Test du jeu RUINER
RUINER est l’action brutale cyberpunk de Reikon Games, sortie le 26 septembre 2017 sur PC à 19,50 €. Le joueur y incarne un motard masqué, la tête ornée d’un néon rouge clignotant affichant le mot « KILL », chargé de retrouver son frère kidnappé dans la ville tentaculaire de Rengkok, à travers des combats vus du dessus d’une brutalité constante. Le studio polonais, pour son tout premier jeu, livre un cyberpunk aussi violent que visuellement affirmé, où la mégacorporation Heaven Corp contrôle la ville d’une main de fer via des implants neuronaux capables de manipuler directement l’esprit de ses habitants. Le récit, distillé par bribes entre deux affrontements, s’articule autour d’une voix mystérieuse qui guide le héros à travers son casque, et dont l’identité réelle constitue l’un des rares fils narratifs du jeu.
- Qu'est-ce que RUINER et quand est-il sorti ?RUINER est un jeu d'action cyberpunk brutal développé par le studio polonais Reikon Games, sorti le 26 septembre 2017 sur PC au prix de 19,50 €. Le joueur y incarne un motard masqué équipé d'un néon rouge clignotant affichant « KILL » sur la tête, chargé de retrouver son frère kidnappé dans la ville de Rengkok.
- Quel est le système de combat principal de RUINER ?Le système de combat récompense l'agressivité constante en combinant des armes à feu, des capacités cybernétiques (dash, bouclier temporaire, onde de choc) et des combats rapprochés. Les capacités se rechargent rapidement et s'enchaînent naturellement, encourageant à alterner tactiques plutôt que de répéter une seule approche. Un arbre de compétences permet de personnaliser sa progression.
- Comment est structuré le récit de RUINER ?Le récit est distillé par bribes entre les affrontements et s'articule autour d'une voix mystérieuse qui guide le héros via son casque. L'identité réelle de cette voix constitue l'un des rares fils narratifs du jeu, tandis que la mégacorporation Heaven Corp contrôle la ville via des implants neuronaux manipulant l'esprit des habitants.
- Quelle est la direction artistique de RUINER ?RUINER se distingue par une esthétique cyberpunk très affirmée, saturée de néons roses et bleus avec des contrastes tranchés entre ombres profondes et enseignes lumineuses. Cette identité visuelle immédiatement reconnaissable est cohérente du premier au dernier niveau et marie ambition esthétique et lisibilité fonctionnelle pour un jeu d'action rapide.
- Un arsenal cybernétique qui récompense l’agressivité
- Une direction artistique néon qui marque durablement
- Une voix inconnue qui guide chaque pas dans Rengkok
- Des combats de boss qui exigent une vraie maîtrise
- Une durée de vie assez courte pour l’ensemble du récit
- Graphismes et ambiance sonore
- Points forts
- Points faibles
- Mon avis
- Ruiner
Un arsenal cybernétique qui récompense l’agressivité
Le héros dispose d’un arsenal varié d’armes à feu ramassées au sol et de capacités cybernétiques propres, du dash rapide au bouclier temporaire en passant par une onde de choc qui repousse les ennemis proches, qui récompensent une approche constamment agressive plutôt que prudente. Ces capacités se rechargent rapidement et s’enchaînent naturellement les unes aux autres, encourageant à alterner sans cesse entre corps-à-corps, esquive et tir plutôt qu’à se reposer sur une seule tactique répétée. Cette philosophie de jeu, proche de celle d’Hotline Miami dans son intensité et sa létalité immédiate, transforme chaque salle en un puzzle d’action à résoudre le plus rapidement possible, où mourir fait partie intégrante de l’apprentissage plutôt qu’une sanction pure. Un arbre de compétences permet en outre de personnaliser légèrement son approche durant la progression, en privilégiant par exemple la survie prolongée ou la puissance de frappe brute selon le style de jeu recherché. Cette combinaison entre réflexes purs et petite personnalisation stratégique donne au système de combat une profondeur qui dépasse la simple gâchette facile à laquelle le genre est parfois réduit.



