Test du jeu Forgive Me Father
Forgive Me Father est un FPS rétro horreur cosmique lovecraftienne développé par Byte Barrel et publié par Fulqrum Publishing, sorti en septembre 2022 sur PC. Dans un port côtier évoqué par le mythe de Cthulhu, vous incarnez un prêtre ou une journaliste qui combat les entités lovecraftiennes avec un arsenal de la période coloniale et des pouvoirs surnaturels. Esthétique comic book noir des années 40, gameplay Boomer Shooter nerveux, hommage sincère à Lovecraft. Le titre s’inscrit dans la vague récente de renaissance du FPS old-school, un mouvement porté par des studios indépendants nostalgiques de l’âge d’or du genre, mais il s’en démarque nettement par son ancrage thématique et visuel dans l’horreur cosmique plutôt que dans la simple action décomplexée.
- Qu'est-ce que Forgive Me Father et qui l'a développé ?Forgive Me Father est un FPS rétro horreur cosmique lovecraftienne développé par Byte Barrel et publié par Fulqrum Publishing, sorti en septembre 2022 sur PC. Le jeu combine l'esthétique comic book noir des années 40 avec la formule Boomer Shooter (inspirée de Doom et Quake) dans un univers lovecraftien.
- Quel est le gameplay principal de Forgive Me Father ?Forgive Me Father adopte la formule Boomer Shooter avec des tirs rapides et précis, des mouvements fluides et de nombreux ennemis. Le jeu propose un système de folie original : massacrer des ennemis augmente votre folie qui booste temporairement vos capacités. Deux personnages jouables (un prêtre et une journaliste) offrent des arborescences de compétences distinctes et une bonne rejouabilité.
- Quels sont les points forts de Forgive Me Father ?Les trois points forts majeurs sont : (1) un Boomer Shooter lovecraftien nerveux et bien calibré, (2) une direction artistique comic book noir unique et immédiatement reconnaissable, et (3) un système de folie original et satisfaisant qui ajoute de la profondeur au gameplay.
- Quel est l'univers et l'ambiance du jeu ?Forgive Me Father se déroule dans un port côtier évoqué par le mythe de Cthulhu avec une atmosphère d'Innsmouth. L'esthétique comic book noir des années 40 crée une ambiance unique, les créatures lovecraftiennes sont inventives et inquiétantes, et la bande-son métal sombre est parfaitement calibrée pour le rythme du shooter.
Un gameplay Boomer Shooter FPS nerveux et satisfaisant
Forgive Me Father adopte avec conviction la formule Boomer Shooter popularisée par des classiques comme Doom et Quake : tirs rapides et précis, mouvements fluides et dynamiques, ennemis nombreux qui vous submergent de toutes parts, et un arsenal d’armes variées à maîtriser. Chaque affrontement demande réactivité et sens du positionnement, fidèle à l’esprit des FPS old-school qui privilégient l’action frénétique à la couverture statique. Le système de folie constitue l’ajout le plus original et le mieux implémenté du jeu : massacrer des ennemis en série augmente progressivement votre jauge de folie, qui booste temporairement vos capacités offensives et défensives, vous incitant ainsi à rester constamment dans le feu de l’action plutôt que de jouer prudemment. Ce mécanique crée une boucle de gameplay addictive et cohérente avec l’univers lovecraftien du titre, où sombrer dans la démence est à la fois un risque et une récompense. Par ailleurs, deux personnages jouables aux arborescences de compétences bien distinctes — le prêtre et la journaliste — offrent une vraie rejouabilité, chacun proposant une approche différente des combats et des situations, le premier misant davantage sur la puissance de feu brute quand la seconde privilégie la mobilité et les capacités surnaturelles. La difficulté, quant à elle, se révèle exigeante sans jamais paraître injuste, procurant cette satisfaction particulière propre aux meilleurs représentants du genre lorsqu’on vient enfin à bout d’une horde particulièrement coriace. L’arsenal, justement, mérite qu’on s’y attarde : entre le fusil à pompe classique, le lance-grenades béni et quelques armes plus exotiques directement liées au folklore lovecraftien, chaque pièce d’équipement possède un feeling distinct et une utilité tactique propre, évitant ainsi l’écueil du simple défouloir sans nuance qui guette souvent ce type de production.



