Test du jeu Devil May Cry 5
Devil May Cry 5 est le hack’n’slash de Capcom, sorti le 7 mars 2019 sur PC, PS4 et Xbox One à 29,99 €. Vous alternez entre trois personnages jouables — Néro, V et Dante — dans une aventure qui rassemble toute la mythologie de la série contre le démon Urizen, dont l’arbre Qliphoth menace d’engloutir Red Grave City. Ce douzième épisode officieux de la franchise marque le retour d’Hideaki Itsuno au poste de réalisateur après le DmC occidentalisé de Ninja Theory, avec un système de combat largement considéré comme l’un des plus aboutis du genre character action et une mise en scène qui referme enfin des boucles narratives ouvertes depuis le tout premier épisode.
- Quels sont les trois personnages jouables dans Devil May Cry 5 et quelles sont leurs différences principales ?Les trois personnages jouables sont Néro, V et Dante. Néro utilise des Devil Breakers (bras mécaniques jetables) qui changent son style de combat. V commande trois familiers à distance (Griffon, Shadow, Nightmare) sans combattre directement. Dante, débloqué plus tard, offre la plus grande profondeur technique avec quatre styles de combat (Trickster, Swordmaster, Gunslinger, Royal Guard) et un arsenal d'armes interchangeables.
- Comment fonctionne le système de notation des combats dans Devil May Cry 5 ?Le jeu note chaque affrontement de D à SSS selon la variété technique employée. Le système récompense la maîtrise en encourageant à ne jamais répéter le même combo. Alterner les Devil Breakers, jongler entre les familiers ou changer de style fait grimper la jauge de style plus efficacement que la simple puissance, transformant les combats en véritables exercices de style.
- Quand Devil May Cry 5 est-il sorti et sur quelles plateformes ?Devil May Cry 5 est sorti le 7 mars 2019 sur PC, PS4 et Xbox One au prix de 29,99 €.
- Pourquoi le style de jeu de V peut-il dérouter les joueurs habitués à la série ?Le style de V demande d'abandonner tous les réflexes de combat direct habituels à Devil May Cry, car V ne combat jamais directement. Son personnage meurt en un ou deux coups s'il reste exposé trop longtemps, obligeant les joueurs à réapprendre complètement leur approche du combat.
- Trois personnages aux philosophies radicalement différentes
- Un système de notation qui récompense la maîtrise
- Le style de V peut dérouter les habitués
- Un scénario qui demande une bonne connaissance de la série
- Prise en main et accessibilité
- Graphismes et ambiance sonore
- Points forts
- Points faibles
- Mon avis
- Devil May Cry 5
Trois personnages aux philosophies radicalement différentes
Néro s’appuie sur ses Devil Breakers, des bras mécaniques à usage unique qui changent radicalement son style selon celui équipé : l’Overture électrifie, le Punch Line propulse en avant façon roquette, le Gerbera peut être rechargé pour un tir chargé dévastateur. Cette consommation permanente d’un équipement jetable transforme chaque combat en gestion de ressources autant qu’en enchaînement de coups. V, nouveau venu dans la série, ne combat jamais directement : il commande trois familiers à distance — Griffon pour la magie, Shadow pour le corps à corps, Nightmare pour la puissance brute — et doit lui-même s’exposer pour porter le coup de grâce final, un pari risqué qui divise mais fonctionne remarquablement bien une fois pris en main. Dante, débloqué plus tard dans la campagne, offre la plus grande profondeur technique de la série avec quatre styles de combat (Trickster, Swordmaster, Gunslinger, Royal Guard) et un arsenal d’armes à changer à la volée, du nunchaku-moto Cavaliere au bras démoniaque Balrog. Cette diversité de gameplay au sein d’un même jeu, où l’on doit littéralement réapprendre à jouer trois fois, reste rare pour le genre.



Un système de notation qui récompense la maîtrise
Comme le reste de la série, Devil May Cry 5 note chaque affrontement de D à SSS selon la variété technique employée, encourageant à ne jamais répéter le même combo. Alterner les Devil Breakers de Néro, jongler entre les familiers de V ou changer de style en plein combo avec Dante fait grimper la jauge de style plus sûrement que la simple puissance de feu. Ce système transforme des combats qui pourraient dégénérer en martelage de boutons en véritables exercices de style, et donne au jeu une profondeur qui se révèle pleinement dans les difficultés supérieures — Son of Sparda, puis Dante Must Die — et dans le mode Bloody Palace, cent étages d’affrontements consécutifs pensés exclusivement pour les joueurs qui ont digéré l’intégralité du système de combat.
Le style de V peut dérouter les habitués
Ce parti pris de conception a un vrai coût d’adaptation : jouer V demande d’abandonner tous les réflexes de combat direct habituels à la série, puisque son personnage meurt en un ou deux coups s’il reste exposé trop longtemps. Il faut apprendre à lire le champ de bataille à distance, à faire tourner ses trois familiers selon leurs temps de récupération, et à choisir le bon moment pour s’avancer et achever un ennemi affaibli d’une simple pression de touche. Cela peut déconcerter sérieusement les habitués durant leurs premières heures avec ce personnage, habitués à foncer dans le tas. Une fois le style assimilé, la gestion à distance des familiers révèle sa propre profondeur — combiner les zones de contrôle de Griffon avec les charges de Shadow devient aussi technique que les combos de Dante — mais cette phase d’adaptation reste réelle et certains joueurs ne s’y feront jamais tout à fait.
