Test du jeu Whateverland
Whateverland est un jeu d’aventure point-and-click développé par Caligari Games, sorti le 15 septembre 2022 sur PC, Nintendo Switch, PS4, PS5, Xbox One, et Xbox Series X/S. Incarnez Vincent, un voleur piégé dans un monde onirique par une sorcière, où vos choix façonnent une quête pleine d’humour noir et de personnages excentriques. Le studio ukrainien Caligari Games signe ici son premier titre d’envergure, après plusieurs années de développement indépendant, et le résultat s’inscrit dans la lignée des point-and-click narratifs qui misent tout sur l’écriture plutôt que sur la complexité des puzzles. Le postulat de départ, un cambrioleur maladroit propulsé malgré lui dans un univers absurde où logique et morale s’inversent, rappelle les meilleures heures du genre tout en y ajoutant une causticité très actuelle. Rogueh24 y voit un candidat naturel pour qui cherche une aventure courte, écrite avec soin, et qui ne se prend jamais totalement au sérieux.
- Sur quelles plateformes Whateverland est-il disponible ?Whateverland est sorti le 15 septembre 2022 sur PC, Nintendo Switch, PS4, PS5, Xbox One, et Xbox Series X/S.
- Quelle est la durée de vie du jeu ?La campagne dure environ 6 à 10 heures, avec une rejouabilité intéressante grâce aux différents chemins narratifs (altruiste ou égoïste) qui influencent la fin.
- Comment se déroule le gameplay de Whateverland ?C'est un point-and-click classique avec exploration de scènes, collecte d'objets, résolution de puzzles, et des dialogues à choix multiples. Un mini-jeu d'échecs original (WhateverChess) est également présent.
- Quel est le verdict global sur le jeu ?Whateverland est une aventure charmante mais imparfaite. Salué pour son ambiance, son humour noir et ses personnages excentriques, il est critiqué pour ses puzzles parfois obscurs et son rythme inégal.
Un voyage onirique teinté d’humour noir
Whateverland vous transporte dans un univers étrange où Vincent, un cambrioleur malchanceux, est emprisonné par une sorcière dans un monde fragmenté. Ce point-and-click adventure mêle exploration, puzzles, et dialogues savoureux, offrant deux chemins narratifs : altruiste ou égoïste. La campagne, d’environ 6 à 10 heures, est riche en choix impactant la fin, avec une rejouabilité renforcée par ces embranchements. Aucun DLC n’a été publié, mais des mises à jour ont corrigé des bugs mineurs. Salué pour son ambiance spooky et son humour, le jeu est un peu limité par ses puzzles parfois obscurs et son rythme inégal. Parfait pour les fans de Deponia ou The Night of the Rabbit, Whateverland est une aventure charmante, à la fois whimsical et imparfaite. Les deux chemins narratifs ne se limitent pas à un simple choix final : ils redistribuent des scènes entières, changent le ton de certains dialogues, et modifient la manière dont les personnages secondaires perçoivent Vincent au fil de l’histoire, ce qui donne un vrai motif de relance pour qui aime voir toutes les faces d’une intrigue. Les environnements traversés, du manoir décati de la sorcière à des recoins plus surréalistes du monde fragmenté, entretiennent une continuité visuelle malgré leur diversité, signe d’une direction artistique pensée en amont plutôt que bricolée en cours de production. On sent aussi, dans l’écriture, l’influence des sitcoms noires anglo-saxonnes : les répliques de Vincent tombent souvent en fin de scène comme une chute, et ce rythme comique porte l’ensemble même quand l’enquête piétine.



Un gameplay point-and-click classique
Le gameplay de Whateverland repose sur des mécaniques point-and-click traditionnelles : explorer des scènes, collecter des objets, et résoudre des puzzles pour progresser. Les dialogues à choix multiples permettent de façonner la personnalité de Vincent, influençant les relations et les événements. Un mini-jeu de WhateverChess, un échec revisité, ajoute une touche originale, mais certains puzzles, mal expliqués, frustrent. Le mode solo est idéal pour le streaming, où l’humour noir et les interactions captivent, mais l’absence de multijoueur limite l’interaction. Les performances sont fluides sur toutes les plateformes (60 FPS, 1080p), avec des ralentissements rares sur Switch. Ce gameplay, intuitif et narratif, ravit les amateurs d’aventure, malgré des puzzles perfectibles. L’inventaire reste volontairement limité en nombre d’objets actifs à la fois, ce qui pousse à examiner chaque scène plutôt qu’à empiler des solutions par tâtonnement, une approche qui tranche avec les point-and-click à l’ancienne où l’on combine tout avec tout. WhateverChess, justement, mérite qu’on s’y attarde : ce n’est pas un simple clin d’œil, mais un système à règles propres, suffisamment consistant pour occuper une session à lui seul, et les développeurs l’ont manifestement pensé comme un second jeu greffé au premier plutôt que comme un gadget. Les indices, quand ils existent, arrivent souvent tard dans le dialogue, ce qui explique une partie des reproches sur des énigmes mal expliquées : mieux vaut fouiller systématiquement chaque pièce avant de conclure à une impasse. Sur Switch, le curseur tactile en mode portable facilite grandement la précision du pointeur, un confort que n’offre pas toujours le genre sur cette plateforme.
