Test du jeu Ys IX: Monstrum Nox
Ys IX: Monstrum Nox est un action-RPG développé par Nihon Falcom et publié par NIS America, sorti sur PS4 en 2020, puis PC et Switch en 2021. Adol Christin, héros de la série Ys, se retrouve emprisonné dans la ville fortifiée de Balduq, transformé en Monstrum avec des pouvoirs spéciaux. Explorer la ville, combattre les forces corrompues et dévoiler les secrets de la prison. Un Ys intense et atmosphérique.La série Ys traîne derrière elle près de quarante ans d’existence, ce qui pose à chaque nouvel épisode une question délicate : jusqu’où peut-on s’éloigner de la formule sans perdre ce qui fait un Ys ? Le huitième opus avait déjà déplacé le curseur en enfermant Adol sur une île déserte ; le neuvième va plus loin encore en le privant de son terrain de jeu habituel — les grands espaces, les donjons successifs — pour l’enfermer dans une seule ville. Sur le papier, c’est un renoncement. Manette en main, c’est peut-être la meilleure idée qu’ait eue Falcom depuis longtemps.
- Ys IX: Monstrum Nox, c'est quoi exactement ?Ys IX: Monstrum Nox est un action-RPG développé par Nihon Falcom et publié par NIS America. Sorti sur PS4 en 2020, puis PC et Switch en 2021, c'est un épisode intense et atmosphérique de la série Ys où Adol Christin se retrouve emprisonné dans la ville fortifiée de Balduq, transformé en Monstrum avec des pouvoirs spéciaux. L'objectif : explorer la ville, combattre les forces corrompues et dévoiler les secrets de la prison.
- Quels sont les Dons de Monstrum et comment changent-ils le gameplay ?Les Dons de Monstrum sont des pouvoirs spéciaux accordés à Adol et ses compagnons, incluant le vol, l'escalade, des dashes spéciaux et l'invisibilité selon les personnages. Ces dons diversifient considérablement l'exploration de Balduq et les combats, offrant des approches tactiques variées et rendant la progression verticale de la ville possible.
- Comment Ys IX se différencie-t-il des autres épisodes de la série ?Ys IX est plus sombre et narrativement riche que ses prédécesseurs. Balduq est la plus belle ville de la série avec ses ruelles étroites, remparts monumentaux et quartiers contrastés. L'intrigue politique est bien construite, les Monstrum ont des passés tragiques, et l'atmosphère générale montre une évolution mature de la franchise.
- Quels sont les points forts et faibles de Ys IX ?Points forts : combat Falcom fulgurant, Dons de Monstrum inventifs, Balduq verticale et mémorable, bande-son exceptionnelle de Falcom Sound Team jdk. Points faibles : technique graphique modeste pour son époque et le confinement à une seule ville peut lasser certains joueurs. Malgré cela, c'est l'un des meilleurs épisodes de la série.
