Test du jeu Hellslave

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Hellslave est un dungeon crawler RPG dark fantasy au tour par tour, sorti le 26 mai 2022 sur PC (Steam et Epic Games Store), développé par le studio français Ars Goetia et publié par Dear Villagers (PID Games) et Gamersky Games. Le monde touche à sa fin, l’humanité vacille au bord de l’extinction, et pour repousser l’invasion démoniaque vous n’avez qu’une option : pactiser avec le Diable lui-même et vouer votre âme à l’un des six démons. Inspiré de Milton et de l’imagerie dark fantasy la plus poisseuse, Hellslave assume son ambiance crasseuse et désespérée. Un petit jeu de niche, clairement, mais qui a de la personnalité à revendre. Le nom du studio, Ars Goetia, référence directement un grimoire de démonologie du XVIIe siècle listant soixante-douze démons invocables, et ce goût prononcé pour l’occultisme sérieux se ressent à chaque page du bestiaire comme dans la manière dont le récit traite le pacte diabolique, jamais comme un simple prétexte de gameplay mais comme le cœur thématique de toute l’expérience.

masquerFAQ : Rogueh vous répond
  • Qu'est-ce que Hellslave et sur quelles plateformes est-il disponible ?Hellslave est un dungeon crawler RPG dark fantasy au tour par tour développé par le studio français Ars Goetia et publié par Dear Villagers et Gamersky Games. Le jeu est sorti le 26 mai 2022 sur PC, disponible sur Steam et Epic Games Store.
  • Quel est le concept principal du gameplay de Hellslave ?Hellslave combine l'exploration en vue première personne avec des combats tactiques au tour par tour. Le joueur explore une carte du monde en vue top-down, plonge dans les donjons, et chaque combat devient un puzzle stratégique où il faut créer des synergies de compétences. Le système de pacte avec six démons différents offre une grande variété de classes et d'approches, avec un système de craft pour personnaliser son personnage.
  • Qu'est-ce qui fait l'originalité de l'univers de Hellslave ?Hellslave se distingue par son atmosphère dark fantasy crépusculaire et désespérée, inspirée de Milton et de l'imagerie dark fantasy la plus sombre. Le concept central du pacte avec le Diable qui « déteint » sur le personnage est thématiquement réussi. Malgré un récit qui n'est pas parfait, le ton constant et oppressant donne au jeu une identité forte et remarquable pour une production indépendante.
  • Comment sont les graphismes et l'ambiance sonore de Hellslave ?Hellslave privilégie la direction artistique dessinée à la main, style planche de comic book sombre, avec du gore et des créatures cauchemardesques qui collent au propos. La bande-son accompagne intelligemment l'immersion. Cependant, le jeu pèche sur le confort avec une interface peu pédagogue, des mécaniques mal expliquées, et une navigation de carte basique qui rend la détection des lieux d'intérêt pénible.

Un gameplay tactique exigeant et satisfaisant

Sur le fond, Hellslave c’est un dungeon crawler en vue première personne couplé à des combats au tour par tour vraiment tactiques. On explore une carte du monde façon top-down, on plonge dans les donjons, et chaque affrontement devient un puzzle où il faut empiler les bonnes synergies de compétences pour écraser l’adversaire, en tenant compte de la position de chaque ennemi sur la ligne de front comme de leurs résistances élémentaires propres. Et là, le jeu surprend : la profondeur de build est énorme. Le système de pacte avec les six démons ouvre une grosse variété de classes et d’approches, et le craft permet de peaufiner son perso (attention, certaines recettes sont ratables, j’ai un peu pesté là-dessus, faute d’un système de sauvegarde des ingrédients suffisamment clair pour éviter les mauvaises surprises). Les comparaisons avec Darkest Dungeon ou Iratus reviennent souvent, et c’est mérité dans l’esprit, même si Hellslave conserve sa propre identité mécanique grâce à cette vue à la première personne dans les donjons qui renforce le sentiment d’exploration hostile, plutôt qu’une simple carte abstraite qu’on parcourt de case en case. C’est exigeant, parfois punitif, mais quand une compo de sorts s’enclenche parfaitement, c’est jouissif, et procure exactement ce genre de satisfaction propre aux dungeon crawlers tactiques bien construits, où la préparation en amont du combat compte presque autant que les décisions prises pendant celui-ci. Les six pactes démoniaques ne se contentent d’ailleurs pas d’offrir des bonus de statistiques différents : chacun impose une philosophie de jeu propre, certains poussant vers l’agressivité pure quand d’autres récompensent la patience et le contrôle de zone, ce qui donne une vraie raison de relancer une partie avec une approche radicalement différente plutôt que de simplement recycler la même stratégie gagnante.