Une direction artistique néon qui marque durablement
Les environnements de Rengkok, saturés de néons roses et bleus et de contrastes visuels tranchés entre ombres profondes et enseignes lumineuses, construisent une identité cyberpunk immédiatement reconnaissable dès les premières minutes de jeu. Cette esthétique très affirmée, rarement poussée aussi loin dans le genre à cette époque, distingue clairement le jeu de ses nombreux concurrents du même style visuel, portée par une direction artistique cohérente du premier au dernier niveau traversé. Les décors, bien que relativement statiques dans leur composition, exploitent intelligemment la palette de couleurs pour guider le regard du joueur vers les éléments interactifs au milieu du chaos visuel des affrontements. Cette lisibilité, essentielle dans un jeu d’action aussi rapide, prouve que Reikon Games a su marier ambition esthétique et exigence fonctionnelle en préservant les deux aspects, un équilibre pas toujours évident à tenir dans les productions cyberpunk les plus tape-à-l’œil du marché indépendant.
Une voix inconnue qui guide chaque pas dans Rengkok
Tout au long de l’aventure, le héros reste connecté à une voix mystérieuse qui s’exprime directement dans son casque, le guidant à travers les artères de Rengkok et commentant ponctuellement la situation dans laquelle il se trouve. Cette présence invisible, appelée simplement « Elle » par le protagoniste, distille peu à peu des indices sur sa véritable identité et sur les motivations profondes qui la poussent à aider un tueur masqué visiblement manipulé par des implants neuronaux qu’il ne contrôle pas totalement. Ce dispositif narratif, économe en dialogues mais efficace, permet au jeu de raconter une histoire suffisamment intrigante en préservant le rythme effréné des combats, sans longues cinématiques explicatives. La révélation progressive du lien entre cette voix et le passé du héros donne un sens rétrospectif à plusieurs éléments installés dès les premières minutes, une construction narrative habile pour un studio qui livrait alors son tout premier jeu commercial.
Des combats de boss qui exigent une vraie maîtrise
Les affrontements contre les boss, particulièrement exigeants en termes de pattern et de timing, demandent une maîtrise précise de l’ensemble des capacités débloquées durant la progression plutôt qu’une simple accumulation de dégâts bruts. Chaque boss impose ses propres règles d’engagement, obligeant à repenser entièrement son approche plutôt qu’à appliquer mécaniquement la stratégie qui fonctionnait sur les ennemis standards rencontrés jusque-là. Cette difficulté relevée, cohérente avec le ton punitif et la létalité générale du jeu, récompense généreusement la persévérance des joueurs les plus ténaces, chaque victoire contre un boss procurant une satisfaction rarement égalée dans le reste de l’aventure. Le jeu ne propose aucun réglage de difficulté ajustable en cours de partie, ce qui accentue encore l’exigence ressentie face à ces affrontements les plus corsés, un choix de conception assumé qui pourra rebuter les joueurs les moins patients ou les moins habitués aux jeux d’action punitifs de ce type.
Une durée de vie assez courte pour l’ensemble du récit
L’aventure principale se boucle en quelques heures seulement, une durée assez courte compte tenu de l’intensité proposée du début à la fin et du soin apporté à chaque environnement traversé. Cette brièveté assumée, cohérente avec la formule concentrée du jeu qui préfère la densité à l’étirement artificiel, peut néanmoins laisser sur sa faim les joueurs cherchant un contenu plus étendu ou une rejouabilité plus poussée au-delà d’un second passage en difficulté supérieure. Le jeu ne propose pas de contenu annexe conséquent une fois la campagne terminée, hormis quelques défis chronométrés qui testent la maîtrise acquise durant l’aventure principale. Cette concentration du contenu, si elle garantit un déroulement sans temps mort ni remplissage artificiel, tranche avec des productions plus généreuses en heures de jeu pour un tarif similaire, un arbitrage qui divise logiquement selon les attentes de chacun face à ce type de production indépendante.
