Test du jeu Eiyuden Chronicle: Hundred Heroes
Eiyuden Chronicle: Hundred Heroes est un vibrant hommage aux JRPG classiques des années 90, pensé comme un successeur spirituel de la série légendaire Suikoden. Porté par certains de ses créateurs originaux et financé via Kickstarter, le jeu propose un retour aux sources du RPG japonais en 2.5D avec plus de 100 personnages jouables, des combats stratégiques au tour par tour, une guerre épique, et une esthétique pixel art somptueuse. Après de nombreuses heures de stream sur la chaîne Rogueh24, voici mon test complet. Développé par Rabbit & Bear Studios et édité par 505 Games, le jeu est sorti en avril 2024, près de quatre ans après une campagne Kickstarter qui reste, à ce jour, la plus financée de l’histoire de la plateforme pour un jeu vidéo. Il est aussi indissociable d’une histoire triste : Yoshitaka Murayama, créateur de Suikoden et scénariste du projet, s’est éteint en février 2024, quelques semaines avant la sortie, sans voir l’accueil réservé à ce qui restera son testament vidéoludique.
- Sur quelle plateforme puis-je jouer à Eiyuden Chronicle: Hundred Heroes ?Le jeu est disponible sur PC, PlayStation 5, Xbox Series X/S et probablement Nintendo Switch. Il est conçu pour les plateformes next-gen avec une belle technique 2.5D.
- Quelle est la durée de vie du jeu ?Avec plus de 100 personnages jouables et une narration à embranchements multiples, le jeu offre facilement 60-80 heures de jeu pour le scénario principal, et potentiellement plus de 100 heures pour les completionnistes.
- Comment fonctionne le gameplay d'Eiyuden Chronicle ?C'est un RPG au tour par tour stratégique avec des combats dynamiques intégrant la position des personnages, des attaques combinées, des faiblesses élémentaires et une gestion de groupe parmi 100 héros uniques.
- Quel est votre verdict final sur le jeu ?Un vibrant hommage aux JRPG classiques des années 90, modernisé avec une narration riche, un système de combat tactique et un style visuel pixel art somptueux. Un successeur spirituel de Suikoden qui devrait ravir les fans du genre.
- Une épopée à l’ancienne
- Un RPG old-school, mais moderne dans l’exécution
- Un style visuel 2.5D sublime
- Une bande-son magistrale et des thèmes puissants
- Un QG évolutif et une dimension de gestion
- Une narration humaine, riche en émotions
- Points forts
- Points faibles
- Mon avis
- Eiyuden Chronicle: Hundred Heroes
Une épopée à l’ancienne
Dans un monde divisé par des conflits politiques et militaires, le jeu nous met dans la peau de Nowa, un jeune et courageux héros qui se retrouve entraîné dans une guerre grandissante contre l’Empire Galdean. Rapidement, l’histoire prend une tournure bien plus vaste, introduisant des dizaines de personnages aux motivations variées. L’enjeu devient celui d’unifier des forces dispersées pour résister à une tyrannie galopante, le tout dans une narration à embranchements multiples. Nowa n’est d’ailleurs pas le seul point de vue : la campagne alterne régulièrement avec Seign Kesling, officier de l’Empire galdéen et ami devenu adversaire, ce qui permet de montrer le conflit des deux côtés de la ligne de front. Cette double perspective, très suikodenienne, évite le manichéisme et donne du relief aux trahisons comme aux réconciliations qui jalonnent l’aventure.




Un RPG old-school, mais moderne dans l’exécution
Eiyuden Chronicle reprend les codes du JRPG traditionnel : villages à explorer, dialogues textuels, donjons à fouiller, combats aléatoires, gestion de groupe, et construction d’un quartier général. Mais loin d’être une simple réplique nostalgique, le jeu modernise son approche. Le système de combat intègre la position des personnages, les attaques combinées, les faiblesses élémentaires et une interface rapide. L’aspect stratégique est renforcé par la composition de l’équipe parmi plus de 100 héros, chacun avec des compétences, des rôles et des affinités uniques. Le jeu ressuscite aussi les batailles d’armée de Suikoden, sous la forme d’affrontements tactiques sur une grille où l’on déplace des unités représentant les héros recrutés ; sans être d’une profondeur folle, elles rythment agréablement la progression. À cela s’ajoute une pléthore de mini-jeux — cuisine, pêche, course d’œufs, jeu de cartes, toupies — qui occupent des heures et récompensent la curiosité par de nouveaux compagnons.
Un style visuel 2.5D sublime
La direction artistique est l’un des grands points forts du jeu. Le mélange entre sprites en pixel art très détaillés et décors 3D dynamiques donne une profondeur magnifique aux scènes. Les animations en combat sont fluides et expressives, avec des effets spéciaux colorés qui n’envahissent jamais l’écran. Le tout évoque à la fois le charme rétro des anciens RPG et la maîtrise technique moderne. Chaque région, chaque village a une identité propre, et les personnages sont tous reconnaissables malgré leur grand nombre. Tout n’est pourtant pas irréprochable sur le plan technique. Sur certaines plateformes, et particulièrement sur Switch, on note des chutes de framerate, des temps de chargement un peu longs entre les zones, et quelques ralentissements pendant les combats les plus chargés. Rien de rédhibitoire sur un PC correct, mais le vernis se craquelle par endroits, comme si le budget n’avait pas tout à fait suivi l’ambition.
