Test du jeu Dwerve
Dwerve est un jeu d’action-aventure mêlant Tower Defense et Dungeon Crawler RPG, sorti le 31 mai 2022 sur PC (Steam), puis porté sur Nintendo Switch, Mac et Linux, développé par Half Human Games et publié par Half Human Games et Electronic Sheep Games. Vous incarnez un jeune nain bricoleur qui s’aventure dans un royaume en ruines pour y déterrer les technologies oubliées des anciens forgerons : tourelles et pièges, véritable arsenal mécanique hérité d’une civilisation aussi ingénieuse que disparue. Seules armes capables de repousser la Reine-Sorcière Vandra et ses hordes de trolls. Sur le papier, le mélange des genres est malin, et rare est le titre indé qui ose fusionner aussi frontalement deux genres a priori aussi éloignés l’un de l’autre. Sur la manette, c’est plus inégal qu’il n’y paraît. Le pitch a un petit côté artisanal qui colle bien à son héros bricoleur : on sent que le studio a voulu incarner littéralement, jusque dans le gameplay, cette idée du nain ingénieux qui compense la force brute par l’ingéniosité et la préparation, plutôt que de simplement lui coller une hache dans les mains comme dans n’importe quel autre action-RPG de fantasy.
- Qu'est-ce que Dwerve et quel est son concept principal ?Dwerve est un jeu d'action-aventure sorti le 31 mai 2022 qui fusionne Tower Defense et Dungeon Crawler RPG. Le concept central est original : vous incarnez un jeune nain bricoleur sans armes traditionnelles (épée, bouclier) qui doit poser des tourelles et des pièges en explorant des donjons pour repousser les hordes de trolls et affronter la Reine-Sorcière Vandra. Vous esquivez les vagues d'ennemis tandis que vos machines font le combat.
- Sur quelles plateformes Dwerve est-il disponible ?Dwerve a été initialement lancé sur PC via Steam le 31 mai 2022, puis porté sur Nintendo Switch, Mac et Linux. Le jeu est également Steam Deck Verified, ce qui signifie qu'il fonctionne parfaitement sur cette plateforme portable.
- Combien de temps faut-il pour comprendre le gameplay de Dwerve ?Le jeu demande une bonne demi-heure avant que la mécanique ne « clique » vraiment dans la tête du joueur. Tant qu'on n'a pas compris la logique des placements de tourelles et pièges, on peut se heurter à des difficultés. Une fois ce déclic passé, le gameplay devient franchement satisfaisant et addictif, notamment grâce à plus de 100 améliorations disponibles pour les différentes tourelles.
- L'histoire et l'univers de Dwerve sont-ils bien développés ?L'univers de Mount Crowcrest, la montagne des nains déchus, a du potentiel et du charme, avec une histoire de civilisation perdue et la menace de Vandra. Cependant, le scénario reste très en surface : les personnages sont attachants et l'écriture contient quelques touches d'humour, mais l'ensemble manque de profondeur et de rythme narratif. Le lore épique dwarven ne se déploie jamais totalement, et l'univers sert surtout de prétexte entre les phases de défense.
Un gameplay malin mais qui demande de la patience
L’idée centrale de Dwerve, c’est sa bonne trouvaille : pas d’épée, pas de bouclier. Vous posez des tourelles et des pièges en pleine exploration de donjon, puis vous esquivez les vagues d’ennemis pendant que vos machines font le sale boulot. C’est un mariage entre la stratégie du Tower Defense et le réflexe de l’action-RPG, et quand ça fonctionne, c’est franchement satisfaisant, un équilibre rarement tenté avec autant de constance sur toute la durée d’une campagne. Repousser une marée de trolls qui semblait ingérable, juste parce qu’on a placé le bon piège au bon endroit, ça procure un vrai plaisir, ce sentiment particulier d’avoir anticipé correctement une situation plutôt que de simplement l’avoir subie à coups de réflexes purs. Le système d’amélioration est généreux : plus de 100 enhancements répartis sur les différentes tourelles, de quoi orienter chaque partie vers un style bien précis, entre spécialisation dans les dégâts de zone ou concentration sur le contrôle des ennemis les plus coriaces. J’avoue, au début j’ai un peu galéré. Le jeu met une bonne demi-heure à « cliquer » dans la tête, et tant qu’on n’a pas pigé la logique des placements, on se prend des murs. Une fois le déclic passé, par contre, on accroche, et le rythme des donjons suivants s’enchaîne avec une fluidité qui contraste franchement avec la première heure un peu laborieuse. La difficulté reste en dents de scie, certains pics de challenge arrivent un peu de nulle part, en particulier lorsqu’un nouveau type de troll est introduit sans que le jeu prenne vraiment le temps d’expliquer son comportement avant de vous jeter directement dans le grand bain. Il faut alors souvent recommencer une salle deux ou trois fois avant de comprendre le bon agencement de tourelles à adopter, ce qui casse un peu le rythme sans pour autant rendre l’expérience insurmontable.