Graphismes et ambiance sonore
La ville de Rengkok, entre néons saturés et architecture cyberpunk oppressante, compte parmi les plus belles réussites visuelles du genre indépendant de sa génération, portée par une direction artistique d’une cohérence remarquable du premier au dernier niveau. Chaque zone traversée possède sa propre identité chromatique tout en conservant l’unité visuelle globale qui fait de Rengkok un décor majeur plutôt qu’une simple toile de fond. La bande-son électronique puissante, composée pour coller parfaitement au rythme effréné de l’action, accompagne chaque affrontement avec une intensité qui monte crescendo à mesure que les combats se complexifient, renforçant considérablement la tension constante recherchée par le jeu. Les bruitages, secs et percutants, participent également à la lisibilité générale des combats en donnant un vrai retour sensoriel à chaque coup porté ou esquivé, un détail technique qui compte énormément dans un jeu aussi rapide et exigeant.
Points forts
- Un arsenal cybernétique qui récompense l’agressivité
- Une direction artistique néon qui marque durablement
- Une bande-son électronique puissante et immersive
Points faibles
- Une durée de vie assez courte pour l’ensemble du récit
- Des combats de boss qui peuvent frustrer sans la bonne stratégie
- Un scénario qui reste secondaire face à l’action
Mon avis
RUINER construit un cyberpunk brutal d’une intensité constante, porté par un arsenal cybernétique qui récompense généreusement l’agressivité plutôt que la prudence. Cette identité de gameplay, clairement affirmée dès les premières minutes, distingue le jeu de ses nombreux concurrents du genre et confirme le talent de Reikon Games pour un premier titre aussi maîtrisé sur le plan mécanique.
La direction artistique néon, rarement prise en défaut sur l’ensemble de l’aventure, mérite d’être soulignée : elle installe une identité cyberpunk immédiatement reconnaissable et cohérente, qui compte aujourd’hui encore parmi les plus belles réussites visuelles du genre indépendant. La voix mystérieuse qui guide le héros tout au long de l’aventure ajoute une dimension narrative discrète mais efficace, en préservant le rythme effréné des affrontements.
Sa durée de vie assez courte n’entame en rien la qualité de l’expérience proposée, portée par une direction artistique néon mémorable et des combats de boss qui exigent une vraie maîtrise pour être surmontés. Cette brièveté, assumée plutôt que subie, garantit une aventure sans temps mort ni remplissage artificiel, un choix de conception cohérent avec l’identité concentrée du jeu tout entier.
Les combats de boss, particulièrement exigeants, peuvent frustrer les joueurs les moins patients sans la bonne stratégie et l’ensemble des capacités correctement maîtrisées, mais ils constituent aussi certains des meilleurs moments de l’aventure une fois surmontés. Le scénario, qui reste globalement secondaire face à l’action pure, gagne malgré tout en intérêt grâce au dispositif narratif de la voix guide, qui distille suffisamment d’indices pour donner envie d’aller au bout de l’histoire.
Un jeu d’action cyberpunk brutal d’une intensité rare, court mais mémorable, qui demeure une valeur sûre du genre indépendant plusieurs années après sa sortie. RUINER confirme que Reikon Games avait, dès son premier jeu, une vraie maîtrise du rythme et de l’identité visuelle, deux qualités qui se ressentent à chaque instant de cette aventure concentrée.

Ruiner
Ruiner est un jeu de tir d'action vue de dessus créé dans l'esprit des classiques de l'anime cyberpunk culte et des jeux classiques. Ruiner propose un gameplay rapide et brutal mais sophistiqué, un monde original avec une histoire mature et un style visuel unique.
Sortie : 26 septembre 2017
Genres : Stratégie, Shooter, Indé
Plateformes : PlayStation 4, Linux, PC (Microsoft Windows), Mac, Xbox One, Nintendo Switch
Durée moyenne : 6-8 h
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