,99€.
Chaque borne d’arcade comme un état d’esprit
Le postulat est excellent et exécuté avec une vraie discipline : chaque borne d’arcade correspond à un état d’esprit. Le beat them up apparaît quand Kid encaisse les coups, le shoot them up quand tout part en vrille, le jeu de course quand il ne veut plus que fuir. Le jeu n’annonce jamais la métaphore, il vous tend simplement la manette et laisse le lien se former tout seul. C’est une direction intelligente, et c’est ce qui distingue 198X d’une simple pièce de nostalgie années 80. On pense inévitablement à des films qui ont exploité le même filon de l’adolescence américaine des années 1980 vue à travers ses écrans — la différence ici, c’est que le medium jeu vidéo permet de faire vivre la métaphore plutôt que de la montrer.
Cette idée d’anthologie n’est pas qu’un habillage narratif : elle structure aussi le rythme de découverte, chaque nouvelle borne apportant sa propre grammaire de jeu à apprendre en quelques minutes avant de repartir vers le segment suivant. Le joueur n’a jamais le temps de s’ennuyer d’un genre avant de passer au suivant, ce qui donne à l’ensemble un rythme très maîtrisé malgré la brièveté globale de l’expérience.



Une histoire qui s’arrête au milieu d’une phrase
Là où le jeu pèche, c’est sur la profondeur. Aucun des cinq segments ne dépasse quinze ou vingt minutes, et aucun ne pousse ses mécaniques jusqu’à une vraie conclusion. Le beat them up se contente de deux ou trois combos, le dungeon crawler s’arrête juste avant de devenir intéressant, le jeu de course ne propose qu’un seul circuit. Pris individuellement, ce sont des démonstrations techniques éblouissantes plutôt que de vrais jeux. On y retrouve la logique d’une démo jouable présentée sur un salon : chaque segment donne juste assez à voir pour convaincre, jamais assez pour rassasier, ce qui devient un vrai problème une fois qu’on a payé le prix plein d’un jeu et non celui d’une démonstration.
Et il faut le dire clairement : 198X ne se termine pas. Il s’arrête sur une suite promise qui n’est jamais sortie, et ce qui devait être un premier épisode reste, des années plus tard, un fragment. Ce n’est pas une fin ouverte, c’est une coupure : l’histoire se construit, pose ses enjeux, et se referme au moment exact où elle était censée payer. Le plus rageant, c’est que l’écriture est bonne — les monologues de Kid sonnent juste, et l’adolescence en banlieue est écrite sans nostalgie facile. Il y avait de quoi remplir six heures. Il y en a une heure et demie.
Prise en main et accessibilité
Chaque borne impose ses propres commandes, ce qui pourrait être un obstacle mais ne l’est jamais : les cinq segments reprennent des schémas de contrôle archi-connus du genre qu’ils imitent, et deux ou trois minutes suffisent pour s’y retrouver. Le beat them up se joue à deux boutons, le shoot them up encore moins, le dungeon crawler ajoute un inventaire minimal. C’est un jeu qui ne demande jamais un apprentissage long, ce qui compense en partie la frustration de le voir s’arrêter si tôt.
L’absence d’options d’accessibilité avancées — pas de réglage fin de la difficulté par segment, pas de daltonisme pris en compte malgré des palettes très saturées — reste un angle mort pour un jeu qui mise autant sur l’identification visuelle immédiate des différents genres.
Durée de vie et rejouabilité
Une heure et demie, deux au maximum en prenant son temps sur chaque borne — le texte le dit déjà, et c’est le chiffre qu’il faut retenir avant d’acheter. Il n’y a pas de mode difficile, pas de score en ligne à battre, pas de nouvelle partie plus, rien qui inviterait à recommencer une fois le générique atteint.
La seule vraie motivation de retour, c’est de faire découvrir chaque borne isolément à quelqu’un d’autre — le jeu se prête bien à une démonstration rapide, tant chaque segment se suffit visuellement en quelques minutes. Mais comme expérience personnelle à retraverser, il n’a rien de plus à offrir la deuxième fois.
