Test du jeu Eastward
Eastward est l’aventure en pixel art de Pixpil, sortie le 16 septembre 2021 sur PC, Switch et Xbox à 24,99 €. Vous incarnez John, un mineur taciturne, et Sam, une jeune fille aux pouvoirs mystérieux, dans un monde souterrain ravagé par une contamination qui a repoussé l’humanité sous la surface. Le duo remonte progressivement vers la surface à travers des villes en ruines, dans une aventure qui évoque directement les JRPG et jeux d’action-aventure des années 90 — la comparaison avec des séries comme Mother/EarthBound ou Zelda: A Link to the Past revient souvent tant l’inspiration transparaît dans chaque décor. Édité par Chucklefish (déjà derrière Starbound et Stardew Valley sur consoles), le jeu a mis près de six ans à voir le jour, un temps de développement long pour un studio indépendant qui se ressent dans le soin apporté à chaque recoin du monde souterrain.
- Quand Eastward est-il sorti et sur quelles plateformes ?Eastward est sorti le 16 septembre 2021 sur PC, Nintendo Switch et Xbox au prix de 24,99 €.
- Quels jeux ont inspiré Eastward ?Eastward s'inspire directement des JRPG et jeux d'action-aventure des années 90, notamment les séries Mother/EarthBound et Zelda: A Link to the Past, ce qui transparaît dans chaque décor du jeu.
- Comment fonctionnent les capacités des deux personnages principaux ?John, un mineur taciturne, utilise une poêle au combat rapproché avec un arsenal d'objets improvisés. Sam, une jeune fille aux pouvoirs mystérieux, possède des capacités télékinétiques lui permettant de déplacer des objets, d'activer des mécanismes et de détourner l'attention des ennemis pour résoudre les énigmes.
- Quel est le principal point faible d'Eastward selon cet article ?Certaines séquences de dialogue s'étirent plus que nécessaire, ralentissant la progression qui est par ailleurs bien équilibrée entre exploration, combat et énigmes.
- Une direction artistique parmi les plus abouties
- Un duo dont les capacités se complètent
- Un rythme qui ralentit sur les passages bavards
- Des combats qui manquent de profondeur face aux énigmes
- Une durée de vie généreuse pour une aventure linéaire
- Graphismes et ambiance sonore
- Points forts
- Points faibles
- Mon avis
- Eastward
Une direction artistique parmi les plus abouties
Chaque scène d’Eastward est composée avec un soin digne d’une illustration, mélangeant éclairage dynamique et détails de décor qui racontent l’histoire du monde sans une seule ligne de dialogue. Cette qualité visuelle constante, rarement égalée dans le pixel art contemporain, transforme chaque nouvelle zone en une véritable découverte : une gare abandonnée éclairée par une seule ampoule vacillante, un supermarché où les néons publicitaires clignotent encore malgré des décennies d’abandon, une ville souterraine entière repliée sur elle-même par nécessité. Le jeu joue constamment avec les ratios d’écran, passant d’une vue large pour l’exploration à un cadrage resserré façon film pour les scènes plus intimistes, un choix de mise en scène rare dans le médium du jeu vidéo indépendant. Cette attention au cadrage cinématographique élève l’ensemble bien au-delà du simple hommage nostalgique au pixel art des années 90.



Un duo dont les capacités se complètent
Le gameplay alterne entre les capacités de combat de John, manié à la poêle, et les pouvoirs télékinétiques de Sam, essentiels pour résoudre les nombreuses énigmes environnementales du jeu. Cette interaction constante entre action et réflexion structure l’ensemble du jeu, même si le rythme ralentit pendant certains passages narratifs plus bavards. Sam peut déplacer des objets à distance, activer des mécanismes hors de portée ou détourner l’attention d’un ennemi, tandis que John encaisse et frappe au corps-à-corps avec un arsenal d’objets improvisés trouvés en chemin. Le jeu introduit régulièrement de nouvelles variantes à cette formule de base — un compagnon temporaire aux capacités différentes, un environnement qui impose de séparer temporairement le duo — sans jamais perdre de vue la complémentarité initiale entre les deux personnages qui reste le cœur du système.
Un rythme qui ralentit sur les passages bavards
Certaines séquences de dialogue s’étirent plus que nécessaire, ralentissant une progression par ailleurs bien dosée entre exploration, combat et énigmes. Ce n’est pas rédhibitoire, mais ça casse parfois l’élan d’une aventure qui brille surtout quand elle laisse ses images parler d’elles-mêmes. Les passages les plus concernés interviennent généralement lors de l’introduction de nouveaux personnages secondaires, dont l’écriture, bien que soignée, s’attarde parfois plus longtemps que ne le justifie leur rôle dans l’intrigue globale. Un joueur pressé de retrouver l’exploration et les énigmes peut ressentir une certaine impatience face à ces respirations narratives, même si elles contribuent à construire l’attachement du joueur envers le monde traversé.
