Test du jeu Deadcraft

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Deadcraft est un jeu de survie-crafting hybride développé par Marvelous Inc. et publié par XSEED Games, sorti le 19 mai 2022 sur PC, PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series et Nintendo Switch. Vous incarnez Reid, un mi-homme mi-zombie isolé dans un monde post-apocalyptique où l’humanité est en guerre contre les morts-vivants. La particularité de Deadcraft est ce statut hybride du protagoniste : vous pouvez aussi bien vous battre avec des armes artisanales qu’exploiter vos pouvoirs zombies pour commander des hordes ou absorber vos ennemis pour récupérer des ressources. Une idée originale dans un genre encombré.

masquerFAQ : Rogueh vous répond
  • Qu'est-ce qui rend Deadcraft unique par rapport aux autres jeux de survie-crafting ?Deadcraft se distingue par son protagoniste hybride Reid, mi-homme mi-zombie, qui peut exploiter des pouvoirs zombies originaux : commander des hordes de morts-vivants, absorber des ennemis pour récupérer des ressources, et cultiver des zombies. Cette mécanique de farming de zombies apporte une vraie originalité dans un genre habituellement saturé.
  • Sur quelles plateformes Deadcraft est-il disponible ?Deadcraft est sorti le 19 mai 2022 sur PC, PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series et Nintendo Switch. Le jeu est techniquement solide sur toutes les plateformes, avec une version Switch correctement optimisée.
  • Quel est le principal reproche adressé à Deadcraft ?Le contenu est un peu court pour un jeu de survie-crafting. Bien que la proposition soit fraîche et bien exécutée, avec un équilibrage généralement bon, la durée de vie pourrait être plus importante pour satisfaire pleinement les amateurs du genre.
  • Comment est développée la narration et le personnage principal dans Deadcraft ?Reid, le protagoniste, offre une perspective narrative originale en tant que créature rejetée par les humains et les zombies. Le ton oscille entre un survival sérieux et des touches d'humour décalé. L'écriture ne révolutionne pas le genre, mais la personnalité du héros et quelques personnages bien développés donnent une vraie identité au jeu.

Un gameplay survie-craft avec une touche zombie originale

La boucle de Deadcraft mêle construction de base, récupération de ressources, farming de zombies et combats en temps réel. L’idée d’exploiter votre côté zombie pour « cultiver » des morts-vivants, absorber des ennemis ou créer des armées de serviteurs apporte une vraie originalité dans un genre encombré. Le système de craft est variad et la progression reste lisible. Les combats, sans être spectaculaires, fonctionnent bien. On regrettera un équilibrage parfois capricieux et une longueur un peu courte pour le genre, mais la proposition reste fraîche et bien exécutée.

Capture d'écran de Deadcraft : Reid affronte un personnage dans un environnement post-apocalyptique. Betty s'exclame : « Someone lock this demon away! Please! »
Scène de dialogue dans Deadcraft : le personnage Bighearted Max, coiffé d'un haut-de-forme rouge, dit à Reid : « Hey, this your first apocalypse? Name's Max, and it looks like you could use some help. »
Scène narrative de Deadcraft : Reid, le protagoniste mi-homme mi-zombie, dit « No matter what it takes...you're gonna pay. »

Un univers post-apo zombie avec un protagoniste attachant

La force de Deadcraft est aussi son protagoniste : Reid, ce mi-homme mi-zombie condamné à ne jamais appartenir ni au camp des humains ni à celui des morts-vivants, offre une perspective narrative originale. Le ton du jeu oscille entre survival sérieux et touches d’humour décalé qui allègent le propos. L’écriture ne révolutionne pas le genre, mais la personnalité du héros et quelques personnages bien écrits donnent une vraie identité au titre.

Graphismes et son : vue du dessus colorée, ambiance post-apo réussie

La vue du dessus de Deadcraft est propre et colorée, avec un style graphique qui distingue bien les environnements post-apo des zones zombifiées. Les animations de combat sont satisfaisantes. La bande-son post-apo, sans être mémorable, accompagne efficacement l’aventure. Techniquement solide sur toutes les plateformes, avec une version Switch correctement optimisée.

Un statut d’hybride qui interroge la frontière entre humanité et monstruosité

Le choix narratif de faire de Reid un être ni tout à fait humain ni totalement zombie dépasse le simple gadget de gameplay pour toucher à une thématique récurrente du genre post-apocalyptique : celle de la frontière poreuse entre victime et menace, entre celui qui subit l’apocalypse et celui qui pourrait en devenir un vecteur. Cette ambiguïté fondamentale du protagoniste, rejeté par les deux camps qui structurent habituellement ce type de récit, offre un point de vue narratif rarement exploité avec autant de constance dans les jeux de survie centrés sur les zombies.

Cette position d’entre-deux permanente irrigue également le gameplay lui-même, puisque Reid doit constamment naviguer entre des solutions humaines classiques, comme l’artisanat traditionnel, et des solutions proprement zombies, comme l’absorption ou le contrôle de hordes. Cette double appartenance mécanique, qui reflète directement la double appartenance narrative du personnage, constitue sans doute l’idée la plus intelligemment exécutée de tout le titre.

