Test du jeu Scarlet Nexus
Scarlet Nexus est l’action-RPG psionique de Bandai Namco Studios, sorti le 24 juin 2021 sur PC, PlayStation et Xbox pour 49,99 €. Le studio japonais, connu pour ses productions au style visuel affirmé, tente ici une hybridation rare entre l’anime et le jeu vidéo, avec des cut-scenes animées qui viennent ponctuer l’action en moteur. Les joueurs incarnent l’un des deux protagonistes dotés de pouvoirs psychokinétiques chargés de défendre la ville de New Himuka contre les Others, des mutants tombés d’une ceinture d’extinction en orbite. Dans un genre action-RPG où l’audace visuelle se fait rare, voir aussi notre test de Code Vein, Scarlet Nexus impose d’emblée une identité graphique et narrative singulière, portée par un scénario de science-fiction qui n’hésite jamais à assumer son étrangeté fondamentale, entre paranoia collective et post-humanisme.
- Quel est le prix et la date de sortie de Scarlet Nexus ?Scarlet Nexus est sorti le 24 juin 2021 sur PC, PlayStation et Xbox au prix de 49,99 €.
- Quels sont les deux éléments clés du système de combat ?Le système de combat mêle les attaques au sabre avec la projection télékinésique d'objets du décor sur les ennemis. Il est enrichi par les pouvoirs empruntables aux coéquipiers, récompensant l'alternance constante des approches tactiques plutôt que la répétition de combos.
- Comment Bandai Namco Studios hybride-t-il l'anime et le jeu vidéo dans Scarlet Nexus ?Le studio utilise des cut-scenes animées en style manga qui viennent ponctuer l'action en moteur 3D. Cette alternance de registres visuels structure le rythme narratif en marquant les moments importants de l'intrigue, distinguant le jeu de ses concurrents plus conventionnels.
- Qui sont les ennemis principaux et quelle est leur particularité ?Les Others sont des mutants tombés d'une ceinture d'extinction en orbite. Ce sont des silhouettes biomécaniques étranges qui imposent chacune une lecture tactique différente, variant les patterns de combat et obligeant le joueur à adapter sa stratégie.
- Un système de combat nerveux porté par la psychokinésie
- Une direction artistique manga qui marque durablement
- Une conception des Others qui varie les patterns de combat
- Deux campagnes d’une qualité inégale
- Une bande de personnages secondaires attachante malgré des archétypes convenus
- Graphismes et ambiance sonore
- Points forts
- Points faibles
- Mon avis
- Scarlet Nexus
Un système de combat nerveux porté par la psychokinésie
Le combat mêle attaques au sabre et projection télékinésique d’objets du décor sur les ennemis, offrant une variété de tactiques rare dans le genre action-RPG. Ce système, encore enrichi par les pouvoirs empruntables aux coéquipiers, récompense les joueurs qui alternent constamment leurs approches plutôt que de répéter un seul combo. La projection d’objets, en particulier, transforme chaque champ de bataille urbain en terrain de jeu : voitures, lampadaires et débris de béton deviennent autant de projectiles improvisés, ce qui donne une lecture spatiale du combat rarement exigée ailleurs dans le genre. Cette exigence tactique, combinée à un rythme très soutenu, récompense particulièrement les joueurs qui prennent le temps d’observer leur environnement avant de foncer dans la mêlée, plutôt que de répéter machinalement les mêmes combos de sabre à chaque rencontre.



Une direction artistique manga qui marque durablement
Les cut-scenes en style manga animé, insérées entre les séquences en moteur, donnent au récit une identité visuelle immédiatement reconnaissable et rarement vue ailleurs dans le genre. Cette audace stylistique, assumée du début à la fin, distingue nettement le jeu de ses concurrents plus conventionnels. Le choix de recourir à l’animation traditionnelle plutôt qu’à la scène en moteur pour les moments clés de la narration témoigne d’une confiance rare dans l’identité visuelle du studio, qui aurait pu se contenter d’un rendu 3D uniforme du début à la fin. Cette alternance de registres visuels, loin d’être un simple gadget promotionnel, structure véritablement le rythme narratif en marquant les moments les plus importants de l’intrigue, un peu à la manière dont certains animes utilisent le changement de médium pour signaler un tournant dramatique majeur.
Une conception des Others qui varie les patterns de combat
Les Others, ennemis principaux du jeu, se déclinent en une galerie de silhouettes biomécaniques étranges qui imposent chacune une lecture tactique différente, entre projections à privilégier et zones à éviter absolument. Cette variété de patterns, plus riche que la simple différenciation cosmétique habituelle du genre, oblige à renouveler constamment son approche tactique face à des créatures dont le design visuel donne déjà des indices sur leur comportement en combat. Les boss, en particulier, articulent souvent plusieurs phases distinctes qui demandent de changer de stratégie en cours d’affrontement plutôt que de répéter une seule tactique gagnante du début à la fin du combat.
Deux campagnes d’une qualité inégale
Le choix entre les deux protagonistes jouables donne accès à deux campagnes parallèles, mais l’une développe des enjeux narratifs sensiblement plus aboutis que l’autre. Ce déséquilibre d’écriture, rare à assumer aussi ouvertement, laisse un goût d’inachevé à qui commence par la campagne la moins fournie. La campagne de Yuito, axée sur la fraternité d’armes au sein de son unité, bénéficie d’un dosage narratif plus équilibré entre action et introspection, tandis que celle de Kasane souffre d’une exposition plus abrupte de ses enjeux et de révélations moins bien amenées. Ce décalage de qualité, mesurable dès les premières heures de chaque campagne, mériterait un rappel clair en amont pour orienter les joueurs vers le meilleur point d’entrée dans l’histoire, plutôt que de laisser le hasard du choix initial déterminer la qualité de la première impression.
