Test du jeu Evering
Evering est un RPG d’aventure au tour par tour en pixel art, développé et édité par le studio indépendant Purpure Studio, sorti le 28 février 2024 sur PC. Présenté par ses créateurs comme une lettre d’amour aux jeux de rôle avec lesquels ils ont grandi, il raconte une histoire épique à travers des dialogues pleins d’esprit et une galerie de personnages attachants, dans un monde très détaillé où le temps tourne en boucle. Le monde vit une ère de paix, sans menace apparente… mais une vieille légende pourrait bien changer la donne. Une proposition qui s’inscrit dans le sillage des RPG rétro modernes déjà testés sur le site, comme Sea of Stars ou Chained Echoes, avec une identité plus légère et plus intimiste.
- Sur quelle plateforme puis-je jouer à EVERING ?Le jeu est disponible sur PC via Steam, avec des configurations requises moyennes permettant une expérience optimale.
- Quelle est la durée moyenne de jeu ?Entre 4 et 6 heures, avec plusieurs fins possibles selon vos choix de dialogues et interactions. La rejouabilité est intéressante.
- Comment se déroule le gameplay ?EVERING propose un gameplay narratif à la première personne, basé sur l'exploration, la résolution d'énigmes et des dialogues à choix multiples. La bague magique permet de manipuler l'environnement et révéler des secrets.
- Quel est votre verdict final ?Un thriller psychologique immersif et original, avec une atmosphère mélancolique unique. Les graphismes, la narration et le gameplay autour de la bague magique en font une expérience marquante, malgré quelques mécaniques perfectibles.
Eldar, un prince obsédé par une légende
Le héros d’Evering s’appelle Eldar, prince d’Onnya. Plutôt que de se consacrer à ses devoirs royaux, il a investi sa vie dans la recherche de l’origine d’une légende, au point de négliger tout le reste. Il va peu à peu réaliser que tout ce qui l’entoure est lié, et que cette quête le mènera vers une vérité qu’il n’aurait jamais imaginée. Ce point de départ, simple en apparence, permet au jeu de mêler aventure classique et réflexion sur le temps, puisque le monde d’Evering est construit autour de cycles qui se répètent. Le scénario prend son temps, alterne moments de comédie et passages plus graves, et réserve plusieurs surprises à ceux qui vont au bout. Eldar lui-même est un héros moins lisse qu’il n’y paraît : son obsession l’éloigne de ses responsabilités de prince et de ceux qui comptent sur lui, ce qui le rend plus humain que bien des princes de RPG. On suit avec intérêt sa lente prise de conscience, à mesure que la légende qu’il poursuit révèle ses véritables enjeux.




Une troupe haute en couleur
Eldar n’est pas seul. Il est accompagné de Lue, une sorcière puissante et très protectrice, puis rejoint par Jövla, figure vagabonde et mystérieuse habile avec les dagues, Laric, un apprenti alchimiste au potentiel immense mais au manque criant de confiance en lui, et Qibayn, un artiste en quête permanente d’inspiration. Ce groupe dépareillé est l’un des grands atouts du jeu. Les dialogues, souvent drôles, donnent à chacun une vraie personnalité, et l’on prend plaisir à suivre leurs échanges, leurs chamailleries et leurs moments de solidarité. L’équilibre entre drame et comédie est plutôt bien trouvé, même si l’humour ne fait pas toujours mouche.
Des combats au tour par tour sans rencontres aléatoires
Les affrontements reposent sur un système au tour par tour classique mais efficace. Chaque personnage dispose de ses propres compétences, que l’on enrichit durant l’aventure grâce aux maîtres, les maestros, et aux cristaux découverts en chemin. Les ennemis et les boss, variés, obligent à adapter sa stratégie. Surtout, le jeu fait le choix bienvenu de supprimer les rencontres aléatoires : les ennemis sont visibles et l’on choisit de les affronter ou non. Mieux encore, il est possible de fuir chaque combat sans pénalité, ce qui permet de suivre l’histoire à son rythme. Cette accessibilité, rare dans le genre, s’accompagne d’options qui rendent le jeu agréable pour tous les profils de joueurs.
Un monde plein de secrets
Evering propose une grande variété de villes et de donjons à explorer. Le monde regorge de trésors, de secrets cachés dans des endroits inattendus et d’ingrédients d’alchimie à récolter. Les livres de lore disséminés un peu partout enrichissent l’univers et permettent de mieux comprendre son histoire et ses légendes. Les énigmes et les quêtes secondaires ponctuent la progression et donnent envie de fouiller chaque recoin. Comptez environ vingt-cinq heures pour boucler l’aventure principale, davantage si l’on veut tout découvrir. Le rythme reste globalement bon, même si certaines phases d’exploration auraient gagné à être un peu plus resserrées.