Un univers nain charmant mais sous-exploité
Mount Crowcrest, la montagne creuse où vivaient jadis les nains, a du cachet. L’histoire de cette civilisation déchue, des power stones et de la menace de Vandra a de bonnes bases. Le souci, c’est que le scénario reste très en surface. Les personnages sont attachants, l’écriture a quelques pointes d’humour sympas, mais l’ensemble manque de profondeur et de rythme narratif. On sent le potentiel d’un vrai lore dwarven épique qui ne se déploie jamais totalement, notamment autour de la chute de la civilisation naine et des raisons exactes qui ont poussé Vandra à se retourner contre son propre peuple, des pistes esquissées mais jamais réellement approfondies par des quêtes annexes dignes de ce nom. C’est dommage, parce que le cadre méritait mieux qu’une trame aussi linéaire. Disons que l’univers sert surtout de prétexte entre deux phases de défense. Quelques personnages secondaires rencontrés dans le hub central, notamment les autres survivants du clan qui vous confient des commandes d’équipement, auraient mérité davantage de scènes pour exister au-delà de leur simple fonction de vendeur de quêtes, tant leurs quelques répliques laissent entrevoir un potentiel comique et attachant qui reste largement sous-exploité sur la durée de l’aventure.
Graphismes et ambiance sonore : le charme du pixel art
Côté direction artistique, Dwerve assume pleinement son pixel art coloré et soigné. C’est lisible, c’est mignon, les animations des tourelles et des ennemis sont expressives, et l’ensemble tourne parfaitement, même sur des configs modestes (le jeu est d’ailleurs Steam Deck Verified). L’ambiance sonore fait le job sans marquer durablement : des thèmes corrects qui accompagnent l’action sans jamais vraiment se hisser au rang de moment mémorable, sans doute la dépense la plus sacrifiée d’un budget de développement forcément resserré pour un studio de cette taille. C’est propre, efficace, mais on n’en ressort pas avec une mélodie en tête. La palette de couleurs, parfois un peu terne dans les profondeurs du donjon, pourra rebuter ceux qui cherchent du pétaradant. Les effets visuels des pièges les plus avancés, en revanche, apportent un vrai plaisir de lecture au combat : on distingue clairement quelle tourelle inflige quel type de dégât, ce qui aide énormément à ajuster sa stratégie en pleine vague ennemie sans avoir à consulter un menu.
Points forts
- Un mariage Tower Defense / Dungeon Crawler vraiment original et satisfaisant
- Système d’amélioration des tourelles riche et profond
- Direction artistique pixel art soignée et lisible
- Excellente optimisation (Steam Deck Verified)
- Une dizaine d’heures de contenu pour un prix doux
Points faibles
- Scénario en surface, univers sous-exploité
- Courbe de difficulté irrégulière, pics frustrants
- Faible rejouabilité une fois la campagne terminée
- Ambiance sonore oubliable
- Trente bonnes minutes avant que le concept ne « clique »
Mon avis
Dwerve, c’est typiquement le genre de jeu indé qu’on n’attendait pas et qui surprend. Le concept est malin, l’exécution honnête, et pour 20 balles on en a clairement pour son argent. Mais soyons lucides : ce n’est pas un incontournable, et il ne cherche d’ailleurs jamais vraiment à le devenir, ce qui en soi n’est pas un défaut tant l’ambition affichée était claire dès le départ. Le scénario reste anecdotique, la difficulté part parfois en vrille, et une fois fini on n’a pas forcément envie d’y revenir. Si vous aimez le Tower Defense ou que vous cherchez une expérience différente sans vous ruiner, foncez, vous passerez un bon moment, d’autant que la courbe d’apprentissage un peu rude au départ finit toujours par payer une fois les bonnes habitudes de placement acquises. Si vous attendez un RPG narratif marquant, passez votre chemin. C’est un bon jeu, sincère, qui fait bien ce qu’il promet sans jamais prétendre révolutionner quoi que ce soit. Et parfois, c’est exactement ce qu’on demande. Le studio Half Human Games signait là son premier titre d’envergure, et cette prudence dans les ambitions narratives ressemble davantage à un choix budgétaire raisonnable qu’à un manque de talent créatif : la solidité du système de jeu principal, elle, ne trahit jamais un manque d’expérience. On suivra avec curiosité les prochains projets de cette petite équipe si le succès commercial de Dwerve leur permet de voir plus grand la prochaine fois, en particulier sur le plan de l’écriture, qui semble être le principal chantier à ouvrir pour une éventuelle suite.

Dwerve
Dwerve est un jeu d'action tower defense RPG à la Zelda où vous incarnez un bricoleur nain qui utilise des tourelles et des pièges pour combattre.
Sortie : 31 mai 2022
Genres : Stratégie, Puzzle, Indé
Plateformes : Xbox Series X|S, Linux, Android, PC (Microsoft Windows), iOS, PlayStation 5, Mac, Xbox One, Nintendo Switch
Durée moyenne : 11 h
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