Une bande-son magistrale et des thèmes puissants
La musique, composée en partie par Michiko Naruke (Wild Arms), est une réussite totale. Les thèmes accompagnent parfaitement les grands moments narratifs, les phases d’exploration ou les combats tendus. On ressent l’héritage des JRPG d’antan, tout en profitant de sonorités orchestrales et modernes. Certains morceaux resteront en tête longtemps après avoir éteint la console ou le PC. La bande-son a été enregistrée avec un véritable orchestre, et le contraste entre ces morceaux amples et les thèmes de villages plus intimistes, presque chambristes, renforce le sentiment de parcourir un monde vaste. Le doublage, anglais ou japonais au choix, ne couvre que les scènes importantes, le reste passant par du texte.
Un QG évolutif et une dimension de gestion
Comme dans Suikoden, le quartier général est au cœur de l’expérience. On commence avec une simple base, que l’on développe au fil des recrutements. Forgerons, boutiques, fermes, arènes, bibliothèques, etc. : chaque nouvel allié peut offrir un nouveau service. Il y a une grande satisfaction à voir son QG devenir un vrai village vivant, rempli de PNJ utiles, de discussions et d’activités secondaires. Cela donne aussi envie de chercher et recruter chaque héros caché à travers le monde. Recruter les cent héros n’est jamais obligatoire pour finir l’histoire, mais c’est le vrai moteur du jeu : chaque personnage ajouté débloque une conversation, un commerce, une amélioration du château ou une quête, et l’on se surprend à faire de longs détours pour convaincre un forgeron ronchon ou un chef cuisinier vaniteux de rejoindre la cause.
Une narration humaine, riche en émotions
Malgré son univers fantasy, le jeu traite de sujets profonds : guerre, sacrifice, trahison, espoir, unité face à l’oppression. Les personnages principaux, bien que parfois archétypaux, sont développés avec soin. Le jeu prend le temps de poser leurs histoires, leurs dilemmes, leurs rêves. Cela donne un côté très humain à l’ensemble, et rend les moments tragiques encore plus puissants. Le rythme peut sembler lent au début, mais s’accélère progressivement vers un final intense. On pourra reprocher à l’écriture quelques longueurs dans son premier tiers, le temps que la distribution se mette en place, et une traduction française parfois approximative qui écorche des noms ou rend certains dialogues plus plats qu’ils ne le sont en version originale. Ceux qui ont connu Suikoden retrouveront toutefois vite leurs marques, et les nouveaux venus ont là un excellent point d’entrée dans ce sous-genre du JRPG de guerre et de gestion.
Points forts
- Style visuel 2.5D magnifique et richement animé
- Plus de 100 personnages à recruter, tous uniques
- Système de combat tactique, dynamique et profond
- Musique de grande qualité, émotive et mémorable
- Base évolutive et contenu annexe gratifiant
- Un vrai JRPG « à l’ancienne » dans l’esprit, mais moderne dans l’exécution
Points faibles
- Début de jeu un peu lent à démarrer
- Quelques combats peuvent devenir redondants en exploration
- Traduction française parfois maladroite
- Certains héros secondaires peu développés (inévitable vu leur nombre)
Mon avis
Eiyuden Chronicle: Hundred Heroes est un rêve devenu réalité pour les amateurs de JRPG classiques. Il réussit l’exploit d’invoquer la magie des Suikoden tout en y injectant de la fraîcheur et de la maîtrise moderne. Le voyage est long, intense, parfois exigeant, mais toujours riche. On s’attache à cet univers, à cette galerie de héros, et à cette aventure qui célèbre l’unité dans la diversité. Pour les passionnés de RPG japonais, c’est un incontournable. Pour les autres, c’est peut-être le moment de découvrir ce que signifie vraiment un « jeu de rôle » à la japonaise, dans toute sa noblesse. C’est aussi, forcément, un jeu qu’on ne regarde plus tout à fait de la même façon depuis la disparition de son auteur : chaque grande scène de retrouvailles, chaque adieu, résonne d’un écho supplémentaire. Il n’est pas parfait — techniquement inégal, un peu long à démarrer — mais il tient sa promesse, celle de rendre à un genre qu’on croyait endormi toute sa générosité. Pour qui a grandi avec les JRPG de la fin des années 90, c’est un retour aux sources bouleversant ; pour les autres, une porte d’entrée idéale, à condition d’accepter de prendre son temps.

Eiyuden Chronicle: Hundred Heroes
Eiyuden Chronicles: Hundred Heroes est conçu pour offrir aux joueurs une interprétation moderne de l'expérience classique des JRPG. Préparez-vous à diriger plus de 100 personnages jouables à travers un monde déchiré par la guerre que seul vous pouvez sauver.
Sortie : 23 avril 2024
Plateformes : Xbox Series X|S, PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5, Xbox One, Nintendo Switch
Durée moyenne : 46 h
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