Test du jeu There Is No Game: Wrong Dimension

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There Is No Game: Wrong Dimension est un jeu d’aventure point-and-click méta, sorti le 6 août 2020 sur PC (Steam), puis décliné sur Switch, iOS et Android, développé et publié par le studio français Draw Me A Pixel, mené par Pascal Cammisotto (alias KaminkaGames). À l’origine une simple game jam de 2015 devenue culte, ce concept improbable s’est transformé en aventure complète. Le principe ? Un narrateur tente désespérément de vous convaincre qu’il n’y a aucun jeu ici, qu’il faut partir. Forcément, vous faites tout l’inverse. Et c’est de cette tension absurde que naît l’un des jeux les plus inventifs et drôles de ces dernières années. J’étais mort de rire en quelques minutes. Le premier épisode, sorti en 2017, avait déjà posé les bases de ce dialogue de sourds entre le joueur et son propre jeu ; cette suite reprend l’idée et la pousse encore plus loin, avec des moyens de production nettement supérieurs et une ambition narrative qui dépasse largement le simple gag répété.

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  • Qu'est-ce que 'There Is No Game: Wrong Dimension' ?C'est un jeu d'aventure point-and-click méta développé par le studio français Draw Me A Pixel. Sorti le 6 août 2020 sur PC (Steam), il est ensuite devenu disponible sur Switch, iOS et Android. Le concept original provient d'une game jam de 2015 transformée en aventure complète où un narrateur tente de vous convaincre qu'il n'y a pas de jeu, tandis que vous faites le contraire.
  • Comment fonctionne le gameplay de There Is No Game ?Le gameplay casse constamment le quatrième mur : vous cliquez partout, détournez les éléments de l'interface, manipulez les menus et le bureau lui-même. Le narrateur vous met des bâtons dans les roues à chaque instant. Chaque chapitre réinvente totalement ses mécaniques, passant d'un pastiche de point-and-click rétro à une parodie de jeu mobile free-to-play ou faux RPG, avec des énigmes malignes mais justes.
  • Quel est le style graphique et sonore du jeu ?Le jeu est un véritable caméléon stylistique : il change d'identité graphique à chaque chapitre pour parodier différents genres, du pixel art rétro au style clinquant du mobile. La bande-son suit le même principe avec des pastiches musicaux précis. Techniquement, c'est irréprochable, fluide sur toutes les plateformes et particulièrement adapté aux versions tactiles (Switch, mobile).
  • Pourquoi ce jeu est-il considéré comme spécial malgré son humour ?Bien que drôle et satirique, le jeu cache une vraie tendresse pour le médium vidéoludique et une émotion sincère en fin de parcours. Derrière la parodie des codes du jeu vidéo et des travers de l'industrie (microtransactions, suites paresseuses), la relation entre le joueur et le narrateur développe une profondeur inattendue, ce qui rend le jeu à la fois hilarant et touchant.

Un gameplay qui brise le quatrième mur avec génie

Difficile de décrire le gameplay sans gâcher la surprise, car tout le sel du jeu réside dans ses surprises permanentes. On clique partout, on détourne les éléments de l’interface, on triture les menus, les sauvegardes, le bureau lui-même. Le narrateur, hilarant et de mauvaise foi, met des bâtons dans les roues à chaque instant. Chaque chapitre réinvente totalement ses mécaniques : un instant on est dans un pastiche de point-and-click rétro, l’instant d’après dans une parodie de jeu mobile free-to-play ou un faux RPG. L’inventivité est constante, les énigmes sont malignes sans jamais être injustes, et le rythme ne faiblit presque jamais. Le jeu prend même soin de proposer des indices contextuels discrets pour les joueurs bloqués, sans jamais casser l’immersion méta ni donner l’impression de brader la difficulté. C’est une masterclass d’écriture interactive qui se moque autant des codes du jeu vidéo que de vous, joueur. Certains passages demandent carrément de sortir du cadre du jeu lui-même, de fouiller ailleurs sur son ordinateur ou de manipuler des éléments qu’on ne s’attendrait jamais à voir sollicités dans une aventure vidéoludique, et la première fois que ce genre de rupture survient, l’effet de surprise est total. Le rythme des révélations est particulièrement bien dosé : jamais deux idées de gameplay ne se ressemblent d’un chapitre à l’autre, et le jeu prend un malin plaisir à désamorcer les attentes qu’il vient tout juste de créer.

Capture d'écran du chapitre parodiant un RPG rétro en pixel art, avec un personnage au centre d'une clairière verdoyante et une interface mobile visible
Capture d'écran de There Is No Game: Wrong Dimension montrant une ruelle nocturne style point-and-click avec l'interface méta caractéristique du jeu
Capture d'écran de There Is No Game : Wrong Dimension montrant une parodie de jeu mobile intitulée Atomic Cucumber, avec un chat pixel art sur une grille violette
Capture d'écran de There Is No Game: Wrong Dimension montrant les tuiles "THERE NO" en cours de formation, illustrant le concept méta du jeu

