Test du jeu Hell is Us
Hell is Us, sorti le 4 septembre 2025 sur PC, PS5 et Xbox Series X|S, est un jeu d’action-aventure à la troisième personne signé Rogue Factor et édité par Nacon. Vous incarnez Rémi, un soldat déserteur de l’ON, revenu dans son pays natal, Hadea, une île fictive déchirée par une guerre civile entre Palomistes et Sabiniens, et rongée par une calamité surnaturelle qui fait surgir des créatures cauchemardesques, les Hollow Walkers. Sans carte, sans marqueurs de quête, sans journal pour vous guider, ce semi-open world de 20 à 30 heures vous plonge dans une exploration brute, des énigmes cryptiques et des combats au corps-à-corps exigeants, dans une fusion magistrale entre l’ambiance oppressante d’un Souls-like et une enquête organique digne des grands point-and-click des années 90. Après une vingtaine d’heures à fouiller chaque recoin, à noter des indices sur un carnet et à vibrer sur des affrontements tendus, je vous livre mon ressenti sur cette expérience inoubliable, qui m’a captivé par sa liberté, son monde hanté et son respect absolu de l’intelligence du joueur.
- Sur quelles plateformes peut-on jouer à Hell is Us ?Le jeu sera disponible le 4 septembre 2025 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S. Une exclusivité next-gen qui promet une expérience graphique et technique immersive.
- Quelle est la durée de vie du jeu ?Entre 20 et 30 heures pour une première traversée complète. Le gameplay exigeant et l'exploration organique peuvent facilement rallonger l'aventure pour les joueurs les plus fouineurs et méthodiques.
- Comment se caractérise le gameplay de Hell is Us ?Un concept unique de 'player plattering' où l'exploration et la réflexion priment. Pas de HUD, pas de markers, juste votre curiosité et un monde à décrypter, avec des énigmes environnementales complexes et des combats Souls-like intenses.
- Quel est ton verdict final de passionné ?Un jeu coup de cœur qui réinvente l'exploration et le récit dans le jeu vidéo. Malgré quelques défauts, Hell is Us est une pépite qui célèbre l'intelligence du joueur et offre une aventure immersive unique.
Un gameplay qui célèbre l’exploration et la réflexion
Hell is Us repose sur une philosophie audacieuse que Rogue Factor appelle le « player plattering » : pas de flèches, pas de HUD envahissant, juste vous, votre curiosité et un monde qui regorge d’indices à décrypter.
Vous explorez Hadea, un semi-open world divisé en régions – forêts brumeuses, marais putrides, villages en ruines, bunkers soviétiques – où chaque lieu raconte une histoire, que ce soit par un graffiti sur un mur, une note tachée de sang ou un dialogue avec un PNJ brisé par la guerre. Rémi, votre personnage, cherche ses parents, mais le chemin est tout sauf linéaire.
Vous devez écouter attentivement les conversations, mémoriser des noms, des lieux, voire griffonner des codes ou des directions sur un carnet, comme à l’époque des aventures point-and-click. J’ai adoré ce sentiment d’être un détective, où un détail anodin – une mention d’un « forgeron à Jova » – m’a conduit à un camion militaire caché dans une forêt, déverrouillant une nouvelle zone après une heure d’exploration tendue.
Les énigmes environnementales sont un pilier du jeu. Elles vont de la manipulation de leviers dissimulés à des casse-têtes narratifs, comme décoder un poème gravé sur une stèle pour ouvrir une crypte.
Certaines m’ont fait jubiler, comme quand j’ai connecté un indice audio sur un massacre à un objet précis, résolvant une quête secondaire pour un civil désespéré. Mais d’autres, plus cryptiques, m’ont parfois bloqué, surtout quand la solution reposait sur un détail vu des heures plus tôt dans une autre région.
