Test du jeu Diablo Immortal

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Diablo Immortal est le hack’n’slash free-to-play de Blizzard Entertainment et NetEase Games, sorti le 2 juin 2022 sur mobile (iOS, Android) et PC. Situé entre les événements de Diablo II et Diablo III, le jeu vous fait traquer des fragments de la Pierre-Monde de Kanai, brisée à la fin de Diablo II et dispersée à travers Sanctuaire, à travers des zones familières comme Wortham ou le hub de Westmarch. Contrairement à Diablo IV, conçu comme un titre payant classique, Diablo Immortal s’engage pleinement dans un modèle économique de service en direct pensé d’abord pour le mobile, avec une sortie simultanée sur PC qui n’a jamais modifié cette logique de conception.

masquerFAQ : Rogueh vous répond
  • Qu'est-ce que Diablo Immortal et sur quelles plateformes est-il disponible ?Diablo Immortal est un hack'n'slash free-to-play développé par Blizzard Entertainment et NetEase Games, sorti le 2 juin 2022. Il est disponible sur mobile (iOS et Android) ainsi que sur PC. Le jeu se situe chronologiquement entre les événements de Diablo II et Diablo III.
  • Puis-je terminer la campagne principale sans dépenser d'argent ?Oui, le contenu de base de Diablo Immortal — incluant la campagne principale, les donjons et les raids Helliquary — peut être complété entièrement sans payer. Le jeu reste honnête pour un titre free-to-play sur ces contenus fondamentaux.
  • Quel est le problème principal avec le système de gemmes légendaires ?Le système de gemmes légendaires utilise des mécaniques de gacha (obtention aléatoire via des Cristaux Éclatants payants) avec une fusion jusqu'à cinq étoiles. Le coût théorique pour tout débloquer a été estimé à des dizaines de milliers de dollars. Ces gemmes offrent des bonus de statistiques essentiels que la compétence technique ne peut pas compenser.
  • Le PvP et la compétitivité de fin de jeu sont-ils équilibrés ?Non, le PvP et les modes compétitifs comme le Cycle des Rivalités dépendent largement des dépenses en argent réel. Les joueurs ayant investi dans les gemmes rares dominent systématiquement les classements, créant un déséquilibre où la puissance dépend du portefeuille plutôt que de la compétence.

Une prouesse technique réelle sur mobile

Sur le plan purement mécanique, Diablo Immortal tient ses promesses : six classes jouables — Barbare, Croisé, Chasseresse de démons, Moine, Nécromancien et Magicien — un système de loot coloré fidèle à la série, et une adaptation tactile réussie qui ne trahit pas les sensations de la franchise sur mobile. Le contenu de base — campagne principale, donjons, raids Helliquary — peut être terminé sans jamais payer, et reste honnête pour un titre free-to-play, avec une fluidité qui tient remarquablement bien sur des appareils mobiles milieu de gamme. Les Failles Éternelles, générées procéduralement pour la montée en puissance de fin de partie, offrent un gameplay répétitif mais lisible, dans la droite lignée des failles de Diablo III. La campagne solo elle-même traverse une bonne dizaine de zones distinctes, de la forêt de Wortham au désert de la mer de Shassar, avec un rythme de progression qui reste correctement dosé tant qu’on ne cherche pas à optimiser sa puissance au-delà du nécessaire.

Un chevalier combat une horde de démons cornus sur un sol marqué de symboles occultes rougeoyants dans Diablo Immortal
Un cavalier lance une compétence explosive contre des ennemis squelettes dans une cour sombre et sanglante de Diablo Immortal
Personnage Croisé en armure lourde avec épée et bouclier, dans un donjon aux fissures lumineuses de Diablo Immortal

Un système de gemmes légendaires parmi les plus agressifs

C’est là que le jeu s’est forgé une réputation durable et négative : le système de gemmes légendaires, central dans la progression de fin de partie, repose sur des mécaniques à la gacha — obtention aléatoire via des Cristaux Éclatants payants, fusion pour augmenter le rang jusqu’à cinq étoiles — dont le coût théorique pour tout débloquer a été estimé à des dizaines de milliers de dollars par des joueurs et journalistes qui ont fait le calcul au lancement. Le contenu solo se termine gratuitement, mais le PvP et la compétitivité de fin de partie deviennent vite une question de portefeuille plutôt que de skill, les gemmes de rang cinq offrant des bonus de statistiques qu’aucune maîtrise technique ne peut compenser.

Une compétitivité qui dépend largement des dépenses

Ce déséquilibre se ressent concrètement dès qu’on touche au PvP ou aux modes compétitifs de fin de jeu, notamment le Cycle des Rivalités qui oppose l’Immortel dominant du serveur à la faction rebelle des Ombres, un mode entièrement pensé autour de la hiérarchie de guilde et de la puissance individuelle des joueurs les mieux équipés. Les joueurs ayant investi dans les gemmes les plus rares dominent systématiquement les classements, indépendamment de la maîtrise technique, et les Champs de Bataille, seul mode PvP instantané et symétrique du jeu, restent la principale échappatoire pour qui cherche un affrontement plus équilibré. C’est le genre de déséquilibre qui décourage rapidement qui cherche une progression basée sur le mérite plutôt que sur la carte bancaire.

Un modèle free-to-play qui éclipse la qualité réelle

C’est finalement le vrai problème du jeu : la qualité technique réelle, une formule Diablo bien adaptée au tactile, passe totalement au second plan derrière la conversation autour du modèle économique. Même les joueurs qui apprécient sincèrement le gameplay se retrouvent à devoir défendre leur choix face à la réputation du jeu, devenue quasiment un cas d’école cité dans les analyses de monétisation mobile depuis sa sortie. Blizzard a ajusté certains taux de drop depuis le lancement, sans jamais toucher à la structure de fond du système.

