Test du jeu GreedFall: The Dying World
GreedFall: The Dying World (aussi appelé GreedFall 2) est un RPG d’action à pause active en vue à la troisième personne sorti le 12 mars 2026 sur PC (Steam), PS5 et Xbox Series X|S, développé par Spiders et publié par Nacon. Préquelle du GreedFall de 2019, le jeu se déroule trois ans avant les événements du premier opus et inverse complètement la perspective : vous incarnez un natif de l’île de Teer Fradee, kidnappé de force par des colonisateurs et emmené sur le continent de Gacane, ravagé par la peste Malichor et déchiré par les conflits politiques. Votre quête de liberté vous plonge au cœur d’une conspiration qui menace deux mondes. Après 18 mois en early access, GreedFall: The Dying World sort enfin en version 1.0. Dans l’ensemble, le jeu propose des éléments intéressants : une histoire qui se suit bien, un système d’enquête développé, des compagnons bien écrits, et des choix moraux impactants. Mais ces qualités sont ternies par des animations rigides qui datent d’une autre époque, une direction artistique austère aux tons boueux qui déçoit un peu, et des problèmes techniques persistants malgré la longue période de développement. Un RPG ambitieux qui reste correct dans l’ensemble, sans plus.
- GreedFall: The Dying World est-il une suite ou une préquelle du premier GreedFall ?C'est une préquelle du GreedFall de 2019. Le jeu se déroule trois ans avant les événements du premier opus et inverse complètement la perspective : au lieu de jouer un colonisateur, vous incarnez un natif de l'île de Teer Fradee kidnappé et forcé de survivre sur le continent de Gacane.
- Sur quelles plateformes et à quelle date GreedFall: The Dying World est-il sorti ?Le jeu est sorti le 12 mars 2026 sur PC (Steam), PS5 et Xbox Series X|S, après 18 mois en early access. Il a enfin atteint sa version 1.0 complète.
- Quels sont les principaux points forts de GreedFall: The Dying World ?Les principaux atouts du jeu sont : une histoire bien construite avec une perspective narrative audacieuse, un système d'enquête développé, des compagnons bien écrits, et des choix moraux impactants. L'intrigue traite avec maturité des thèmes comme l'identité, le déplacement et le colonialisme.
- Quels sont les défauts majeurs du jeu malgré son long développement ?Malgré 18 mois en early access, GreedFall: The Dying World souffre d'animations rigides datées, d'une direction artistique austère aux tons boueux peu inspirante, et de problèmes techniques persistants. Ces défauts ternissent les qualités narratives du jeu.
Une histoire qui se suit et un système d’enquête développé
L’un des points forts de GreedFall: The Dying World, c’est son histoire. Spiders a toujours excellé en narration, et ce préquelle ne fait pas exception. L’intrigue suit votre personnage, un natif de Teer Fradee destiné à devenir Doneigad (gardien de la connaissance et de la Nature), qui se fait kidnapper lors de son rituel d’initiation par des forces coloniales. Emmené de force sur le continent de Gacane — un monde méconnaissable ravagé par la guerre civile et la peste Malichor —, vous devez naviguer dans un environnement hostile pour retrouver votre liberté et sauver votre île.
Ce qui rend l’histoire intéressante, c’est l’inversion de perspective. Dans le premier GreedFall, vous jouiez un colonisateur noble qui explorait Teer Fradee. Ici, vous êtes l’indigène arraché à sa terre, forcé de comprendre la brutalité du colonialisme de l’intérieur. C’est une approche audacieuse qui donne une dimension émotionnelle forte à la quête. Jehanne Rousseau, la lead writer, a décrit ce monde comme « plus sale qu’héroïque », et c’est exactement ce que tu ressens en jouant. Pas de power fantasy, juste la survie dans un continent qui se meurt.
L’intrigue est bien rythmée. Les twists narratifs arrivent au bon moment, les révélations sur la conspiration politique sont bien amenées, et les thèmes abordés (identité, déplacement, colonialisme, sacrifice) sont traités avec maturité. L’écriture est solide, et même si certains dialogues peuvent être bavards, ils servent toujours à développer les personnages ou faire avancer l’intrigue. L’histoire se suit bien, et tu as envie de connaître la suite.
