Test du jeu Steelrising
Steelrising est un action-RPG Soulslike développé par Spiders et publié par Nacon, sorti le 8 septembre 2022 sur PC, PS5 et Xbox Series X/S. Dans une version alternative de la Révolution française de 1789, vous incarnez Aegis, une automate dansante devenue garde du corps de Marie-Antoinette, affrontant l’armée mécanique de Louis XVI pour sauver Paris. Le studio français Spiders, connu pour des productions ambitieuses mais toujours un peu à l’étroit dans leur budget comme GreedFall, s’attaque ici à un genre autrement plus exigeant techniquement que ses productions habituelles : le Soulslike, dominé par des références comme FromSoftware qui ont fixé un standard de précision extrêmement élevé. Ce test revient sur cette tentative ambitieuse, pour voir si l’originalité de son cadre uchronique compense les limites d’un studio qui découvre ce terrain de jeu très disputé. Le choix de la Révolution française comme toile de fond n’est pas anodin : peu de jeux occidentaux osent s’aventurer sur ce terrain historique aussi identitaire, et Steelrising mérite d’être salué au moins pour cette audace créative, même quand l’exécution mécanique peine à suivre l’ambition du concept.
- Quelle est la plateforme de Steelrising ?Steelrising est disponible sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X/S, sorti le 8 septembre 2022. Le jeu offre des performances fluides en 60 FPS et 4K, mais nécessite une configuration robuste sur PC.
- Quelle est la durée de vie du jeu ?La campagne principale dure environ 15 à 20 heures. La rejouabilité est assurée par des choix narratifs impactant la fin, un mode NG+ et le DLC Cagliostro's Secrets sorti en novembre 2022.
- Comment se déroule le gameplay de Steelrising ?C'est un Soulslike en vue troisième personne avec gestion de la surchauffe, collecte d'Anima Essence, et amélioration des armes. Aegis utilise divers équipements comme des éventails et hallebardes, avec des mécaniques de sauts et grappin pour l'exploration.
- Quel est le verdict global sur Steelrising ?Un jeu Soulslike original dans un Paris uchronique, accessible grâce à son mode assisté. Visuellement intéressant mais techniquement imparfait, avec des combats manquant de profondeur et des bugs, notamment sur PC.
Un Soulslike dans un Paris uchronique
Steelrising transporte les joueurs dans un Paris de 1789 où la Révolution française a été écrasée par Louis XVI et son armée d’automates. Vous incarnez Aegis, une automate consciente créée par Vaucanson, chargée par Marie-Antoinette de contrer le roi. La campagne, d’environ 15 à 20 heures, mêle exploration, combats et quêtes secondaires avec des figures historiques comme Robespierre. Cette réécriture de l’histoire de France, où les véritables événements de 1789 sont détournés par l’irruption d’une technologie steampunk avancée, offre un terrain de jeu narratif original que peu de productions occidentales avaient exploré jusque-là avec autant d’ambition. La rejouabilité repose sur des choix narratifs impactant la fin et un mode NG+, renforcé par le DLC Cagliostro’s Secrets (novembre 2022). Le jeu séduit par son cadre unique, mais il est un peu limité par ses combats simplistes et ses bugs. Pour les fans de Bloodborne ou Lies of P, Steelrising offre une expérience accessible mais imparfaite, avec un mode assisté réduisant la difficulté.



Un gameplay Soulslike accessible mais limité
Le gameplay de Steelrising suit la formule Soulslike : combats en troisième personne, gestion de l’endurance (surchauffe), et collecte d’Anima Essence pour améliorer armes et compétences aux points de contrôle Vestal. Aegis, agile grâce à ses origines de danseuse, utilise des armes variées (éventails, hallebardes, mousquets) avec des attaques spéciales, comme un bouclier ou des combos. La verticalité, avec sauts et grappins, enrichit l’exploration, mais les combats manquent de profondeur, avec des hitboxes imprecises et une IA ennemie rigide qui peine à réagir de façon crédible aux déplacements du joueur. Les boss, bien que visuellement impressionnants, sont trop simples, souvent vaincus avec des grenades, un déséquilibre qui trahit un manque de tests d’équilibrage approfondis avant la sortie. En streaming, les affrontements dynamiques et le mode assisté plaisent, mais les bugs (crashs, blocages) frustrent, surtout sur PC mal optimisé. Les performances sur PS5 et Xbox Series sont fluides (60 FPS, 4K), mais le PC exige une configuration robuste. Ce gameplay, fluide mais répétitif, séduit les novices, mais déçoit les puristes qui attendent d’un Soulslike une précision chirurgicale absente ici. Les différentes postures de combat (agile, lourde, distance) offrent tout de même une certaine flexibilité stratégique, à défaut d’une réelle profondeur mécanique comparable aux références du genre les plus abouties.
