Test du jeu Pronty
Pronty: Mystères des Profondeurs est le plateforme-aventure sous-marin de 18Light Game, sorti le 19 novembre 2021 sur PC à 14,99 €. Le joueur y guide Pronty et son partenaire Javelin, chargés de défendre les vestiges de la grande cité engloutie de Royla contre des créatures marines mutantes, dans une exploration verticale des profondeurs océaniques. Le cadre est rare pour le genre: la plupart des metroidvanias construisent leur carte sur un plan horizontal ou en grappe de zones connectées, quand Pronty organise l’essentiel de sa progression autour d’un seul axe, celui qui plonge toujours plus profond dans l’océan. C’est cette contrainte de mise en scène, plus que le scénario de la cité engloutie, qui donne au jeu sa personnalité et qui justifie qu’on s’y attarde malgré une exécution par ailleurs assez classique.
- Quel est le concept principal qui différencie Pronty des autres metroidvanias ?Pronty se distingue par son organisation verticale autour d'un seul axe de progression qui plonge toujours plus profond dans l'océan, contrairement aux metroidvanias classiques qui construisent leur carte sur un plan horizontal ou en grappe de zones connectées. Cette verticalité change la lecture de la carte et donne au jeu une identité visuelle rafraîchissante.
- Quand et à quel prix Pronty: Mystères des Profondeurs est-il sorti ?Pronty: Mystères des Profondeurs est sorti le 19 novembre 2021 sur PC au prix de 14,99 €. Le jeu a été développé par 18Light Game.
- Quel est le rôle du Javelin Bront dans le gameplay ?Le Javelin Bront est le compagnon de Pronty qui sert à la fois d'arme de mêlée au combat et d'outil pour débloquer des passages secrets lors de l'exploration. Sa polyvalence encourage à revisiter les zones déjà traversées une fois de nouvelles capacités débloquées, sans multiplier inutilement les gadgets.
- Comment le jeu gère-t-il la mécanique de profondeur océanique ?Bien que le jeu joue sur la pression psychologique de s'enfoncer toujours plus profond sous la surface, il n'impose aucune mécanique de survie réelle. Il n'y a pas d'oxygène à gérer ni de pression écrasante : la descente reste avant tout un principe d'organisation du monde, permettant de se concentrer sur l'exploration et le combat.
- Une exploration verticale typique du metroidvania
- Bront le Javelin, un compagnon de combat polyvalent
- Une difficulté franchement impitoyable, assumée par le jeu
- Des mécaniques parfois mal expliquées au joueur
- Une durée de vie honnête pour le format
- Graphismes et ambiance sonore
- Points forts
- Points faibles
- Mon avis
- Pronty
Une exploration verticale typique du metroidvania
La cité engloutie de Royla se découvre par paliers successifs, chaque nouvelle capacité acquise ouvrant l’accès à des zones plus profondes auparavant inaccessibles. Cette structure classique du metroidvania, appliquée ici à un environnement sous-marin plutôt qu’à un monde terrestre habituel, offre une identité visuelle rafraîchissante au genre. La verticalité change concrètement la lecture de la carte: repérer un raccourci ne consiste plus à mémoriser un couloir latéral mais à situer une strate de profondeur, ce qui demande un temps d’adaptation pour les habitués du genre plus horizontal. Le jeu joue aussi sur la pression que peut inspirer l’idée de s’enfoncer toujours plus loin sous la surface, mais évite de la transformer en mécanique de survie au sens propre — pas d’oxygène à gérer, pas de pression qui écrase le joueur. La descente reste avant tout un principe d’organisation du monde, pas une contrainte de gameplay supplémentaire, ce qui permet de se concentrer sur l’exploration et le combat sans jongler avec une jauge de plus.



Bront le Javelin, un compagnon de combat polyvalent
Le Javelin Bront accompagne Pronty au combat comme dans l’exploration, servant à la fois d’arme de mêlée et d’outil pour débloquer des passages secrets dans les profondeurs. Cette polyvalence entre combat et exploration, centrale au game design, encourage à revisiter les zones déjà traversées une fois de nouvelles capacités débloquées. Le principe n’a rien d’inédit dans le genre, mais il fonctionne ici parce que le Javelin reste lisible: chacune de ses évolutions ouvre une utilisation nouvelle et clairement identifiable, sans multiplier les gadgets au point de perdre le joueur dans un inventaire de capacités qu’il ne saurait plus mobiliser à bon escient. L’arme sert aussi de repère narratif, puisque c’est autour de ce duo que se construit l’essentiel des quelques scènes qui ponctuent l’aventure. Sur le plan du combat pur, le rythme reste soutenu mais évite de verser dans la surenchère: la plupart des affrontements courants se résolvent en quelques échanges, ce qui laisse la vraie difficulté aux rencontres plus marquées, notamment les boss.
Une difficulté franchement impitoyable, assumée par le jeu
Les affrontements contre les créatures mutantes des profondeurs, et particulièrement les combats de boss, exigent une maîtrise précise des patterns ennemis sans grande marge d’erreur. Cette difficulté très relevée, revendiquée par les joueurs les plus assidus du jeu, rebutera cependant ceux qui cherchent un metroidvania plus accessible. Le jeu ne propose aucun réglage de difficulté, aucune option pour alléger la pression des affrontements les plus exigeants: c’est un choix de studio assumé, cohérent avec l’identité du titre, mais qui ferme la porte à une partie du public. Les points de sauvegarde, suffisamment nombreux pour éviter la frustration pure, permettent tout de même de retenter un boss sans revivre à chaque fois un long trajet de retour, ce qui atténue en partie l’exigence du contenu. Reste que l’absence quasi totale de mécanisme d’assistance place Pronty clairement du côté des jeux qui demandent un vrai investissement en temps et en patience avant d’en tirer satisfaction.