Alchimie, cristaux et progression
La progression des personnages passe par plusieurs systèmes complémentaires. Les maestros rencontrés pendant le voyage enseignent de nouvelles techniques, tandis que les cristaux découverts dans le monde débloquent d’autres compétences. L’alchimie, de son côté, permet de transformer les ingrédients récoltés en objets utiles, ce qui donne une raison supplémentaire d’explorer les recoins de chaque région. Ces mécaniques restent simples à comprendre, mais elles offrent suffisamment de choix pour que l’on façonne son équipe selon ses préférences. On apprécie de voir chaque personnage gagner en puissance de manière visible, et de sentir que les efforts d’exploration se traduisent concrètement en combat. C’est une progression honnête, sans complexité inutile, qui accompagne bien le rythme de l’histoire.
Un hommage sans nostalgie aveugle
Le jeu assume pleinement ses références aux RPG des années 90, mais il ne se contente pas de les copier. La suppression des rencontres aléatoires, la possibilité de fuir sans pénalité et les options d’accessibilité montrent une volonté de moderniser la formule sans la trahir. On retrouve le plaisir de parcourir un monde en pixel art, de discuter avec des personnages hauts en couleur et de découvrir des donjons, sans les frustrations qui pouvaient parfois gâcher les classiques. Pour un studio indépendant, le résultat est ambitieux et généralement bien maîtrisé, du premier village au dernier donjon.
Graphismes et ambiance sonore
Le pixel art d’Evering est soigné et fourmille de détails. Les villes, les forêts et les donjons ont chacun leur identité, et les animations des personnages donnent vie aux dialogues comme aux combats. Les effets des compétences sont lisibles et plaisants, sans surcharger l’écran. La bande-son accompagne l’aventure avec des thèmes mélodieux, tantôt épiques tantôt apaisants, qui rappellent les grandes heures du genre. L’ensemble crée une atmosphère chaleureuse et dépaysante, idéale pour se plonger dans une longue aventure au coin du feu.
Points forts
- Une troupe de personnages attachants et bien écrits
- Des dialogues pleins d’humour
- Des combats sans rencontres aléatoires, avec fuite sans pénalité
- Un monde riche en secrets et en lore
- Un pixel art soigné et une bande-son réussie
Points faibles
- Un humour qui ne fait pas toujours mouche
- Quelques longueurs dans l’exploration
- Un système de combat assez classique
Mon avis
Evering est un RPG attachant, qui réussit son pari d’hommage aux jeux de rôle d’antan tout en évitant leurs travers les plus agaçants. Son groupe de héros, ses dialogues drôles et son monde bourré de secrets en font une aventure agréable, à savourer sans se presser.
En live, c’est la troupe d’Eldar qui m’a le plus plu. Chaque personnage apporte sa couleur, et leurs échanges donnent au récit une chaleur qui fait souvent défaut aux RPG plus sérieux. La possibilité de fuir les combats sans pénalité est aussi une excellente idée, qui rend le jeu accessible sans rien retirer à ceux qui aiment affronter chaque ennemi.
Le jeu n’est pas parfait. Son système de combat reste assez classique, l’humour tombe parfois à plat et certaines phases d’exploration s’étirent un peu. Il ne rivalise pas avec les ténors du genre sur tous les plans, mais il n’en a pas l’ambition, et c’est justement cette modestie assumée qui le rend sympathique.
Evering s’adresse aux amateurs de RPG rétro qui cherchent une aventure sincère, drôle et bien construite. Une belle réussite pour un studio indépendant, et un bon point de départ pour ceux qui voudraient découvrir le genre sans se heurter à sa rigueur d’autrefois.

Evering
Evering est un RPG d'aventure avec un système de combat au tour par tour et un style pixel art qui raconte une histoire épique à travers des dialogues spirituels et amusants avec des personnages charismatiques dans un monde complètement unique et très détaillé où le temps s'écoule en boucles circulaires.C'est une ère de paix et le monde ne fait face à aucun danger mais si cette légende s'avère être vraie... nos jours pourraient être comptés.Evering est une lettre d'amour à la nostalgie, un hommage aux jeux avec lesquels nous avons grandi, avec un look et une ambiance renouvelés, sans rencontres aléatoires et avec des options d'accessibilité. Vous ne voulez pas combattre ? C'est d'accord, vous pouvez échapper à chaque combat sans punition pour suivre l'histoire à votre rythme.Le monde d'Evering est rempli de trésors, de maestros et de cristaux pour apprendre de nouvelles compétences et d'ingrédients d'alchimie. Il y a des secrets cachés au dernier endroit où vous les imaginez. Pouvez-vous tous les trouver ?
Sortie : 28 février 2024
Plateformes : PC (Microsoft Windows)
Durée moyenne : 5 h
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