Un scénario qui demande une bonne connaissance de la série
Le récit s’appuie fortement sur les événements et personnages des épisodes précédents, en particulier Devil May Cry 4, sans grand effort pour remettre les nouveaux venus dans le contexte. L’identité réelle de V, la relation qui le lie à Néro et à Dante, et le sort de Vergil constituent le cœur du twist final, un rebondissement qui referme véritablement la boucle familiale ouverte depuis le tout premier jeu de 2001. C’est une aventure pensée avant tout pour les fans de longue date, qui apprécieront pleinement les références, les retrouvailles avec des personnages familiers et les clins d’œil disséminés dans le level design, quand un néophyte risque de rester à la porte de plusieurs enjeux émotionnels majeurs.
Prise en main et accessibilité
Le jeu propose un mode Auto Assist qui simplifie l’exécution des combos les plus complexes, une porte d’entrée bienvenue pour qui découvre le genre character action sans en maîtriser encore la grammaire. Elle reste toutefois optionnelle et n’entame en rien la profondeur du système de notation pour qui préfère jouer en mode manuel classique. La caméra, en revanche, reste le point de friction le plus régulièrement pointé du doigt : dans les couloirs les plus étroits ou face à certains boss très mobiles, les angles fixes imposés peuvent momentanément masquer un ennemi ou une attaque téléphonée, obligeant à composer avec un cadrage qu’on ne maîtrise pas entièrement. Ce n’est jamais assez fréquent pour gâcher un combat, mais assez régulier pour mériter d’être signalé à qui recherche une lisibilité irréprochable.
Graphismes et ambiance sonore
Le RE Engine de Capcom, déjà éprouvé sur Resident Evil 2 Remake, livre une modélisation des personnages et des effets de particules particulièrement soignés, avec des combats de boss spectaculaires qui exploitent pleinement la puissance du moteur — la traversée du Qliphoth par Néro ou l’affrontement final contre Urizen comptent parmi les séquences les plus impressionnantes techniquement de toute la série. La bande-son, mélangeant metal et rock électronique selon le personnage incarné, accompagne parfaitement l’action, avec chaque thème qui se déclenche dynamiquement selon l’intensité du combat : les paroles ne s’enclenchent qu’une fois la jauge de style suffisamment élevée, ce qui transforme la musique elle-même en indicateur de performance. Le level design urbain de Red Grave City, ville envahie par les racines de l’arbre démoniaque, offre un contraste visuel constant entre béton moderne et chair organique qui sert la mise en scène sans jamais paraître gratuit.
Points forts
- Trois personnages aux philosophies de combat radicalement différentes
- Un système de notation qui encourage vraiment la variété technique
- Des combats de boss spectaculaires portés par le RE Engine
- Une bande-son dynamique qui réagit à l’intensité du combat
- Un mode Bloody Palace qui prolonge sérieusement la durée de vie
Points faibles
- Le style de V peut dérouter les habitués de la série
- Une courbe d’apprentissage réelle pour maîtriser la notation
- Un scénario qui demande une bonne connaissance de la série
- Une caméra parfois gênante dans les espaces les plus resserrés
Mon avis
Devil May Cry 5 offre l’un des systèmes de combat les plus aboutis du genre character action, grâce à trois personnages aux philosophies radicalement différentes et un système de notation qui récompense vraiment la maîtrise technique. Ce qui frappe le plus en y revenant après plusieurs sessions, c’est à quel point les trois approches restent équilibrées entre elles : aucune n’est objectivement plus forte ou plus faible, elles demandent simplement des réflexes différents, et c’est précisément cette variété qui donne au jeu une durée de vie qui dépasse largement celle de sa seule campagne.
Le style de V peut dérouter au début, et je me souviens avoir maudit ses familiers pendant mes premières heures avec lui, avant de comprendre que le personnage récompense la patience plutôt que l’agressivité. C’est justement cette diversité forcée qui distingue Devil May Cry 5 de la concurrence du genre : là où d’autres character action se contentent d’un seul protagoniste toujours plus surpuissant, Capcom prend le risque de casser le rythme trois fois dans la même campagne, et ce pari finit par payer.
Le scénario, dense de références, s’adresse clairement aux joueurs qui ont suivi la série depuis ses débuts, et le twist final autour de l’identité de V n’aura son plein impact que pour ceux-là. Ce n’est pas un défaut en soi, mais ça vaut la peine d’être su avant de s’y lancer sans avoir touché aux épisodes précédents, en particulier Devil May Cry 4 dont l’ombre plane sur toute l’intrigue.
Sur le plan technique, le RE Engine tient toutes ses promesses et livre certains des affrontements les plus mémorables du genre, portés par une bande-son qui répond littéralement à la performance du joueur. La caméra reste l’unique point noir régulier, sans jamais devenir handicapante.
Une référence absolue du hack’n’slash, qui demande un peu de patience avec V mais récompense largement l’investissement.

Devil May Cry 5
Devil May Cry 5 est une toute nouvelle entrée dans la légendaire série d'action démesurée Devil May Cry. Le jeu propose trois personnages jouables, chacun avec un style de combat stylisé radicalement différent alors qu'ils affrontent la ville envahie par les démons. Développé avec le moteur propriétaire maison de Capcom RE engine, la série continue d'atteindre de nouveaux sommets en fidélité avec des graphismes qui utilisent des designs de personnages photoréalistes et des effets d'éclairage et d'environnement époustouflants.
Sortie : 8 mars 2019
Genres : Combat, Japonais, Coopératif
Plateformes : PlayStation 4, Nintendo Switch 2, PC (Microsoft Windows), Xbox One
Durée moyenne : 15-18 h
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