Test du jeu Book of Demons

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Book of Demons est un hack and slash développé et auto-publié par le studio polonais Thing Trunk, sorti en décembre 2018 à 22,99 €. Premier épisode de la série Return 2 Games — des titres mid-core inspirés de l’âge d’or du jeu PC — il vous envoie pourfendre les armées des ténèbres dans les donjons sous la Vieille Cathédrale, pour sauver un Univers en Papier terrorisé par l’Archidémon en personne. C’est un hommage assumé au premier Diablo, filtré à travers une esthétique de papier découpé pop-up. L’ambition affichée par le studio n’est pas de rivaliser en profondeur avec les mastodontes du genre, mais de retrouver l’accessibilité et l’immédiateté des hack and slash isométriques des années 2000, sur des sessions pensées pour tenir dans une pause déjeuner plutôt que dans une soirée entière. C’est cette contrainte de conception, plus que la seule référence esthétique, qui structure tout le reste du jeu.

masquerFAQ : Rogueh vous répond
  • Qu'est-ce que le Flexiscope dans Book of Demons ?Le Flexiscope est un système de conception innovant qui permet au joueur de choisir la durée de chaque quête avant de la commencer, via un curseur sur la carte du donjon. Ce système génère automatiquement un parcours adapté avec un nombre de salles, rencontres et coffres proportionnels à la durée choisie et à la difficulté, offrant une expérience complète même pour les sessions courtes de 5 minutes.
  • Quel est le prix et la date de sortie de Book of Demons ?Book of Demons a été développé et auto-publié par le studio polonais Thing Trunk en décembre 2018 au prix de 22,99 €. C'est le premier épisode de la série Return 2 Games, une collection de titres mid-core inspirés de l'âge d'or du jeu PC.
  • Comment fonctionne le système de cartes dans Book of Demons ?Le système de cartes remplace l'inventaire classique du hack and slash. Chaque classe dispose de cartes spécifiques : le Guerrier utilise des cartes Artefact, le Mage des cartes Sort, et le Vagabond des cartes Objet consommables. Les cartes existent en trois raretés (commune, magique, légendaire) et peuvent être améliorées jusqu'à deux fois, créant une progression granulaire du personnage.
  • Quelles sont les trois classes jouables dans Book of Demons ?Book of Demons propose trois classes distinctes : le Guerrier qui mise sur le corps-à-corps et la défense avec des cartes Artefact ; le Mage qui privilégie les sorts à distance financés par un réservoir de mana ; et le Vagabond qui mélange corps-à-corps et tir avec des cartes Objet consommables.

Le Flexiscope, une idée à copier partout ailleurs

C’est la grande découverte du jeu, et elle est excellente : avant chaque quête, vous choisissez sa durée — courte pour une pause de cinq minutes, longue pour une vraie session — via un curseur affiché sur la carte du donjon. Le système Flexiscope génère alors un parcours assorti, avec des récompenses proportionnelles à la longueur choisie et à la difficulté du niveau. C’est une réponse concrète à un vrai problème du genre — le hack and slash exige généralement de grosses sessions ou rien, sous peine de perdre sa progression en cours de donjon — et ça fonctionne remarquablement bien pour qui joue par petites touches, sur une pause ou dans les transports. Le curseur n’est pas qu’un simple filtre cosmétique : il redimensionne réellement le nombre de salles, de rencontres et de coffres du niveau généré, si bien qu’une quête courte reste une expérience complète, avec son propre rythme de montée en tension, plutôt qu’un simple extrait tronqué d’un donjon plus long. À l’heure où la plupart des hack and slash misent sur des sessions extensives et des heures de farm, cette flexibilité assumée mériterait clairement d’être copiée ailleurs dans le genre.

