Test du jeu Cursed Castilla

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Cursed Castilla (Maldita Castilla EX) est un jeu d’action-plateforme arcade créé par Locomalito et Gryzor87, publié par Abylight Studios, sorti en octobre 2016 sur PC puis sur consoles, à 11,99 €. Le chevalier Don Ramiro est envoyé par le roi Alphonse VI de Castille pour traquer le mal qui a envahi les terres de Tolomera, peuplées de sorcières, de cyclopes et de créatures tirées du folklore européen et des romans de chevalerie. C’est un hommage assumé à Ghosts ‘n Goblins, dans la lignée des plateformes rétro qui recréent une époque plutôt que de simplement s’en inspirer. Le jeu prolonge et enrichit Maldita Castilla, le titre freeware que Locomalito avait diffusé gratuitement quelques années plus tôt, avec de nouveaux niveaux, de nouvelles armes et une bande-son entièrement retravaillée par Gryzor87.

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  • Qu'est-ce que Cursed Castilla (Maldita Castilla EX) ?Cursed Castilla est un jeu d'action-plateforme arcade créé par Locomalito et Gryzor87, publié par Abylight Studios en octobre 2016. Le joueur incarne Don Ramiro, un chevalier envoyé par le roi Alphonse VI pour combattre le mal qui a envahi les terres de Tolomera peuplées de créatures du folklore européen. C'est un hommage assumé à Ghosts 'n Goblins qui prolonge le titre freeware original Maldita Castilla avec de nouveaux niveaux, armes et une bande-son retravaillée.
  • Quel est le prix et sur quelles plateformes est disponible le jeu ?Cursed Castilla est proposé à 11,99 € et a d'abord été lancé en octobre 2016 sur PC, avant d'être porté sur consoles. Le jeu est également disponible en version freeware originale (Maldita Castilla) que Locomalito avait diffusée gratuitement quelques années avant cette version améliorée.
  • Pourquoi Cursed Castilla se distingue-t-il des autres jeux rétro ?Locomalito ne fait pas du néo-rétro superficiel : il reconstitue une véritable borne d'arcade de la fin des années 80 avec une justesse troublante. Chaque détail respire l'authenticité — arc de saut fixe, quatre types d'armes, deux points de vie, huit niveaux courts, boss de fin de zone, typographie des menus. Cette cohérence formelle (recul sous l'impact, trajectoires lisibles, tempo des vagues d'ennemis) est si précise que certains joueurs croient découvrir une véritable borne rétro.
  • Combien de temps faut-il pour terminer le jeu et quelles sont les différentes fins ?Une partie complète dure environ 30 minutes pour un expert, mais plusieurs heures pour la plupart des joueurs en raison d'une difficulté raide. Le jeu propose cinq fins différentes selon les objets trouvés et le nombre de continues utilisés, poussant à rejouer pour découvrir la vraie conclusion. Comptez 2 à 4 heures pour une première partie terminée, davantage pour tout voir. Cette structure à embranchements récompense la persévérance et encourage la spéculation entre joueurs.

Une restitution d’arcade d’une justesse rare

Locomalito ne fait pas du néo-rétro : il reconstitue une borne d’arcade de la fin des années 80 comme si elle avait vraiment existé. Le personnage saute selon un arc fixe, tire quatre types d’armes ramassées en chemin, encaisse deux coups avant de mourir. Les huit niveaux courts, les boss de fin de zone, le compteur de vies, jusqu’à la typographie des menus et le rythme des animations : tout respire l’authenticité. Ce n’est pas une citation, c’est une restitution, et elle est d’une justesse troublante — au point que certains joueurs découvrant le jeu pour la première fois le croient parfois réellement issu d’une borne d’époque, retrouvée et portée sur PC des décennies plus tard. Cette rigueur formelle se retrouve jusque dans les détails les plus fins : la façon dont Don Ramiro recule légèrement sous l’impact d’un coup, la manière dont les projectiles ennemis suivent des trajectoires simples mais lisibles, ou encore le tempo des vagues d’ennemis, calibré pour obliger à mémoriser plutôt qu’à improviser. C’est cette cohérence de bout en bout, plus que n’importe quel clin d’œil isolé, qui distingue Cursed Castilla des innombrables hommages plus superficiels au genre.

