Test du jeu Metaphor: ReFantazio
Metaphor: ReFantazio est sans conteste l’un des RPG les plus attendus par les fans de jeux à narration forte. Développé par Studio Zero, l’équipe créative d’Atlus emmenée par Katsura Hashino, Shigenori Soejima au character design et Shoji Meguro à la musique — les artisans de Persona 3, 4 et 5 —, ce titre est un mélange audacieux de fantasy occidentale et de JRPG moderne, avec une esthétique unique et des ambitions narratives monumentales. Sorti en octobre 2024 sur PC, PS4, PS5 et Xbox Series, il a été accueilli comme l’un des meilleurs RPG de l’année, et ne cache ni ses influences ni sa volonté de marquer un tournant dans le genre.
- Sur quelle plateforme sera disponible Metaphor: ReFantazio ?Le jeu est prévu sur PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series X/S et PC. Une sortie multiplateforme qui permettra au plus grand nombre de découvrir cette nouvelle création des créateurs de Persona.
- Quelle est la durée estimée du jeu ?Bien que non confirmée officiellement, on peut s'attendre à une durée typique des JRPG d'Atlus, soit environ 60-80 heures pour l'histoire principale, et potentiellement plus de 100 heures en complétant tous les contenus annexes.
- Comment fonctionne le système de gameplay ?Le jeu propose un système de combat hybride : exploration en temps réel, puis combats au tour par tour stratégiques. Les joueurs peuvent invoquer des 'Archetypes' qui évoluent selon les choix moraux, offrant une profondeur tactique et narrative unique.
- Quel est le verdict préliminaire sur Metaphor: ReFantazio ?Le jeu s'annonce comme un RPG ambitieux, mélangeant fantasy politique, narration mature et système de combat innovant. Les fans de Persona et de RPG narratifs devraient être particulièrement séduits par cette nouvelle création d'Atlus.
Une épopée politique aux racines mythologiques
Dès les premières images, Metaphor: ReFantazio déploie un univers dense, mystérieux, où se croisent luttes de pouvoir, enjeux mystiques et récits intimes. Le royaume uni d’Euchronia est au bord du chaos : le roi vient d’être assassiné, et une magie inscrite dans sa dépouille désigne comme prochain souverain celui qui recueillera le plus de soutien populaire d’ici un an. C’est ce tournoi de succession à ciel ouvert qui structure toute l’aventure. On y incarne un jeune membre de la tribu opprimée des elda, accompagné de la fée Gallica, avec un but personnel : réveiller le prince héritier plongé dans un sommeil magique. Son passé, marqué par une ancienne tragédie, se dévoile peu à peu.
Le récit est mature, empruntant aux codes de la fantasy politique à la Game of Thrones, tout en gardant cette touche Atlus : liens sociaux, introspection, dualité entre monde intérieur et enjeux globaux. Le thème central est le racisme entre tribus et la peur de l’autre, traité sans détour et avec une vraie force, jusqu’à une mise en abyme assumée où l’« utopie » dont rêvent les personnages ressemble beaucoup à notre monde. L’univers ne repose pas sur un simple manichéisme, mais explore les conflits de classes, les idéaux brisés, la propagande et la place du destin dans les ambitions humaines. C’est dense, parfois bavard, mais rarement gratuit.




Un gameplay hybride : tour par tour & action
Ce qui frappe, c’est le système de combat hybride : sur le terrain, on frappe en temps réel pour étourdir ou éliminer d’emblée les ennemis les plus faibles, ce qui évite des dizaines de combats inutiles ; face à un adversaire coriace, l’affrontement bascule dans un tour par tour rapide et stratégique, hérité du système « Press Turn » d’Atlus, où viser la faiblesse d’un ennemi octroie des actions supplémentaires. On pense à un mélange de Persona pour les menus stylisés et la gestion d’actions, mais aussi à Final Fantasy XVI ou Xenoblade pour les transitions douces entre exploration et baston. Résultat : un rythme excellent, où l’on ne perd jamais de temps sur du remplissage.
Le joueur invoque des « Archétypes », des manifestations d’idéaux intérieurs prenant la forme de classes guerrières — le Mage, le Chevalier, le Voleur, le Marchand, le Guerrier sacré, et bien d’autres à débloquer. Chaque personnage peut en équiper plusieurs, hériter de compétences de l’un pour les combiner sur un autre, et lancer des attaques de synthèse à deux quand deux Archétypes s’accordent. Ils progressent au fil des liens sociaux tissés avec les alliés, et servent autant en combat qu’en narration, devenant le cœur de l’identité du protagoniste et de son entourage. Le système offre une profondeur tactique réelle sans jamais devenir illisible, et l’on prend un vrai plaisir à recomposer son équipe avant un boss pour exploiter une faiblesse précise.
