Test du jeu Vampire: The Masquerade – Swansong

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Vampire: The Masquerade – Swansong est un RPG narratif d’enquête et de dialogues, sorti le 19 mai 2022 sur PC, PS4, PS5, Xbox One et Xbox Series, puis sur Nintendo Switch en septembre 2023. Développé par le studio bordelais Big Bad Wolf, filiale de Cyanide à qui l’on doit déjà The Council, et édité par Nacon, il vous plonge dans le Monde des Ténèbres et les règles de la cinquième édition du célèbre jeu de rôle sur table. Vous y incarnez tour à tour trois vampires de la Camarilla de Boston, Galeb, Emem et Leysha, chargés d’enquêter sur une série d’attaques qui menace de faire tomber le voile de la Mascarade. Le concept, axé sur l’investigation et les choix, est séduisant pour les fans de l’univers. L’exécution, elle, souffle le chaud et le froid. C’est un jeu qui assume pleinement sa filiation avec le jeu de rôle sur table, jusque dans sa structure en chapitres et ses fiches de personnage détaillées, une approche qui tranche nettement avec la plupart des productions vampiriques plus orientées action.

masquerFAQ : Rogueh vous répond
  • Quelles sont les plateformes de sortie de Vampire: The Masquerade – Swansong ?Le jeu est sorti le 19 mai 2022 sur PC, PS4, PS5, Xbox One et Xbox Series, puis sur Nintendo Switch en septembre 2023. Il a été développé par Big Bad Wolf (filiale de Cyanide) et édité par Nacon.
  • Quel est le concept principal du gameplay de Swansong ?Swansong est un RPG narratif d'enquête et de dialogues centré sur l'investigation, les choix et la gestion de ressources. Les joueurs incarnent tour à tour trois vampires de la Camarilla de Boston (Galeb, Emem et Leysha) et doivent enquêter sur des attaques menaçant de révéler l'existence des vampires. Le système repose sur la personnalisation des fiches de personnage, les confrontations verbales et la gestion de la Faim.
  • Comment fonctionne le système de progression des personnages ?Chaque protagoniste dispose d'une fiche de personnage personnalisable où l'on investit des points dans diverses compétences : persuasion, informatique, science et disciplines vampiriques. Ces investissements débloquent de nouvelles options de dialogue et d'interaction avec l'environnement, offrant une grande flexibilité narrative où l'échec n'est jamais un game over mais une bifurcation de l'histoire.
  • Quels sont les points forts et faibles de Swansong selon la critique ?Points forts : une grande flexibilité narrative, une ambiance gothique fidèle au Monde des Ténèbres, une bonne alternance entre trois protagonistes distincts, et un système de Faim bienvenu. Points faibles : une écriture en demi-teinte avec des dialogues manquant de mordant, un game design parfois brouillon, des énigmes inégales, et une production techniquement honnête mais datée qui ne sublime pas l'univers original.

Un gameplay d’enquête et de choix riche mais inégal

Swansong s’éloigne résolument de l’action pour embrasser un gameplay d’aventure narrative centré sur l’investigation, le dialogue et la gestion de ressources. Chacun des trois protagonistes dispose d’une fiche de personnage à personnaliser, où l’on investit des points dans la persuasion, l’informatique, la science ou les disciplines vampiriques, débloquant ainsi de nouvelles options de dialogue et d’interaction avec l’environnement. Les confrontations verbales, sous forme de joutes où l’on dépense de la volonté et des pouvoirs, constituent le cœur tendu de l’expérience. Le système de Faim ajoute une couche de gestion bienvenue, obligeant à doser sa soif sans risquer de sombrer dans la frénésie. La grande force du jeu, c’est sa flexibilité narrative : les scénarios offrent une vraie souplesse, et l’échec d’une approche n’est jamais un game over mais une bifurcation. Une scène d’interrogatoire ratée, par exemple, ne bloque jamais la progression : elle réoriente simplement l’enquête vers une autre piste, avec ses propres conséquences sur la suite du récit. Le souci, c’est un game design parfois brouillon, des énigmes inégales et une rigidité dans certaines mécaniques qui casse le rythme. Les phases d’exploration environnementale, en particulier, souffrent d’une caméra parfois peu lisible et d’interactions qui manquent de clarté visuelle. Les disciplines vampiriques, propres à chaque personnage, apportent heureusement une bonne dose de variété : la télépathie d’un protagoniste ou la force surhumaine d’un autre ouvrent des solutions de contournement différentes face à un même obstacle narratif, ce qui encourage à explorer plusieurs approches d’une même scène. C’est ambitieux, mais loin d’être toujours fluide.

Scène d'enquête dans Swansong : un appartement ravagé, murs criblés de balles, télévision brisée et traces de sang visibles
Capture in-game de Vampire: The Masquerade – Swansong montrant deux personnages face à face sous un éclairage vert inquiétant
Scène d'enquête de Vampire: The Masquerade – Swansong : une silhouette se tient près d'un cadavre ensanglanté et d'un cône de preuves criminalistiques

