Test du jeu Biomutant

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Biomutant est un action-RPG en monde ouvert développé par le studio suédois Experiment 101 et publié par THQ Nordic, sorti en mai 2021 à 39,99 € sur PC avant d’arriver sur consoles. Vous créez un petit mammifère mutant dans un monde post-apocalyptique coloré où l’Arbre-Monde meurt, empoisonné par ses propres racines, pendant que six tribus se disputent ce qu’il en reste. Le jeu mélange kung-fu, tir, artisanat d’armes et véhicules, et il porte une ambition rare pour un studio d’une vingtaine de personnes — le genre de projet-somme qui, chez un studio triple A, aurait mobilisé plusieurs centaines de développeurs. Il a aussi un problème qu’on entend dès les premières minutes.

masquerFAQ : Rogueh vous répond
  • Qu'est-ce que Biomutant et qui l'a développé ?Biomutant est un action-RPG en monde ouvert développé par le studio suédois Experiment 101 et publié par THQ Nordic. Le jeu est sorti en mai 2021 à 39,99 € sur PC avant d'arriver sur consoles. Il se déroule dans un monde post-apocalyptique coloré où vous créez un petit mammifère mutant.
  • Quel est le principal problème identifié dans Biomutant ?Le principal problème est la présence d'un narrateur omniprésent qui commente constamment les dialogues, les objets, les combats et vos choix. Bien que charmant au début, ce narrateur devient épuisant après plusieurs heures car sa voix ne laisse jamais de silence et ses formules se répètent. Le jeu s'améliore considérablement en réduisant sa fréquence via un curseur de réglage.
  • Comment fonctionne le système d'artisanat d'armes dans Biomutant ?L'artisanat d'armes est le meilleur système du jeu. Vous assemblez des armes pièce par pièce (canon, crosse, chargeur, poignée pour les armes à feu ; lame et manche pour le corps à corps) à partir de pièces récupérées dans le monde. Le résultat est visible à l'écran, créant des armes uniques et fonctionnelles. Vous pouvez aussi ajouter des mutations pour des effets élémentaires et des bonus de dégâts.
  • Quelle est l'ambition de Biomutant malgré la taille de son studio ?Biomutant porte une ambition rare pour un studio d'une vingtaine de personnes seulement. C'est un projet-somme qui mélange kung-fu, tir, artisanat d'armes et véhicules dans un monde ouvert complet. Ce type de projet aurait normalement mobilisé plusieurs centaines de développeurs dans un studio triple A.

Un narrateur omniprésent qui épuise

Chaque personnage parle une langue inventée, et un narrateur traduit — en permanence. Il commente les dialogues, les objets, les combats, vos choix, et parfois le simple fait que vous venez de ramasser une chaussure. Pendant une heure, c’est charmant, comme une histoire lue à voix haute, avec une voix posée qui rappelle le ton d’un conte pour enfants raconté à un public adulte. Sur vingt heures, c’est épuisant, parce que la voix ne laisse jamais de silence et que ses tournures se répètent — les mêmes formules reviennent pour décrire des situations pourtant différentes, ce qui use la patience plus vite que ne le ferait un vrai doublage varié. Un curseur permet de réduire sa fréquence, et c’est le premier réglage à toucher — le jeu s’améliore immédiatement, redonnant de l’air aux dialogues et laissant enfin la musique respirer. Que la meilleure décision de conception consiste à atténuer une fonctionnalité centrale en dit long : l’idée était bonne, le dosage non. On sent bien l’intention de départ — donner au monde une voix cohérente malgré des dizaines de langues fictives différentes selon les tribus — mais l’exécution finale ne fait pas confiance au joueur pour combler les blancs par lui-même.