Le système d’enquête est bien développé. Comme dans le premier GreedFall, tu dois résoudre des quêtes en interrogeant des PNJ, en fouillant des documents, en utilisant tes compétences (intuition, science, diplomatie) pour débloquer des options de dialogue, et en faisant des choix qui influencent le déroulement des événements. Certaines quêtes principales fonctionnent comme de vraies enquêtes à plusieurs branches où tu dois rassembler des indices avant de prendre une décision. C’est bien pensé et ça donne de la profondeur au gameplay narratif.
Les compagnons sont facilement le meilleur atout du jeu. Il y en a sept au total, chacun avec sa propre quête de loyauté, ses motivations, et sa personnalité unique. Quatre d’entre eux sont romançables. Les dialogues avec les compagnons sont bien écrits, et tu t’attaches vraiment à eux. Certains peuvent même mourir définitivement selon tes choix, ce qui ajoute du poids aux décisions importantes. C’est du bon writing à la BioWare, et Spiders s’en sort très bien.
Les choix moraux ont un vrai impact. Tu peux aborder les conflits par la diplomatie, la ruse, ou la force. Tu peux choisir de soutenir certaines factions politiques au détriment d’autres. Et ces choix ont des conséquences visibles sur le monde, les quêtes disponibles, et les relations avec tes compagnons. C’est exactement ce qu’on attend d’un bon RPG narratif.




Des animations rigides qui datent d’une autre époque
Le gros problème de GreedFall: The Dying World, c’est son aspect visuel daté, et en particulier ses animations rigides. Le jeu tourne sur le Silk Engine, le moteur propriétaire de Spiders, et ça se voit : les personnages bougent comme des marionnettes, les transitions entre animations sont saccadées, et les expressions faciales sont figées. Quand ton personnage court, il glisse légèrement sur le sol. Quand il interagit avec un objet, l’animation se déclenche de manière abrupte sans transition fluide. C’est pas game-breaking, mais c’est immersion-breaking.
Les cutscenes souffrent du même problème. Les dialogues sont bien écrits, mais les personnages restent plantés face à face avec des gestes de mains répétitifs et des expressions faciales limitées. Certaines scènes émotionnelles perdent de leur impact parce que les animations ne suivent pas. Quand un compagnon est censé être bouleversé, son visage reste presque neutre. C’est dommage, parce que l’écriture et les doublages sont bons, mais l’aspect visuel ne suit pas.
Les combats ne sont pas en reste. Le système de combat a été complètement refondu pour adopter une approche tactique à la Dragon Age: Origins avec pause active, ce qui est une bonne idée sur le papier. Tu contrôles ton personnage et tes compagnons, tu peux mettre le jeu en pause à tout moment pour donner des ordres, repositionner ton équipe, et coordonner des attaques. Le jeu propose trois modes de combat (Tactique, Hybride, Immersion) et trois niveaux de difficulté pour s’adapter à tous les profils de joueurs. C’est flexible et bien pensé.
Mais voilà, les animations de combat sont lentes et rigides. Quand tu lances une attaque, ton personnage s’engage dans une animation complète dont il ne peut pas sortir. Les transitions entre coups sont saccadées, et le feedback visuel des impacts est faible. Ça manque de fluidité et de dynamisme. Comparé à des RPG modernes, les combats de GreedFall 2 paraissent figés et peu réactifs. Sur console (PS5), le jeu ne propose aucun retour haptique ni trigger adaptatif malgré un prix de 60€, ce qui renforce l’impression de jouer à un jeu de la génération précédente.
Les performances techniques sont aussi inégales. Sur PC, le jeu tourne correctement avec une config milieu de gamme, mais il y a des drops de FPS dans les zones avec beaucoup de PNJ ou de végétation. Sur PS5, les temps de chargement entre zones sont longs (10-15 secondes) malgré le SSD rapide, et il y a des ralentissements visibles quand on pivote la caméra. Le motion blur est trop agressif et rend l’image floue en mouvement. C’est pas catastrophique, mais pour un jeu qui sort en 2026 après 18 mois d’early access, on s’attendait à mieux.
Une direction artistique austère qui déçoit un peu
Visuellement, GreedFall: The Dying World adopte une direction artistique inspirée de l’Europe du 17e siècle, avec des références à Rembrandt et à la peinture baroque. L’idée est bonne sur le papier : recréer l’ambiance sombre et mélancolique de cette époque. Mais en pratique, le résultat est austère et parfois terne.