Exploration dans un monde fragmenté
Le monde de Whateverland est un patchwork de zones oniriques, des forêts enchantées aux villes flottantes, chacune regorgeant de détails et de personnages excentriques. L’exploration se fait via des écrans fixes, avec des objets cachés et des quêtes secondaires, ajoutant 2 à 4 heures pour les complétionnistes. Les hubs, comme le manoir de la sorcière, servent de points de rencontre, mais les allers-retours peuvent lasser. En streaming, les décors peints à la main et les dialogues hilarants captent l’attention, mais le rythme ralentit dans les zones puzzle-heavy. Les performances sont solides, sans bugs majeurs. Ce monde, magique et immersif, est un atout, malgré une exploration parfois redondante. Chaque nouvelle zone introduit son lot de personnages secondaires suffisamment typés pour rester en mémoire, du marchand cupide au fantôme bavard, et la plupart d’entre eux reviennent plus tard dans l’histoire avec une réplique ou une réaction qui tient compte des choix déjà faits, un souci de cohérence qui n’est pas toujours la norme dans le genre. Le manoir de la sorcière, en particulier, se redécouvre progressivement : des pièces fermées au début du jeu s’ouvrent au fil de la progression, ce qui limite un peu la sensation de redite reprochée aux allers-retours. Les quêtes secondaires, bien que facultatives, apportent souvent un éclairage supplémentaire sur le passé de Vincent ou sur la nature exacte de la malédiction qui le retient, de quoi motiver les joueurs curieux d’aller au bout de chaque recoin avant de refermer un chapitre.
Une direction artistique et sonore envoûtante
Visuellement, Whateverland séduit avec un style illustré à la main, mêlant couleurs vibrantes et teintes sombres, évoquant un conte de fées tordu. Les animations des personnages, expressives, renforcent l’humour, mais certains arrière-plans manquent de variété. La bande-son, avec des mélodies jazzy et des accents mélancoliques, soutient l’ambiance, bien que répétitive sur la durée. Les doublages, en anglais, sont excellents, capturant l’ironie des dialogues, avec des sous-titres français bien traduits. Les performances sont fluides, même sur Switch. Cette direction artistique, whimsical et soignée, est un point fort, malgré une finition légèrement inégale. Le character design évite le mignon facile : les visages sont souvent légèrement déformés, les proportions volontairement bancales, ce qui installe d’emblée un malaise feutré cohérent avec le ton de l’histoire. La palette de couleurs change sensiblement selon les zones, des teintes chaudes du manoir aux bleus délavés des recoins les plus oniriques, une variation qui aide à distinguer les lieux même quand leur architecture se ressemble. Côté doublage, la comédienne qui prête sa voix à la sorcière mérite une mention particulière : son débit traînant et ses silences calculés font autant pour l’ambiance que la musique elle-même. Les sous-titres français, en plus d’être fidèles, conservent l’essentiel des jeux de mots anglais, un exercice de traduction qui n’est pas toujours réussi sur ce genre de titre.
Points forts
- Ambiance whimsical et spooky
- Humour noir savoureux
- Style illustré à la main
- Choix narratifs impactants
- Doublages de qualité
Points faibles
- Puzzles parfois obscurs
- Rythme inégal
- Allers-retours répétitifs
- Absence de multijoueur
- Bande-son répétitive
Mon avis
Whateverland est une aventure point-and-click qui charme par son humour noir et son univers onirique, offrant une escapade délicieusement étrange. Son esthétique peinte, ses dialogues mordants, et son ambiance spooky en font un titre parfait pour le streaming, où chaque interaction brille. Cependant, ses puzzles obscurs et son rythme inégal peuvent freiner l’élan. Comparé à Deponia, il est plus sombre mais moins fluide. Pour les fans de The Night of the Rabbit ou de jeux narratifs, Whateverland est une pépite à découvrir sur PC ou Switch, à son prix abordable (14,99 $). Un conte whimsical, captivant mais imparfait. Le vrai mérite du jeu tient dans sa capacité à faire rire sans jamais sacrifier la cohérence de son univers : même les gags les plus absurdes s’inscrivent dans une logique interne que le joueur finit par accepter, presque par complicité avec les scénaristes. Les deux fins possibles donnent d’ailleurs une bonne raison de relancer une partie une fois le générique passé, ne serait-ce que pour mesurer l’écart de ton entre la route altruiste et la route égoïste. Whateverland ne réinvente pas la formule du point-and-click, mais il la sert avec suffisamment d’esprit et de personnalité pour mériter une place aux côtés des meilleures productions du genre sorties ces dernières années, à condition d’accepter quelques baisses de rythme dans les passages les plus retors.

Whateverland
Bienvenue à Whateverland, une prison pour les âmes perdues, où chacun obtient ce qu'il mérite vraiment ! Ce point-and-click pas si classique vous entraînera dans une aventure à travers un monde bizarrement beau dessiné à la main. Et vous êtes le seul à décider quel genre d'histoire ce sera !
Sortie : 15 septembre 2022
Genres : Rythme, Visual novel, Point & Click
Plateformes : PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), Xbox One, Nintendo Switch
Durée moyenne : 7 h
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