Test du jeu Assassin's Creed Origins

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Assassin’s Creed Origins est un action-RPG en monde ouvert développé par Ubisoft Montreal et publié par Ubisoft, sorti le 27 octobre 2017 sur PC, PS4 et Xbox One à 59,99 €. Vous incarnez Bayek de Siwa, un Medjay chargé de protéger l’Égypte ptolémaïque, dont la quête personnelle de vengeance donne naissance à la Confrérie des Assassins. Après Assassin’s Creed Syndicate en 2015, la série a observé une pause d’un an, du jamais-vu depuis son lancement annuel en 2009, pour repenser la formule de fond en comble : Origins abandonne le multijoueur, réécrit intégralement le combat et le système de progression, et troque l’histoire linéaire des précédents épisodes contre un monde ouvert au sens plein du terme, avec des niveaux d’ennemis, du butin à looter et des quêtes secondaires dignes d’un RPG occidental. C’est le jeu qui a lancé le virage complet de la série vers l’action-RPG, une direction qu’Odyssey puis Valhalla approfondiraient chacun à leur tour.

masquerFAQ : Rogueh vous répond
  • Quand Assassin's Creed Origins est-il sorti et sur quelles plateformes ?Assassin's Creed Origins est sorti le 27 octobre 2017 sur PC, PS4 et Xbox One au prix de 59,99 €.
  • Quels sont les principaux changements apportés par Origins à la série Assassin's Creed ?Origins abandonne le multijoueur, réécrit complètement le système de combat et de progression, et transforme la série en action-RPG avec un monde ouvert véritable incluant des niveaux d'ennemis, du butin à looter et des quêtes secondaires. C'est un virage complet par rapport à la formule linéaire des épisodes précédents.
  • Qui incarne-t-on dans Assassin's Creed Origins et quel est son objectif ?On incarne Bayek de Siwa, un Medjay chargé de protéger l'Égypte ptolémaïque. Sa quête personnelle de vengeance pour retrouver les responsables de la mort de son fils Khemou le pousse à fonder la Confrérie des Assassins.
  • Comment Ubisoft a-t-il reconstitué l'Égypte antique dans le jeu ?Ubisoft a mobilisé des égyptologues pour reconstituer fidèlement l'architecture, les cultes religieux et la vie quotidienne du premier siècle avant notre ère. Le jeu inclut des temples authentiques, des tombeaux avec pièges et énigmes, et chaque région possède sa propre identité visuelle et climatique du delta du Nil aux pyramides de Gizeh.

Une Égypte ptolémaïque d’une densité rare

La reconstitution de l’Égypte antique, du delta du Nil aux pyramides de Gizeh en passant par Alexandrie, Memphis ou le désert Blanc, reste l’un des plus beaux mondes ouverts jamais bâtis par la série, et l’un des plus denses en points d’intérêt authentiques. Ubisoft a mobilisé des égyptologues pour reconstituer fidèlement l’architecture, les cultes religieux et la vie quotidienne du premier siècle avant notre ère, une époque charnière où l’Égypte pharaonique agonisante se retrouve sous domination grecque, avec Cléopâtre encore adolescente en toile de fond politique. Cette reconstitution ne se limite pas au décor : les temples dédiés à Sobek, Anubis ou Horus, les tombeaux à explorer avec leurs pièges et leurs énigmes, les scènes de vie dans les marchés d’Alexandrie donnent au monde une épaisseur documentaire rare pour un jeu Ubisoft de cette génération. Comparé à l’Angleterre victorienne assez artificielle de Syndicate, le saut qualitatif est immédiatement perceptible : chaque région a sa propre identité visuelle et climatique, du Fayoum verdoyant aux dunes arides de Qattara, ce qui évite l’effet de carte générique qu’on reprochait déjà à certains mondes ouverts Ubisoft de l’époque.

Bayek et Aya en dialogue avec deux jeunes Égyptiennes dans une rue ornée de hiéroglyphes colorés
Personnage en coiffe égyptienne ornée au premier plan, gardes armés de lances en arrière-plan dans une salle éclairée à la torche
Bayek gravit les marches d'un temple égyptien bordé de sphinx et d'obélisques, animé de nombreux passants

Bayek, un protagoniste qui porte le récit

Bayek, porté par une écriture sobre et une quête de vengeance personnelle prenante, est un protagoniste plus attachant que la moyenne de la série à cette époque. Sa quête pour retrouver les responsables de la mort de son fils Khemou, à l’origine de son basculement vers la violence organisée, donne au récit une dimension intime que les précédents épisodes, plus centrés sur des complots politiques abstraits, n’avaient pas toujours réussi à installer. Le doublage, assuré par Abubakar Salim, capte bien cette dualité entre le père endeuillé et le Medjay stoïque au service de la loi. Le jeu cède néanmoins une partie du récit à sa compagne Aya dans la seconde moitié, alors que les deux fondent ensemble ce qui deviendra la Confrérie : un choix scénaristique cohérent avec l’Histoire, mais qui dilue un peu l’attachement construit autour de Bayek seul. Le compagnon Senu, un aigle que l’on envoie repérer les camps ennemis et marquer les cibles, est une première pour la série et deviendra un ingrédient récurrent, repris et approfondi par Ikaros dans Odyssey puis par le corbeau Synin dans Valhalla.