Interface de Book of Demons montrant le village en papier découpé et le deck de cartes (Fireball, Lightning, Shield...) en bas d'écran
Écran du Flexiscope montrant la quête de l'Archdémon, avec durée estimée à 24:40 min et le deck de cartes du personnage en bas
Capture d'écran de Book of Demons montrant un combat de boss contre le Neoscorpiops dans un donjon glacé, avec la barre de vie du boss, le deck de cartes du joueur et l'interface de combat en bas de l'écran

Un système de cartes qui remplace l’inventaire classique

Le combat lui-même est distillé à l’essentiel : déplacement au clic, capacités gérées par un système de cartes original qui remplace l’inventaire habituel du genre, et une progression de personnage simple mais satisfaisante à travers trois classes distinctes. Le Guerrier mise sur le corps-à-corps et la défense, avec des cartes Artefact qui remplacent l’équipement classique ; le Mage privilégie les sorts à distance financés par un réservoir de mana, via des cartes Sort ; le Vagabond mélange corps-à-corps et tir, construit autour de cartes Objet consommables. Chaque carte existe en trois raretés — commune, magique avec un effet additionnel, légendaire avec deux effets dont un unique — et peut être améliorée jusqu’à deux fois, ce qui donne une vraie granularité à la progression malgré un inventaire réduit à un simple deck. Ce n’est pas la profondeur d’un Diablo moderne, et ce n’est pas le but : Book of Demons vise des sessions courtes et efficaces plutôt que des builds min-max de cent heures. Cette contrainte force de vrais choix — on ne peut pas tout emmener — et donne à chaque partie sa propre identité selon les cartes tirées et la classe choisie au départ.

Un bestiaire fidèle à l’esprit Diablo, sans jamais le copier au pixel près

Les donjons sous la Vieille Cathédrale reprennent les archétypes qui ont fait le succès du genre — squelettes, zombies, démons mineurs, hordes qui affluent par vagues — mais Thing Trunk les redessine entièrement dans son esthétique de papier découpé, avec des animations en volume qui donnent à chaque ennemi une silhouette reconnaissable même en pleine mêlée. Les affrontements de boss, qui ponctuent chaque acte, imposent des patterns simples mais lisibles : il s’agit moins de mémoriser une chorégraphie complexe que de gérer sa position et ses ressources de cartes au bon moment. Le jeu a reçu des mises à jour gratuites après sa sortie, dont l’ajout d’une classe supplémentaire au fil du temps, preuve que Thing Trunk a continué à étoffer le contenu de base plutôt que de se contenter de la sortie initiale. Cette continuité de suivi, rare pour un titre de ce format, renforce l’impression d’un studio qui connaît précisément le public qu’il vise et qui prend soin de son hommage plutôt que de le brader.

La formule montre ses limites passé dix heures

Passé la barre des dix heures, la formule montre ses limites : les donjons générés par le Flexiscope commencent à se ressembler, et le pool de cartes, bien que varié, finit par manquer de surprises une fois les decks optimaux identifiés pour chaque classe. La difficulté, réglable par paliers, aide à prolonger l’intérêt en forçant de nouveaux choix tactiques, mais elle ne renouvelle pas fondamentalement le contenu visuel des niveaux. C’est un jeu conçu pour des sessions régulières étalées dans le temps plutôt qu’un marathon continu, et il faut l’aborder ainsi pour en tirer le meilleur : consommé par petites doses hebdomadaires, il garde son charme bien après le générique de fin ; enchaîné sur deux ou trois soirées d’affilée, il montre sa structure plus vite qu’il ne le voudrait. Le end-game, essentiellement composé de niveaux à difficulté croissante sur les mêmes environnements, confirmera cette impression aux joueurs qui cherchent une raison de continuer après avoir vaincu l’Archidémon une première fois.

Une prise en main immédiate, pensée pour tous les publics

Le jeu au clic seul — déplacement, ciblage et activation des cartes se font tous à la souris — rend Book of Demons accessible à quiconque n’a jamais touché à un hack and slash isométrique. Aucun temps mort dans les menus : le deck se règle avant de partir en expédition, et une fois en donjon, tout se joue au clic gauche et aux raccourcis numériques pour les cartes actives. Cette simplicité d’interface, couplée au Flexiscope, en fait un candidat naturel pour initier un joueur occasionnel au genre sans le noyer sous les statistiques et les tableaux d’équipement habituels de la concurrence. Le revers de cette accessibilité, déjà évoqué plus haut, est une profondeur mécanique volontairement bridée : les joueurs cherchant la complexité d’un Path of Exile ou même d’un Diablo III tardif n’y trouveront pas leur compte, et le jeu ne prétend d’ailleurs jamais le contraire dans sa communication.

