Test du jeu My Friend Pedro
My Friend Pedro est le jeu d’action de DeadToast Entertainment, sorti le 20 juin 2019 sur PC à 19,50 €. Le jeu invite à un ballet mortel, une chorégraphie illustrant l’amitié, l’imagination et la lutte obstinée d’un homme qui détruit tout sur son passage, sous l’influence d’une banane douée de conscience. Derrière ce postulat volontairement absurde se cache un représentant particulièrement soigné du genre run and gun, où chaque niveau ressemble moins à un couloir de tir qu’à un terrain de jeu physique pensé pour la destruction chorégraphiée. Le titre s’inscrit dans la lignée de productions comme Superhot ou Katana Zero, qui ont fait du ralenti et de la mise en scène de l’action des piliers de gameplay essentiels plutôt que de simples effets cosmétiques, et My Friend Pedro y apporte sa propre signature.
- Qu'est-ce que My Friend Pedro et qui l'a développé ?My Friend Pedro est un jeu d'action run and gun développé par DeadToast Entertainment, sorti le 20 juin 2019 sur PC au prix de 19,50 €. Le jeu se distingue par son concept absurde : le joueur incarne un homme guidé par une banane douée de conscience dans un ballet mortel chorégraphié.
- Quelle est la mécanique signature de My Friend Pedro ?La signature du jeu est la possibilité de viser indépendamment deux ennemis simultanément avec chaque main. Cette mécanique simple à comprendre mais riche à maîtriser transforme chaque fusillade en un casse-tête de précision et structure l'intégralité du gameplay, obligeant le joueur à observer les salles et à repérer les angles de tir optimaux.
- Comment le ralenti fonctionne-t-il dans le jeu ?Le ralenti n'est pas un simple gadget esthétique mais une ressource tactique véritable. Déclenché généralement en sautant ou en se laissant tomber, il ouvre une fenêtre de lecture suffisante pour recomposer un affrontement. Couplé à une visée précise en plein vol, il encourage une approche chorégraphique du combat et est récompensé par un système de score.
- À quel genre de jeux My Friend Pedro peut-il être comparé ?My Friend Pedro s'inscrit dans la lignée de productions comme Superhot et Katana Zero, qui ont fait du ralenti et de la mise en scène de l'action des piliers de gameplay à part entière. Le jeu apporte sa propre signature en combinant ces éléments avec sa mécanique de double visée unique.
- Viser deux cibles à la fois, la signature du jeu
- Le ralenti, une ressource stratégique plutôt qu’un simple gadget
- Une science du ricochet pour déjouer les couvertures
- Un rythme qui alterne action pure et casse-têtes physiques
- Une durée de vie courte, mais sans le moindre temps mort
- Graphismes et ambiance sonore
- Points forts
- Points faibles
- Mon avis
- My Friend Pedro
Viser deux cibles à la fois, la signature du jeu
La possibilité de viser indépendamment deux ennemis avec chaque main transforme chaque fusillade en un vrai casse-tête de précision, bien au-delà du simple point-and-shoot. Cette mécanique, simple à comprendre mais riche à maîtriser, structure l’intégralité du gameplay et maintient son intérêt sur la durée de l’aventure. Il ne s’agit pas seulement de tirer plus vite que l’écran ne l’exige : chaque salle propose une disposition d’ennemis pensée pour que la double visée devienne la solution la plus élégante, jamais la plus évidente au premier coup d’œil. Prendre le temps d’observer une pièce avant d’y entrer, repérer les angles morts et les lignes de tir possibles, devient vite un réflexe indispensable. Cette exigence de lecture spatiale, rare dans un jeu qui se vend pourtant sur son rythme effréné, donne au titre une profondeur inattendue si l’on accepte de ralentir son propre geste avant de foncer dans le tas.



Le ralenti, une ressource stratégique plutôt qu’un simple gadget
Évoluer au ralenti permet de surprendre les ennemis et de créer des séquences d’action ahurissantes, entre pirouettes aériennes et ricochets calculés. Loin d’être une simple option esthétique, ce ralenti devient une véritable ressource tactique pour neutraliser des ennemis naturellement plus nombreux et plus armés. Le déclencher au bon moment, généralement en sautant ou en se laissant tomber d’une plateforme, ouvre une fenêtre de lecture suffisante pour recomposer entièrement un affrontement qui semblait perdu d’avance à vitesse normale. Cette gestion du temps, couplée à une visée toujours précise même en plein vol, encourage une approche presque chorégraphique du combat, où sauter par une fenêtre en tirant sur deux adversaires distincts devient une solution aussi pratique qu’esthétiquement jouissive. Le jeu récompense d’ailleurs explicitement ces enchaînements par un système de score qui pousse à repenser sa manière d’aborder chaque salle une fois le premier passage terminé.
Une science du ricochet pour déjouer les couvertures
Faire ricocher les balles pour atteindre des ennemis qui se croient à l’abri ajoute une couche de réflexion supplémentaire à des affrontements déjà très techniques. Cette dimension quasi-puzzle, insérée au cœur de l’action pure, distingue clairement le jeu des autres représentants du genre run and gun. Certaines salles semblent d’ailleurs conçues expressément pour cette mécanique, avec des surfaces métalliques disposées presque comme des indices visuels suggérant la trajectoire à emprunter. Loin d’être anecdotique, le ricochet devient rapidement un outil essentiel dans l’arsenal du joueur, utile aussi bien pour économiser des munitions que pour surprendre un ennemi retranché derrière un pilier. Certains niveaux avancés poussent le concept plus loin encore, en multipliant les surfaces réfléchissantes au sein d’une même pièce, obligeant à visualiser mentalement une trajectoire en plusieurs rebonds avant même d’appuyer sur la détente.
