Test du jeu Sand Land

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CHOIX DE LA RÉDACTION

Sand Land est un jeu d’action-aventure tiré de l’univers culte imaginé par Akira Toriyama, et plus précisément de son manga one-shot du même nom. Avec son style graphique unique, ses personnages loufoques et son monde désertique à la Mad Max, le titre propose un mélange d’action, d’exploration et de mécanique RPG dans un univers post-apo aussi drôle que désespéré. Développé par le studio japonais ILCA et édité par Bandai Namco, le jeu est sorti en avril 2024, quelques semaines seulement après la disparition d’Akira Toriyama : c’est l’un des tout derniers projets auxquels le maître aura été associé de son vivant. Le manga d’origine ne fait qu’un seul tome, publié en 2000 ; le jeu en reprend fidèlement la trame, puis la prolonge d’un second acte inédit, écrit pour l’occasion, qui déplace l’action du désert vers une région forestière. C’est dire si le studio a voulu proposer plus qu’une simple transcription.

masquerFAQ : Rogueh vous répond
  • Quelle est la plateforme de Sand Land ?Sand Land est disponible sur PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox Series X/S et PC, offrant une large accessibilité aux joueurs.
  • Quelle est la durée de vie du jeu ?La durée de vie estimée est d'environ 15-20 heures pour l'histoire principale, avec des quêtes annexes et du contenu additionnel qui peuvent facilement étendre l'expérience à 25-30 heures.
  • Comment se caractérise le gameplay de Sand Land ?Le gameplay combine exploration d'un monde ouvert désertique, combats dynamiques, customisation de véhicules (tanks, motos, mechas) et mécaniques RPG, avec un style d'action proche des œuvres d'Akira Toriyama.
  • Quel est le verdict global sur Sand Land ?Un jeu visuellement magnifique, fidèle au style de Toriyama, avec un gameplay divertissant et un univers post-apocalyptique original mêlant humour et satire sociale, recommandé aux fans de manga et d'action-aventure.

Un monde assoiffé d’eau… et de baston

L’histoire de Sand Land se déroule dans un monde ravagé par la sécheresse. L’eau est devenue une ressource rare, contrôlée par un roi tyrannique. C’est dans ce décor que l’on incarne Beelzebub, le prince des démons, accompagné du shérif Rao et du vieux démon voleur Thief. Ensemble, ils partent à la recherche d’une source d’eau légendaire. Le ton est léger, souvent comique, mais toujours empreint de satire sociale, fidèle à la plume de Toriyama. Cette structure en deux temps est à double tranchant : l’adaptation du manga, dense et rythmée, tient sur une quinzaine d’heures ; la partie ajoutée, plus dispersée, sert surtout à étirer la durée de vie et peine à retrouver la même énergie. Les personnages, eux, restent la grande réussite du récit — Beelzebub le démon capricieux, Rao le vieux shérif fatigué, Thief et sa mécanique — et leurs échanges portent l’aventure même quand l’intrigue ronronne. Un film d’animation puis une série télévisée adaptant le même manga sont sortis dans la même période, signe d’un vrai regain d’intérêt pour cette œuvre longtemps restée dans l’ombre de Dragon Ball.

Sand Land
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Direction artistique : Toriyama dans toute sa splendeur

Visuellement, Sand Land est une véritable lettre d’amour au style d’Akira Toriyama. Le chara-design est immédiatement reconnaissable : muscles surdimensionnés, machines farfelues, expressions exagérées. Le moteur graphique Cel-Shading rend justice au manga original, avec un rendu proche de l’animation 2D. Le désert semble vivant, les ombres jouent sur les reliefs, et les personnages débordent d’expressivité. C’est un régal visuel pour les fans du créateur de Dragon Ball, mais aussi pour ceux qui apprécient les styles artistiques affirmés et singuliers. Le rendu cel-shading est parmi les plus convaincants du genre : les contours nets, les aplats de couleur et les expressions outrées reproduisent presque à l’identique le trait de Toriyama, au point que certaines cinématiques passeraient pour des extraits de l’anime. La contrepartie tient à la technique brute : sur les grandes étendues, la végétation et les décors lointains se chargent parfois sous les yeux du joueur, et le framerate n’est pas toujours stable en conduite rapide.