Capture d'écran de Cursed Castilla montrant Don Ramiro affrontant un ennemi armé dans un niveau souterrain avec plateformes et coffres
Capture de Cursed Castilla montrant Don Ramiro évitant des chaînes et une boule cloutée dans un décor de crypte gothique
Capture de Cursed Castilla montrant Don Ramiro affrontant un dragon cracheur de feu dans un donjon en pixel art

Cinq fins, une difficulté franche

Une partie complète tient en une trentaine de minutes… pour qui sait jouer. Dans les faits, il faut plusieurs heures pour en venir à bout, la difficulté est raide : ennemis qui surgissent hors champ, sauts au pixel près, patterns de boss serrés. Le jeu propose cinq fins différentes selon les objets trouvés et le nombre de continues utilisés, ce qui pousse à rejouer pour trouver la vraie conclusion. Comptez deux à quatre heures pour une première partie terminée, davantage pour tout voir. Cette structure à embranchements récompense particulièrement la persévérance : chaque nouvelle tentative permet de repérer un raccourci caché, un objet manqué la fois précédente, ou une meilleure façon d’aborder un passage précédemment franchi à l’arrache. Le jeu n’explique jamais explicitement les conditions de ses différentes fins, ce qui pousse naturellement à la spéculation entre joueurs — une dynamique qui rappelle directement les jeux d’arcade originaux, où le bouche-à-oreille tenait lieu de guide de stratégie. Pour les amateurs de score attack et de speedrun, la trentaine de minutes théorique d’une partie parfaite constitue un objectif concret bien au-delà de la simple complétion.

Un bestiaire tiré du folklore ibérique

La vraie valeur de Cursed Castilla, c’est son bestiaire : au lieu des habituels zombies et squelettes, on affronte des créatures du folklore espagnol et européen — le Nuberu, dieu des tempêtes, des lutins, des sorcières de village. Chaque niveau déroule un fragment de cet imaginaire médiéval, avec des noms et des références qu’on n’a pas l’habitude de voir dans un jeu vidéo. Cela donne au jeu une identité forte, au-delà de l’hommage. Cette approche documentaire du folklore ibérique se ressent aussi dans l’architecture des niveaux : villages castillans à flanc de colline, forêts hantées, marécages où rôdent des créatures aquatiques, cryptes ornées de motifs wisigoths. Chaque zone raconte quelque chose du territoire qu’elle représente, plutôt que de se contenter d’un décor générique de fantasy médiévale. Pour un joueur familier des tropes habituels du genre — chevaliers contre démons génériques — cette identité régionale marquée fonctionne comme une respiration bienvenue, et donne au périple de Don Ramiro une saveur qu’aucun autre représentant du genre n’a réellement cherché à égaler depuis.

Un level design pensé pour la mémorisation

Les huit niveaux sont construits selon une logique typiquement arcade : chaque écran présente un défi précis, souvent une combinaison spécifique d’ennemis et de plateformes, qu’il faut apprendre par cœur avant de pouvoir l’enchaîner sans dommage. Rien n’est laissé au hasard dans le placement des adversaires, et c’est justement cette prévisibilité, une fois comprise, qui rend la progression gratifiante : on ne bat pas un niveau à la première tentative par chance, on le bat parce qu’on a fini par en décoder l’agencement. Les checkpoints, peu nombreux, renforcent cette tension : une erreur en fin de niveau peut coûter cher en temps de jeu, ce qui pousse à jouer avec prudence plutôt qu’à foncer tête baissée. Cette exigence de mémorisation, typique des standards d’arcade des années 80, tranche nettement avec la plupart des plateformers modernes, qui privilégient souvent des checkpoints généreux et une courbe de difficulté plus douce.

Une fidélité qui reprend aussi les rigidités du modèle

Cette fidélité a un revers : les ennemis qui surgissent sans préavis hors du champ de vision, hérités tels quels du modèle d’origine, produisent parfois des touches qu’on ne peut pas anticiper. C’est un choix assumé, cohérent avec l’époque recréée, mais qui ne conviendra pas à tout le monde. Le contenu reste court si l’on ne cherche pas les cinq fins, et il faut accepter la raideur d’une époque révolue pour apprécier pleinement l’exercice. Un joueur habitué aux conventions modernes de lisibilité — indicateurs de danger, marges de récupération après un coup, checkpoints fréquents — pourra légitimement trouver certaines morts injustes, en particulier lors des premières heures avant d’avoir intégré le rythme propre au jeu. C’est le prix à payer pour une restitution aussi fidèle : Locomalito n’a pas cherché à moderniser ces aspérités, il les a délibérément conservées comme faisant partie intégrante de l’expérience qu’il voulait recréer.

Une place particulière dans le renouveau du néo-rétro

Cursed Castilla s’inscrit dans une vague de jeux qui, depuis le début des années 2010, ont remis au goût du jour l’esthétique et les mécaniques de l’arcade classique. Mais là où beaucoup de ces titres se contentent d’emprunter une palette de couleurs limitée ou une résolution basse pour évoquer le passé, Locomalito va plus loin : il applique les vraies contraintes de conception de l’époque, avec leurs qualités et leurs défauts. Le résultat est un jeu qui ne ressemble à aucun autre représentant du genre néo-rétro actuel, précisément parce qu’il refuse les compromis de confort que la plupart de ses contemporains ont adoptés. C’est un pari risqué commercialement, mais qui donne à Cursed Castilla une identité et une cohérence artistique que peu de jeux du genre peuvent revendiquer aujourd’hui.