Un combat entièrement refondu

Le système de combat, entièrement reconstruit, abandonne la parade systématique des anciens Assassin’s Creed au profit de l’esquive et de la gestion d’endurance, plus proche d’un action-RPG classique qu’un jeu d’infiltration. Trois arbres de compétences structurent la progression : Guerrier pour le combat rapproché et la résistance, Chasseur pour le tir à l’arc et la discrétion à distance, Sinistre pour les capacités liées à Senu et aux pouvoirs plus exotiques comme le contrôle temporaire d’un adversaire. Ça fonctionne : les combats demandent une vraie lecture des patterns ennemis, avec des niveaux de puissance clairement affichés qui obligent à composer avec sa progression plutôt qu’à foncer tête baissée, là où les jeux précédents se résumaient souvent à des contres en boucle qui rendaient n’importe quel adversaire trivial une fois maîtrisés. L’arsenal, généré procéduralement avec des raretés (commun, rare, légendaire), introduit un vrai système de butin : épées, lances, marteaux lourds et arcs se distinguent par leurs statistiques et leurs effets spéciaux, ce qui pousse à varier régulièrement son équipement plutôt qu’à s’installer définitivement dans une seule arme favorite dès les premières heures.

Le mode Découverte, un pan pédagogique inédit

Le mode Découverte, ajouté gratuitement après le lancement en février 2018, retire tout combat et toutes les quêtes pour transformer le monde du jeu en véritable musée interactif : des centaines de circuits guidés, conçus avec des historiens et des égyptologues, permettent d’explorer les pyramides de Gizeh, le phare d’Alexandrie ou la vie quotidienne d’un scribe sans aucune pression ludique. C’est une première pour la série et pour le jeu vidéo grand public en général, adoptée depuis dans les salles de classe de plusieurs pays comme support pédagogique sur l’Égypte antique. L’initiative a d’ailleurs été reprise par Ubisoft sur les épisodes suivants, avec un mode Découverte dédié à la Grèce antique pour Odyssey puis aux Vikings pour Valhalla, preuve que l’idée a dépassé le simple gadget promotionnel pour devenir un vrai axe éditorial de la série. Pour un jeu sorti en 2017, c’est une utilisation étonnamment ambitieuse et généreuse d’un monde ouvert déjà construit, qui prolonge sa durée de vie bien au-delà de sa seule trame narrative.

Les premiers pas d’une trilogie RPG

Origins pose les bases de la trilogie RPG (Origins, Odyssey, Valhalla), et ça se voit : les systèmes de niveaux et d’équipement restent plus rudimentaires que ce qu’Odyssey affinerait l’année suivante, avec un inventaire qui déborde vite d’objets à comparer et à démanteler sans réel outil de tri efficace. Certaines quêtes secondaires manquent encore de la variété que la série trouverait plus tard, se résumant trop souvent à un schéma « va tuer », « va récupérer » répété d’un point d’intérêt à l’autre sur la carte. On sent malgré tout la volonté de sortir du format annuel calibré et un peu impersonnel des précédents épisodes : les quêtes principales, plus rares mais plus travaillées, portent une vraie écriture, et certains personnages secondaires récurrents ont plus d’épaisseur que la moyenne des PNJ de la série jusque-là. Comparé à ce que la série produirait ensuite, Origins reste un brouillon impressionnant plutôt qu’une formule totalement aboutie, mais c’est un brouillon qui a eu l’audace de tout remettre à plat au bon moment.

Durée de vie et contenu additionnel

La campagne principale se boucle en une trentaine d’heures, et grimpe largement au-delà pour qui s’attaque aux activités secondaires, aux arènes de chasse et aux épreuves de combat optionnelles. Deux extensions narratives prolongent l’aventure : The Hidden Ones, qui transporte Bayek et Aya dans le Sinaï quatre ans après les événements du jeu de base pour affronter les premiers ennemis organisés de la toute jeune Confrérie, et The Curse of the Pharaohs, plus ambitieuse, qui emmène le joueur à Thèbes affronter des pharaons morts-vivants ressuscités par une malédiction — une incursion assumée dans le fantastique égyptien, à la manière de ce que Valhalla ferait plus tard avec la mythologie nordique. Le mode Nightmare, ajouté avec cette seconde extension, relève sensiblement le niveau de défi pour les joueurs qui trouvaient le jeu de base trop permissif une fois bien équipé. Au total, avec les deux extensions et le New Game+ introduit après le lancement, Origins peut occuper largement plus de soixante-dix heures pour qui veut en voir chaque recoin.