Des mécaniques parfois mal expliquées au joueur
Certaines mécaniques clés, notamment liées à l’utilisation avancée du Javelin, restent parfois mal expliquées par un didacticiel trop succinct, obligeant à expérimenter par tâtonnement plutôt que par compréhension claire des règles. Ce manque de pédagogie, combiné à la difficulté générale du jeu, peut frustrer sans raison légitime liée au défi lui-même. Le problème n’est pas la complexité des systèmes en eux-mêmes, plutôt limités, mais la façon dont ils sont présentés: une capacité peut débloquer une nouvelle interaction avec le décor sans qu’aucun indice visuel ne la signale clairement, ce qui pousse à revisiter systématiquement chaque zone au petit bonheur plutôt que sur la foi d’une indication du jeu. Cette faiblesse de communication touche aussi certains éléments de décor, difficiles à distinguer d’un simple fond visuel dans un environnement déjà chargé de détails sous-marins. Un didacticiel plus généreux, quelques infobulles contextuelles supplémentaires, auraient suffi à corriger l’essentiel du problème sans dénaturer l’exigence globale du titre.
Une durée de vie honnête pour le format
Comptez une dizaine d’heures pour boucler l’essentiel de l’aventure principale, un peu plus si vous cherchez à explorer chaque recoin de Royla et à récupérer les objets optionnels disséminés dans les strates les plus profondes. Ce format reste dans la moyenne haute du genre metroidvania indépendant, mais évite de chercher à artificiellement gonfler son contenu par du remplissage. La rejouabilité, elle, tient surtout à la difficulté des affrontements de fin de parcours: peu de joueurs relanceront une partie complète une fois le générique passé, mais beaucoup reviendront affiner leur maîtrise des derniers boss avant de considérer le jeu comme réellement terminé. Pour un titre vendu à un tarif modeste, ce rapport entre contenu et prix reste tout à fait raisonnable, d’autant que la structure verticale garantit qu’on ne revoit jamais deux fois exactement le même décor sous le même angle.
Graphismes et ambiance sonore
Les profondeurs de Royla, entre ruines englouties et faune marine mutante colorée, proposent une direction artistique originale qui distingue clairement le jeu de ses concurrents terrestres. La bande-son aquatique et enveloppante accompagne bien l’exploration mais évite de surcharger l’atmosphère sous-marine. Le travail sur les silhouettes ennemies mérite d’être souligné: chaque créature mutante se distingue suffisamment de ses voisines pour que le joueur apprenne à anticiper son comportement au premier coup d’œil, un point important dans un jeu qui repose autant sur la lecture des patterns. Les effets de lumière filtrant à travers l’eau, plus présents dans les zones les moins profondes, contrastent efficacement avec l’obscurité progressive des strates les plus basses, renforçant l’impression de descente tout au long de la partie. Sur le plan sonore, le jeu évite l’écueil d’une boucle musicale trop envahissante en privilégiant des nappes discrètes, laissant la place aux bruitages de combat pour porter l’essentiel de la tension.
Points forts
- Une exploration verticale rafraîchissante en milieu sous-marin
- Bront le Javelin, un compagnon polyvalent entre combat et exploration
- Une direction artistique originale qui distingue le jeu du genre
Points faibles
- Une difficulté franchement impitoyable qui rebutera certains joueurs
- Des mécaniques parfois mal expliquées par le didacticiel
- Des combats de boss qui exigent une maîtrise sans grande marge d’erreur
Mon avis
Pronty propose une exploration sous-marine rafraîchissante pour le genre metroidvania, portée par un compagnon de combat polyvalent et bien pensé. La verticalité de sa carte n’est pas un simple habillage: elle change réellement la façon dont on planifie ses trajets et dont on mémorise les raccourcis, et c’est suffisant pour donner au jeu une identité propre dans un genre où les recettes se ressemblent souvent beaucoup.
Sa difficulté impitoyable et ses mécaniques parfois mal expliquées demandent une vraie patience pour apprécier pleinement l’expérience. Ce n’est pas tant l’exigence des combats qui pose problème — elle est cohérente avec l’identité revendiquée du titre — que le flou qui entoure certaines interactions avec le décor, un flou qui aurait pu être levé par un didacticiel un peu plus généreux sans rien retirer au défi proposé.
La direction artistique et l’ambiance sonore font le reste du travail: sans chercher l’éclat technique, le jeu construit un cadre cohérent, où chaque strate de profondeur a sa propre identité visuelle, et où la tension monte progressivement à mesure que la lumière se raréfie. C’est un soin qu’on retrouve rarement à ce niveau de budget, et qui compense en partie les faiblesses de pédagogie évoquées plus haut.
Pour une dizaine d’heures et un tarif modeste, Pronty tient ses promesses auprès des amateurs de metroidvania exigeants, prêts à composer avec quelques frustrations de lisibilité pour profiter d’un cadre sous-marin rarement exploré à ce point dans le genre. Les joueurs cherchant une introduction plus douce dans le genre, en revanche, trouveront sans doute ailleurs un titre plus accueillant.
Un metroidvania sous-marin impitoyable, qui gagnerait à mieux expliquer ses propres règles.

Pronty
Pronty: Fishy Adventure est un jeu d'action-aventure se déroulant dans une ville sous-marine futuriste. Afin de protéger la cité des profondeurs - Royla, commandez votre partenaire javelot pour combattre des poissons mutants féroces issus des déchets, et démêlez les mystères cachés derrière cette nouvelle Atlantide.
Sortie : 18 novembre 2021
Genres : Metroidvania, Open World, Plateforme
Plateformes : PC (Microsoft Windows), Nintendo Switch
Durée moyenne : 6-8 h
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