Test du jeu Of Ash and Steel
Of Ash and Steel est un RPG open-world à la troisième personne médiéval, sorti le 24 novembre 2025 sur PC (Steam, GOG), développé par Fire & Frost et publié par tinyBuild. Vous incarnez Tristan, un cartographe ordinaire projeté sur l’île ravagée de Greyshaft, au cœur du Royaume des Sept, après une attaque brutale qui détruit tout ce qu’il connaissait. Dans ce monde sans pitié, vous survivez grâce à une exploration impitoyable, des combats âpres et des choix qui façonnent votre destin. Inspiré des classiques comme Gothic ou Kingdom Come: Deliverance, le jeu mise sur l’absence totale de marqueurs, une survie réaliste et un crafting profond, pour une expérience old-school ambitieuse. Après une vingtaine d’heures à fouiller ses forêts sombres et à affronter ses dangers, je ressors partagé : charmé par son immersion brute, mais déçu par un manque de finition qui freine l’élan. Voici mon test complet de cette aventure médiévale rugueuse. Fire & Frost est un studio indépendant relativement modeste, et cette ambition assumée de recréer l’expérience old-school d’un Gothic ou d’un Kingdom Come avec des moyens forcément plus restreints que ceux de leurs modèles explique en grande partie les hauts et les bas de cette première grande production.
- Sur quelles plateformes peut-on jouer à Of Ash and Steel ?Le jeu sera disponible uniquement sur PC via les plateformes Steam et GOG à partir du 24 novembre 2025. Aucune version console n'est prévue pour le moment.
- Quelle est la durée de vie du jeu ?Estimée entre 20 et 30 heures pour un parcours principal, avec potentiellement 40-50 heures pour les joueurs completionnistes qui exploreront tous les recoins de l'île de Greyshaft et ses nombreuses ramifications narratives.
- Comment se caractérise l'ambiance unique d'Of Ash and Steel ?C'est un RPG médiéval brutal et immersif qui mise sur le réalisme et l'exploration sans concession. Pas de markers, pas de quête guidée : vous devez survivre, explorer et comprendre le monde par vous-même, dans une atmosphère sombre inspirée de Gothic et Kingdom Come: Deliverance.
- Quel est ton verdict final de passionné ?Un jeu ambitieux qui capture magnifiquement l'essence des RPG old-school, avec une immersion brute et des mécaniques de survie passionnantes. Malgré ses imperfections techniques, Of Ash and Steel offre une expérience authentique et exigeante qui plaira aux joueurs en quête d'aventures médiévales véritablement libres.
Un gameplay survie-exploration immersif, mais souvent frustrant
Of Ash and Steel mise tout sur une immersion old-school : pas de carte marquée, pas de journal de quêtes, pas de flèches pour vous guider. Vous explorez Greyshaft en notant mentalement (ou sur papier) les indices glanés dans les dialogues ou les notes trouvées. Cette liberté totale donne un sentiment grisant de découverte : dénicher un village caché au fond d’une vallée, repérer une grotte grâce à une fumée lointaine, ou tomber sur un camp de bandits par hasard. La survie est au cœur du jeu : faim, soif, blessures et fatigue influencent vos stats, forçant à chasser, cuisiner ou dormir dans des auberges. Le crafting, profond, permet de forger armes et armures auprès de maîtres artisans, en payant or et matériaux, tandis que les professions (forgeron, alchimiste) s’apprennent auprès de PNJ contre des quêtes ou des ressources. Cette absence totale de balisage n’est d’ailleurs pas un simple gadget marketing : elle change concrètement la façon d’aborder chaque nouvelle zone, puisqu’il faut réellement lire l’environnement et écouter les indications données à l’oral plutôt que de suivre un point lumineux sur une carte.
Les combats, en troisième personne, reposent sur la stamina : attaques légères ou lourdes, parades et esquives demandent un timing précis, avec un système de blessures localisées qui rend chaque coup dangereux. Les factions rivales réagissent à vos choix – aider un village peut vous fermer les portes d’un autre. Mais ces mécaniques, si prometteuses, souffrent d’une exécution bancale. Les hitboxes imprécises font rater des parades pourtant bien timées, l’IA ennemie est capricieuse (groupes qui vous submergent sans logique), et les combats rapprochés deviennent chaotiques face à plusieurs adversaires. L’intro, interminable et scriptée, met du temps à laisser place à la liberté promise, et le grind pour débloquer compétences ou équipements ralentit la progression. Sur PC, le jeu est fluide en 4K à 60 FPS avec un SSD recommandé, mais des bugs persistants – quêtes bloquées, PNJ coincés – cassent souvent l’immersion. Un gameplay ambitieux qui charme par son authenticité, mais qui agace par son manque de polish. Un patch day one a déjà corrigé une partie des blocages de quêtes les plus criants, ce qui laisse penser que le studio suit activement les retours, mais l’expérience de lancement reste clairement pénalisée par ces défauts.