Gameplay entre exploration et action explosive

Le gameplay de Sand Land repose sur une boucle simple mais efficace : exploration du monde ouvert, combat, amélioration d’équipement, et progression de la quête principale. La grosse particularité vient des véhicules customisables : tanks, motos, mechas… chacun a son propre style et ses capacités. On passe fréquemment du corps-à-corps déjanté aux affrontements mécaniques façon shooter. Les sensations sont bonnes, surtout lorsqu’on combine les gadgets et modules pour créer un engin de guerre sur mesure. L’évolution est fluide, avec un arbre de compétences bien pensé, et une sensation de montée en puissance agréable. C’est vraiment la conception de véhicules qui distingue Sand Land du tout-venant de l’action-RPG. On récupère des plans, on greffe des canons, des réservoirs, des jambes robotisées, des boucliers, et l’on finit par piloter des engins improbables qui n’appartiennent qu’à soi. Chaque véhicule a sa jauge de carburant, son poids, sa maniabilité, et alterner entre le tank pour défoncer une porte, la moto pour semer une patrouille et le mecha sauteur pour franchir un canyon donne un vrai plaisir de bricoleur.

Un monde semi-ouvert qui donne envie d’être fouillé

Le désert n’est pas qu’un décor : c’est un terrain de jeu rempli de camps ennemis, de coffres, de zones cachées et de boss secondaires. Même si certaines zones sont un peu vides, la variété des biomes et des environnements (canyons, ruines, villages, usines) renouvelle l’envie d’explorer. Les quêtes annexes sont classiques mais efficaces, souvent humoristiques, avec des personnages secondaires décalés. La carte évolue au fil de la progression, et la base principale se développe au fur et à mesure, apportant un vrai sentiment d’aventure continue. Là où le bât blesse, c’est dans le remplissage : les camps ennemis se ressemblent, les objectifs secondaires se répètent (nettoyer une zone, escorter, livrer), et la seconde moitié du jeu multiplie les allers-retours sur une carte qui gagnerait à être plus resserrée. Le développement de la ville-base, en revanche, fonctionne bien : la voir se peupler, s’équiper et s’animer au fil des quêtes donne un objectif concret à toute cette collecte.

Ambiance sonore et doublage

La bande-son alterne entre thèmes désertiques et musiques dynamiques en combat. Rien de révolutionnaire, mais cela accompagne bien l’action. Le doublage japonais (ou anglais selon les préférences) est bien interprété, avec des voix qui collent aux personnages. Mention spéciale au traitement des cinématiques : très bien animées, elles gardent le ton humoristique sans tomber dans le ridicule. L’équilibre entre sérieux et burlesque est réussi, dans la pure tradition des récits de Toriyama. On notera l’absence de doublage français — sous-titres uniquement — ce qui reste courant pour ce type de production mais oblige à lire pendant les nombreuses phases de dialogue, souvent longues chez Toriyama. La musique, sans être marquante, sait se faire discrète en exploration et monter d’un cran dès qu’une escarmouche éclate, ce qui suffit à entretenir le rythme. Les bruitages des véhicules, en particulier, sont soignés : le vrombissement d’un moteur poussé à fond ou le claquement d’un canon participent beaucoup à la sensation de puissance.

Points forts

  • Direction artistique fidèle et superbe (cel-shading + design Toriyama)
  • Gameplay varié : combats au sol + véhicules personnalisables
  • Univers post-apo original et humoristique
  • Exploration agréable, monde semi-ouvert vivant
  • Personnages charismatiques et dialogues savoureux

Points faibles

  • Structure de missions parfois répétitive
  • Quelques zones un peu vides ou sous-exploitées
  • Caméra capricieuse lors de certains combats rapprochés

Mon avis

Sand Land est un vrai bol d’air brûlant dans un paysage vidéoludique saturé de productions formatées. Sans prétendre révolutionner le genre, il offre une aventure attachante, rythmée, pleine de charme et de personnalité. Que l’on soit fan de Toriyama ou simple amateur d’action-RPG coloré, c’est un jeu qui fait sourire, surprend par son univers et s’apprécie comme un manga interactif. À la fois hommage et expérience originale, Sand Land mérite sa place dans toute ludothèque un peu curieuse. Il ne faut pas s’attendre à un grand jeu à monde ouvert : la structure est répétitive, le contenu ajouté après le manga tire en longueur, et la technique montre ses limites. Mais l’écriture des personnages, l’humour toriyamesque et surtout ce système de véhicules à assembler soi-même suffisent à faire passer une bonne vingtaine d’heures en souriant. C’est un hommage sincère et généreux, plus qu’un chef-d’œuvre ludique — et compte tenu du contexte de sa sortie, il fait aussi office de bel adieu discret à l’un des plus grands dessinateurs de sa génération.

Sand Land

Sand Land

Sand Land est un RPG d'action où vous incarnez le personnage principal, Beelzebub, un Prince Démon. Dirigez votre compagnie de marginaux héroïques et explorez le monde légendaire de Sand Land développé par le créateur de Dragon Ball et Dr. Slump, Akira Toriyama.

Sortie : 26 avril 2024

Genres : JRPG, Open World, Japonais

Plateformes : Xbox Series X|S, PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5

Durée moyenne : 20 h

Note du jeu : Sand Land

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10

Où acheter le jeu :

Instant Gaming

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