Test du jeu Up to Gods
Up to Gods est un jeu de plateforme solo développé et édité par le studio indépendant Kebabos, sorti le 17 novembre 2023 sur PC. Oubliez l’action-RPG en monde ouvert : c’est un platformer de précision, linéaire, centré sur le déplacement pur — sauts, escalades, glissades, prises au vol — et sur une histoire courte mais affirmée dans son propos. Dans un monde où les dieux ne peuvent plus fermer les yeux sur les péchés de l’humanité, une secte ancienne qui se sait en guerre avec eux envoie son dernier espoir : un jeune homme désigné comme l’unique envoyé de l’humanité, chargé de gravir un chemin construit par les dieux eux-mêmes pour aller les affronter. Le jeu est vendu 1,99 €, un tarif qui trahit d’emblée l’ambition modeste — mais assumée — d’un projet très personnel.
- Quelle est la plateforme de jeu d'Up To Gods ?Up To Gods est un jeu développé pour PC, sorti en 2024 par le studio indie Dreambyte Games
- Quelle est la durée estimée du jeu ?Bien que non confirmée officiellement, une durée moyenne de 15-20 heures semble probable pour un jeu d'action-adventure indépendant avec exploration et combats
- Comment se déroule le gameplay d'Up To Gods ?Le jeu propose des combats dynamiques contre des créatures mythologiques, de l'exploration dans un monde ouvert inspiré de la Grèce antique, et des mécaniques d'action incluant des esquives, des combos et potentiellement des pouvoirs spéciaux
- Quel est le verdict global sur Up To Gods ?Le jeu semble prometteur avec son univers mythologique unique, ses combats spectaculaires et son ambition narrative de défier les dieux grecs, bien que le manque de critiques détaillées rende un verdict définitif prématuré
L’envoyé de l’humanité, seul face aux dieux
Le scénario d’Up to Gods tient en peu de mots, et c’est un choix : les humains et les péchés y sont présentés comme intrinsèquement liés, et le monde bascule dans le chaos quand les dieux décident de ne plus les tolérer. Tremblements de terre, inondations et autres fléaux précipitent la civilisation au bord de l’effondrement, menant l’humanité vers son extinction pure et simple. Une secte, consciente depuis longtemps de cette guerre silencieuse, désigne un jeune homme pour porter seul la détermination, la cupidité et le désir de toute l’espèce humaine, et l’envoie affronter le chemin que les dieux ont eux-mêmes préparé pour ceux qui oseraient les rencontrer. Le récit ne s’embarrasse pas de rebondissements multiples : il pose une prémisse forte, quasi biblique, et la tient du début à la fin, portée par un jeune studio qui sait exactement ce qu’il veut raconter avec les moyens dont il dispose.




Un platformer de précision, pas un action-RPG
Le point à corriger en premier : Up to Gods n’a rien d’un action-RPG en monde ouvert. C’est un jeu de plateforme de précision, linéaire, où l’on progresse par le mouvement du personnage plutôt que par des statistiques ou un arbre de compétences. On saute, on grimpe, on glisse, on s’accroche à des corniches, sur un chemin balisé plutôt que sur une carte à explorer librement. Le jeu revendique lui-même cette étiquette de plateforme précise et exigeante : chaque section demande de lire le décor, d’anticiper la trajectoire, et une erreur de timing renvoie généralement au dernier point de passage franchi. Il n’y a pas de combat au sens classique du terme, pas d’épée à manier contre des minotaures ou des centaures : l’obstacle, ici, c’est le chemin lui-même, semé d’épreuves qui incarnent les péchés que l’envoyé doit surmonter pour continuer d’avancer.
Cette absence de combat n’est pas une case cochée par défaut faute de budget : elle découle directement du propos du jeu. L’envoyé n’est pas un guerrier venu défier des divinités les armes à la main, c’est un homme seul confronté à sa propre capacité d’endurance face à un chemin qui n’a d’autre but que de le briser avant qu’il n’atteigne son but. Le parkour devient alors la seule vraie mécanique de progression : chaque enchaînement de sauts et de glissades se pense comme une phrase du récit, où réussir un passage difficile revient à surmonter symboliquement l’épreuve qu’il représente. C’est un parti pris cohérent, rare dans le genre du jeu de plateforme narratif, où l’action reste le plus souvent séparée du sens qu’on lui prête.