Sans système de retry rapide ou d’indice intégré, ces moments demandent une patience d’acier, mais la satisfaction d’un « eureka » après un long blocage est inégalée. Le level design, labyrinthique et organique, rappelle Dark Souls : chaque chemin, chaque raccourci découvert après un détour, semble conçu pour récompenser votre persévérance.
Les combats, en revanche, sont un défi à part entière. À la troisième personne, ils s’inspirent des Souls-like sans en être une copie. Rémi manie des armes de mêlée – épées, haches, lances – chacune avec un style distinct, des attaques légères aux coups chargés. La gestion de l’endurance est cruciale : frapper, esquiver ou parer consomme cette ressource, et un Rémi épuisé devient une proie facile.
Une mécanique d’« impulse healing » permet de regagner de la santé en enchaînant des attaques sans prendre de coups, encourageant un style agressif mais précis.
Les Hollow Walkers, des créatures humanoïdes aux visages troués, sont terrifiants, surtout quand ils sont liés à des Hazes, des entités émotionnelles (Rage, Terreur, Chagrin) qui modifient leurs patterns. Les boss, comme une abomination tentaculaire dans un bunker, exigent d’apprendre leurs mouvements à la dure, avec une IA qui s’adapte à vos tactiques.
Le drone KAPI, un allié précieux, distrait les ennemis ou déclenche des attaques spéciales, ajoutant une couche stratégique. Si les affrontements sont viscéraux et gratifiants, ils souffrent d’un bestiaire un peu limité et d’une répétitivité en milieu de jeu, où les mêmes ennemis reviennent trop souvent.




Hadea, un monde vivant qui hante et fascine
Hadea est une prouesse narrative et visuelle. Cette île, inspirée des conflits des Balkans dans les années 90, est un tableau de désolation : tranchées boueuses, églises profanées, statues brisées sous des ciels plombés. La guerre civile entre Palomistes et Sabiniens, deux factions religieuses, imprègne chaque lieu, chaque dialogue.
Le lore, distillé par des notes, des enregistrements audio et des conversations, brosse un portrait complexe d’un peuple déchiré par la haine, où l’humanité est souvent plus monstrueuse que les Hollow Walkers.
L’histoire de Rémi, à la recherche de ses parents, commence comme une quête personnelle mais s’élargit en une épopée impliquant les Vigils, un ordre ancien luttant contre la Calamité, une force surnaturelle liée à des boucles temporelles.
Chaque région révèle un pan de ce mystère, des archives d’un labo OMSIF aux ruines d’un temple médiéval, et les quêtes secondaires, comme rendre une montre à un fermier endeuillé, tissent des récits humains déchirants.
Ce qui m’a marqué, c’est l’absence de manichéisme. Les factions ne sont ni bonnes ni mauvaises ; elles sont humaines, avec leurs idéaux, leurs crimes et leurs victimes. Les dialogues, portés par un doublage français d’une rare justesse (Elias Toufexis en VO, tout aussi poignant), donnent vie à des PNJ qui ne sont pas de simples donneurs de quêtes : une fillette qui traite l’autre camp de « meurtriers », un soldat désabusé qui justifie les dommages collatéraux.
Ces interactions, souvent optionnelles, enrichissent l’immersion et incitent à fouiller pour en apprendre plus. Les twists narratifs, surtout vers la fin, frappent fort, transformant des certitudes en questions. La rejouabilité, boostée par un New Game+ et des choix influençant les trois fins possibles, est un vrai plus, même si l’opacité de certains arcs peut laisser un goût d’inachevé sans notes prises à la volée.
Une direction artistique et sonore qui transcendent
Visuellement, Hell is Us est une claque, grâce à Unreal Engine 5. Les environnements, du béton brut des bunkers aux marais luisants de brume, sont d’un réalisme brutal, rehaussés par des éclairages dynamiques et un ray-tracing qui fait ressortir chaque goutte de boue, chaque fissure.