Une bande de personnages secondaires attachante malgré des archétypes convenus
Les membres de l’unité de l’Other Suppression Force qui accompagnent le joueur, malgré des archetypes assez conventionnels pour le genre, gagnent en épaisseur au fil des séquences de vie quotidienne partagées entre deux missions. Ces moments de répit, souvent légers dans le ton, créent un contraste bienvenu avec la violence des combats contre les Others et humanisent une unité qui pourrait sinon rester un simple groupe fonctionnel. Le système de liens tissés avec chaque coéquipier, qui débloque progressivement de nouveaux pouvoirs empruntables, récompense directement l’investissement dans ces relations plutôt que de les cantonner à un simple habillage narratif sans conséquence sur le gameplay. C’est un système qui incite naturellement à varier ses partenaires de combat plutôt que de s’en tenir toujours aux mêmes deux ou trois favoris.
Graphismes et ambiance sonore
Le moteur Unreal Engine 4 sert des environnements urbains futuristes contrastés, entre tours immaculées et zones ravagées par les Others, avec une lisibilité constante malgré le chaos des combats. La destruction environnementale, visuellement spectaculaire lorsqu’un immeuble entier se désintègre sous une projection télékinésique massive, reste toujours lisible grâce à une palette de couleurs qui isole clairement les éléments interactifs du reste du décor. La bande-son électronique nerveuse accompagne parfaitement le rythme soutenu imposé par le système de combat, avec des morceaux qui montent en intensité à mesure que la jauge de furie psychokinétique se remplit, renforçant le sentiment d’urgence des affrontements les plus tendus contre les Others les plus imposants. Les environnements intérieurs, plus rares mais tout aussi soignés, offrent un contrepoint bienvenu à la verticalité urbaine du reste du jeu.
Points forts
- Un système de combat qui mêle sabre et télékinésie avec bonheur
- Une direction artistique manga qui marque durablement
- Des pouvoirs empruntables qui diversifient les tactiques
- Des liens de coéquipiers qui récompensent l’investissement
Points faibles
- Deux campagnes d’une qualité narrative inégale
- Un rythme qui s’essouffle un peu sur la longueur
- Des environnements qui manquent parfois de variété
Mon avis
Scarlet Nexus m’a immédiatement conquis par l’audace de sa direction artistique manga, qui donne au jeu une identité propre au milieu d’un genre souvent uniforme. Le système de combat, entre sabre et télékinésie, tient cette promesse visuelle avec un vrai sens du spectacle : projeter une voiture entière sur un Other géant procure une satisfaction rarement égalée ailleurs dans le genre, et le jeu multiplie ces moments de bravoure tout au long de l’aventure.
La possibilité d’emprunter les pouvoirs de ses coéquipiers ajoute une couche tactique bienvenue, qui évite à l’action de sombrer dans la répétition mécanique. C’est là que le jeu se montre le plus généreux, en récompensant l’expérimentation plutôt que la force brute. Les moments de vie quotidienne partagés avec l’unité, légers en apparence, m’ont progressivement attaché à des personnages que j’aurais pu trouver anecdotiques sur le seul papier de leurs archetypes de départ.
La variété des Others rencontrés tout au long de l’aventure m’a également surpris par sa richesse, chaque nouvelle silhouette imposant une remise en question tactique plutôt qu’une simple différence esthétique. Les affrontements de boss, en particulier, ont maintenu mon attention grâce à leurs changements de phase imprévisibles.
Le déséquilibre entre les deux campagnes narratives m’a en revanche laissé sur ma faim, l’une étant nettement plus travaillée que l’autre. Commencer par la campagne la moins fournie donne une première impression inégalement représentative de l’écriture globale du jeu, ce qui est d’autant plus dommage que le potentiel narratif était clairement là dès les premières heures de l’autre campagne.
Un défaut qui n’entache pas la réussite globale, mais qui incite à commencer par le bon personnage pour ne pas se priver du meilleur du récit. Malgré ce déséquilibre, Scarlet Nexus reste l’une des propositions les plus visuellement audacieuses du genre action-RPG de ces dernières années, et mérite qu’on lui accorde du temps au-delà de sa première campagne.

Scarlet Nexus
Dans un futur lointain, une hormone psionique a été découverte dans le cerveau humain, accordant aux gens des pouvoirs extrasensoriels et changeant le monde tel que nous le connaissions.Juste au moment où l'humanité entrait dans cette nouvelle ère, des mutants dérangés connus sous le nom d'Others ont commencé à descendre du ciel avec une soif de cerveaux humains. Hautement résistants aux méthodes d'attaque conventionnelles, des mesures extrêmes ont dû être prises pour combattre la menace écrasante et préserver l'humanité.Ceux possédant des capacités extrasensorielles aiguës, connus sous le nom de psioniques, étaient notre chance de combattre l'assaut d'en haut. À ce jour, les psioniques ont été recrutés pour leurs talents et intégrés à la Force de Suppression des Others (OSF), la dernière ligne de défense de l'humanité.Incarnez Yuito Sumeragi, une nouvelle recrue de l'OSF visant à devenir un psionique d'élite comme celui qui l'a sauvé enfant. Armé d'un talent en psychokinésie, explorez la ville futuriste de New Himuka et découvrez les mystères d'un futur Brain Punk pris entre la technologie et les capacités psychiques dans SCARLET NEXUS.
Sortie : 24 juin 2021
Plateformes : Xbox Series X|S, PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5, Xbox One
Durée moyenne : 25-30 h
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