Le personnage mutant blanc saute entre des champignons géants dans un canyon verdoyant avec cascade et falaises
Le personnage mutant de Biomutant saute en tirant avec une arme à feu artisanale près d'une zone en ruine
Le personnage mutant de Biomutant, épée à la main, observe un village au milieu d'une nature verdoyante et colorée

Un artisanat d’armes généreux

La meilleure partie du jeu, c’est l’artisanat d’armes, et il est sous-estimé. Vous assemblez des armes pièce par pièce — canon, crosse, chargeur, poignée pour les armes à feu ; lame et manche pour le corps à corps — à partir de pièces récupérées partout, et le résultat est visible à l’écran, pas seulement sur une fiche de statistiques : une arme bricolée avec une pièce de tuyau et un vieux réservoir a littéralement cette apparence en jeu. Vous construisez des trucs ridicules qui fonctionnent, et le pillage devient une activité à part entière parce que vous chassez réellement des pièces plutôt que du simple loot générique à revendre. Chaque emplacement d’arme peut aussi recevoir des mutations — des effets élémentaires, des bonus de dégâts contre certains types d’ennemis — qui ajoutent une couche de personnalisation supplémentaire sans jamais complexifier inutilement l’interface. C’est un des rares systèmes du jeu où l’ambition initiale a été tenue de bout en bout, sans compromis apparent.

Un combat sans poids

Le combat lui-même est plus fragile : la boucle — alterner corps à corps, armes à feu et pouvoirs mutants pour maintenir un multiplicateur — a du rythme mais manque de poids ; les coups n’ont pas beaucoup d’impact, les ennemis encaissent trop longtemps, et la variété s’épuise vers la moitié du jeu. L’arbre de compétences kung-fu, censé apporter de la profondeur avec ses enchâînements et ses esquives chronométrées, reste sous-exploité une fois les combos de base maîtrisés : la difficulté globale ne pousse jamais vraiment à explorer les possibilités les plus avancées du système. Les combats de boss, plus scénarisés et plus lisibles dans leurs patterns, s’en sortent mieux que les affrontements de masse contre des groupes d’ennemis génériques, où la caméra et le ciblage montrent leurs limites dès que plus de trois adversaires entrent dans le cadre.

Pouvoirs mutants et véhicules

Les pouvoirs mutants se répartissent sur deux arbres opposés, lumière et ténèbres, dont l’équilibre influence à la fois vos capacités de combat et la fin de l’aventure — un choix qui rappelle la structure morale de bien des RPG occidentaux, mais transposée à un univers résolument plus léger dans le ton. S’y ajoutent des véhicules variés : un mécha piloté pour les longs trajets et certains passages de combat, une planche pour glisser sur l’eau, et plus tard un deltaplane pour couvrir rapidement les grandes distances de la carte. Ces moyens de locomotion, débloqués progressivement au fil de l’histoire, cassent utilement la marche à pied sur une carte volontairement vaste, même si leur maniement reste assez rudimentaire comparé aux standards du genre en monde ouvert. Un équipement de protection contre les zones toxiques (masque à gaz, combinaison, bottes) doit également être amélioré pour explorer certaines régions les plus dangereuses de la carte, ce qui donne un vrai sens de progression à l’exploration plutôt qu’un simple déblocage de zones sur une carte figée.

Une boucle de conquête identique pour les six tribus

La carte est vaste, variée et souvent magnifique : plaines fleuries, zones toxiques, déserts gelés, villes englouties. Le problème n’est pas le décor, c’est ce qu’on y fait. Les avant-postes tribaux se ressemblent tous, la boucle de conquête se répète à l’identique pour chacune des six factions, et le jeu recycle ses agencements intérieurs bien plus qu’il ne le devrait. On explore avec plaisir, on nettoie avec lassitude — le vingtième avant-poste conquis n’apporte plus grand-chose de neuf par rapport au cinquième, hormis un chiffre supplémentaire sur la barre de progression territoriale. Le système moral — lumière contre ténèbres, qui façonne les pouvoirs et la fin — reste trop binaire pour vraiment peser : choisir se résume généralement à la réplique gentille ou la réplique méchante, sans place pour la nuance, ce qui aplatit des dilemmes qui auraient pu être bien plus intéressants avec un peu plus de gris entre les deux extrêmes.