Les Hollow Walkers, avec leurs silhouettes difformes et leurs mouvements saccadés, évoquent Silent Hill par leur design organique et inquiétant. Les animations en combat, fluides et précises, rendent chaque parade ou esquive viscérale.
Quelques textures secondaires (murs, débris) manquent de finesse, et des bugs mineurs (clipping occasionnel) rappellent le budget AA du projet, mais les patchs post-lancement ont poli l’expérience. Sur PS5 Pro et Xbox Series X, le jeu tourne en 60 FPS constants, même en 4K avec ray-tracing, et le portage PC est optimisé, avec des options graphiques généreuses.
Le son est un chef-d’œuvre à part entière. La bande originale de Stéphane Primeau, entre électro-indus et ambient oppressant, épouse parfaitement l’ambiance : des cordes stridentes pendant un combat, des vents hurlants dans une plaine désolée, des échos métalliques dans un labo abandonné.
Les effets sonores – craquements d’os des Hollow Walkers, tintements de pluie sur l’APC de Rémi – sont d’une précision chirurgicale, et l’audio spatial, surtout au casque, vous immerge dans un cauchemar où chaque bruit semble vivant.
Le doublage français, avec des voix usées et authentiques, donne une âme à chaque personnage, des survivants aux antagonistes. C’est rare qu’un jeu AA atteigne ce niveau d’immersion sonore, et Hell is Us y excelle.
Points forts
- Exploration organique, sans HUD ni marqueurs, qui récompense l’instinct
- Level design labyrinthique, digne des meilleurs Souls-like
- Narration et lore profonds, sur la guerre et l’humanité
- Combats tendus, précis, avec une mécanique d’impulse healing gratifiante
- Direction artistique et sonore d’une intensité rare
Points faibles
- Énigmes parfois trop opaques sans indices clairs
- Bestiaire et combats un peu répétitifs en milieu de jeu
- Backtracking frustrant sans prise de notes
- Quelques bugs mineurs et textures inégales
Mon avis
Hell is Us m’a envoûté pendant une vingtaine d’heures, et je n’ai qu’une envie : y replonger. Ce jeu est une déclaration d’amour à l’exploration pure, à l’intelligence du joueur et à l’immersion narrative. Hadea, avec ses ruines gorgées de douleur et ses habitants brisés, m’a marqué comme peu de mondes vidéoludiques. Chaque note trouvée, chaque dialogue écouté avec soin, chaque porte déverrouillée après une énigme ardue m’a donné l’impression d’être un vrai aventurier, pas un pion suivant des flèches. Les combats, tendus et tactiques, m’ont fait vibrer, surtout quand une parade bien placée ou un combo risqué renversait un boss qui m’avait massacré dix fois. Le doublage français, l’ambiance sonore et les visuels brutaux m’ont plongé dans un cauchemar dont je ne voulais pas sortir. Oui, certaines énigmes m’ont fait pester, et le bestiaire aurait mérité plus de variété, mais ces défauts pâlissent face à l’ambition de Rogue Factor. Comparé à Elden Ring, Hell is Us est plus narratif, plus intime, avec une enquête qui évoque les mystères de Returnal ou les ambiances de Silent Hill. À 39,99 € en promo (contre 59,99 €), sur PS5, PC ou Xbox, c’est une expérience incontournable pour les fans d’exploration, de Souls-like et d’histoires qui serrent le cœur. Hadea est un enfer, mais quel bonheur d’y brûler.

Hell is Us
Si la guerre est ce qui se rapproche le plus de l'enfer sur terre, c'est parce que la terre abrite le pire des démons : l'humanité. Dans un pays isolé ravagé par des conflits internes, découvrez les secrets de votre passé et affrontez les répercussions d'une calamité mystérieuse.
Sortie : 4 septembre 2025
Genres : TPS, Horreur, Shooter
Plateformes : Xbox Series X|S, Nintendo Switch 2, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5
Durée moyenne : 21 h
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