Le plus beau pixel art du marché
La direction artistique est écrasante. Parallax profond, animation détaillée, palettes néon qui changent à chaque borne pour coller au genre imité. Le shoot them up est un mur de couleurs, le jeu de course s’appuie sur un coucher de soleil violet, le dungeon crawler vire au vert malsain. Chaque segment a une identité visuelle complète et aucun ne jure avec les autres. Le nombre de sprites uniques et de cycles d’animation par segment dépasse largement ce qu’on attend d’un jeu à moins de dix euros, et cela se voit dans le moindre détail d’arrière-plan.
Graphismes et ambiance sonore
La bande-son synthwave accompagne parfaitement cette direction artistique, avec des morceaux distincts par segment et un vrai travail de mixage derrière. Chaque thème musical colle exactement à l’ambiance de sa borne, renforçant encore la sensation de traverser plusieurs jeux différents en une seule expérience unifiée par le fil narratif de Kid. Les scènes hors-borne, dans la salle d’arcade elle-même, adoptent un traitement sonore plus feutré et réaliste, ce qui marque nettement la frontière entre la fiction de Kid et les jeux qu’il traverse.
Points forts
- Un pixel art parmi les plus impressionnants du marché, avec une identité visuelle par segment
- L’idée de raconter l’adolescence à travers les genres d’arcade, tenue de bout en bout
- Une bande-son synthwave excellente et bien mixée
- Une écriture juste, sans nostalgie facile
- Moins de dix euros pour une vraie claque visuelle
Points faibles
- Le jeu ne se termine pas : la suite annoncée n’est jamais sortie
- Une heure et demie de contenu, deux au maximum
- Chaque segment s’arrête avant d’avoir développé ses mécaniques
- Aucune raison de le relancer une fois terminé
- Windows uniquement, pas de version Mac ni Linux
Mon avis
198X est une frustration magnifique. Tout ce qui est à l’écran est irréprochable — direction artistique, son, idée de départ, écriture. Et tout ce qui devrait suivre manque.
On le termine en une soirée, on réalise qu’on vient de regarder la plus longue et la plus belle bande-annonce de l’histoire, puis on va vérifier si l’épisode deux est sorti. Il ne l’est pas. C’est ce décalage entre l’ambition affichée et le contenu livré qui rend le jugement difficile : jugé comme démo technique, c’est un sommet ; jugé comme jeu complet, c’est un début qui n’a jamais eu de suite.
À dix euros, la claque visuelle vaut probablement le détour si vous aimez le pixel art pour lui-même, et il n’y a aucune honte à acheter 198X comme on achèterait un livre d’art. Si vous cherchez un jeu avec un début, un milieu et une fin, passez votre chemin — celui-ci n’a que le début. Il reste malgré tout une référence à connaître pour qui s’intéresse au pixel art contemporain, au même titre qu’on visiterait une exposition inachevée d’un artiste par ailleurs très doué.
Un objet magnifique et inévitablement frustrant, à aborder les attentes ajustées dès le lancement.

198X
198X n'est pas seulement un beat 'em up, un shoot 'em up, un jeu de course, un jeu de ninja et un RPG. C'est une lettre d'amour à l'âge d'or des jeux d'arcade – mais avec une portée qui n'a jamais été possible dans les années 1980 réelles. C'est une histoire sur la découverte de soi-même – et de sa confiance en soi – dans le monde des jeux vidéo. Une histoire de passage à l'âge adulte racontée à travers plusieurs genres de jeux, mondes et personnages. Ressentez la sensation de combattre, tirer, conduire, sauter et jouer à des rôles – combinée à une narration émotionnelle et cinématographique.Et que se passe-t-il quand la limite entre la réalité et le jeu commence à s'estomper…?
Sortie : 20 juin 2019
Genres : Shoot'em up, Course, Arcade
Plateformes : PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), Xbox One, Nintendo Switch
Durée moyenne : 1-2 h
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