Test du jeu Assassin's Creed Chronicles: India

Ajouter :

Assassin’s Creed Chronicles: India est un jeu d’infiltration en 2,5D développé par Climax Studios et publié par Ubisoft, sorti le 12 janvier 2016 sur PC, PS4 et Xbox One à 9,99 €. Deuxième volet de la trilogie Chronicles, il reprend la formule à défilement latéral introduite par l’épisode chinois et la transpose dans l’Inde de 1841 sous domination de la Compagnie britannique des Indes orientales, avec Arbaaz Mir, un Assassin envoyé récupérer une relique volée par les Templiers. La trilogie entière est sortie en l’espace de quelques mois — China en avril 2015, India en janvier 2016, Russia le mois suivant — un rythme de production serré qui explique en partie pourquoi ce deuxième épisode ressemble davantage à un prolongement du premier qu’à une réinvention.

masquerFAQ : Rogueh vous répond
  • Qu'est-ce qui différencie Assassin's Creed Chronicles: India de l'épisode chinois ?La principale différence est l'ajout d'un grappin permettant des chemins verticaux supplémentaires et des éliminations aériennes. Cependant, cet outil est sous-exploité et cantonné à des séquences précises plutôt que profondément intégré à la boucle de jeu. Le reste de la formule (trois plans de profondeur, éliminations discrètes, checkpoints) reste identique à China.
  • Quand est sorti Assassin's Creed Chronicles: India et sur quelles plateformes ?Le jeu est sorti le 12 janvier 2016 sur PC, PS4 et Xbox One au prix de 9,99 €. Il s'agit du deuxième volet de la trilogie Chronicles, après l'épisode chinois (avril 2015) et avant l'épisode russe (février 2016).
  • Quel est le contexte historique et le personnage principal du jeu ?Le jeu se déroule en Inde en 1841, sous domination de la Compagnie britannique des Indes orientales. Le joueur incarne Arbaaz Mir, un Assassin envoyé en mission pour récupérer une relique volée par les Templiers.
  • Pourquoi le grappin n'a-t-il pas été plus développé dans le jeu ?La fenêtre de développement serré de la trilogie (trois jeux en quelques mois) n'a visiblement pas permis d'aller au bout de l'idée. Bien que l'équipe ait identifié le manque de verticalité de China comme un point à corriger, le grappin sert surtout de raccourci ponctuel plutôt que de véritable outil tactique à combiner avec la discrétion.

Un grappin bienvenu mais sous-exploité

La grande différence avec l’épisode chinois est l’ajout d’un grappin, ouvrant des chemins verticaux supplémentaires et des éliminations aériennes depuis la hauteur. Sur le papier, une bonne idée ; dans la pratique, l’outil est sous-exploité, cantonné à des séquences précises plutôt que profondément tissé dans la boucle de jeu principale. On sent que l’équipe avait identifié le manque de verticalité de China comme un point à corriger, mais la fenêtre de développement n’a visiblement pas permis d’aller au bout de l’idée : le grappin sert surtout de raccourci ponctuel plutôt que de véritable outil tactique à combiner avec la discrétion. Le reste de la formule — trois plans de profondeur, éliminations discrètes notées, checkpoints fréquents — reste identique à China, sans grande évolution. On retrouve les mêmes gadgets (fumigènes, pièges, lancer de couteaux), le même système de score en fin de niveau qui récompense la discrétion pure plutôt que la confrontation directe, et la même lecture des trois plans qui demande d’anticiper le placement des gardes avant de s’engager. Arbaaz Mir porte le même arsenal classique que Shao Jun, et le niveau de défi reste globalement comparable. Le problème n’est pas la difficulté, c’est la sensation de déjà-vu : après China, India propose peu de véritables nouveautés mécaniques en dehors du grappin, et les joueurs ayant enchaîné les deux épisodes à la suite le remarqueront vite.