Graphismes et ambiance sonore

Visuellement, c’est la vraie réussite. La direction artistique, une apocalypse colorée et végétale plutôt que grise et poussiéreuse, produit un monde qui ne ressemble à aucun autre, et les distances d’affichage sont impressionnantes pour un studio de cette taille — on aperçoit souvent, depuis un point haut, des zones entières qu’on ne visitera que des heures plus tard. Le personnage, personnalisable jusqu’à l’absurde, garde son charme quel que soit le build choisi, des tenues les plus sobres aux accoutrements les plus improbables assemblés au fil du butin. La musique orchestrale accompagne bien l’exploration, avec des thèmes qui changent selon les biomes traversés, et la langue inventée des personnages est en soi un vrai travail sonore réussi, chaque tribu ayant sa propre sonorité distincte. C’est le narrateur, encore, qui rompt l’équilibre, couvrant régulièrement tout ce qui valait la peine d’être écouté et empêchant la musique de prendre toute la place qu’elle mérite.

Points forts

  • Un artisanat d’armes pièce par pièce, visible à l’écran et vraiment généreux
  • Une direction artistique post-apocalyptique colorée qui ne ressemble à rien d’autre
  • Une carte vaste et variée, avec des distances d’affichage impressionnantes
  • Une personnalisation du personnage poussée jusqu’à l’absurde
  • Une ambition rare pour un studio d’une vingtaine de personnes

Points faibles

  • Un narrateur omniprésent qui épuise, au point qu’on le réduit dans les options
  • Un combat sans poids, où les ennemis encaissent trop longtemps
  • Une boucle de conquête identique pour les six tribus
  • Des intérieurs largement recyclés d’un bout à l’autre de la carte
  • Un système moral binaire, sans nuance réelle

Mon avis

Biomutant est un jeu qu’on a envie de défendre et qu’on n’arrive pas à recommander sans réserve. Il y a une vraie vision derrière — la post-apocalypse la plus jolie qu’on ait vue depuis longtemps, un artisanat d’armes généreux, un tout petit studio visant un monde ouvert complet avec véhicules, pouvoirs et système moral — et c’est exactement ce qui rend ses défauts frustrants. On sent, à chaque système, qu’une équipe plus nombreuse ou plus de temps de développement auraient pu transformer une excellente idée en système abouti plutôt qu’en esquisse prometteuse.

Le combat manque de poids, la structure se répète à partir de la dixième heure, et le narrateur transforme une bonne idée en corvée sonore. Le jeu s’améliore dès qu’on le réduit dans les options, ce qui résume assez bien le problème : chaque bonne intention de conception a été poussée un cran trop loin, sans le garde-fou qu’un plus gros studio aurait probablement posé en cours de production.

L’exploration reste malgré tout la meilleure raison d’y retourner : la carte regorge de recoins, de ruines à fouiller et de petites histoires environnementales qui racontent l’effondrement du monde sans avoir besoin du narrateur pour les expliquer. C’est dans ces moments silencieux, justement, que Biomutant est le plus convaincant — quand le jeu laisse le décor parler à sa place.

Le système d’artisanat d’armes mérite à lui seul qu’on s’attarde sur le jeu : peu de productions, même bien plus grosses, offrent une telle sensation de fabriquer véritablement son équipement plutôt que de choisir dans une liste. C’est le genre de système qu’on regrette de ne pas voir plus souvent copié ailleurs.

En promotion, pour vingt heures dans un monde qui n’existe nulle part ailleurs, l’affaire est bonne. Au prix de lancement, elle l’était beaucoup moins.

Biomutant

Biomutant

Biomutant is an open-world, post-apocalyptic Kung-Fu fable RPG, with a unique martial arts styled combat system allowing you to mix melee, shooting and mutant ability action. A plague is ruining the land and the Tree-of-Life is bleeding death from its roots. The Tribes stand divided. Explore a world in turmoil and define its fate, will you be its savior or lead it to an even darker destiny?

Sortie : 25 mai 2021

Genres : Open World, RPG

Plateformes : Xbox Series X|S, PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5, Xbox One, Nintendo Switch

Durée moyenne : 20-25 h

Note du jeu : Biomutant

Personnage à tête de renard armé d'une lame, accroupi près d'un village entouré d'arbres et de clôtures en boisCapture d'écran 2 sur 3 du jeu Biomutant — test et critique sur RogueH24Capture d'écran 1 sur 3 du jeu Biomutant — test et critique sur RogueH24
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Où acheter le jeu :

Kinguin.net

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