Le continent de Gacane repose trop lourdement sur des tons marron, rouge brique, et gris. Les villes sont construites avec de la pierre sombre, les forêts sont brumeuses et désaturées, et même les intérieurs (châteaux, tavernes, églises) utilisent des palettes de couleurs étouffées. Après plusieurs heures, tout commence à se ressembler visuellement. C’est cohérent avec le thème du « monde mourant », mais ça manque de variété et de punch visuel. Certains joueurs apprécieront cette approche réaliste et sombre, d’autres la trouveront déprimante et monotone.
Les environnements sont corrects mais pas spectaculaires. L’architecture du 17e siècle est bien retranscrite, avec des cathédrales gothiques, des places de marché pavées, et des fortifications médiévales. Mais les textures sont parfois basses résolution, l’éclairage manque de contraste (malgré les références à Rembrandt), et le level design reste assez générique. Comparé à des RPG modernes comme Baldur’s Gate 3 ou Dragon Age: The Veilguard, GreedFall 2 paraît visuellement en retard de plusieurs années.
Les modèles de personnages sont détaillés, mais là encore les animations rigides et les expressions faciales limitées gâchent l’immersion. Les armures et costumes sont bien conçus et respectent l’époque historique, mais rien ne sort vraiment du lot visuellement. C’est propre sans être mémorable.
Heureusement, la bande-son est correcte. Les musiques orchestrales accompagnent bien l’exploration et les moments dramatiques, même si rien n’est vraiment mémorable. Le sound design est basique mais fonctionnel : bruits de pas, cliquetis d’épées, ambiances urbaines… Ça fait le job sans révolutionner le genre.
Des problèmes de qualité de vie persistants
Même après 18 mois en early access et plusieurs mises à jour majeures, GreedFall: The Dying World souffre encore de nombreux problèmes de qualité de vie qui auraient dû être résolus pour la version 1.0.
L’interface utilisateur sur console est encombrée et peu intuitive. Les raccourcis pour les compétences sont mal mappés, et il faut jongler entre plusieurs menus pour accéder aux inventaires, aux quêtes, et aux compagnons. Sur PC, c’est un peu mieux, mais ça reste lourd. Pire encore, quand tu fais du shopping chez un marchand, tu ne peux pas comparer l’équipement vendu avec ce que portent tes compagnons. Tu dois sortir du menu marchand, ouvrir l’inventaire, vérifier les stats, retourner au marchand… C’est absurde pour un RPG en 2026.
Les bugs sont toujours présents. J’ai rencontré des quêtes qui ne se déclenchent pas correctement, des PNJ qui disparaissent, des dialogues qui se coupent, et même des crashs occasionnels sur PS5. Rien de game-breaking, mais c’est frustrant. Il y a aussi encore des fautes de frappe dans les sous-titres, ce qui est gênant pour un jeu narratif où tu passes ton temps à lire des dialogues.
Les temps de chargement sont trop longs. Chaque transition entre zones déclenche un écran de chargement de 10-15 secondes, même sur PS5 avec son SSD rapide. Quand tu fais des allers-retours pour accomplir des quêtes, ça devient pénible. Sur PC avec un bon SSD NVMe, c’est mieux (5-8 secondes), mais ça reste long pour un jeu de 2026.
Points forts
- Histoire bien écrite qui se suit avec intérêt
- Inversion de perspective narrative (jouer l’indigène kidnappé) audacieuse
- Compagnons excellents avec quêtes de loyauté développées
- Système d’enquête bien pensé et quêtes à embranchements multiples
- Choix moraux qui ont un vrai impact sur l’intrigue et le monde
- Thèmes matures traités avec sérieux (colonialisme, identité, sacrifice)
- Combat tactique flexible (3 modes de combat, 3 niveaux de difficulté)
- Romances bien écrites (4 compagnons romançables)
- Contexte historique du 17e siècle bien exploité
- Doublages de qualité (voix françaises disponibles)
Points faibles
- Animations rigides et datées qui cassent l’immersion
- Direction artistique austère aux tons boueux (marron, rouge brique, gris)
- Graphismes en retard de plusieurs générations
- Combats lents et peu réactifs malgré le système tactique
- Performances inégales (drops de FPS, temps de chargement longs)
- Interface console encombrée et peu intuitive
- Impossible de comparer équipement chez les marchands
- Bugs persistants (quêtes, PNJ, crashs occasionnels)
- Fautes de frappe dans les sous-titres
- Pas de retour haptique ni trigger adaptatif sur PS5 (prix 60€)
- Expressions faciales figées dans les cutscenes
- Manque de variété visuelle dans les environnements
Mon avis
GreedFall: The Dying World est un jeu qui me laisse mitigé. D’un côté, je reconnais les qualités narratives de Spiders. L’histoire est bien écrite, l’inversion de perspective (jouer l’indigène kidnappé au lieu du colonisateur) est audacieuse et apporte une vraie profondeur émotionnelle, et les compagnons sont excellents. Le système d’enquête fonctionne bien, les choix moraux ont du poids, et les thèmes abordés (colonialisme, identité, survie) sont traités avec maturité. Quand le jeu mise sur sa narration, il brille vraiment.