Un univers gothique fidèle mais une écriture en demi-teinte

Pour les amoureux du Monde des Ténèbres, Swansong coche beaucoup de cases. Le jeu restitue fidèlement l’ambiance feutrée et politique de la Camarilla, ses intrigues de pouvoir, ses clans et ses codes, le tout dans un Boston nocturne crédible. L’idée d’alterner entre trois protagonistes aux personnalités et aux perspectives distinctes fonctionne bien et donne du relief à l’intrigue : Galeb, l’ancien soldat pragmatique, Emem, l’ancienne journaliste rusée, et Leysha, la psychologue manipulatrice, offrent chacun un regard différent sur les mêmes événements, ce qui enrichit sensiblement la compréhension globale de l’intrigue au fil des chapitres. Malheureusement, c’est sur l’écriture que le bât blesse. Si la trame générale tient la route, les dialogues manquent souvent de mordant, certains personnages secondaires sonnent creux, et l’ensemble peine à atteindre l’intensité dramatique qu’un tel univers appelle. On sent l’ambition et le respect du matériau d’origine, mais le souffle romanesque qui faisait la légende de Bloodlines n’est jamais vraiment au rendez-vous. Les enjeux politiques entre clans, pourtant au cœur du folklore de la Camarilla, restent parfois trop en surface pour véritablement happer le joueur, quand l’univers original regorge de nuances et de tensions qui auraient mérité davantage de place. Reste une aventure honnête, qui ravira les fans en manque de leur univers fétiche, sans pour autant le sublimer.

Graphismes et ambiance sonore : une production correcte mais datée

Techniquement, Swansong affiche un niveau de production honnête sans être marquant. Propulsé par l’Unreal Engine 4, le jeu propose des environnements soignés et une direction artistique gothique réussie, mais les modèles de personnages et les animations faciales accusent un certain retard, parfois rigides lors des longues séquences de dialogue qui constituent l’essentiel du jeu. Quelques soucis techniques et des temps de chargement généreux viennent ternir l’expérience par moments. Heureusement, l’ambiance sonore relève le niveau : la bande originale signée Olivier Deriviere, compositeur de talent, enveloppe l’aventure d’une atmosphère élégante et inquiétante qui colle parfaitement au ton du Monde des Ténèbres. Le doublage, correct, fait le travail sans transcender. Les décors intérieurs, appartements délabrés, clubs privés et arrière-boutiques louches, contribuent eux aussi à installer cette ambiance urbaine et nocturne propre à la licence, même si la variété des environnements traversés reste somme toute assez limitée. Le jeu de lumière, souvent tamisé et ponctué de néons colorés, renforce cette sensation d’un Boston vu à travers le prisme d’une existence vampirique, où chaque quartier nocturne semble cacher un secret. Au final, une réalisation fonctionnelle, qui sert son propos narratif sans jamais impressionner.

Points forts

  • Une grande flexibilité narrative, l’échec fait avancer l’histoire
  • Trois protagonistes distincts et un système de fiche bien pensé
  • Une restitution fidèle de l’univers de la Camarilla
  • Une excellente bande originale d’Olivier Deriviere

Points faibles

  • Une écriture inégale, loin de l’intensité de Bloodlines
  • Un game design brouillon et des énigmes inégales
  • Une réalisation technique datée (animations, chargements)
  • Un rythme parfois cassé par des mécaniques rigides

Mon avis

Vampire: The Masquerade – Swansong est un jeu de l’entre-deux, qui ne démérite pas mais ne convainc jamais totalement. Big Bad Wolf signe un RPG narratif ambitieux, porté par une vraie flexibilité dans ses scénarios et un profond respect de l’univers de Vampire: The Masquerade. Les fans du Monde des Ténèbres y trouveront de quoi se plonger dans une enquête dense, riche en choix et en intrigues de clans, portée par une bande-son de grande qualité. Mais le jeu se heurte trop souvent à ses propres limites : une écriture qui manque de panache, un game design inégal et une réalisation technique qui peine à convaincre. Ce n’est ni le grand RPG vampirique espéré ni le successeur de Bloodlines, mais une aventure correcte et sincère, qui parlera surtout aux passionnés de l’univers prêts à pardonner ses maladresses. Pour les autres, mieux vaut savoir à quoi s’attendre avant de signer son pacte de sang. Ceux qui abordent Swansong sans nostalgie particulière pour la licence risquent d’y trouver un rythme trop lent et des enjeux mal amenés, tandis que les connaisseurs du Monde des Ténèbres sauront apprécier à sa juste valeur le soin apporté à la reconstitution de cet univers si particulier. La possibilité de refaire l’aventure en explorant d’autres choix de dialogue et d’autres disciplines donne au jeu une certaine rejouabilité, à condition d’accepter de composer avec ses défauts de rythme d’une partie à l’autre. Au bout du compte, Swansong ressemble à une promesse tenue à moitié : suffisamment fidèle et sincère pour satisfaire un public déjà conquis par l’univers, mais trop timide dans son écriture pour convertir vraiment de nouveaux venus au mythe de la Camarilla.

Vampire: The Masquerade - Swansong

Vampire: The Masquerade - Swansong

Basé sur l'univers de jeu de rôle culte et développé par des spécialistes du genre, Vampire: The Masquerade – Swansong est un RPG narratif dans lequel chacun de vos choix détermine le destin des trois personnages principaux et de la Camarilla de Boston.

Sortie : 19 mai 2022

Genres : Simulation, Enquête, RPG

Plateformes : Xbox Series X|S, PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5, Xbox One, Nintendo Switch

Durée moyenne : 15-20 h

Note du jeu : Vampire: The Masquerade – Swansong

Scène de crime stylisée avec une silhouette debout, un corps au sol en costume et des éclaboussures de sang sur le mur, avec un cône de preuves orangeCapture d'écran 2 sur 3 du jeu Vampire: The Masquerade – Swansong — test et critique sur RogueH24Capture d'écran 1 sur 3 du jeu Vampire: The Masquerade – Swansong — test et critique sur RogueH24
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Où acheter le jeu :

Kinguin.net

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