Graphismes et ambiance sonore

La direction artistique en papier découpé, avec des personnages et des décors qui semblent tirés d’un livre pop-up, est à la fois charmante et parfaitement lisible — chaque élément ressort clairement même dans le chaos des combats de groupe, où les couleurs vives des effets de sorts tranchent nettement sur les tons plus sombres des donjons. C’est une identité visuelle rare dans le genre, qui n’a rien à envier aux productions habituellement plus sombres et réalistes, et qui vieillit d’autant mieux qu’elle ne cherche jamais le photoréalisme. La bande-son, entre orchestral léger et touches d’humour, colle bien au ton décomplexé du jeu, et le narrateur, avec ses commentaires piquants sur vos actions, ajoute une vraie personnalité sans jamais devenir envahissant. Les bruitages de cartes, secs et satisfaisants, participent eux aussi à ce sentiment de jeu de plateau numérique bien fini.

Points forts

  • Le Flexiscope, une idée excellente qui adapte la durée de chaque quête
  • Un système de cartes qui remplace intelligemment l’inventaire classique
  • Une direction artistique en papier découpé charmante et très lisible
  • Un narrateur piquant qui donne une vraie personnalité à l’ensemble
  • Parfait pour des sessions courtes et régulières

Points faibles

  • Des donjons générés qui finissent par se ressembler passé dix heures
  • Une profondeur systémique volontairement limitée face aux gros hack and slash
  • Un pool de cartes qui manque de surprises à la longue
  • Pas de version Linux

Mon avis

Book of Demons porte une idée qui mériterait d’être reprise partout ailleurs : laisser le joueur choisir la longueur de sa session avant de commencer, plutôt que de subir la durée imposée par le jeu. Le Flexiscope transforme un hack and slash normalement gourmand en temps en compagnon idéal des soirées courtes, sans jamais donner l’impression de sacrifier du contenu — chaque quête, même la plus brève, reste une expérience complète avec son propre arc de tension.

Le système de cartes est une agréable surprise : en remplaçant l’inventaire classique par un deck limité, Thing Trunk force des choix qu’un hack and slash traditionnel laisse rarement peser autant, et les trois classes — Guerrier, Mage, Vagabond — proposent trois manières suffisamment distinctes d’aborder le même contenu pour justifier plusieurs parties. La direction artistique en papier découpé est un vrai plaisir à regarder, l’une des identités visuelles les plus reconnaissables du genre depuis longtemps, et l’ensemble reste diablement charmant sur toute la durée recommandée.

Le contenu commence à tourner en rond après une dizaine d’heures, une fois les archétypes de deck identifiés pour chaque classe et les donjons du Flexiscope perçus comme des variations d’un même canevas. Ce n’est pas un défaut de conception à proprement parler — le jeu ne prétend jamais viser les cent heures d’un hack and slash premium — mais une limite qu’il faut connaître avant d’acheter en espérant un marathon sans fin.

Pour qui vient du genre par la grande porte — Diablo, Path of Exile, Grim Dawn — Book of Demons fonctionnera surtout comme une friandise entre deux sessions plus exigeantes : une parenthèse légère, jamais prétentieuse, qui ne cherche à voler la vedette à personne. C’est peut-être là sa plus grande qualité : savoir exactement ce qu’il est, et ne jamais essayer d’être autre chose.

Reste un titre honnête, qui tient toutes ses promesses sur le format qu’il s’est choisi : des sessions courtes, une esthétique unique, une prise en main immédiate. À ce prix et pour ce format, le contrat est largement rempli.

Book of Demons

Book of Demons

Book of Demons est une aventure hack and slash de construction de deck, au thème sombre qui rappelle les classiques du genre ARPG PC.

Sortie : 13 décembre 2018

Genres : Combat, Indé, RPG

Plateformes : PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), Mac, Xbox One, Nintendo Switch

Durée moyenne : 10-12 h

Note du jeu : Book of Demons

Capture d'écran de jeu montrant un combat contre le boss Neoscorpiops, avec cartes de compétences, barre de vie et interface de combat au tour par tourCapture d'écran 2 sur 3 du jeu Book of Demons — test et critique sur RogueH24Capture d'écran 1 sur 3 du jeu Book of Demons — test et critique sur RogueH24
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Où acheter le jeu :

Kinguin.net

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