Test du jeu Tamarak Trail

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Tamarak Trail n’est pas la randonnée contemplative que son nom laisse imaginer : c’est un roguelike de deckbuilding développé par Yarrow Games et publié par Versus Evil (avec tinyBuild), sorti le 29 février 2024 sur PC, avant de rejoindre ensuite consoles et Switch. Le jeu reprend la formule popularisée par Slay the Spire — combats au tour par tour, chemins générés aléatoirement, rejouabilité infinie — mais remplace les cartes par des dés personnalisables, dans la lignée de Dicey Dungeons ou Peglin. On y incarne un membre de la Loge de l’Esturgeon, une société secrète chargée d’éliminer la présence maléfique qui a corrompu le sentier de Tamarak et menace les habitants alentour. Le jeu est jouable au clavier-souris comme à la manette, et il est annoncé compatible Steam Deck. C’est un titre qui se joue par sessions courtes et tendues, où chaque jet de dés compte, à l’opposé complet de ce que le nom pourrait laisser deviner. Découvrez mes impressions après un live complet :

masquerFAQ : Rogueh vous répond
  • Sur quelle plateforme peut-on jouer à Tamarak Trail ?Le jeu est disponible sur PC via Steam, avec des configurations système relativement légères, permettant à un large public de profiter de l'expérience d'exploration.
  • Quelle est la durée approximative de jeu ?Tamarak Trail propose une expérience contemplative dont la durée peut varier entre 3 et 6 heures, selon le rythme d'exploration et la volonté du joueur de découvrir tous les détails narratifs.
  • Comment se déroule le gameplay de Tamarak Trail ?Le gameplay est centré sur l'exploration narrative et contemplative. Les joueurs progressent librement dans un environnement naturel, découvrent des objets, des histoires et des indices, sans mécaniques de combat traditionnelles.
  • Quel est le verdict global sur Tamarak Trail ?Tamarak Trail est une expérience unique, idéale pour les joueurs recherchant une immersion apaisante dans la nature. Avec ses graphismes soignés, son ambiance sonore enveloppante et sa narration subtile, le jeu offre un moment de ressourcement et de contemplation rare dans le monde du jeu vidéo.

Une loge secrète contre un mal ancestral

Le prétexte narratif de Tamarak Trail tient en une mission claire : la Loge de l’Esturgeon vous envoie sur le sentier corrompu pour en identifier la source et protéger la population qui vit à ses abords. Ce cadre reste volontairement discret pendant la majeure partie de la partie — l’essentiel se joue dans les combats et les choix de progression — mais il ressurgit à travers les rencontres, les événements de chemin et les objets ramassés, dont certains sont irrévocablement imprégnés du pouvoir corrupteur qui déforme la réalité du sentier. Le jeu ne cherche pas à raconter une grande fresque : il distille son mystère par petites touches, run après run, et laisse au joueur le soin d’assembler les indices entre deux affrontements.

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Tamarak Trail
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Un deckbuilding qui remplace les cartes par des dés

La grande idée de Tamarak Trail, c’est d’avoir pris la formule du deckbuilding au tour par tour et d’en avoir changé la brique de base : au lieu de construire un paquet de cartes, on construit un jeu de dés, et chaque face se personnalise séparément. On choisit parmi un large éventail de faces pour créer des combinaisons puissantes, on enchaîne des compétences de relance et de retournement pour transformer un jet raté en jet gagnant, et on apprend vite que gérer un dé, c’est gérer six résultats possibles à la fois plutôt qu’une seule carte à jouer. Le système demande un temps d’adaptation si l’on vient de Slay the Spire ou d’un deckbuilder classique, mais il ouvre des possibilités de combos que le format carte ne permet pas aussi naturellement, notamment sur la gestion du hasard : un dé mal exploité reste un dé qu’on peut retourner à son avantage au tour suivant plutôt qu’une carte qu’on est contraint de défausser.

Concrètement, une combinaison efficace repose autant sur le choix des faces que sur l’ordre dans lequel on les fait apparaître : miser sur une face à fort dégât mais peu fiable, ou sécuriser une combinaison plus modeste mais garantie, devient un vrai dilemme à chaque tour. Cette tension entre la sécurité et le risque, propre au jet de dé, donne au combat un rythme différent de celui d’un deckbuilder à cartes classique, où la main est connue dès le tirage. Ici, une partie du jeu se joue après le lancer, dans la gestion des relances et des retournements, ce qui change la nature même des décisions à prendre.