Arbaaz Mir se déplace furtivement près d'éléphants peints, dans un décor coloré de palais et jardins indiens
Arbaaz Mir marchant sur une corde entre deux bâtiments ocres, avec des dômes indiens visibles à l'arrière-plan
Arbaaz Mir observe un garde ennemi dans un palais indien orné, colonnes ocres et ciel au coucher du soleil en arrière-plan

Un cadre colonial riche mais mal exploité

Le décor historique — l’Inde coloniale sous domination britannique — est riche et rarement exploré ailleurs dans le jeu vidéo, et le jeu en tire quelques bonnes séquences, notamment les palais et bazars qui offrent une lecture verticale plus intéressante que les toits uniformes de China. La confrontation entre l’occupant britannique et la résistance locale aurait pu nourrir une narration plus dense, mais le scénario reste minimaliste, réduit à des cartes de chargement et quelques dialogues entre les missions. Mais le rythme global traîne plus que dans l’épisode chinois : les niveaux s’étirent, et certaines séquences répètent des idées déjà vues sans les renouveler. Un niveau de garnison, par exemple, ressemble structurellement à un niveau de palais déjà traversé une heure plus tôt, avec les mêmes patrouilles à contourner et les mêmes leviers à activer dans le même ordre logique. Le level design, globalement solide, manque de moments de bravoure qui marqueraient la mémoire — pas de séquence de fuite mémorable, pas de mise en scène qui sorte du lot comme peuvent en offrir les meilleurs passages de China. On progresse avec plaisir, mais sans jamais être vraiment surpris.

Une direction artistique en retrait

La palette visuelle remplace les silhouettes noires de China par des couleurs plus chaudes et saturées, adaptées à l’imagerie indienne du 19e siècle : ocres, rouges profonds, dorures des palais. C’est agréable à regarder, mais moins frappant que la direction artistique du premier épisode, qui avait une identité plus tranchée avec son contraste marqué entre silhouettes sombres et arrière-plans peints. Ici, la surcharge décorative des intérieurs de palais finit par brouiller la lisibilité des gardes en patrouille, un défaut gênant dans un jeu où repérer l’ennemi à distance est la base de toute approche furtive réussie. Les extérieurs — marchés, gares, forts coloniaux — s’en sortent mieux et profitent de la richesse du cadre historique. L’animation du personnage reste fluide, héritée directement du moteur de China, et les transitions entre plans de profondeur ne souffrent d’aucun ralentissement notable, un point technique solide qui traverse toute la trilogie sans accroc.

Un rythme de niveaux qui peine à se renouveler

Sur la dizaine de niveaux que compte le jeu, la courbe de difficulté progresse de façon linéaire et prévisible : plus de gardes, plus de trajets à mémoriser, mais rarement une nouvelle idée de mise en scène pour justifier l’allongement des séquences. Un joueur venant de terminer China retrouvera immédiatement ses repères — trop vite, au point que l’effet de nouveauté s’estompe dès le deuxième niveau. Les défis annexes (temps limite, élimination totale sans alerte, aucune capture d’écran de garde) offrent une raison de repasser sur les niveaux déjà bouclés, et c’est là que le jeu retrouve un peu de piquant : optimiser un parcours déjà connu pour grappiller les trois étoiles sur chaque critère demande une vraie maîtrise du timing des patrouilles. Mais pour une première traversée en ligne droite, le sentiment de redite l’emporte sur la découverte, en particulier sur les deux derniers tiers de l’aventure où les gabarits de niveaux se répètent presque à l’identique.

Une place particulière dans la trilogie

Pris isolément, India se défend comme un jeu d’infiltration compact et honnête. Replacé dans la trilogie, il occupe la position la plus délicate : ni la fraîcheur de la découverte qu’offrait China en ouvrant le genre pour la licence, ni l’aboutissement technique que promet Russia en clôture. Le grappin, seule vraie nouveauté mécanique du triptyque avant les ajustements de Russia, méritait un episode entier construit autour de lui plutôt qu’une poignée de séquences dédiées noyées dans une formule par ailleurs inchangée. Le cadre indien, lui, reste le point fort incontestable : peu de jeux se sont aventurés dans cette période et ce lieu, et l’ambiance coloniale, même sous-exploitée narrativement, donne au jeu une identité visuelle propre qui le distingue au premier coup d’œil de ses deux frères. C’est un épisode de transition, au sens noble comme au sens plus critique du terme.

Graphismes et ambiance sonore

La musique aux inflexions indiennes reste discrète et fonctionnelle sans laisser une empreinte aussi forte que la partition de China, et le design sonore d’alerte des gardes fait son travail sans surprise : un sifflet, une exclamation, le passage en état de recherche, rien qui ne sorte de la grammaire habituelle du genre. L’ensemble reste solide techniquement — pas de bug de collision rencontré, une fluidité constante même dans les niveaux les plus chargés en ennemis — mais manque de l’identité sonore marquante du premier volet. Les instruments traditionnels (sitar, percussions) apparaissent en fond sans jamais devenir un thème mémorable qu’on garderait en tête après avoir refermé le jeu. Sur le plan visuel, la direction artistique tire un bon parti du moteur 2,5D pour donner de la profondeur aux décors de palais, avec des jeux de lumière à travers les moucharabiehs qui créent des zones d’ombre exploitables pour la discrétion — un des rares endroits où l’esthétique sert directement le gameplay plutôt que de simplement l’illustrer.