Une direction artistique sublime et engagée
Visuellement, Metaphor: ReFantazio est un poème graphique. Les environnements mêlent aquarelles vibrantes et lignes gothiques, les personnages semblent sortir d’un livre d’enluminures futuristes, et chaque effet magique rappelle les tableaux animés de Vanillaware. On y retrouve un goût prononcé pour les transitions stylisées, les menus ultra lisibles et iconiques que la série Persona a rendus célèbres, et une animation fluide jusque dans les dialogues secondaires. Le moteur, lui, n’est pas une prouesse technique : les environnements peuvent paraître un peu vides et rigides une fois qu’on cesse d’être ébloui par l’habillage, et c’est bien la direction artistique, pas la puissance brute, qui porte l’ensemble.
La musique de Shoji Meguro accompagne chaque scène avec des mélodies tantôt épiques, tantôt mélancoliques. Le compositeur troque cette fois le jazz-pop des Persona pour un registre choral, quasi liturgique, avec des chants en espéranto qui donnent au thème de combat une solennité inhabituelle. Il suffit d’écouter quelques notes du thème principal pour comprendre que ce jeu cherche à frapper fort dans les cœurs, tout en gardant une identité sonore forte et inimitable. On est conquis par l’ambiance dès les premières heures.
Un Persona-like ? Pas vraiment.
Certes, l’ADN de Persona est palpable. On retrouve le calendrier, la gestion du temps où chaque journée compte, les liens à forger avec les alliés, les vertus royales à cultiver (courage, éloquence, sagesse, tolérance, imagination) pour débloquer de nouveaux échanges. Mais ici, tout se transpose dans un monde fantasy original, détaché du Japon contemporain. On voyage entre les villes à bord du Gauntlet Runner, un véhicule-refuge qui sert de base mobile, on remplit des contrats de la guilde, on explore des donjons et on tranche des dilemmes politiques. La structure est familière, le décor entièrement neuf. Certaines dates butoirs imposées par l’histoire mettent une pression bienvenue sur la gestion du calendrier, en forçant à choisir entre s’entraîner, tisser des liens ou avancer dans les donjons.
Le système de progression est plus libre, avec des choix réels qui influent sur le déroulé de l’histoire et sur l’adhésion des différentes tribus. Des dilemmes moraux, des factions à soutenir ou à ménager, une campagne électorale qui avance en toile de fond… Ce n’est pas juste un Persona en capes et épées : c’est une vision alternative du RPG narratif à la japonaise, fusionné avec des ambitions à l’occidentale. Le principal reproche qu’on puisse lui faire est sa longueur — comptez soixante-dix à quatre-vingts heures — et un dernier tiers qui étire un peu son propos.
Points forts
- Univers original, riche et politique
- Gameplay hybride bien pensé
- Direction artistique exceptionnelle
- Musique envoûtante par Shoji Meguro
- Système d’archetypes innovant
- Choix narratifs réels et conséquences
Points faibles
- Peut rester trop proche de la formule Persona pour certains
- Univers dense pouvant perdre les joueurs occasionnels
- Rythme à surveiller selon la structure du calendrier
Mon avis
Metaphor: ReFantazio est une fresque grandiose, mélangeant le meilleur de Persona avec un souffle nouveau, plus épique, plus libre, plus fantasy. Le soin apporté à chaque détail visuel, musical et scénaristique montre une ambition rare, presque romantique. Le gameplay tient ses promesses : le rythme est maîtrisé, le combat profond, l’écriture courageuse. Passées les réserves d’usage — moteur en retrait, durée généreuse, thème parfois asséné —, on tient là une des grandes réussites du RPG japonais moderne, et sans doute le meilleur point d’entrée dans l’univers d’Atlus pour qui n’a jamais joué à un Persona.
Pour les amateurs de Persona, d’Octopath Traveler, de Xenoblade ou de Fire Emblem, c’est un incontournable. Le contenu final s’est révélé à la hauteur de la vision, et le jeu a rapidement dépassé le million d’exemplaires vendus tout en raflant les récompenses. Les astres étaient bien alignés : Studio Zero signe ici sa nouvelle grande licence, et on espère déjà en revoir cet univers.

Metaphor: ReFantazio
Des esprits créatifs de la série Persona – Metaphor: ReFantazio marque le premier véritable RPG de fantasy à grande échelle d'ATLUS, présenté par le réalisateur Katsura Hashino, le designer de personnages Shigenori Soejima et le compositeur Shoji Meguro.Écrivez votre destinée et dépassez la peur en entrant dans un monde de fantasy comme vous n'en avez jamais vu auparavant. Rempli de mystères troublants, le royaume se tient au bord du précipice. Maintenant, vous devez vous lancer dans un voyage, surmonter les obstacles et forger des liens avec vos amis.
Sortie : 11 octobre 2024
Genres : JRPG, Japonais, Stratégie
Plateformes : Xbox Series X|S, PlayStation 4, Nintendo Switch 2, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5
Durée moyenne : 92 h
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