Graphismes et ambiance sonore

Visuellement, Origins impressionne encore des années plus tard : couleurs désertiques au coucher du soleil, intérieurs de tombeaux éclairés aux torches, densité de villes comme Alexandrie où la foule et l’architecture gréco-égyptienne cohabitent avec un vrai souci de cohérence historique — c’est l’une des meilleures vitrines du moteur AnvilNext de cette génération, et le jeu tient remarquablement bien sur PC avec les options graphiques poussées au maximum. Le mode photo, particulièrement soigné, est devenu un argument de vente à part entière pour la communauté. La bande-son de Sarah Schachner, aux tonalités égyptiennes et moyen-orientales portées par des instruments traditionnels comme le oud ou le ney, installe une ambiance forte et distincte des autres épisodes de la série, loin des sonorités plus génériques de certains précédents opus. Le doublage de Bayek par Abubakar Salim reste parmi les meilleurs de la franchise, capable de faire passer autant la rage contenue que la tendresse envers Aya ou le souvenir de son fils disparu.

Points forts

  • Une Égypte ptolémaïque d’une densité et d’une authenticité rares
  • Bayek, un protagoniste attachant porté par une quête de vengeance sobre
  • Un système de combat entièrement refondu, qui demande une vraie lecture
  • Le mode Découverte, une première pédagogique pour la série
  • Deux extensions narratives qui prolongent solidement l’aventure
  • La bande-son de Sarah Schachner, distincte et immersive

Points faibles

  • Un système de niveaux et d’équipement encore rudimentaire
  • Des quêtes secondaires qui manquent parfois de variété
  • Une deuxième moitié qui dilue le récit de Bayek au profit d’Aya
  • Un inventaire qui déborde vite sans outil de tri efficace

Mon avis

Assassin’s Creed Origins est une réussite malgré son statut de premier essai : la refonte du combat fonctionne d’emblée, l’Égypte reconstituée est magnifique, et Bayek porte le jeu avec une sincérité rare pour la série. Le pari était risqué — abandonner d’un coup près de dix ans d’habitudes de jeu pour repartir d’une feuille quasi blanche — et il aurait pu se solder par un jeu bancal ; ce n’est jamais le cas.

Les aspérités — des systèmes encore en rodage, un récit qui perd un peu de son fil en cours de route, un inventaire pas toujours bien géré — se remarquent surtout par comparaison avec ce qu’Odyssey affinerait juste après. Pris seul, en 2017, Origins représentait déjà un bond qualitatif immense par rapport à Syndicate, et le mode Découverte, à lui seul, justifie qu’on s’y attarde même après avoir terminé l’histoire principale.

Les deux extensions narratives méritent également le détour : The Hidden Ones referme intelligemment la boucle sur la naissance de la Confrérie, tandis que The Curse of the Pharaohs offre une parenthèse fantastique qui préfigure directement l’audace mythologique que la série assumerait pleinement avec Valhalla. Pour qui a du temps devant soi, c’est du contenu qui vaut largement le détour, loin du sentiment de remplissage qu’on reproche parfois aux extensions de grosses productions.

Avec ce test, les trois grands épisodes RPG modernes de la série sont désormais couverts sur le site : Origins, Odyssey et Valhalla, chacun avec sa propre identité malgré des systèmes hérités communs. Origins reste, avec le recul, le plus resserré des trois — une qualité qui, paradoxalement, joue en sa faveur aujourd’hui face à l’ampleur parfois écrasante de ses deux successeurs.

Si vous cherchez un point d’entrée dans la trilogie RPG sans vous engager sur les soixante-dix à cent heures qu’exigent Odyssey ou Valhalla, Origins reste le choix le plus raisonnable, sans jamais sacrifier la qualité de l’écriture ni la beauté du monde traversé.

Assassin's Creed Origins

Assassin's Creed Origins

Assassin's Creed Origins est un jeu d'action-aventure se déroulant dans l'Égypte antique à la fin de l'ère ptolémaïque. L'histoire suit Bayek, un Medjay chargé de protéger le peuple, dont la tragédie personnelle le plonge dans un conflit plus large qui mène aux origines de la Confrérie des Assassins.Le jeu propose une vaste recréation en monde ouvert de l'Égypte, incluant des villes, des déserts et le Nil, avec un accent accru sur l'exploration. Le gameplay combine la furtivité, le combat rapproché et à distance, ainsi que des éléments de jeu de rôle tels que la progression des personnages, les arbres de compétences et la progression de l'équipement.

Sortie : 26 octobre 2017

Genres : RPG

Plateformes : Google Stadia, Xbox Series X|S, PlayStation 4, PC (Microsoft Windows), PlayStation 5, Xbox One

Durée moyenne : 35-40 h

Note du jeu : Assassin's Creed Origins

Personnage armé face à un temple égyptien orné de pylônes peints, bordé de sphinx et de statues, avec des habitants circulant sur le parvisCapture d'écran 2 sur 3 du jeu Assassin’s Creed Origins — test et critique sur RogueH24Capture d'écran 1 sur 3 du jeu Assassin’s Creed Origins — test et critique sur RogueH24
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Où acheter le jeu :

Kinguin.net

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