Un gameplay action-RPG Falcom fulgurant avec pouvoirs de Monstrum
Ys IX conserve fidèlement la signature Falcom qui a fait le succès de la série : des combats rapides et nerveux, un système de switching entre personnages qui encourage à maîtriser chaque membre de l’équipe, et des boss exigeants qui demandent observation et réactivité. Ces affrontements restent dynamiques et satisfaisants du début à la fin de l’aventure. Les Dons de Monstrum constituent la grande nouveauté du titre : vol, escalade libre, dashes spéciaux, invisibilité ou encore d’autres capacités uniques selon les compagnons recrutés. Ces pouvoirs diversifient considérablement à la fois l’exploration de la ville et les combats, offrant une palette de possibilités qui se renouvelle au fil des rencontres et des ajouts à l’équipe. On prend un vrai plaisir à enchaîner ces aptitudes pour traverser l’environnement de manière fluide et créative. La carte de Balduq, verticale et dense, est une véritable réussite de level design : la ville-prison se parcourt en hauteur autant qu’en largeur, avec des recoins, des toits et des passages secrets qui récompensent la curiosité et l’utilisation judicieuse des Dons. Chaque quartier possède sa propre identité visuelle et narrative. Enfin, Ys IX se distingue des épisodes précédents par une atmosphère nettement plus sombre et mature, portée par une narration bien plus aboutie, qui développe ses personnages avec soin et ménage des révélations progressives sur les mystères entourant Balduq et ses Monstrums.L’articulation entre les Dons et la ville mérite d’être soulignée, car c’est elle qui fait tenir l’ensemble. Chaque nouveau pouvoir ne se contente pas d’ajouter une touche à la manette : il rouvre des portions de Balduq que l’on croyait épuisées. Un mur que l’on longeait devient une voie, un toit que l’on regardait devient un raccourci, et la ville que l’on pensait connaître se réorganise à chaque recrutement. C’est une logique très proche de celle d’un metroidvania, appliquée à un espace urbain plutôt qu’à un château, et elle transforme le confinement annoncé en argument. Les combats profitent du même élargissement : la verticalité qui sert à l’exploration sert aussi à esquiver, et les affrontements gagnent en lisibilité dès que l’on cesse de raisonner en deux dimensions.



Un univers de ville-prison gothique unique dans la série
Balduq est sans conteste la plus belle ville que la série Ys ait jamais proposée : ses ruelles étroites et sinueuses, ses remparts monumentaux qui écrasent le ciel, ses quartiers aux atmosphères radicalement contrastées — des bas-fonds miséreux aux demeures bourgeoises — composent un cadre urbain d’une cohérence et d’une richesse visuelles remarquables. On prend un véritable plaisir à l’explorer, à découvrir ses recoins cachés et à sentir cette ville vivre autour d’Adol. Le ton général est nettement plus sombre que dans les épisodes précédents, et la narration y gagne considérablement en profondeur et en ambition. Les Monstrum, ces personnages maudits au cœur de l’intrigue, sont dotés de passés tragiques et complexes qui les rendent véritablement humains, bien au-delà du simple rôle d’alliés de circonstance. L’intrigue politique, quant à elle, est construite avec soin, tissant des fils de trahison, de pouvoir et de résistance qui maintiennent l’intérêt tout au long de l’aventure. On est loin des schémas narratifs plus linéaires et naïfs qui caractérisaient certains opus de la saga. Ys IX : Monstrum Nox s’affirme ainsi comme un Ys qui évolue avec une maturité bienvenue, sans pour autant trahir l’esprit d’aventure et d’action qui a toujours défini la série.Ce qui rend Balduq si convaincante, au fond, c’est qu’elle est écrite comme un personnage plutôt que comme un décor. Les habitants ont des habitudes, les quartiers des rancunes, et la garnison une présence que l’on finit par ressentir physiquement dans la façon dont on se déplace. Le choix d’une ville unique force par ailleurs le jeu à une densité que les grandes cartes ouvertes atteignent rarement : rien n’est là pour remplir, chaque ruelle a été dessinée en sachant que le joueur y passerait dix fois. On peut évidemment regretter l’absence de dépaysement, et certains joueurs trouveront le temps long avant la fin ; mais il faut reconnaître que le pari était risqué et qu’il est tenu.