Points forts

  • Un cadre historique original, l’Inde coloniale, peu exploité ailleurs
  • L’ajout du grappin, une bonne idée sur le papier
  • La formule 2,5D toujours solide héritée de China
  • Des checkpoints toujours généreux

Points faibles

  • Le grappin, sous-exploité et cantonné à quelques passages
  • Une sensation de déjà-vu marquée après l’épisode chinois
  • Un rythme qui traine, des niveaux qui s’étirent
  • Une direction artistique moins marquante que celle de China

Mon avis

Assassin’s Creed Chronicles: India est l’épisode charnière de la trilogie : solide, mais en retrait par rapport à China. Le cadre colonial indien méritait mieux qu’un grappin sous-exploité et des niveaux qui répètent des idées déjà vues. C’est le paradoxe de ce deuxième volet : tout ce qui fonctionnait déjà continue de fonctionner, mais rien ne vient vraiment le bonifier, si bien que l’enthousiasme retombe sur la durée d’une campagne qui ne dépasse pourtant pas quatre à cinq heures.

Il reste un bon jeu d’infiltration à dix euros, mais ce n’est pas le meilleur point d’entrée dans la trilogie si vous devez n’en choisir qu’un seul. Les fans de China trouveront ici une continuité confortable plutôt qu’une véritable évolution, et c’est précisément ce qui limite l’enthousiasme : on attend d’un deuxième chapitre qu’il approfondisse ce que le premier a posé, pas qu’il le reproduise avec un nouveau décor en toile de fond.

Le grappin, seule vraie idée neuve, illustre bien ce sentiment d’occasion manquée : quand il est utilisé, il ouvre des approches vraiment différentes, mais ces moments sont trop rares pour changer la perception d’ensemble. On referme le jeu avec l’impression d’avoir joué une bonne extension de China plutôt qu’une suite à part entière, ce qui n’est pas nécessairement un problème au vu du prix, mais qui explique pourquoi cet épisode reste le moins souvent cité des trois quand on évoque la trilogie Chronicles.

Pour qui découvre la licence par ce biais, ou pour qui a simplement envie de prolonger l’expérience China dans un nouveau cadre visuel sans bouleverser ses habitudes, India reste une proposition honnête. Le format court, les défis annexes à optimiser et le prix contenu en font un achat sans risque, à condition de ne pas en attendre une révolution.

Correct sans être marquant, l’épisode le plus dispensable des trois si le budget ou le temps manque — mais loin d’être un mauvais jeu pour autant, simplement le plus sage d’une trilogie qui gagnera surtout à être jouée dans l’ordre, pour apprécier la progression d’ensemble plutôt que chaque épisode isolément.

Assassin's Creed Chronicles: India

Assassin's Creed Chronicles: India

Chronicles: India will feature Indian assassin Arbaaz Mir in 1841, while the Sikh Empire was at war with the East India Company. When a Master Templar arrives with a mysterious item that used to belong to the Assassin Order, Mir must discover why he has come, steal back the item, and protect his friends and his lover.

Sortie : 12 janvier 2016

Genres : Infiltration, Plateforme

Plateformes : PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), PlayStation Vita, Xbox One

Durée moyenne : 3-4 h

Note du jeu : Assassin's Creed Chronicles: India

Scène du jeu Assassin's Creed Chronicles India : un assassin capuchonné observe un ennemi enchaîné à genoux dans un palaisCapture d'écran 2 sur 3 du jeu Assassin’s Creed Chronicles: India — test et critique sur RogueH24Capture d'écran 1 sur 3 du jeu Assassin’s Creed Chronicles: India — test et critique sur RogueH24
6

Où acheter le jeu :

Kinguin.net

Suggestions Les mieux notés de la rédaction

Laisser un commentaire

Donnez votre avis sur ce jeu

Un compte est gratuit et vous ouvre :

  • Noter les jeux et publier votre avis — +10 XP à chaque fois
  • Importer votre bibliothèque Steam dans votre backlog
  • Monter en rang et débloquer de vraies clés de jeu

Continuer avec Google Créer un compte J’ai déjà un compte