Test du jeu AER: Memories of Old
AER: Memories of Old est un jeu d’aventure et d’exploration développé par le studio suédois Forgotten Key et publié par Daedalic Entertainment, sorti le 25 octobre 2017 sur PC, Mac et Linux à 14,99 €. On y incarne Auk, l’une des dernières métamorphes, envoyée en pèlerinage sur la Terre des Dieux — un archipel d’îles flottantes suspendues dans un ciel sans fin. La particularité tient en un bouton : à tout moment, on se change en oiseau et l’on décolle. Pas de temps de chargement, pas de zone interdite, pas de jauge d’endurance. C’est une aventure contemplative, et son argument principal est une sensation. Le studio, une petite équipe suédoise à son premier jeu commercial, a fait un choix rare pour un titre de ce budget : concentrer la quasi-totalité du travail sur une seule mécanique plutôt que d’en empiler plusieurs à moitié abouties.
- Qu'est-ce qu'AER: Memories of Old et qui l'a développé ?AER: Memories of Old est un jeu d'aventure et d'exploration développé par le studio suédois Forgotten Key et publié par Daedalic Entertainment. Il est sorti le 25 octobre 2017 sur PC, Mac et Linux au prix de 14,99 €. Le joueur y incarne Auk, l'une des dernières métamorphes, en pèlerinage sur la Terre des Dieux, un archipel d'îles flottantes.
- Quelle est la particularité principale du gameplay d'AER ?La particularité principale est la mécanique de vol : à tout moment, le joueur peut se transformer en oiseau et s'envoler sans aucune limitation (pas de jauge d'endurance, pas de zone interdite, pas de temps de chargement). La transformation est instantanée dans les deux sens, permettant une exploration complètement libre de l'archipel.
- Quelle est la durée de jeu d'AER et quels sont ses principaux contenus ?La durée de jeu est d'environ 3 à 4 heures selon le rythme du joueur. Le contenu principal comprend des temples contenant des énigmes de mécanismes et d'orientation, ainsi que l'exploration libre de l'archipel. À 14,99 €, cette durée relativement courte constitue la principale réserve formulée à l'encontre du jeu.
- Comment sont les graphismes et l'ambiance sonore d'AER ?Les graphismes utilisent des polygones simples avec des aplats colorés, ce qui permet des silhouettes lisibles à très longue distance et facilite l'exploration aérienne. Les jeux de lumière, notamment aux transitions de journée, sont splendides. La bande-son est discrète et atmosphérique, laissant une grande place au silence et au bruit du vent.
Le vol, et pourquoi il justifie à lui seul le détour
Beaucoup de jeux proposent de voler. Presque tous encadrent le geste : une jauge qui se vide, un couloir invisible, une altitude plafonnée, un temps de recharge. AER ne fait rien de tout ça. On appuie, on devient oiseau, on part, et l’on peut traverser tout l’archipel d’une traite si l’envie prend. La transformation est instantanée dans les deux sens, ce qui permet de piquer vers une île, de reprendre forme humaine en plein vol et d’atterrir en courant. Le geste est parfaitement conçu.
Cette liberté change complètement la façon d’explorer. On repère une silhouette au loin, on y va — sans itinéraire, sans marqueur, sans traversée obligée. Trois heures plus tard, on se surprend à voler sans but précis simplement parce que c’est agréable. Peu de jeux indépendants réussissent à rendre un simple déplacement aussi satisfaisant.
La transformation joue aussi un rôle discret dans les énigmes : certaines architectures ne se comprennent qu’en les survolant depuis plusieurs angles, forme humaine pour lire un mécanisme de près, forme d’oiseau pour repérer la pièce manquante en hauteur. Le jeu ne l’explique jamais frontalement — c’est au joueur de faire le lien, ce qui donne un sentiment de découverte que peu de tutoriels obtiennent en l’expliquant.



Un monde superbe que le jeu ne remplit pas
Le revers arrive vite, et il est difficile à ignorer. L’archipel est magnifique et largement vide. Entre les temples, il n’y a presque rien : quelques personnages qui délivrent une ligne de dialogue, des fragments de récit dispersés, et beaucoup d’espace. Le jeu compte sur l’atmosphère pour tenir cette vacuité, et ça fonctionne un moment — puis on commence à chercher quelque chose à faire, et à ne pas le trouver.
Les temples, qui constituent le cœur du contenu, sont sages. On y traverse des salles obscures avec une lampe, on y résout des énigmes de mécanismes et d’orientation, et rien de tout cela ne résiste bien longtemps. Ce sont des respirations dans le vol plus que des défis. Comptez trois heures pour l’ensemble, quatre si vous prenez votre temps — et à quinze euros, cette durée est la réserve principale à formuler. Le contraste est d’autant plus frappant que l’archipel, lui, donne l’impression d’un monde bien plus vaste que ce qu’il contient réellement : la sensation d’espace dépasse largement la quantité de choses à y faire.