D’une cité antique du Moyen-Orient à l’époque moderne
Plutôt qu’un unique décor de temples grecs en ruine, Up to Gods traverse des zones aux thèmes très différents, d’une ancienne cité du Moyen-Orient jusqu’à des environnements résolument modernes. Cette diversité de décors, rare pour un platformer solo au budget aussi contenu, sert la progression du récit autant que la variété du level design : chaque nouvelle zone impose de nouveaux réflexes, de nouveaux types d’obstacles, sans jamais revenir vraiment sur ce qui a déjà été appris. La note du développeur signale d’ailleurs une section liée à des thèmes d’alcool et de jeu d’argent, un détail qui confirme que le jeu n’hésite pas à sortir du cadre purement mythologique pour parler, par métaphore, des travers bien réels que les dieux du jeu reprochent à l’humanité. Ce choix de traverser des époques aussi éloignées l’une de l’autre, dans un même parcours ininterrompu, donne au chemin de l’envoyé une portée presque intemporelle : les péchés qu’il traverse ne sont pas ceux d’une civilisation antique disparue, mais ceux qu’on reconnaît encore aujourd’hui, simplement rhabillés selon le décor du moment.
Graphismes et ambiance sonore
Visuellement, Up to Gods assume une direction artistique sombre et stylisée, cohérente avec son propos religieux et punitif : les environnements traversés, qu’ils évoquent l’antiquité ou la modernité, partagent une même gravité visuelle, sans jamais chercher la couleur ou la légèreté. C’est un jeu qui demande une configuration relativement exigeante pour un titre indépendant de cette taille — le studio recommande une carte graphique récente et une bonne quantité de mémoire vive — signe d’un souci du détail qui dépasse ce qu’on attend généralement d’un petit projet solo. L’ambiance sonore, à l’avenant, mise sur des thèmes graves et une direction audio qui accompagne la tension permanente du parcours plutôt que sur des morceaux mémorables pris isolément : elle sert l’immersion dans ce chemin punitif bien plus qu’elle ne cherche à se faire remarquer pour elle-même.
Points forts
- Prémisse narrative forte et assumée jusqu’au bout
- Plateforme de précision exigeante, à la lecture de décor soignée
- Diversité des environnements traversés, de l’antique au moderne
- Direction artistique sombre et cohérente
- Tarif très accessible pour un jeu aussi soigné
Points faibles
- Aucun combat, ce qui peut décevoir les amateurs d’action pure
- Configuration recommandée exigeante pour un jeu de cette taille
- Peu de retours de joueurs disponibles, projet encore confidentiel
Mon avis
Up to Gods est un exercice de style qui assume totalement ce qu’il est : un platformer de précision porté par une histoire courte et une ambition esthétique qui dépasse son budget. Ce n’est ni un action-RPG, ni un monde ouvert, et il serait injuste de le juger sur ces critères qui n’ont jamais été les siens. Ce qui frappe, c’est la cohérence entre le propos — un envoyé seul, luttant contre des épreuves qui incarnent les péchés de l’humanité — et le gameplay, purement physique, où chaque saut raté se vit comme un petit échec personnel plutôt que comme une statistique manquée.
Les réserves tiennent surtout à l’ambition du projet face à ses moyens : un studio d’un seul développeur qui livre un platformer varié dans ses décors, mais qui reste, par la force des choses, un jeu de niche encore peu commenté. L’absence totale de combat tranchera nettement avec ce qu’annonçait la promesse d’un affrontement contre les dieux, mais c’est précisément parce que le jeu prend le parti inverse — fuir, grimper, résister au chemin plutôt que frapper — qu’il trouve sa singularité. On sent aussi, à la configuration recommandée assez élevée pour un titre de cette envergure, la volonté de soigner chaque plan, chaque texture, quitte à sacrifier une partie de l’accessibilité technique au profit d’une mise en scène plus ambitieuse que la moyenne du genre.
Pour un peu moins de deux euros, Up to Gods reste une curiosité qui mérite le détour si l’on aime les platformers de précision portés par une vraie intention artistique et narrative, même modeste dans son exécution. Ce n’est pas le titre spectaculaire que son trailer pouvait laisser deviner, mais un projet plus sincère et plus personnel que ça, taillé pour ceux qui apprécient qu’un petit studio assume jusqu’au bout une idée simple plutôt que de courir après les standards des grosses productions du genre. Avec seulement une poignée d’avis Steam au compteur depuis sa sortie fin 2023, c’est aussi le genre de jeu qu’on croise rarement par hasard : il faut le chercher pour le trouver, et c’est un peu le sort commun de tout ce qui ne ressemble à rien d’autre sur la plateforme.

Up to Gods
Up to Gods est un jeu de plateforme solo connu pour son histoire unique et sa philosophie. Dans un monde où les dieux ont déclaré la guerre à l'humanité, vous devez naviguer sur le chemin difficile et rempli de péchés préparé par les dieux pour les atteindre et sauver l'avenir de l'humanité.
Sortie : 17 novembre 2023
Genres : Indé
Plateformes : PC (Microsoft Windows)
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