Un univers lovecraftien comic book parfaitement capturé
L’esthétique comic book noir des années 40 de Forgive Me Father est indéniablement son atout majeur : les environnements sombres et détaillés rappellent avec beaucoup de fidélité les illustrations de pulp fiction de l’époque, avec leurs contrastes marqués, leurs ombres profondes et leur palette de couleurs volontairement limitée. Les créatures lovecraftiennes, quant à elles, sont particulièrement inventives et inquiétantes, parvenant à retranscrire avec efficacité le sentiment d’horreur cosmique cher à H.P. Lovecraft, où chaque ennemi semble surgir directement des pages d’un vieux magazine horrifique jauni, des amalgames tentaculaires aux silhouettes humanoïdes difformes qui rappellent que la vraie terreur, chez Lovecraft, réside surtout dans l’inconnaissable. L’atmosphère poisseuse et oppressante d’Innsmouth, cette ville maudite et tentaculaire empruntée à l’univers du maître de Providence, est ici recrachée avec enthousiasme à la sauce shooteur rétro old-school, mêlant habilement l’horreur indicible des grands anciens à la nervosité frénétique d’un FPS à l’ancienne. Cette combinaison, aussi surprenante qu’elle puisse paraître sur le papier, s’avère en réalité particulièrement gagnante, offrant une expérience visuelle et sensorielle cohérente qui donne au jeu une identité forte et immédiatement reconnaissable parmi la multitude de productions indépendantes du genre. Les niveaux traversés, du port délabré aux entrepôts gangrenés par la moisissure surnaturelle, racontent chacun un fragment de la corruption qui gagne peu à peu la ville, sans jamais avoir besoin de longs dialogues explicatifs pour installer cette sensation de déchéance progressive si chère à Lovecraft.
Graphismes et son : comic book lovecraftien unique et bande-son métal
La direction artistique comic book de Forgive Me Father est immédiatement reconnaissable et réussie. Chaque environnement, chaque personnage et chaque ennemi bénéficie d’un traitement visuel soigné, avec des traits appuyés, des aplats de couleurs sombres et un style graphique qui rappelle les grandes heures des comics d’horreur des années 70 et 80. Cette identité visuelle forte permet au jeu de se démarquer instantanément dans un genre pourtant très concurrentiel, saturé de clones qui se contentent de reproduire la formule Doom sans y injecter la moindre originalité graphique, et contribue grandement à l’atmosphère oppressante et lovecraftienne que les développeurs cherchaient à instaurer. La bande-son métal sombre est parfaitement calibrée pour le rythme du shooter. Les riffs lourds et les compositions intenses accompagnent chaque affrontement avec une énergie communicative, renforçant la tension des combats et donnant au joueur une impulsion supplémentaire pour avancer malgré les hordes d’ennemis qui se dressent sur son chemin, un choix musical qui tranche agréablement avec les nappes synthétiques plus feutrées habituellement associées à l’horreur cosmique. L’ensemble sonore, entre musique et effets, forme un tout cohérent qui épouse naturellement le gameplay frénétique du titre. Les bruitages des armes, en particulier, ont ce grain volontairement rugueux qui rappelle les productions de la grande époque du genre, loin de la sécheresse aseptisée de certains FPS modernes, et chaque impact se ressent avec une satisfaction presque tactile.
Points forts
- Boomer Shooter lovecraftien nerveux et bien calibré
- Direction artistique comic book noir unique
- Système de folie original et satisfaisant
Points faibles
- Niveaux parfois répétitifs en fin de partie
Mon avis
Forgive Me Father est un excellent Boomer Shooter lovecraftien qui s’impose comme une véritable réussite du genre. Porté par une direction artistique comic book absolument unique, le jeu se distingue immédiatement de ses concurrents grâce à son esthétique dessinée à la main, ses couleurs expressives et ses environnements qui semblent tout droit sortis d’une bande dessinée horrifique des années 50. Cette identité visuelle forte confère au titre une personnalité rare et mémorable, de celles qui restent gravées longtemps après avoir reposé la manette, renforçant à merveille l’atmosphère oppressante et étrange chère à l’univers de Lovecraft, sans jamais céder à la facilité de la simple pastiche visuelle qu’on pourrait craindre d’un tel parti pris esthétique. Le gameplay, quant à lui, est nerveux, bien calibré et immédiatement satisfaisant, avec une variété d’armes jubilatoires et des ennemis inspirés du mythe de Cthulhu qui réservent de bonnes surprises tout au long de l’aventure. La progression est bien rythmée, alternant moments d’action frénétique et instants plus atmosphériques qui plongent le joueur dans une ambiance véritablement angoissante, un dosage rarement aussi bien maîtrisé dans un genre qui a tendance à sacrifier l’atmosphère sur l’autel du rythme effréné. Un must absolu pour les fans de Lovecraft et de shooters rétro old-school, mais aussi pour tous ceux qui cherchent un FPS au caractère affirmé, capable de se démarquer dans un genre pourtant très concurrentiel. Byte Barrel signe ici l’une des propositions les plus originales de la scène Boomer Shooter de ces dernières années, et il serait dommage de passer à côté sous prétexte que le genre paraîtrait saturé : c’est précisément ce type d’identité visuelle et thématique forte qui permet à un titre de sortir du lot, là où tant d’autres se contentent de recycler les mêmes gimmicks sans y apporter la moindre patte personnelle.

Forgive Me Father
Un FPS d'horreur rétro sombre situé dans un monde de style bande dessinée inspiré par les romans de H.P. Lovecraft. En tant que seul à posséder tous vos sens, vous commencez un voyage à la recherche de réponses et de soulagement. Combien de temps pouvez-vous tenir ?
Sortie : 26 octobre 2021
Genres : FPS, Horreur, Shooter
Plateformes : PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), Xbox One, Nintendo Switch
Durée moyenne : 5-8 h
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