Prise en main et six classes jouables

L’accessibilité mobile reste un vrai point fort : la prise en main se fait en quelques minutes grâce à un joystick virtuel et des compétences disposées en cercle autour du personnage, un standard désormais éprouvé du genre sur smartphone. Chaque classe conserve son identité de la série — le Nécromancien invoque des sbires, le Moine enchaîne des combos rapprochés, le Magicien maîtrise les éléments — ce qui rend le choix initial pertinent même pour un joueur qui découvre la franchise. La synchronisation entre les sauvegardes mobile et PC fonctionne sans accroc, un vrai confort pour qui alterne entre les deux supports selon le moment de la journée.

Comparaison à la concurrence directe

Face à Diablo III, dont il reprend largement l’ossature mécanique sans en avoir la générosité de progression, Diablo Immortal souffre inévitablement de la comparaison : là où Diablo III distribue son loot sans retenue, Immortal en fait un levier de monétisation à chaque étape. Comparé aux autres hack’n’slash mobiles du marché, il reste toutefois nettement au-dessus du lot sur la pure exécution technique et la fidélité à l’ambiance de la licence, ce qui explique pourquoi tant de joueurs continuent d’y revenir malgré les critiques répétées sur son économie. Il occupe en réalité une place à part : ni tout à fait un spin-off mineur, ni un jeu principal de la franchise, mais un laboratoire grandeur nature du modèle service-mobile appliqué à un univers habitué jusque-là aux sorties payantes classiques.

Graphismes et ambiance sonore

La direction artistique reste fidèle à l’identité sombre et gothique de la série, avec une vraie prouesse technique sur mobile compte tenu des contraintes matérielles : les effets de particules lors des compétences légendaires et l’éclairage dynamique des donjons tiennent la comparaison avec bien des titres consoles du genre. La bande-son orchestrale, dans la lignée des épisodes précédents et composée en partie par des collaborateurs historiques de la série, installe correctement l’ambiance sans jamais vraiment se démarquer, restant plus fonctionnelle que mémorable sur la durée d’une session de jeu classique.

Points forts

  • Une prouesse technique réelle sur mobile pour une formule Diablo complète
  • Le contenu principal se termine sans jamais avoir à payer
  • Six classes jouables fidèles aux sensations de la série
  • Une synchronisation mobile/PC sans accroc

Points faibles

  • Un système de gemmes légendaires parmi les plus agressifs du marché
  • Une compétitivité en fin de partie qui dépend largement des dépenses
  • Un modèle free-to-play qui éclipse la qualité technique réelle
  • Une comparaison défavorable avec la générosité de Diablo III

Mon avis

Diablo Immortal est un cas rare où la vraie qualité technique d’un jeu — une formule Diablo fidèle, parfaitement adaptée au tactile — se retrouve totalement éclipsée par l’un des modèles de monétisation les plus agressifs jamais vus dans un jeu AAA. C’est frustrant, parce que le travail effectué sur les six classes, sur l’ergonomie mobile et sur la campagne solo aurait largement mérité d’être jugé sur ses propres mérites plutôt que sur son économie.

Entièrement jouable gratuitement pour le contenu solo, il devient vite un piège à dépenses dès qu’on cherche à rester compétitif en fin de partie. Le système de gemmes légendaires n’est pas juste agressif sur le papier : il se ressent concrètement dans le classement PvP, où l’écart entre joueurs payants et gratuits devient rapidement infranchissable à la seule force du skill.

Ce qui distingue vraiment Diablo Immortal, c’est le contraste permanent entre deux expériences superposées : celle, honnête et généreuse, du joueur qui avance sans dépenser ; et celle, ouvertement prédatrice, de la compétition de fin de jeu. Les deux coexistent dans le même client, ce qui rend le jugement global difficile à trancher d’un seul bloc. Un joueur qui se fixe d’emblée la limite de ne jamais ouvrir son portefeuille peut d’ailleurs traverser des dizaines d’heures de contenu honnête sans jamais se sentir bridé artificiellement — c’est seulement au moment de vouloir rivaliser avec les guildes les mieux classées d’un serveur que le mur devient infranchissable.

Techniquement, le studio n’a rien à se reprocher : la prouesse de faire tenir un ARPG de cette ambition sur un smartphone reste réelle, et la comparaison avec Diablo III tourne d’ailleurs à l’avantage d’Immortal sur ce point précis de portabilité.

À essayer par curiosité pour son contenu solo, à éviter d’y investir de l’argent si vous cherchez une compétition équitable.

Diablo Immortal

Diablo Immortal

Diablo Immortal est un jeu de rôle d'action multijoueur en ligne massivement multijoueur (MMOARPG) sur mobile, codéveloppé par Blizzard Entertainment et NetEase, sortant exclusivement sur Android, iPhone et iPad.

Sortie : 2 juin 2022

Genres : Open World, Multijoueur, RPG

Plateformes : Android, PC (Microsoft Windows), iOS

Durée moyenne : 30 h

Note du jeu : Diablo Immortal

Personnage de croisée en armure avec épée et bouclier, se tenant sur un sol fissuré traversé de lave incandescenteChevalier à cheval invoquant une explosion de lumière au centre d'une cour ensanglantée, entouré de squelettes armésCapture d'écran 1 sur 3 du jeu Diablo Immortal — test et critique sur RogueH24
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