Graphismes et son : technique modeste mais bande-son Falcom de haut vol
Techniquement modeste pour son époque, Ys IX ne rivalise clairement pas avec les grandes productions AAA sur le plan graphique, affichant des textures parfois datées et des environnements urbains qui manquent de détails. Pourtant, le jeu se rattrape brillamment avec la bande-son remarquable de Falcom Sound Team jdk : hard rock énergique aux guitares électriques tranchantes, jazz fusion aux arrangements sophistiqués et inattendus, passages orchestraux grandioses qui accompagnent parfaitement les moments épiques de l’aventure. Les compositions oscillent avec une aisance déconcertante entre ces différents registres, créant une identité sonore unique et immédiatement reconnaissable. Comme toujours chez Falcom, la musique ne se contente pas d’accompagner l’action : elle la transcende, insufflant une émotion et une intensité que les graphismes seuls n’auraient jamais pu atteindre. C’est une constante dans les productions du studio japonais, et Ys IX en est une nouvelle démonstration éclatante : la musique est véritablement la vraie star des productions Falcom, leur signature la plus précieuse et leur argument le plus imparable.Il faut toutefois dire un mot de ce que la modestie technique coûte réellement, car elle ne se limite pas à des textures grossières. Les foules de Balduq restent peu nombreuses, les distances d’affichage sont courtes, et la ville semble parfois moins peuplée que ne le suggère son écriture. C’est le prix d’un studio de taille moyenne qui sort un jeu tous les ans ou presque, et l’on choisira de le pardonner ou non selon ce que l’on attend d’un action-RPG. La fluidité, en revanche, est irréprochable sur PC, et c’est ce qui compte le plus pour un système de combat aussi rapide : jamais une chute d’images ne vient gâcher une esquive au dernier moment.
Points forts
- Combat Falcom fulgurant, Dons de Monstrum inventifs
- Balduq, ville verticale et dense mémorable
- Bande-son Falcom Sound Team jdk exceptionnelle
Points faibles
- Technique graphique modeste
- Confinement à une seule ville peut lasser
Mon avis
Ys IX: Monstrum Nox est l’un des meilleurs épisodes de la série Ys, plus sombre, plus narratif et plus ambitieux que ses prédécesseurs. Le jeu ose s’aventurer dans des territoires inédits pour la franchise, avec une atmosphère gothique et oppressante qui tranche radicalement avec les environnements plus colorés des opus précédents. L’histoire, centrée sur la ville-prison de Balduq et ses mystérieux Monstrums dotés de pouvoirs surnaturels, offre une profondeur scénaristique rarement atteinte dans la série. Les personnages sont complexes, bien écrits, et leur développement au fil des chapitres maintient une tension narrative constante qui donne envie d’avancer. Pour les fans d’action-RPG japonais rapides, c’est un must absolu : le système de combat, nerveux et jouissif, atteint ici une fluidité exemplaire, enrichi par les capacités uniques de chaque Monstrum qui permettent une verticalité et une liberté de mouvement impressionnantes dans l’exploration. La bande-son seule vaut le déplacement, avec des compositions de Falcom Sound Team jdk qui oscillent entre morceaux électrisants aux guitares saturées et mélodies mélancoliques parfaitement adaptées à l’ambiance sombre du jeu. Un titre qui mérite amplement sa place parmi les grandes réussites du genre.Par où commencer si l’on n’a jamais touché à la série ? La bonne nouvelle, c’est que Ys IX se suffit à lui-même : Adol perd la mémoire d’un épisode à l’autre, la continuité narrative reste légère, et rien n’empêche d’entrer par cette porte. La mauvaise, c’est que le niveau technique demandera un peu d’indulgence à qui vient des grosses productions occidentales. Le contrat est clair : on échange des textures modestes contre un système de combat parmi les plus jouissifs du genre, une ville que l’on n’oublie pas et une bande-son que l’on réécoute des années plus tard. Ce n’est pas le meilleur Ys pour tout le monde — les amateurs de grands espaces préféreront le huitième — mais c’est le plus ambitieux, et le seul qui prouve que la série peut encore se réinventer sans se renier.

Ys IX: Monstrum Nox
Emprisonné à Balduq, Adol est maudit et devient un Monstrum. Avec ses nouveaux pouvoirs, il doit empêcher le Grimwald Nox de consumer la ville.
Sortie : 26 septembre 2019
Genres : JRPG, Japonais, Coopératif
Plateformes : Google Stadia, PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5, Nintendo Switch
Durée moyenne : 30-40 h
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