Trois classes, un sentier généré aléatoirement

Trois classes de personnage sont disponibles au départ : la Détective, la Magicienne et le Pisteur, chacune avec ses dés de départ, ses compétences signature et sa manière d’aborder les combats. La Détective et le Pisteur profitent en plus de mécaniques d’enquête pour dénicher indices et artefacts liés à la source du mal, ce qui ajoute une couche d’exploration au-dessus des affrontements purs. Les chemins eux-mêmes sont générés aléatoirement à chaque run, remplis de butin, de mystères et de dangers, avec des embranchements à choisir en fonction des ressources qu’on veut préserver. Cette structure procédurale, couplée aux trois classes et à leurs boss respectifs, vise une rejouabilité quasi infinie — la même promesse que les autres roguelikes du genre, mais réalisée ici par la variété des dés plus que par celle des cartes.

Une direction artistique inspirée des paysages canadiens

Visuellement, Tamarak Trail assume une identité forte, puisée dans la peinture de paysage canadienne du début du XXe siècle — le Groupe des Sept — et dans les illustrations d’Ivan Bilibine. On y retrouve des aplats de couleurs franches, des compositions qui évoquent la peinture plus que le rendu 3D, et une forêt stylisée qui sert d’écrin à un mal qui, lui, n’a rien de pittoresque. Ce choix esthétique distingue nettement le jeu du reste des roguelikes de cartes, souvent plus portés sur l’illustration fantastique classique, et donne au sentier corrompu une identité visuelle qu’on ne confond avec aucun autre titre du genre.

Objets corrompus et rejouabilité

D’une run à l’autre, certains objets ramassés se révèlent irrévocablement imprégnés du pouvoir qui a corrompu le sentier : ils déforment la réalité de la partie en cours, offrent des dés supplémentaires ou changent radicalement le style de combat en cours de route. C’est une couche de variabilité qui s’ajoute aux trois classes et aux chemins aléatoires, et qui pousse à recommencer une run pour voir ce qu’un artefact différent change à la stratégie. Le jeu prend soin de faire sentir chaque acquisition comme un tournant décisif plutôt qu’un simple bonus de statistiques, ce qui compte beaucoup dans un genre où la lassitude guette après quelques dizaines d’heures.

Points forts

  • Idée forte : des dés personnalisables à la place des cartes
  • Direction artistique originale, inspirée de la peinture de paysage canadienne
  • Trois classes aux approches vraiment différentes
  • Chemins générés aléatoirement, bonne rejouabilité
  • Objets corrompus qui changent radicalement une run

Points faibles

  • Temps d’adaptation nécessaire pour qui vient des deckbuilders classiques
  • Narration en pointillés, qui peut sembler anecdotique pour certains
  • Un genre déjà très concurrentiel, où le jeu doit constamment justifier sa différence

Mon avis

Tamarak Trail réussit son pari de départ : prouver qu’un roguelike de deckbuilding peut fonctionner sans une seule carte. Le remplacement par des dés personnalisables n’est pas un simple habillage, ça change vraiment la façon d’aborder chaque combat — on ne joue plus une main, on gère un pool de faces et de probabilités qu’on essaie de faire pencher en sa faveur. Les trois classes suffisent à renouveler l’approche sur plusieurs runs, et la direction artistique, à contre-courant du reste du genre, donne au jeu une identité qu’on reconnaît en un coup d’œil.

En live, l’exercice a été intéressant à commenter : expliquer au chat pourquoi on retourne telle face de dé plutôt que d’en relancer une autre demande un peu plus de pédagogie qu’avec un jeu de cartes classique, mais une fois la mécanique comprise, les débats sur le meilleur choix à faire ont plutôt bien fonctionné en direct. C’est un jeu qui se prête bien à la discussion tactique, run après run.

Ses limites sont celles de beaucoup de roguelikes sortis après Slay the Spire : le fond narratif reste léger, distillé plutôt que raconté, et il faut accepter un temps d’adaptation avant que le système de dés ne devienne pleinement lisible. Les premières runs demandent aussi d’apprivoiser un vocabulaire propre au jeu — relance, retournement, face imprégnée — qui n’a pas d’équivalent direct dans un deckbuilder à cartes, et qui peut donner une impression de complexité un peu artificielle avant que les mécaniques ne se mettent en place naturellement dans la tête du joueur. Mais une fois cette étape passée, Tamarak Trail tient sa promesse de départ — proposer une vraie alternative mécanique dans un genre où beaucoup de titres se ressemblent, portée par une direction artistique qui ne ressemble à aucune autre. Si vous avez fait le tour des deckbuilders classiques et cherchez un angle différent, sans pour autant réapprendre un genre entier, le détour vaut la peine.

Tamarak Trail

Tamarak Trail

Dans ce roguelike de construction de deck, vous utiliserez un ensemble de dés personnalisable en combattant à travers des sentiers générés aléatoirement - remplis de butin, de mystères et de dangers pour protéger les habitants du mal qui a corrompu le sentier.

Sortie : 29 février 2024

Genres : Roguelike, Stratégie, Indé

Plateformes : Xbox Series X|S, PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5, Xbox One, Nintendo Switch

Durée moyenne : 6 h

Note du jeu : Tamarak Trail

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6

Où acheter le jeu :

Kinguin.net

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