Exploration dans un Paris dévasté
Le monde de Steelrising, un Paris uchronique, brille par ses environnements (Louvre, Seine, Bastille), mêlant architecture historique et désolation. Les niveaux, vastes et interconnectés, regorgent de secrets et de raccourcis, ajoutant 5 à 10 heures pour les complétionnistes. Reconnaître les monuments parisiens transformés par cette version alternative de l’histoire est un vrai plaisir pour qui connaît la ville, chaque zone offrant une relecture steampunk assez inventive d’un lieu réel qui donne au jeu une identité visuelle forte malgré ses défauts techniques. Voir la Bastille ou les rives de la Seine réinterprétées à travers ce prisme steampunk témoigne d’un vrai travail créatif sur la manière de détourner des symboles historiques bien connus. Les quêtes secondaires, bien que nombreuses, sont répétitives, impliquant des allers-retours. En streaming, les décors immersifs et les automates variés (tigres mécaniques, serpents) captivent, mais l’absence de carte et des Vestals mal placés compliquent la navigation. Les performances sont solides sur consoles next-gen, mais le PC souffre d’une optimisation inégale (110 Go d’espace). Ce monde, magnifique mais linéaire, excelle dans son ambiance, mais manque de variété ennemie sur la longueur de l’aventure, les mêmes archétypes d’automates revenant sous des variantes de couleur plutôt que sous des formes réellement nouvelles.
Une direction artistique et sonore inégale
Visuellement, Steelrising impressionne avec son style steampunk et ses automates détaillés, comme les armures d’époque d’Aegis. Cependant, les visages humains sont médiocres et les textures ternes, surtout sur PC à faible réglage, un écart de qualité qui trahit un temps de développement probablement trop court pour peaufiner chaque aspect du rendu graphique. La bande-son, avec des mélodies orchestrales, soutient l’ambiance, mais reste oubliable, aucun thème ne parvenant réellement à s’imposer comme mémorable après la fin de la campagne. Les doublages, en anglais avec des touches françaises, sont compétents mais inégaux, avec des dialogues verbeux qui ralentissent parfois le rythme des scènes narratives. Les bruitages (chocs métalliques, explosions) sont percutants et donnent un vrai poids sonore aux affrontements entre automates, un des rares aspects techniques que le jeu maîtrise sans réserve. Les performances sur PS5 sont fluides, mais le PC peut souffrir de chutes de framerate. Cette direction artistique, audacieuse mais imparfaite, brille par son esthétique, mais pâtit de problèmes techniques qui rappellent les limites budgétaires du studio face à des concurrents mieux dotés. Les cinématiques narratives, malgré leur qualité inégale, parviennent tout de même à installer une atmosphère de tragédie historique qui donne du poids aux enjeux de l’intrigue.
Points forts
- Cadre uchronique captivant
- Gameplay accessible avec mode assisté
- Verticalité et exploration
- Esthétique steampunk soignée
- Choix narratifs impactants
Points faibles
- Combats simplistes et hitboxes imprecises
- Boss trop faciles
- Bugs et optimisation PC faible
- Quêtes secondaires répétitives
- Manque de variété ennemie
Mon avis
Steelrising captive par son Paris uchronique et son esthétique steampunk, salués pour leur originalité. En streaming, les combats fluides et les environnements immersifs séduisent, surtout avec le mode assisté pour les novices. Cependant, ses combats simplistes, ses boss décevants, et ses bugs freinent l’expérience. Comparé à Lies of P, il manque de polish, et face à Elden Ring, il pâlit en ambition, mais il conserve un atout que peu de concurrents peuvent revendiquer : un cadre historique détourné avec un vrai sens du détail et de la cohérence interne. Le mode assisté, souvent absent des productions du genre, mérite d’être salué comme une option d’accessibilité bienvenue qui permet à un public plus large de découvrir cet univers sans se heurter à la difficulté redoutée du genre. À son prix (souvent en promotion à 19,99 €, contre 49,99 €), il est recommandé sur PS5 ou Xbox Series pour les fans de Soulslikes accessibles, mais les puristes et les joueurs PC devraient être prudents. Un titre prometteur, mais terni par son exécution, qui laisse entrevoir un potentiel que Spiders pourrait pleinement concrétiser dans une future suite mieux préparée. Un studio plus rompu à l’exercice du Soulslike aurait sans doute tiré bien davantage de ce cadre exceptionnel, mais il faut reconnaître à Spiders le mérite d’avoir tenté quelque chose que personne d’autre n’avait osé faire, et d’y avoir suffisamment réussi pour donner envie de revenir malgré les défauts.

Steelrising
Paris, 1789. La Révolution française a été réprimée dans le sang par Louis XVI et son armée mécanique impitoyable. Aegis, un chef-d'œuvre automate mystérieux, doit affronter seul l'armée du roi pour sauver l'histoire dans cet action-RPG exigeant.
Sortie : 8 septembre 2022
Plateformes : Xbox Series X|S, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5
Durée moyenne : 15 h
Suggestions Les mieux notés de la rédaction