Vue de la carte d'un donjon dans Hellslave, avec l'interface de jeu affichant les compétences, la santé et l'or du personnage
Interface d'inventaire de Hellslave montrant le personnage Chaddard avec ses statistiques, son équipement et ses compétences au niveau 1
Capture d'écran de Hellslave montrant l'exploration d'un village médiéval sombre avec la Forge accessible, en vue isométrique dessinée à la main

Un univers dark fantasy poisseux et inspiré

C’est clairement le gros point fort du jeu. Hellslave baigne dans une atmosphère crépusculaire, une fin du monde où l’humain doit s’allier au Mal pour survivre, quitte à se perdre lui-même. Le récit n’est pas un chef-d’œuvre d’écriture, mais le ton est constant, oppressant, et le concept du pacte qui « déteint » sur ton personnage est franchement réussi sur le plan thématique. On sent les influences littéraires assumées, et ça donne au jeu une identité que beaucoup de productions bien plus grosses n’ont pas, préférant trop souvent la dark fantasy générique et sans risque à une vision d’auteur affirmée comme celle-ci. Pour un studio indé de cette taille, c’est remarquable. Chaque zone traversée porte sa propre variation sur ce thème général de la déchéance : villages désertés où ne subsistent que des cultes désespérés, forêts corrompues par une influence infernale rampante, cathédrales profanées où le sacré et le démoniaque finissent par se confondre entièrement. Cette cohérence thématique de bout en bout est rare pour une production de cette envergure, et elle donne l’impression d’un univers pensé dans son ensemble plutôt que bricolé zone par zone.

Graphismes et ambiance sonore : le style avant la technique

Visuellement, Hellslave mise tout sur sa direction artistique dessinée à la main, façon planche de comic book sombre. C’est crade dans le bon sens du terme, plein de gore et de créatures cauchemardesques, et ça colle parfaitement au propos, chaque portrait de démon semblant sorti d’une gravure du XIXe siècle qu’on aurait redessinée pour l’occasion. La bande-son accompagne intelligemment cette plongée aux Enfers et contribue beaucoup à l’immersion, avec des nappes graves qui montent en tension à l’approche d’un affrontement particulièrement dangereux plutôt que de simplement boucler un thème générique identique d’un bout à l’autre de l’aventure. Là où ça pèche, c’est sur le confort : l’interface manque de pédagogie, les mécaniques ne sont pas toujours bien expliquées, et la navigation sur la carte (un simple point qui se déplace) rend la détection des lieux d’intérêt pénible. Rien de rédhibitoire, mais on sent le budget limité sur ces aspects. Un patch venu ajouter un minimum de marqueurs ou de journal de quêtes plus détaillé serait bienvenu, tant certains objectifs secondaires se perdent facilement dans la masse d’informations textuelles que le jeu délivre sans grande hiérarchisation visuelle.

Points forts

  • Combats tactiques au tour par tour profonds et gratifiants
  • Énorme variété de builds via le système de pactes démoniaques
  • Ambiance dark fantasy poisseuse et très inspirée
  • Direction artistique dessinée à la main pleine de caractère
  • Bonne durée de vie (10-15h + New Game+)

Points faibles

  • Interface peu pédagogue, mécaniques mal expliquées
  • Navigation sur la carte du monde fastidieuse
  • Quelques crafts ratables qui frustrent les complétistes
  • Combats parfois répétitifs sur la longueur
  • Manque de finitions de confort (QoL)

Mon avis

Hellslave, c’est exactement le genre de jeu indé qui ne paie pas de mine et qui finit par t’accrocher. Derrière son budget modeste et ses rugosités de confort se cache un dungeon crawler tactique riche, à l’ambiance ultra travaillée, qui assume pleinement son identité dark fantasy. Ce n’est pas un jeu pour tout le monde : si vous détestez tâtonner pour comprendre les mécaniques ou que les combats au tour par tour vous ennuient, fuyez. En revanche, si vous appréciez l’idée de creuser vous-même les subtilités d’un système sans qu’un didacticiel omniprésent ne vous prenne par la main à chaque étape, cette absence de pédagogie devient presque une qualité plutôt qu’un défaut, dans la droite lignée d’une certaine école de RPG old-school qui faisait confiance à l’intelligence du joueur. Mais si vous avez aimé Darkest Dungeon et que vous cherchez une pépite sombre à petit prix, le pacte en vaut la peine, d’autant que le rapport quantité de contenu sur prix demandé se situe largement au-dessus de la moyenne du genre, surtout une fois qu’on prend en compte les multiples branches de pactes qui invitent à recommencer l’aventure sous un angle différent. Un vrai jeu d’auteur, sincère, qui mérite largement le détour, surtout qu’une suite (HellSlave II) arrive pour 2026 — l’occasion, pour ceux qui découvriraient la licence aujourd’hui, de se faire une opinion sur ce premier épisode avant que la comparaison avec son successeur ne devienne inévitable. On espère surtout que le studio conservera cette identité si particulière tout en corrigeant les quelques aspérités de confort relevées ici, car la base créative, elle, n’a clairement besoin d’aucune retouche. Petit budget, grande personnalité.

Hellslave

Hellslave

Empêchez l'horde de démons de déchaîner l'enfer sur ce monde dans ce Dungeon Crawler de dark fantasy. Combattez le feu par le feu, passez un marché avec le Diable et choisissez quel démon vénérer.

Sortie : 26 mai 2022

Genres : Stratégie, RPG

Plateformes : PC (Microsoft Windows)

Durée moyenne : 10 h

Note du jeu : Hellslave

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7

Où acheter le jeu :

Kinguin.net

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