Un rythme qui alterne action pure et casse-têtes physiques
Le rythme du jeu s’accélère au gré de poursuites à moto endiablées, ou ralentit lorsqu’il faut résoudre une série de casse-têtes mortels fondés sur des problèmes de physique élémentaire. Cette alternance constante évite soigneusement l’écueil de la monotonie sur toute la durée de l’aventure. Les séquences de poursuite, filmées comme de véritables scènes d’action à la première personne, contrastent volontairement avec des passages plus posés où il faut actionner des mécanismes, faire tomber des objets au bon endroit ou déclencher des explosions en chaîne pour progresser. Cette variété de situations, renouvelée à un rythme soutenu tout au long des niveaux, empêche le joueur de s’installer durablement dans une seule routine de jeu. Chaque nouveau chapitre introduit généralement un gimmick inédit, exploité pendant quelques salles avant de céder la place au suivant, une structure qui doit beaucoup aux plateformers old-school dont le titre revendique l’héritage.
Une durée de vie courte, mais sans le moindre temps mort
L’aventure se termine en quelques heures à peine, un choix assumé par un studio qui préfère concentrer l’intensité plutôt que d’étirer artificiellement la durée. Cette brièveté calculée garantit qu’aucune séquence ne traîne, chaque niveau apportant sa propre idée de gameplay. Contrairement à beaucoup de productions du genre qui recyclent leurs meilleures idées sur une dizaine d’heures pour justifier leur prix, My Friend Pedro préfère s’arrêter au moment précis où l’essentiel a été montré. Cette discipline créative se paie toutefois d’une rejouabilité limitée une fois le scénario terminé : le principal argument pour y revenir reste alors la chasse aux meilleurs scores et la recherche des trophées cachés dans chaque niveau, un contenu annexe suffisant pour les complétionnistes mais qui ne prolongera pas significativement l’expérience pour le joueur pressé de passer à autre chose.
Graphismes et ambiance sonore
La direction artistique colorée et stylisée, portée par des animations d’une fluidité remarquable, donne au jeu un cachet visuel immédiatement reconnaissable. La banane narratrice, omniprésente mais restant discrète, apporte une touche d’humour absurde qui tranche volontairement avec la violence cartoonesque des affrontements. Les décors, tour à tour urbains, industriels ou oniriques, varient suffisamment pour accompagner chaque nouveau chapitre d’une identité visuelle propre. La bande-son électronique rythmée accompagne parfaitement l’intensité chorégraphiée des affrontements, en maintenant constamment le rythme de l’action. Les effets sonores, particulièrement soignés lors des ralentis, renforcent la sensation de puissance de chaque impact et de chaque ricochet, un soin du détail qui contribue largement à l’identité si particulière de cette production indépendante.
Points forts
- Viser deux cibles à la fois, une signature mécanique unique
- Le ralenti, une véritable ressource stratégique
- Un rythme qui alterne action pure et casse-têtes physiques
Points faibles
- Une durée de vie courte
- Peu de rejouabilité une fois l’aventure terminée
- Un scénario volontairement minimaliste et absurde
Mon avis
My Friend Pedro transforme chaque fusillade en un vrai ballet mortel grâce à la double visée et un ralenti pensé comme une ressource stratégique, jamais comme un simple gadget. Ce qui frappe le plus en y jouant, c’est à quel point chaque mécanique se répond : viser deux cibles, ralentir le temps et faire ricocher une balle ne sont jamais présentés isolément, mais s’assemblent naturellement dans des enchaînements que le joueur finit par improviser lui-même sans même s’en rendre compte.
Une durée de vie courte et peu de rejouabilité après la fin n’entament en rien l’intensité de chaque séquence traversée. J’ai personnellement préféré cette approche à celle de nombreux jeux d’action qui étirent artificiellement leur campagne au prix de niveaux répétitifs : ici, chaque salle a visiblement été pensée individuellement, avec son propre agencement d’ennemis et de surfaces à exploiter, plutôt que copiée-collée d’un gabarit générique.
Le scénario, volontairement minimaliste et porté par une banane qui parle, ne cherche jamais à se prendre au sérieux, et c’est précisément ce qui fonctionne. Le jeu sait qu’il est avant tout un défouloir chorégraphique et ne perd jamais de temps à justifier son propos par de longues cinématiques : l’action reprend toujours ses droits en quelques secondes, ce qui maintient une tension de jeu presque ininterrompue du premier au dernier niveau.
La direction artistique et la bande-son électronique achèvent de donner au titre une identité forte, immédiatement reconnaissable parmi la profusion de jeux indépendants du genre run and gun. Peu de productions à ce budget parviennent à un tel niveau de cohérence entre gameplay, mise en scène et ambiance sonore, et c’est ce qui explique que My Friend Pedro continue d’être cité en référence plusieurs années après sa sortie.
Un ballet mortel chorégraphié avec une précision rare.

My Friend Pedro
My Friend Pedro est un ballet violent sur l'amitié, l'imagination et la lutte d'un homme pour anéantir quiconque se dresse sur son chemin à la demande d'une banane douée de conscience.
Sortie : 20 juin 2019
Genres : Arcade, Plateforme, Shooter
Plateformes : PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), Xbox One, Nintendo Switch
Durée moyenne : 3-4 h
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