Des combats qui manquent de profondeur face aux énigmes
Comparés aux énigmes environnementales, souvent très bien pensées, les affrontements restent plus basiques dans leur exécution : peu d’ennemis vraiment mémorables, des patterns simples. C’est le point faible relatif d’un jeu par ailleurs très soigné, et ça se ressent davantage sur la seconde moitié de l’aventure, où le rythme des combats peine à suivre la montée en complexité des puzzles environnementaux. Le système de combat, volontairement simple, privilégie la lisibilité à la profondeur tactique — un choix cohérent avec l’ambition globale du jeu, mais qui laisse un goût d’inachevé à qui espérait un système de combat aussi travaillé que ses énigmes.
Une durée de vie généreuse pour une aventure linéaire
Comptez entre quinze et vingt heures pour parcourir l’intégralité du périple de John et Sam, une durée généreuse pour une aventure linéaire qui ne mise pas sur un monde ouvert ni sur du contenu annexe à répétition. Le jeu préfère consacrer son temps à une poignée de zones mémorables plutôt qu’à multiplier les environnements interchangeables, une approche qui paie sur la cohérence de l’ensemble même si elle limite mécaniquement la rejouabilité. Quelques objets de collection et secrets environnementaux encouragent une exploration plus poussée pour qui souhaite prolonger l’expérience, sans pour autant transformer le jeu en une chasse au trésor exhaustive comme le ferait un metroidvania plus classique. Cette linéarité assumée sert avant tout la narration : chaque zone est traversée une fois, dans un ordre précis, ce qui permet une mise en scène millimétrée impossible à obtenir dans une structure plus ouverte.
Graphismes et ambiance sonore
Au-delà du pixel art déjà mentionné, la bande-son de Joel Corelitz accompagne parfaitement chaque décor, alternant entre mélancolie souterraine et moments plus légers en surface. Chaque zone dispose de sa propre identité sonore, du bourdonnement industriel des tunnels miniers aux mélodies plus douces des villages de surface épargnés par la contamination. L’ensemble forme une cohérence artistique rare pour une production indépendante de cette envergure, où chaque élément — décor, musique, animation — semble avoir été pensé en fonction des autres plutôt qu’ajouté isolément. Les scènes cinématiques, entièrement réalisées en pixel art animé, rivalisent en émotion avec des productions bien plus coûteuses, un tour de force technique pour un studio de la taille de Pixpil.
Points forts
- Une direction artistique en pixel art parmi les plus abouties du genre
- Un duo John et Sam dont les capacités se complètent constamment
- Une bande-son qui accompagne parfaitement chaque ambiance
- Un monde souterrain raconté avec un soin de détail rare
Points faibles
- Un rythme qui ralentit sur certains passages narratifs bavards
- Des combats qui manquent parfois de profondeur face aux énigmes
- Une fin qui divise, plus contemplative qu’attendue
Mon avis
Eastward livre une aventure en pixel art d’une beauté rare, portée par un duo de personnages attachant et une direction artistique parmi les plus abouties que le genre ait à offrir. C’est un jeu qui prend le temps de construire son monde avant de le dévoiler, misant sur l’exploration silencieuse plutôt que sur l’exposition narrative directe.
La complémentarité entre John et Sam reste le cœur battant de l’expérience : chaque énigme, aussi ingénieuse soit-elle, exploite intelligemment leurs capacités respectives sans jamais donner l’impression de recycler la même idée. C’est un système simple en apparence, mais dont la richesse se révèle au fil des heures, à mesure que de nouvelles variantes viennent enrichir la formule de base.
Le rythme ralentit par moments, particulièrement lors des passages les plus dialogués, mais l’ensemble reste une expérience marquante pour qui aime l’action-aventure à l’ancienne. Les combats, plus simples que les énigmes, constituent le seul vrai point de friction d’une production par ailleurs d’une cohérence artistique remarquable.
Six ans de développement pour un résultat qui se ressent à chaque écran : Eastward est de ces jeux indépendants qui justifient pleinement leur temps de gestation.
La durée de vie, généreuse sans être excessive, laisse le temps à chaque idée de gameplay de s’installer avant de céder la place à la suivante, sans jamais recycler artificiellement une mécanique déjà explorée. C’est une aventure pixel art d’une beauté rare qui mérite d’être vécue sans se presser, en laissant chaque décor et chaque silence raconter sa part de l’histoire.

Eastward
Eastward is a beautifully detailed and charming adventure RPG, from Shanghai-based indie developers, Pixpil and published by Chucklefish.Escape the tyrannical clutches of a subterranean society and join Eastward’s unlikely duo on an exciting adventure to the land above! Discover beautiful yet bizarre settlements and make new friends as you travel across the world by rail.Inspired by 90s Japanese animation, the visual style of Eastward has been brought to life using a combination of a modern, innovative 3D lighting system and a rich retro-pixel artwork.
Sortie : 16 septembre 2021
Genres : Simulation, Indé, RPG
Plateformes : PC (Microsoft Windows), Mac, Xbox One, Nintendo Switch
Durée moyenne : 15-20 h
Suggestions Les mieux notés de la rédaction