Marvelous Inc., un studio japonais habitué à surprendre hors de ses productions les plus connues

Le grand public associe généralement Marvelous Inc. à des séries bien établies comme Story of Seasons ou Rune Factory, des productions aux univers pastoraux et lumineux qui n’ont a priori que peu de points communs avec l’ambiance post-apocalyptique zombie de Deadcraft. Ce contraste de registre illustre la diversité créative parfois méconnue de studios japonais habituellement enfermés dans une case commerciale précise par le public occidental, alors qu’ils explorent en interne des genres beaucoup plus variés que leurs séries phares ne le laissent supposer.

Cette incursion dans le survival-crafting zombie, un territoire pourtant déjà largement occupé par de nombreux concurrents établis, témoigne d’une volonté du studio de se mesurer à des genres populaires tout en y injectant sa propre sensibilité créative, plutôt que de se cantonner indéfiniment à ses licences les plus rentables commercialement.

Le farming de zombies, une mécanique qui détourne intelligemment le survival-horror classique

Là où la plupart des jeux de survie zombie traitent les morts-vivants comme une menace exclusivement destinée à être éliminée ou fuie, Deadcraft renverse cette logique en transformant certains zombies en véritable ressource cultivable, à la manière d’un élevage ou d’une plantation post-apocalyptique. Ce retournement de perspective, qui pourrait sembler anecdotique sur le papier, change en réalité profondément le rapport du joueur à la menace principale du genre : le zombie devient un outil de production au même titre qu’un champ cultivé ou un atelier de craft, plutôt qu’une simple cible à abattre.

Cette mécanique de farming appliquée aux morts-vivants s’inscrit dans une tendance plus large de jeux de survie qui cherchent à renouveler leurs boucles de gameplay par des systèmes de gestion inattendus, mais Deadcraft se distingue en l’ancrant directement dans l’identité hybride de son protagoniste plutôt qu’en la traitant comme un simple gadget mécanique greffé artificiellement sur une formule par ailleurs classique.

Une durée resserrée qui pourrait aussi se lire comme un choix assumé

Si la longueur relativement courte de l’aventure figure parmi les reproches les plus fréquemment adressés au titre, elle peut aussi se comprendre comme une conséquence directe de la nature même de son concept central : une idée aussi spécifique que l’hybridation zombie-humain se prête davantage à une exploration concentrée sur une dizaine d’heures qu’à un étirement artificiel sur plusieurs dizaines d’heures qui aurait fini par diluer l’originalité de la proposition dans du remplissage répétitif.

Cette durée resserrée s’inscrit d’ailleurs dans une tendance de plus en plus assumée chez certains studios de taille moyenne, qui préfèrent livrer une expérience courte mais cohérente plutôt que de céder à la pression commerciale d’un contenu artificiellement gonflé. Reste que l’équilibrage capricieux évoqué plus haut aurait sans doute bénéficié d’un temps de polissage supplémentaire, indépendamment de la question de la durée totale de l’aventure. Un peaufinage post-lancement aurait pu corriger ces derniers défauts sans toucher à la structure générale du jeu.

Points forts

  • Le farming de zombies et les pouvoirs hybrides, une idée vraiment originale
  • Un protagoniste attachant avec une vraie personnalité
  • Disponible sur toutes les plateformes

Points faibles

  • Contenu un peu court pour un jeu de survie
  • Équilibrage parfois capricieux
  • Combat en temps réel sans grande profondeur

Mon avis

Deadcraft est un jeu de survie-craft qui sort du lot grâce à son idée centrale genuinement originale : jouer un hybride zombie-humain qui exploite ses pouvoirs de mort-vivant pour survivre. C’est fraîche, accessible et suffisamment bien exécuté pour offrir une dizaine d’heures plaisantes. Pas la révolution du genre, mais une expérience de niche attachée et bien mentée qui mérite un coup d’œil des amateurs de survie originale.

Ce qui rend cette proposition mémorable malgré ses défauts d’équilibrage, c’est la cohérence totale entre son idée de départ et sa mise en œuvre : rarement un statut d’hybride aura été aussi bien exploité à la fois narrativement et mécaniquement, plutôt que de rester un simple argument marketing déconnecté du reste de l’expérience.

Une curiosité qui mérite sa place dans la bibliothèque de tout amateur de survival-crafting en quête de propositions qui sortent un peu des sentiers battus du genre.

Reid restera pour moi l’un des protagonistes les plus singuliers croisés dans ce genre depuis longtemps, précisément parce que son ambiguïté fondamentale n’a jamais été résolue par facilité narrative, ni par le jeu ni par ses concepteurs.

Deadcraft

Deadcraft

Cultivez les morts pour rester en vie dans Deadcraft, une nouvelle approche du genre action-survie zombie ! En tant que demi-zombie, développez une armée de fidèles serviteurs morts-vivants et constituez un arsenal pour les équiper afin de vous venger des dirigeants de la dernière ville de l'humanité.

Sortie : 19 mai 2022

Genres : Survie, Simulation, Japonais

Plateformes : Xbox Series X|S, PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5, Xbox One, Nintendo Switch

Durée moyenne : 10-15 h

Note du jeu : Deadcraft

Scène de dialogue du jeu avec le personnage Reid disant : « No matter what it takes...you're gonna pay. »Capture d'écran 2 sur 3 du jeu Deadcraft — test et critique sur RogueH24Capture d'écran 1 sur 3 du jeu Deadcraft — test et critique sur RogueH24
7

Où acheter le jeu :

Steam

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