Un univers méta bourré d’esprit et de références

Tout l’univers est un terrain de jeu pour la satire vidéoludique. Draw Me A Pixel s’amuse à parodier des genres entiers, à pasticher des sagas célèbres, à se moquer des travers de l’industrie (les microtransactions, les suites paresseuses, les clones). Mais derrière l’humour se cache une vraie tendresse pour le médium, et même, dans la dernière ligne droite, une émotion sincère qu’on ne voyait pas venir. La relation qui se tisse entre vous et le narrateur prend une profondeur inattendue. C’est rare qu’un jeu aussi drôle parvienne aussi à toucher, et le contraste entre l’absurdité assumée des premiers chapitres et la sincérité de cette conclusion rend l’ensemble encore plus mémorable, un peu comme si le jeu avait passé plusieurs heures à désamorcer nos défenses avant de nous cueillir au moment où on s’y attend le moins. Le doublage anglais est excellent, et la localisation française tient parfaitement la route. Le narrateur reste le grand triomphe de l’écriture : sa mauvaise foi permanente, ses tentatives de plus en plus désespérées pour vous faire quitter le jeu, et sa manière de commenter vos moindres actions créent une complicité assez unique dans le médium, où l’antagoniste principal n’est autre que la voix off elle-même. Certains clins d’œil à des licences bien connues du grand public sont si bien amenés qu’ils fonctionnent aussi bien pour le joueur occasionnel que pour le vétéran capable d’en saisir la moindre référence cachée.

Graphismes et ambiance sonore : un caméléon stylistique

Visuellement, le jeu n’a pas de style unique, et c’est voulu : il change d’identité graphique à chaque chapitre pour coller à ce qu’il parodie, du pixel art rétro au clinquant criard du mobile. Cette versatilité est un régal et sert le propos. La bande-son suit le même chemin, multipliant les pastiches musicaux avec une justesse impressionnante. Techniquement, c’est irréprochable, fluide sur toutes les plateformes, et particulièrement à l’aise en version tactile sur mobile et Switch, où les contrôles ont visiblement été repensés plutôt que simplement adaptés d’un portage paresseux. Un travail d’orfèvre indé. On sent que chaque pastiche graphique a été traité avec le même soin que s’il s’agissait d’un jeu à part entière, plutôt que d’une simple caricature rapide : les palettes de couleurs, les animations et même les défauts volontairement imités (aliasing grossier, effets de particules criards) collent parfaitement au genre visé à chaque instant. Les interfaces parodiées, qu’il s’agisse d’un launcher Steam factice ou d’une boutique de microtransactions mobile, sont d’un réalisme troublant qui renforce encore l’humour par contraste avec l’absurdité de la situation.

Points forts

  • Concept méta génial, brisant le quatrième mur sans cesse
  • Écriture et humour d’une finesse rare
  • Inventivité constante, chaque chapitre se réinvente
  • Une émotion sincère en fin de parcours
  • Doublage et localisation FR de qualité

Points faibles

  • Durée de vie courte (4 à 5 heures)
  • Quelques énigmes un peu obscures
  • Le concept, par nature, ne fonctionne qu’une fois

Mon avis

There Is No Game: Wrong Dimension est une petite pépite comme on en croise trop rarement. Pascal Cammisotto et son équipe transforment une idée de game jam absurde en une aventure d’une intelligence et d’une générosité folles. C’est drôle du début à la fin, constamment surprenant, et la dernière heure m’a sincèrement ému, ce que je n’attendais absolument pas d’un jeu aussi déconnant. Ce basculement final fonctionne justement parce que tout ce qui précède l’a préparé sans qu’on s’en rende compte : sous les blagues méta et les pastiches en cascade, une vraie réflexion sur ce qui fait qu’on aime jouer, et sur la relation particulière qu’on tisse avec un jeu qui semble avoir conscience d’exister, se dessine peu à peu. Oui, c’est court, et oui, le concept ne se savoure pleinement qu’une seule fois, faute de surprise au second passage. Mais l’expérience est tellement unique, tellement maline, qu’elle mérite amplement le détour. Pour le prix d’un menu fast-food, vous vivrez l’un des moments les plus rafraîchissants du jeu vidéo indé. Une fierté française qu’il faut soutenir, d’autant que le studio a mis plusieurs années à peaufiner cette suite plutôt que de se précipiter pour capitaliser sur le succès du premier épisode, et ce temps investi se ressent dans la densité des idées comme dans le soin apporté à chaque transition. Que vous découvriez la licence pour la première fois ou que vous ayez adoré le premier épisode, cette suite se savoure sans prérequis, chaque référence au précédent volet étant amenée avec suffisamment de contexte pour ne perdre personne en route, tout en récompensant les fidèles par des clins d’œil bien sentis. Foncez, et surtout, ne partez pas quand on vous dit qu’il n’y a pas de jeu : c’est précisément quand on vous répète qu’il n’y a rien à voir ici que l’aventure commence vraiment.

There Is No Game: Wrong Dimension

There Is No Game: Wrong Dimension

There is no game: Wrong dimension est une aventure comique en Point&Click (et uniquement en Point&Click !) qui vous entraînera dans un voyage que vous n'aviez jamais demandé à faire, à travers des univers vidéoludiques absurdes et inattendus.Serez-vous capable de jouer le jeu pour trouver votre chemin vers la maison ? Nous pensons sincèrement que NON.

Sortie : 6 août 2020

Genres : Point & Click, Puzzle, Indé

Plateformes : Android, PC (Microsoft Windows), iOS, Mac, Nintendo Switch

Durée moyenne : 5 h

Note du jeu : There Is No Game: Wrong Dimension

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8

Où acheter le jeu :

Kinguin.net

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