Graphismes et ambiance sonore

Le pixel art imite parfaitement une palette et une résolution d’arcade 16 bits, avec des arrière-plans détaillés et une vraie ambiance gothique. La version EX ajoute des filtres CRT et un mode plein écran soigné, qui permettent de retrouver au choix le grain d’un vieux moniteur cathodique ou une image parfaitement nette pour les écrans modernes. Les sprites, denses en détails malgré leur petite taille, réussissent à donner du caractère à chaque créature du bestiaire sans jamais nuire à la lisibilité de l’action. Mais c’est la bande-son de Gryzor87 qui sublime l’ensemble : composée pour une puce sonore d’époque puis réorchestrée, elle est épique, mélodique et parfaitement assortie à chaque niveau, avec des thèmes qui accompagnent la montée en tension jusqu’aux affrontements de boss. Une réussite totale sur la forme, qui place Cursed Castilla parmi les productions les plus soignées de tout le mouvement néo-rétro.

Points forts

  • Une restitution d’arcade fin des années 80 d’une justesse rare
  • Un bestiaire tiré du folklore ibérique, une vraie identité
  • Une bande-son de Gryzor87 épique et mélodique
  • Cinq fins qui récompensent la maîtrise
  • Un prix modeste pour une expérience redoutablement finie

Points faibles

  • Une difficulté arcade qui rebutera une partie des joueurs
  • Des ennemis qui surgissent hors champ, parfois injustes
  • Un contenu court si l’on ne cherche pas les fins
  • Une fidélité au modèle qui en reprend aussi les rigidités

Mon avis

Cursed Castilla est l’un des hommages les plus aboutis au jeu d’arcade des années 80. Locomalito ne se contente pas d’imiter : il recrée une borne qui aurait pu exister, défauts compris, et y greffe un imaginaire ibérique qui lui donne une vraie personnalité. Chaque écran traversé donne le sentiment de redécouvrir un pan méconnu du folklore espagnol, transposé avec un vrai souci d’authenticité plutôt qu’avec la paresse d’un décor médiéval générique.

La bande-son de Gryzor87 est somptueuse, et à elle seule justifierait presque l’achat : elle accompagne chaque niveau avec une justesse qui rappelle les meilleures productions arcade de l’âge d’or. Il faut aimer la difficulté arcade et accepter quelques touches injustes héritées du modèle, mais pour qui a grandi avec Ghosts ‘n Goblins, ou pour qui cherche simplement à comprendre ce qui rendait ces jeux si mémorables, c’est un petit bijou qui mérite qu’on lui consacre le temps nécessaire.

Ce qui frappe le plus, avec le recul, c’est la cohérence du projet : rien dans Cursed Castilla ne sonne comme un compromis fait pour séduire un public moderne. Locomalito a fait le choix inverse de la plupart des productions néo-rétro, en assumant pleinement les contraintes d’une époque révolue plutôt qu’en les édulcorant. C’est un pari qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui donne au jeu une intégrité rare.

À ce prix, il n’y a pas à hésiter. Cursed Castilla reste, des années après sa sortie, l’une des meilleures portes d’entrée pour qui veut comprendre ce que le genre arcade avait de plus exigeant et de plus gratifiant, sans avoir à ressortir une véritable borne d’époque.

Cursed Castilla EX

Cursed Castilla EX

Les larmes d'une jeune sorcière ont été transformées par un démon en une clé qui ouvre un portail permettant au mal d'entrer dans ce monde. Le roi Alfonso VI de León a rassemblé ses chevaliers loyaux pour se rendre à Tolomera del Rey et mettre fin au cauchemar en utilisant le pouvoir des larmes de la Sorcière. Bannis les zombies et les démons qui ont envahi le Royaume de Castille avec Don Ramiro, le chevalier loyal du Roi, et ses compagnons. Pour cela, tu utiliseras une variété d'armes différentes pour vaincre tes ennemis à travers les terres maudites de Tolomera, dans un pur style d'action arcade classique.

Sortie : 20 juillet 2016

Genres : Arcade, Horreur, Plateforme

Plateformes : PlayStation 4, Nintendo 3DS, PC (Microsoft Windows), PlayStation Vita, Xbox One, Nintendo Switch

Durée moyenne : 2-4 h

Note du jeu : Cursed Castilla

Capture d'écran d'un jeu vidéo rétro : un chevalier lance une épée sur un dragon crachant du feu dans un donjon, score et vies affichésCapture d'écran 2 sur 3 du jeu Cursed Castilla — test et critique sur RogueH24Capture d'écran 1 sur 3 du jeu Cursed Castilla — test et critique sur RogueH24
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Où acheter le jeu :

Kinguin.net

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