Prise en main et accessibilité
La prise en main tient en une minute : une touche pour se transformer, les commandes habituelles pour le reste. Il n’y a ni inventaire, ni système de combat, ni statistique à gérer — seulement la caméra à la troisième personne à apprivoiser en vol, un peu flottante au début, tout à fait naturelle après quelques minutes. C’est un jeu qui ne demande aucune compétence particulière, ce qui en fait un point d’accès idéal pour ceux qui n’ont pas l’habitude des jeux d’exploration en trois dimensions.
L’accessibilité reste limitée sur les points habituels — pas de remappage complet des touches, pas de sous-titres ajustables — mais le rythme du jeu, jamais chronométré ni exigeant en réflexes, compense largement : on peut s’arrêter n’importe où, planer, reprendre son souffle, et rester libre de toute pression.
Durée de vie et rejouabilité
Trois à quatre heures pour voir l’intégralité du jeu, sans détour, ce qui est court pour quinze euros — le texte le souligne déjà. Il n’y a pas de fin alternative, pas de choix qui bifurque, et une fois les temples résolus, il ne reste rien de neuf à découvrir dans l’archipel.
La rejouabilité est donc quasi nulle au sens strict, mais le jeu se prête bien à une redécouverte plus tard, une fois le souvenir de l’agencement des îles suffisamment effacé : le plaisir principal étant le vol lui-même plutôt que la résolution d’énigmes, une deuxième traversée quelques années après reste agréable, même sans surprise narrative. C’est d’ailleurs le sort réservé par beaucoup de joueurs à AER : un titre qu’on installe une soirée, qu’on termine, puis qu’on retrouve par hasard des mois plus tard pour le simple plaisir de revoir ce ciel.
Graphismes et ambiance sonore
La direction artistique en polygones simples et aplats colorés est une réussite complète, et surtout un choix intelligent : en renonçant au détail, le jeu obtient des silhouettes lisibles à très longue distance, ce qui est exactement ce dont une aventure aérienne a besoin. On repère une île à l’autre bout de l’écran et l’on sait immédiatement si elle mérite le détour. Les jeux de lumière, notamment aux transitions de journée, sont régulièrement splendides, et la palette évolue subtilement en fonction de l’altitude, ce qui donne à chaque montée un début et une fin visuellement marqués.
La bande-son, discrète et atmosphérique, laisse une grande place au silence et au bruit du vent. C’est le bon choix : dans un jeu dont le plaisir principal est de planer, une musique envahissante aurait tout écrasé. Le résultat est apaisant sans être soporifique, et c’est une ligne de crête délicate à tenir. Quelques thèmes se déclenchent à l’approche des temples, juste assez pour signaler qu’un lieu important s’annonce, en laissant libre le joueur qui préférerait continuer à flâner.
Points forts
- Un vol libre sans jauge ni limite, l’un des plus agréables du jeu indépendant
- Une transformation instantanée dans les deux sens, parfaitement conçue
- Une direction artistique en aplats colorés, lisible à longue distance
- Une exploration sans marqueur ni itinéraire imposé
- Une ambiance sonore qui laisse la place au vent
- Windows, Mac et Linux : parfait sur Steam Deck
Points faibles
- Un monde magnifique mais très vide entre les temples
- Des énigmes qui ne résistent jamais : des respirations plutôt que des défis
- Trois à quatre heures pour quinze euros
- Un récit fragmentaire, difficile à suivre pour qui ne fouille pas
- Aucune raison de relancer une fois terminé
Mon avis
AER: Memories of Old est un jeu à une idée, et cette idée est excellente. Le vol y est plus libre et plus satisfaisant que dans des productions cent fois plus chères, et l’archipel qu’il traverse est un très beau spectacle.
Ce qui manque, c’est tout le reste : le monde est vide, les temples sont sages, et l’aventure se termine à peu près au moment où l’on commençait à vouloir qu’elle se complique. Le récit, distillé en fragments qu’il faut aller chercher soi-même, laisse une impression d’inachevé plutôt que de mystère volontaire — on sent qu’il y avait une histoire à raconter, et qu’elle n’a pas eu le temps ou le budget d’être développée jusqu’au bout.
Ce n’est pas un mauvais jeu, c’est un jeu incomplet — une sensation magnifique en attente de la structure qui l’aurait portée. On referme AER en se disant qu’un studio plus grand, ou plus de temps, en aurait fait un classique plutôt qu’une curiosité qu’on recommande avec une réserve.
À quinze euros plein tarif, il faut vraiment avoir envie de planer ; en promotion, c’est une excellente soirée calme, et l’un des plus beaux ciels dans lesquels on puisse se perdre.

AER: Memories of Old
Transformez-vous en oiseau et volez pour explorer et vivre une expérience dans un monde vibrant d'îles flottantes dans le ciel. Aventurez-vous dans des ruines anciennes perdues où chaque pas vous rapproche de la fin du monde.AER vous met dans la peau d'Auk, une fille magique capable de se transformer entre forme humaine et forme d'oiseau.
Sortie : 25 octobre 2017
Genres : Open World, Puzzle, Indé
Plateformes : PlayStation 4, Linux, PC (Microsoft Windows), Mac, Xbox One, Nintendo Switch
Durée moyenne : 3-4 h
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