Un monde médiéval vivant, mais un protagoniste effacé
Greyshaft est un open-world cohérent et détaillé : villages animés où les PNJ vaquent à leurs occupations, forêts denses remplies de dangers, mines abandonnées hantées par des créatures, et châteaux en ruines qui racontent des histoires passées. Le lore, distillé via des livres, des dialogues et des notes, brosse un royaume en déclin, avec des factions en guerre et des mystères anciens. Les quêtes émergent organiquement des conversations : un fermier vous parle d’un loup géant, un marchand propose un contrat, et vous partez explorer sans aide. Ces moments, quand ils fonctionnent, donnent une sensation rare d’être un vrai aventurier dans un monde vivant.
L’histoire de Tristan, propulsé de cartographe paisible à survivant vengeur après l’attaque de son convoi, explore des thèmes de perte et de rédemption, mais reste trop linéaire et prévisible. Tristan lui-même, muet et personnalisable, fait office de self-insert fade, sans personnalité marquée qui porterait le récit. Les PNJ secondaires, plus charismatiques, sauvent la narration avec leurs arcs touchants ou conflictuels. Les backtracks excessifs pour des objets ou des quêtes, et des dialogues parfois verbeux, alourdissent le rythme. L’OST folk, avec ses luths et flûtes mélancoliques, et les bruitages immersifs (vent dans les arbres, cris d’animaux) renforcent l’ambiance médiévale, mais le tout manque d’un fil conducteur plus captivant pour tenir sur la durée.
Visuels corrects et son qui porte l’ambiance
Of Ash and Steel utilise Unreal Engine pour des environnements détaillés : forêts où la lumière filtre à travers les feuillages, villages aux maisons en torchis, grottes humides aux reflets réalistes. Les éclairages moody et les effets de particules (pluie, brouillard) créent une atmosphère pesante, renforcée par des textures crades et usées qui collent au thème médiéval. Les modèles de personnages et d’ennemis sont décents, mais les animations faciales raides et les visages un peu plastiques trahissent un budget limité. Le pop-in fréquent et des textures distantes floues rappellent les contraintes techniques.
Le son est un point fort : une bande originale folk discrète mais évocatrice, des bruitages immersifs (pas dans la boue, épées qui s’entrechoquent) et un doublage français convenable, même si certains accents forcés font sourire. Les performances sont stables sur PC après patchs, mais des bugs audio (coupures, échos) persistent par moments. Un ensemble visuel et sonore qui soutient bien l’ambiance, sans atteindre les sommets.
Points forts
- Exploration libre et immersive sans marqueurs
- Survie réaliste et crafting profond
- Monde médiéval vivant et détaillé
- Quêtes organiques et ambiance old-school
- Contenu dense pour les patients
Points faibles
- Intro et progression trop lentes
- Combats rigides avec hitboxes imprécises
- Bugs persistants et manque de polish
- Grind excessif et backtracks frustrants
- Protagoniste fade et narration prévisible
Mon avis
Of Ash and Steel m’a attiré par son ambition : un open-world médiéval sans concessions, où l’exploration pure et la survie impitoyable rappellent les grandes heures de Gothic. J’ai pris du plaisir à me perdre dans Greyshaft, à noter des indices sur un carnet et à découvrir des secrets par hasard, avec cette sensation rare d’être vraiment seul dans un monde hostile. Le crafting et les systèmes de survie, quand ils fonctionnent, donnent une profondeur gratifiante. Mais l’expérience est plombée par trop de frustrations : une intro interminable qui repousse la liberté promise, des combats raides où les parades ratent sans raison, et des bugs qui bloquent des quêtes entières. Le protagoniste effacé et les dialogues lourds n’aident pas à s’attacher au récit. Pour un petit studio, c’est courageux et charmant dans son jank rétro, mais il manque clairement de polish pour convaincre au-delà des puristes. À 23,99 € en promotion, c’est un titre réservé aux fans d’RPG old-school prêts à pardonner ses aspérités. Une belle idée, mais une exécution qui laisse un goût d’inachevé.

Of Ash and Steel
Of Ash and Steel est un RPG immersif en vue à la troisième personne et en monde ouvert créé par une équipe passionnée qui valorise l'essence des RPG classiques à l'ancienne et des designs modernes. Explorez les terres d'une île autrefois prospère, affinez vos compétences au combat et survivez dans le royaume impitoyable du Kingdom of the Seven.
Sortie : 24 novembre 2025
Genres : Open World, Indé, RPG
Plateformes : Xbox Series X|S, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5
Durée moyenne : 45 h
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