Mais de l’autre côté, les animations rigides et l’aspect visuel daté cassent constamment l’immersion. Les personnages bougent comme des marionnettes, les transitions sont saccadées, et les expressions faciales sont figées. Ça fait vieux jeu, et pas dans le bon sens. La direction artistique austère aux tons marron et gris devient vite monotone, et même si elle colle au thème du « monde mourant », elle manque de variété et de punch visuel. Comparé aux RPG modernes, GreedFall 2 paraît techniquement en retard de plusieurs années.
Les problèmes techniques aggravent l’expérience. Après 18 mois en early access, on s’attendait à une version 1.0 polie et stable. Au lieu de ça, on a encore des bugs, des fautes de frappe, des temps de chargement longs, et des problèmes de qualité de vie basiques (comme l’impossibilité de comparer l’équipement chez les marchands). Pour un jeu vendu 60€ sur consoles, c’est décevant. Je comprends que Spiders est un studio de moins de 100 personnes avec un budget AA, mais ça n’excuse pas tout.
Le système de combat tactique est une bonne idée, mais l’exécution est moyenne. La pause active et les trois modes de combat offrent de la flexibilité, mais les animations lentes et le manque de feedback visuel rendent les affrontements peu dynamiques. C’est fonctionnel sans être satisfaisant.
Dans l’ensemble, GreedFall: The Dying World reste correct. Si t’es fan de RPG narratifs, que tu pardonnes facilement les défauts techniques, et que tu cherches une histoire mature avec des compagnons bien écrits, tu vas passer un bon moment. L’univers de GreedFall est riche, et ce préquel ajoute une couche intéressante au lore. Mais si tu es exigeant sur l’aspect visuel, les animations, et la finition technique, tu risques d’être déçu.
Pour 60€, c’est cher. Attends une promo à 40€ ou moins si tu hésites. Ou fonce si t’as aimé le premier GreedFall et que tu veux connaître la suite (ou plutôt le début) de l’histoire. C’est un RPG ambitieux qui mérite le respect pour son écriture, mais qui peine à rivaliser avec les standards techniques modernes. Sans plus.

GreedFall: The Dying World
L'histoire commence trois ans avant les événements du premier jeu et les aventures de De Sardet.Cette fois, vous incarnez un natif de Teer Fradee, arraché de force à votre île et emmené sur le continent de Gacane, d'où proviennent les colons. Dans ce vieux monde ravagé par la guerre et marqué par la peste du Malichor et les intrigues politiques des différentes factions, vous devez retrouver votre liberté et le contrôle de votre propre destin. En utilisant la diplomatie, la ruse ou le combat, ainsi que l'aide d'alliés que vous vous ferez, c'est à vous de mettre fin aux ambitions de conquête d'un homme, qui pourraient signifier la fin du continent et de votre île.Découvrez à nouveau l'univers unique de GreedFall en explorant l'ancien continent ! Voyagez à travers de nouveaux paysages, d'Olima – la ville des étoiles de l'Alliance du Pont – aux rivages d'Uxantis, et découvrez les secrets de ces terres anciennes. Rencontrez toutes les factions qui partagent le contrôle de ces nations et naviguez dans les eaux troubles de leurs intrigues et conspirations.Créez votre propre personnage et trouvez des alliés pour rejoindre votre équipe. Aidez-les dans leurs quêtes, découvrez leurs secrets et faites-en vos amis, rivaux ou même amants. En plus de les équiper comme vous le souhaitez, vous pouvez également en prendre le contrôle au combat.Plongez-vous dans une expérience RPG toujours plus profonde où chaque choix a un impact sur votre aventure et où la diplomatie, la manipulation, l'infiltration et le combat sont tous des chemins viables pour atteindre vos objectifs.
Sortie : 10 mars 2026
Genres : RPG
Plateformes : Xbox Series X|S, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5
Durée moyenne : 40 h
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